{"id":454631,"date":"2025-10-11T08:52:11","date_gmt":"2025-10-11T08:52:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/454631\/"},"modified":"2025-10-11T08:52:11","modified_gmt":"2025-10-11T08:52:11","slug":"john-singer-sargent-expose-au-musee-dorsay-un-americain-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/454631\/","title":{"rendered":"John Singer Sargent expos\u00e9 au mus\u00e9e d\u2019Orsay : un Am\u00e9ricain \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p data-module=\"standfirst\" data-context=\"@media (min-width:48em)\">\n    <strong>R\u00c9CIT &#8211;<\/strong> Le Mus\u00e9e d\u2019Orsay expose les principales \u0153uvres de l\u2019artiste issu d\u2019une famille de Philadelphie qui r\u00e9ussit, dans les ann\u00e9es 1870-1880, \u00e0 \u00ab\u00e9blouir Paris\u00bb, en particulier gr\u00e2ce \u00e0 ses portraits d\u2019hommes et de femmes du monde peints avec un brio accompli.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">C\u2019est une success-story. Une conqu\u00eate. Mais \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine\u00a0: \u00e9clair et totale. Paris s\u2019en frotte encore les yeux. Au commencement d\u00e9barque \u00e0 Paris un h\u00e9ros de 18 ans, natif du Nouveau Monde. Une silhouette d\u00e9li\u00e9e, la ma\u00eetrise d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s toutes les langues d\u2019Europe, ainsi qu\u2019une solide connaissance des ma\u00eetres anciens en font un pr\u00e9tendant de choix aux coqueluches mondaines. Comble de bonne fortune, le jeune homme int\u00e8gre aussit\u00f4t l\u2019atelier de Carolus-Duran, un ma\u00eetre du portrait, louvoyant en corsaire entre les \u00e9cueils du r\u00e9alisme et les gr\u00e8ves d\u00e9lav\u00e9es de l\u2019acad\u00e9misme. C\u2019est une \u00e9vidence, les f\u00e9es cajolent\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/arts-expositions\/au-musee-d-orsay-l-allechante-production-parisienne-du-phenomenal-portraitiste-john-singer-sargent-20250922\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">John Singer Sargent<\/a>.<\/p>\n<p>    John Singer Sargent\u00a0: \u00ab Autoportrait\u00a0\u00bb, 1886.<br \/>\n                Mike Davidson \/ Photo Aberdeen City Council (<\/p>\n<p>Paris, capitale du monde artistique<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">En 1874, Paris reste une ville meurtrie, indign\u00e9e par un si\u00e8ge dont elle est sortie invaincue, mais trahie, et horrifi\u00e9e plus encore par une guerre civile,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/actualite-france\/le-diocese-de-paris-honore-ses-martyrs-de-la-commune-20210525\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">la Commune<\/a>, qui lui laisse des rigoles de sang entre les pav\u00e9s. Elle se grise et s\u2019ent\u00eate cependant. Capitale hypertrophi\u00e9e d\u2019un empire aboli, elle poursuit sa mutation \u00e0 marche forc\u00e9e. La Ville lumi\u00e8re entend bien r\u00e9gner sur le monde civilis\u00e9. Elle innove donc, sp\u00e9cule et \u00ab sue l\u2019or\u00a0\u00bb, comme dit alors\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/arts-expositions\/flaubert-zola-maupassant-les-goncourt-quand-le-clan-des-realistes-se-divisait-dans-la-critique-d-art-20250510\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Zola\u00a0<\/a>des h\u00f4tels de la plaine Monceau. Elle bouillonne, surtout, et encre sa stature de capitale des arts. Le naturalisme y prosp\u00e8re,\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/arts-expositions\/qu-est-ce-que-l-impressionnisme-20240318\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">l\u2019impressionnisme<\/a>\u00a0y voit le jour\u2026 Son \u00e9tendard claque au vent ; il ne porte aux nues que ce seul mot d\u2019ordre\u00a0: modernit\u00e9. Quant \u00e0 la Parisienne, elle \u00e9crase de ses talons \u00e9carlates les oies blanches de l\u2019Ancien Monde et du Nouveau.<\/p>\n<p>    \u00ab F\u00eate familiale\u00a0\u00bb, dit aussi \u00ab La F\u00eate d\u2019anniversaire\u00a0\u00bb, vers 1885.<br \/>\n                Minneapolis Institute of Art<\/p>\n<p>                                    <a class=\"fig-a11y-skip a11y-hidden\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle_pagemag\"><br \/>\n        Passer la publicit\u00e9<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Sargent capte toutes ces suavit\u00e9s dans l\u2019air. Il apprend vite \u00e0 plaire. D\u00e8s 1878, il s\u2019att\u00e8le au portrait de son ma\u00eetre, Carolus-Duran, qui le parraine dans les c\u00e9nacles les plus s\u00e9lectifs. Portraiturer, alors, ce n\u2019est pas seulement immortaliser le mod\u00e8le, pas seulement exalter ses vertus et les bienfaits qu\u2019elles ont r\u00e9pandus. La fid\u00e9lit\u00e9 des traits \u2013 depuis longtemps, \u00e0 vrai dire \u2013 n\u2019en garantit pas la valeur. La photographie triomphe, et l\u2019usage quasi maniaque que la bourgeoisie fait du \u00ab portrait-carte\u00a0\u00bb oblige \u00e0 d\u2019autres ambitions. \u00ab Le flot de portraits monte chaque ann\u00e9e et menace d\u2019envahir le salon tout entier, ricane Zola, d\u00e8s 1868. L\u2019explication est simple\u00a0: il n\u2019y a plus que les personnes voulant avoir leur portrait qui ach\u00e8tent encore de la peinture.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>    \u00ab La Table sous la tonnelle\u00a0\u00bb, dit aussi \u00ab Les Verres de vin\u00a0\u00bb, vers 1875.<br \/>\n                The National Gallery Photographi \/ Photo The National Gallery, L<\/p>\n<p>D\u00e9peindre la modernit\u00e9<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Par un d\u00e9tail mat\u00e9riel, par la trivialit\u00e9 d\u2019une posture ou son intimit\u00e9, un portrait doit traduire l\u2019\u00e9poque. Mais cela sans s\u2019\u00e9garer pour autant dans la sc\u00e8ne de genre (L\u2019Absinthe, de Degas, ou La Prune, de Manet). Portraiturer, n\u00e9anmoins, c\u2019est d\u00e9peindre la modernit\u00e9. Cela, Sargent le saisit admirablement. La Parisienne hante la Belle \u00c9poque. Elle en incarne le type social f\u00e9tiche. Eh bien, Sargent a con tribu\u00e9 mieux que tout autre \u00e0 en cerner les contours. Et de la mani\u00e8re la plus originale, \u00e0 partir de mod\u00e8les \u00ab \u00e9trangers\u00a0\u00bb, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que ces \u00e9pouses de diplomates ou ces quelques Am\u00e9ricaines en or massif qu\u2019il croise dans les hautes sph\u00e8res d\u2019une aristocratie tortur\u00e9e par ses cr\u00e9anciers sont parisiennes\u00a0: elles personnifient le cosmopolitisme du creuset de fusion. Ainsi la m\u00e9lanco lique Chilienne \u00e0 son piano, Amalia Err\u00e0zuriz (Mme R[am\u00f3n] S[ubercaseaux], 1880-1881) fait-elle une authentique Parisienne\u00a0: son \u00e9l\u00e9gance recherch\u00e9e, en contradiction avec la trivialit\u00e9 de la sc\u00e8ne \u2013 les gammes quotidiennes \u2013 et avec le rel\u00e2chement de la pose, renvoie les conventions du genre au placard et clame les intentions de la nouvelle peinture. Et ce n\u2019est l\u00e0, pour Sargent, qu\u2019un galop d\u2019essai. Encore trois ans et il produira ce qu\u2019il consid\u00e9rera comme son chef-d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>    \u00ab Int\u00e9rieur v\u00e9nitien\u00a0\u00bb, vers 1880-1882.<br \/>\n                Carnegie Museum of Art, Pittsbur<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Il a 27 ans quand il obtient de sa compatriote Virginie Gautreau, une cr\u00e9ole de Louisiane, l\u2019autorisation de la peindre. Arriv\u00e9e en France \u00e0 la fin du second Empire, la belle entend briller et se faire un nom. T\u00f4t mari\u00e9e \u00e0 un n\u00e9gociant malouin proche du pouvoir, elle se heurte non pas \u00e0 un quelconque racisme \u00e0 l\u2019\u00e9gard des cr\u00e9oles, comme s\u2019ing\u00e9nie \u00e0 le d\u00e9montrer un auteur du catalogue, mais \u00e0 la r\u00e9pugnance affect\u00e9e par les c\u00e9nacles r\u00e9publicains pour toute fortune qui pourrait proc\u00e9der d\u2019une \u00e9conomie esclavagiste. On ne parle que d\u2019elle cependant, de ses maquillages outranciers qui font d\u2019elle une peinture qui va, qui danse et l\u00e8ve des toasts, une professional beauty dont le seul m\u00e9rite serait de para\u00eetre. Elle s\u2019entend avec le jeune prodige, lui-m\u00eame en qu\u00eate d\u2019un coup de ma\u00eetre. R\u00e9sulte de cette \u00ab convergence des ambitions\u00a0\u00bb une effigie monumentale et gla\u00e7ante. Son auteur et son mod\u00e8le en sont si d\u00e9contenanc\u00e9s que la toile est pr\u00e9sent\u00e9e au salon de 1884 sous ce titre\u00a0: Portrait de Mme\u00a0***.<\/p>\n<p>    \u00ab Portrait de Mme ***\u00a0\u00bb, dit aussi \u00ab Madame X\u00a0\u00bb, 1883-1884.<br \/>\n                Photo The Metropolitan Museum<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">La pr\u00e9caution n\u2019arrangera rien. Le profil pinc\u00e9 de la cr\u00e9ole, l\u2019audacieux bustier dont alors une bretelle de diamants glisse le long du bras, et ce maquillage spectral excitent les hy\u00e8nes. Le Sar P\u00e9ladan comme quelques autres observateurs avis\u00e9s d\u00e9c\u00e8lent bien l\u2019ic\u00f4ne\u00a0: \u00ab \u2026 int\u00e9ressante par sa laideur au fin profil qui rappelle un peu Della Francesca, int\u00e9ressante encore par son d\u00e9colletage encore \u00e0 cha\u00eenettes d\u2019argent, qui est ind\u00e9cent et donne l\u2019impression d\u2019une robe qui va tomber, int\u00e9ressante par le blanc de perle qui bleuit l\u2019\u00e9piderme, cadav\u00e9rique et clownesque \u00e0 la fin.\u00a0\u00bb Il n\u2019emp\u00eache. Cette bombe de d\u00e9cadence contrarie la trajectoire de Sargent et de sa muse. Du reste, l\u2019artiste s\u2019empressera, par une retouche ind\u00e9celable, de remonter la bretelle coupable.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Durant les douze ann\u00e9es qu\u2019a dur\u00e9 son s\u00e9jour \u00e0 Paris, Sargent s\u2019est appliqu\u00e9 \u00e0 trier ses fr\u00e9quentations. Et celles-ci d\u00e9bordent tr\u00e8s vite du cercle turbulent de ses compagnons d\u2019atelier (Helleu, Flameng, Belleroche\u2026). Naturellement, tout artiste m\u00e9nage ses potentiels commanditaires, mais le jeune prodige sait s\u2019attacher les personnalit\u00e9s qui comptent, diplomates, critiques, auteurs en vue, artistes consacr\u00e9s. On l\u2019aper\u00e7oit \u00e0 la table de Paul Bourget, il portraiture Rodin, se lie d\u2019amiti\u00e9 avec Gabriel Faur\u00e9\u2026<\/p>\n<p>    \u00ab Un portrait\u00a0\u00bb, dit aussi \u00ab Le Docteur Pozzi dans son int\u00e9rieur\u00a0\u00bb, 1881.<br \/>\n                Photo courtesy of the Hammer<\/p>\n<p>                                    <a class=\"fig-a11y-skip a11y-hidden\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle_mtf_pagemag\"><br \/>\n        Passer la publicit\u00e9<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p>Morceau de bravoure<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Pour \u00eatre calcul\u00e9e, la fulgurante ascension ne repose pas moins sur une virtuosit\u00e9 bluffante. \u00ab [Sargent] offre le spectacle \u00e9trangement inqui\u00e9tant d\u2019un talent qui, au seuil de sa carri\u00e8re, n\u2019a d\u00e9j\u00e0 plus rien \u00e0 apprendre.\u00a0\u00bb Cette alarme de Henry James, un compatriote, un ami s\u00e9journant alors \u00e0 Paris, r\u00e9sonne \u00e0 propos d\u2019un oiselet de 26 ans qui vient de livrer, deux ans avant Mme *** (ou Madame X), un premier morceau de bravoure, son v\u00e9ritable chef-d\u2019\u0153uvre, peut-\u00eatre, Les Filles d\u2019Edward Darley Boit. Cette vaste composition au carr\u00e9 (2,20 m de c\u00f4t\u00e9) impressionne par son \u00e9rudition savamment distill\u00e9e. De toute \u00e9vidence, elle se r\u00e9f\u00e8re aux M\u00e9nines de V\u00e9lasquez, mais on y trouve des r\u00e9miniscences de La Famille Bellelli de Degas, tout au moins la m\u00eame charge psychologique. Les protagonistes n\u2019\u00e9changent aucun regard et, malgr\u00e9 leur jeune \u00e2ge, leur prestance d\u2019enfant sage, il sourd de leur r\u00e9union une inqui\u00e9tude, une \u00e9tranget\u00e9 m\u00eame, ici ramass\u00e9e dans le puits d\u2019ombre central et le gigantisme des porcelaines Chine. Le contemplateur se perd \u00e0 mi-chemin du Tour d\u2019\u00e9crou, de James, et d\u2019Alice au pays des merveilles\u2026<\/p>\n<p>    \u00ab Portraits d\u2019enfants\u00a0\u00bb, dit aussi \u00ab Les Filles d\u2019Edward Darley Boit\u00a0\u00bb, 1882.<br \/>\n                Photo 2025 Museum of Fine Art<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Une semblable atmosph\u00e8re p\u00e8se sur le double portrait des enfants du dramaturge \u00c9douard Pailleron. Ceux-l\u00e0 nous balancent leur bouderie en pleine figure. Mais la main crisp\u00e9e de la petite fille et le visage ferm\u00e9 de son fr\u00e8re, se d\u00e9tachant d\u2019un rougeoiement d\u2019incendie, pr\u00e9figurent \u00e0 nos yeux les n\u00e9vroses post mortem des Autres, d\u2019Alejandro Amen\u00e1bar.<\/p>\n<p>    \u00ab Portraits de M. \u00c9[douard] P[ailleron] et de Mlle [Marie-]L[ouise] P[ailleron]\u00a0\u00bb, 1880-1881.<br \/>\n                Photo Rich Sanders, Des Moine<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Le prodige est aussi un incroyable capteur sensible. Il absorbe. Ici V\u00e9lasquez, l\u00e0 Manet (La Carmencita, vers 1890), Degas, on l\u2019a dit, mais aussi Whistler, dont il concurrence les Symphonies en blanc avec le portrait de Mrs Henry White et, surtout, Fum\u00e9e d\u2019ambre gris\u2026 Qu\u2019il s\u2019\u00e9prenne de Monet, et le voil\u00e0 passager retardataire de l\u2019omnibus impressionniste. Aussi sa peinture en vient-elle parfois \u00e0 produire l\u2019effet d\u2019une \u00e9ponge, gorg\u00e9e d\u2019emprunts et de couleurs, press\u00e9e par les doigts d\u2019un enchanteur. Il y a du virtuose et du s\u00e9ducteur, comme chez Boldini, comme plus tard chez Helleu, son ami\u2026 Il peut toutefois rater un tableau. Madame Pailleron, par exemple, semble d\u00e9coup\u00e9e puis recoll\u00e9e artificiellement sur un paysage insignifiant. Et puis l\u2019adresse un rien madr\u00e9e, si elle aide \u00e0 introduire des audaces, peut aussi finir par lasser.<\/p>\n<p>    \u00ab Claude Monet peignant \u00e0 la lisi\u00e8re d\u2019un bois\u00a0\u00bb, vers 1885.<br \/>\n                Tate \/ Tate Images<\/p>\n<p>Adieu paris<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">La l\u00e9gende dor\u00e9e fait de Sargent une esp\u00e8ce de proscrit, coupable d\u2019avoir livr\u00e9 l\u2019effigie de la croqueuse absolue. Le scandale de Mme *** l\u2019aurait exp\u00e9di\u00e9 \u00e0 Londres. Non. Cet exil, il le pr\u00e9parait de longue main. Londres regorgeait de commanditaires ; ceux-ci se r\u00e9galaient des audaces parisiennes, pour peu qu\u2019elles fussent rem\u00e2ch\u00e9es, liss\u00e9es. Sargent conna\u00eetrait, l\u00e0, la m\u00eame ascension m\u00e9t\u00e9orique qu\u2019\u00e0 Paris. Et puis, l\u2019artiste avait tant brill\u00e9 que son \u00e9clipse l\u2019an\u00e9antit dans les m\u00e9moires. Son h\u00e9donisme et son cosmopolitisme mondain avaient pris un coup de vieux. Fid\u00e8le \u00e0 sa mani\u00e8re, d\u00e9daigneux des avant-gardes, il devint le peintre officiel du Royaume-Uni plong\u00e9 dans la Grande Guerre \u2013 et pour cela peignit les Tommies englu\u00e9s en Artois. L\u2019Am\u00e9rique le f\u00eata\u00a0: il portraitura en retour deux de ses pr\u00e9sidents\u2026<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Peut-\u00eatre avait-il manqu\u00e9 de profondeur, de \u00ab feu sacr\u00e9\u00a0\u00bb, pour pr\u00e9tendre \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Aussi n\u2019est-il pas \u00e9tonnant qu\u2019il brille d\u2019un nouvel \u00e9clat sur un monde hant\u00e9 par sa finitude.<\/p>\n<p>    \u00ab John Singer Sargent. \u00c9blouir Paris\u00bb, Mus\u00e9e d\u2019Orsay (Paris 7e), jusqu\u2019au 11 janvier 2026.<br \/>\n                sdp<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"R\u00c9CIT &#8211; Le Mus\u00e9e d\u2019Orsay expose les principales \u0153uvres de l\u2019artiste issu d\u2019une famille de Philadelphie qui r\u00e9ussit,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":454632,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[11,1777,674,1011,27,1651,12,626,1585,25],"class_list":{"0":"post-454631","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actualites","9":"tag-eu","10":"tag-europe","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-musee-dorsay","14":"tag-news","15":"tag-paris","16":"tag-peinture","17":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115354687509890008","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/454631","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=454631"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/454631\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/454632"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=454631"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=454631"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=454631"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}