{"id":450228,"date":"2025-10-09T14:38:15","date_gmt":"2025-10-09T14:38:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/450228\/"},"modified":"2025-10-09T14:38:15","modified_gmt":"2025-10-09T14:38:15","slug":"de-paris-a-bollywood-le-voyage-interieur-de-pauline-caupenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/450228\/","title":{"rendered":"De Paris \u00e0 Bollywood, le voyage int\u00e9rieur de Pauline Caupenne"},"content":{"rendered":"<p>\n    \u00c0 la crois\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre, de la danse et du cin\u00e9ma, la com\u00e9dienne raconte \u00e0 la fois l\u2019exil et la qu\u00eate de soi dans son premier seule-en-sc\u00e8ne Bollywood Boulevard.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Quitter son pays pour un autre dont on ignore tout, jusqu\u2019\u00e0 la langue\u00a0? C\u2019est le pari que Pauline Caupenne a fait \u00e0 vingt ans, lorsqu\u2019elle s\u2019est envol\u00e9e pour Chennai, dans le sud de l\u2019Inde. Deux d\u00e9cennies plus tard, elle revit cette \u00e9pop\u00e9e dans Bollywood Boulevard, un seule-en-sc\u00e8ne au Th\u00e9\u00e2tre La Fl\u00e8che, \u00e0 Paris.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Com\u00e9dienne, sc\u00e9nariste et r\u00e9alisatrice, on pourrait la croire dispers\u00e9e, mais c\u2019est tout le contraire. \u00ab\u00a0Je ne pourrais pas me passer de ces trois activit\u00e9s. C\u2019est une trinit\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9clare-t-elle. Pauline passe d\u2019un univers \u00e0 l\u2019autre, sereine. \u00ab\u00a0Moi, je n\u2019aime pas attendre que le t\u00e9l\u00e9phone sonne pour \u00eatre com\u00e9dienne, donc je m\u2019auto-emploie, j\u2019\u00e9cris des choses\u00a0\u00bb, souligne la com\u00e9dienne.<\/p>\n<p>                                    <a class=\"fig-a11y-skip a11y-hidden\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle\"><br \/>\n        Passer la publicit\u00e9<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Passionn\u00e9e d\u2019histoire de l\u2019art, elle con\u00e7oit et \u00e9crit des spectacles pour les mus\u00e9es nationaux\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/arts-expositions\/2018\/05\/01\/03015-20180501ARTFIG00050-au-musee-picasso-le-theatre-insuffle-la-vie-dans-l-horreur-de-guernica.php\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les Visites Imaginaires<\/a> . Aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019acteur, r\u00e9alisateur et\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/livres\/gregoire-leprince-ringuet-habiter-poetiquement-la-vie-20240530\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">po\u00e8te Gr\u00e9goire Leprince-Ringuet,<\/a>\u00a0elle fait revivre l\u2019Art Nouveau au Mus\u00e9e d\u2019Orsay notamment \u00e0 travers la po\u00e9sie, le th\u00e9\u00e2tre, la danse, la litt\u00e9rature. Leur ambition\u00a0? Tisser des liens entre nature, artisanat et art. L\u00e0 aussi, on y retrouve ce d\u00e9sir de m\u00e9langer les arts, et cr\u00e9er des ponts entre le corps, la voix, l\u2019image et le lieu.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Elle t\u00e9moigne\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Les images, la fiction&#8230; quelque chose est revenue me hanter\u00a0:\u00a0le cin\u00e9ma, la narration.\u00a0\u00bb Toujours anim\u00e9e par cette soif d\u2019image et de r\u00e9cits, elle a sign\u00e9 un premier court-m\u00e9trage, Telmah (2022), s\u00e9lectionn\u00e9 en comp\u00e9tition au festival de Cabourg 2023 et au festival de Meudon 2022.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Dans son spectacle, qu\u2019elle nomme Bollywood Boulevard, elle explique\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0C\u2019est venu naturellement. Bollywood Boulevard, c\u2019est un clin d\u2019\u0153il \u00e0 Hollywood Boulevard, mais avec une autre facette, c\u2019est aussi le nom d\u2019une boutique de v\u00eatements indiens pr\u00e8s de la gare du Nord\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">\u00c0 20 ans, Pauline Caupenne plaque tout pour partir \u00e0 Chennai en Inde. Elle devient actrice par hasard dans un film en t\u00e9lougou, l\u2019une des principales langues de l\u2019Inde du Sud. Derri\u00e8re ce voyage, un r\u00e9cit d\u2019exil identitaire qui ne tombe jamais dans l\u2019appropriation, car il s\u2019ancre d\u2019abord dans une forme d\u2019autod\u00e9rision\u00a0: \u00ab\u00a0Qui est donc Polin Misha\u00a0?\u00a0\u00bb, demande-t-elle avec ironie, \u00e9voquant le nom indien qu\u2019on lui a donn\u00e9.<\/p>\n<p>M\u00e9lange de danse, de chant et d\u2019images<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Ce seule-en-sc\u00e8ne joue sur la multiplicit\u00e9 des personnages\u00a0: un petit gar\u00e7on, une jeune adulte et d\u2019autres figures caricaturales. Ce qui conf\u00e8re au spectacle un ton \u00e0 la fois enfantin et vivant. \u00ab\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre pour un jour faire, seule sur sc\u00e8ne, vingt personnages qui sont moi-m\u00eame\u00a0\u00bb, explique-t-elle. Entre danse, projection et performance, elle ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Les images qu\u2019on voit dans le spectacle sont r\u00e9elles, film\u00e9es il y a 20 ans en pellicule. Je les ai toujours gard\u00e9es\u00a0\u00bb. La sc\u00e9nographie, elle, est minimaliste\u00a0: une tenue noire et un d\u00e9cor \u00e9pur\u00e9. On passe d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre, d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre. \u00ab\u00a0Dans le film, c\u2019\u00e9tait du t\u00e9lougou. Je ne l\u2019ai pas appris\u00a0: je r\u00e9citais en phon\u00e9tique, sans comprendre un mot. J\u2019\u00e9tais doubl\u00e9e ensuite et dans le spectacle, c\u2019est du tamoul.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>                                    <a class=\"fig-a11y-skip a11y-hidden\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle_mtf\"><br \/>\n        Passer la publicit\u00e9<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Une performance \u00e0 mi-chemin entre r\u00e9cit et documentaire po\u00e9tique, o\u00f9 se m\u00ealent humour, solitude, spiritualit\u00e9 et f\u00e9minisme. Derri\u00e8re l\u2019\u00e9clat du Bollywood fantasm\u00e9, appara\u00eet la tristesse d\u2019un deuil, les violences faites aux femmes et une qu\u00eate de soi. Elle rend hommage aux femmes rencontr\u00e9es l\u00e0-bas, aux combats invisibles, sans jamais s\u2019en faire la porte-parole. \u00ab\u00a0\u00c7a m\u2019a touch\u00e9e. L\u00e0-bas, je n\u2019ai jamais eu peur, mais j\u2019ai vu des choses fortes. Quand j\u2019ai r\u00e9\u00e9crit le spectacle, je ne pouvais pas ne pas parler des femmes. Je ne voulais pas les abandonner. Je ne pouvais pas raconter l\u2019Inde sans elles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Ce qui frappe dans Bollywood Boulevard, c\u2019est la justesse avec laquelle elle critique son propre regard d\u2019Occidentale. La d\u00e9marche est honn\u00eate, pr\u00e9cieuse\u00a0: plut\u00f4t que de \u00ab\u00a0parler sur\u00a0\u00bb l\u2019Inde, elle raconte comment elle y a projet\u00e9 ses illusions. \u00ab\u00a0Le rapport m\u00e8re-fille m\u2019est revenu et j\u2019ai eu la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9crire ce spectacle en me disant, quand on est sensible, on est percut\u00e9 par le monde et le monde est percutant. J\u2019avais envie de montrer un message aussi de moi, l\u2019\u00e9trang\u00e8re d\u2019ailleurs, et de rendre hommage aussi \u00e0 mes origines de petite fille d\u2019immigr\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Premier long-m\u00e9trage<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Pauline s\u2019appr\u00eate \u00e0 retourner en Inde, vingt ans tout juste apr\u00e8s son premier d\u00e9part. Un voyage initialement pr\u00e9vu en d\u00e9cembre dernier avait \u00e9t\u00e9 annul\u00e9, mais elle a choisi de le reprogrammer pour ses 40 ans. Elle y donnera des cours \u00e0 l\u2019\u00c9cole fran\u00e7aise de Pondich\u00e9ry, un projet \u00e0 la fois professionnel et hautement symbolique. \u00ab\u00a0Je me pr\u00e9pare mentalement \u00e0 ce retour. Je sens que j\u2019ai laiss\u00e9 quelque chose l\u00e0-bas. Je suis all\u00e9e en Inde pour devenir quelqu\u2019un, mais je suis devenue personne, confie-t-elle, philosophe. Les choix qu\u2019on fait \u00e0 20 ans, ils nous suivent toujours.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">En parall\u00e8le, la com\u00e9dienne d\u00e9veloppe son premier long-m\u00e9trage, une com\u00e9die romantique produite par Agat Films, dont la sortie est pr\u00e9vue en 2026. L\u2019\u00e9criture demande rigueur et pers\u00e9v\u00e9rance, d\u2019autant qu\u2019elle la m\u00e8ne en parall\u00e8le de ses spectacles et des Visites Imaginaires. \u00ab\u00a0D\u00e8s que j\u2019ai un moment, j\u2019\u00e9cris\u00a0\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Pour Pauline, ses trois disciplines (th\u00e9\u00e2tre, art et \u00e9criture) constituent un v\u00e9ritable \u00ab\u00a0artisanat d\u2019excellence\u00a0\u00bb, comparable, selon elle, \u00e0 l\u2019engagement d\u2019une \u00ab\u00a0sportive de haut niveau\u00a0\u00bb. Elle cherche \u00e0 donner le meilleur d\u2019elle-m\u00eame dans chacun de ses projets, qu\u2019elle s\u00e9lectionne avec exigence. Comme beaucoup d\u2019artistes, elle doit jongler pour vivre de ses passions, mais elle transforme cette contrainte en une force\u00a0: celle de l\u2019ind\u00e9pendance. Elle \u00e9crit pour elle-m\u00eame et conserve la ma\u00eetrise totale de la narration.<\/p>\n<p>                                    <a class=\"fig-a11y-skip a11y-hidden\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle_btf\"><br \/>\n        Passer la publicit\u00e9<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\"><a href=\"https:\/\/theatrelafleche.fr\/la-saison\/bollywood-boulevard\/\" target=\"_blank\" rel=\"sponsored noopener\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\">Bollywood Boulevard, au Th\u00e9\u00e2tre La Fl\u00e8che<\/a> \u00a0(Paris 11e), les jeudis jusqu\u2019au 11\u00a0d\u00e9cembre \u00e0 21\u00a0h. Dur\u00e9e\u00a0: 1\u00a0h\u00a010. 25,99 euros.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Le programme complet des\u00a0<a href=\"https:\/\/www.visiteimaginaire.com\/programme\/\" target=\"_blank\" rel=\"sponsored noopener\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\">Visites imaginaires,\u00a0<\/a> \u00e0 d\u00e9couvrir au mus\u00e9e d\u2019Orsay, mus\u00e9e Marmottan Monet, mus\u00e9e St\u00e9phane Mallarm\u00e9, mus\u00e9e Zadkine ou encore au mus\u00e9e Gustave Moreau.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 la crois\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre, de la danse et du cin\u00e9ma, la com\u00e9dienne raconte \u00e0 la fois l\u2019exil&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":450229,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[11,1777,674,1011,27,3048,12,626,25,8441],"class_list":{"0":"post-450228","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actualites","9":"tag-eu","10":"tag-europe","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-musee","14":"tag-news","15":"tag-paris","16":"tag-republique-francaise","17":"tag-spectacle-vivant"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115344723455578941","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/450228","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=450228"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/450228\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/450229"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=450228"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=450228"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=450228"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}