{"id":455102,"date":"2025-10-11T13:18:17","date_gmt":"2025-10-11T13:18:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/455102\/"},"modified":"2025-10-11T13:18:17","modified_gmt":"2025-10-11T13:18:17","slug":"80-ans-de-nice-matin-les-diamants-de-giarrizzi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/455102\/","title":{"rendered":"80\u00a0ans de \u00ab\u00a0Nice-Matin\u00a0\u00bb\u00a0: les diamants de Giarrizzi"},"content":{"rendered":"<p class=\"fs-5 \">On se serait cru dans un film de Claude Sautet. Le d\u00e9cor \u00e9tait enfum\u00e9 du matin au soir. Les journalistes clopaient comme des pompiers. La vapoteuse n\u2019existait pas. Les mecs tiraient sur des Gitanes sans filtre. Il fallait des poumons en acier inoxydable pour survivre. Dans les ann\u00e9es quatre-vingt, le service des sports de Nice-Matin incitait \u00e0 griller des brunes et \u00e0 porter un imper mastic.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Le lieu \u00e9tait habit\u00e9 de caract\u00e8res. Exclusivement des m\u00e2les. Un concentr\u00e9 de testost\u00e9rone et de mauvaise foi. Les discussions montaient dans les tours. Heureusement, l\u2019amiti\u00e9 avait le dernier mot. Un peu comme dans Vincent, Fran\u00e7ois, Paul et les autres. Mis \u00e0 part Montand, Piccoli, Reggiani et le gigot du dimanche, le reste \u00e9tait sous nos yeux.<\/p>\n<p>            <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/86f7d16_upload-1-fsgniyjd8tx7-philippe-camps-5-copie.jpg\" loading=\"lazy\" alt=\"\u00ab\u2005Ensorceleur de l\u2019\u00e9criture\u2005\u00bb, \u00ab\u2005acrobate de la parabole\u2005\u00bb, \u00ab\u2005jongleur de mots\u2005\u00bb, Philippe Camps est&#10;passionn\u00e9 depuis toujours par tout ce qui rebondit autour des filets du Gym, son club f\u00e9tiche.&#10;\" class=\"img-fluid position-absolute w-100 object-fit-coverrounded-2\" width=\"600\" height=\"400\"\/><\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Le service des sports a toujours \u00e9t\u00e9 un \u00c9tat dans l\u2019\u00c9tat. Il est m\u00eame r\u00e9put\u00e9 pour \u00e7a. Pour avoir son code, ses r\u00e8gles et ses coups de folie. Parmi les principes grav\u00e9s dans le marbre\u00a0: le respect des anciens. Dans les locaux de la route de Grenoble, les noms des chefs disparus habillaient le mur en lettres d\u2019or. Personne ne pouvait ignorer le commandant All\u00e8gre, \u00c9mile Laurence ou Tony Bessy. Heureux hommes qui avaient fait le journal sur l\u2019Avenue. L\u00e0 o\u00f9 battait le c\u0153ur de Nice. Les passants s\u2019arr\u00eataient devant les vitrines de l\u2019entr\u00e9e o\u00f9 s\u2019affichaient les r\u00e9sultats du Gym ou le classement du Tour de France. Il y a eu une vie avant Internet.<\/p>\n<p>                                                                                Un patronyme qui claquait comme une frappe de Nurenberg<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Patron des Sports, le romanesque Tony Bessy pondait un billet quotidien\u00a0: Le grain de sel. Autour de lui, Ren\u00e9 Cipriani, Antoine Pescetto, Benoit Pezzuto, Roger Orm\u00e9a, Maxime R\u00e9no, Jean-Claude Laurence, Roger Dries, Jean Chaussier, Julien Giarrizzi et quelques autres. Les pionniers eurent l\u2019immense privil\u00e8ge de raconter les glorieuses ann\u00e9es de l\u2019OGC Nice, quatre fois champion de France entre 1951 et 1959.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Sous Tony Bessy, dont le patronyme claquait comme une frappe de Vic Nurenberg (1), la semaine se terminait en feu d\u2019artifice. Ces messieurs des Sports d\u00eenaient tous les dimanches \u00e0 l\u2019Univers. Chez C\u00e9sar, une figure de la cit\u00e9. Le patron, papa de Nicole Rubi &#8211; Madame Petite maison &#8211; les accueillait aux alentours de minuit avec un loup en cro\u00fbte de sel. Puis il envoyait l\u2019ananas au kirsch, les cr\u00eapes Suzette et l\u2019omelette norv\u00e9gienne. Apr\u00e8s le caf\u00e9, il arrivait \u00e0 ces bambocheurs d\u2019aller faire une p\u00e9tanque du c\u00f4t\u00e9 de la Pin\u00e8de \u00e0 Juan-les-Pins. La nuit \u00e9tait \u00e0 eux.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Le journal, lui, faisait des petits. L\u2019Espoir, qui sortait l\u2019apr\u00e8s-midi, et L\u2019Espoir hebdo, qui paraissait le samedi, avaient pouss\u00e9 les colonnes pour faire une place au sport. Tout le monde attendait Les cancans \u00e0 gogo, la rubrique du g\u00e9nial Julien Giarrizzi. Monsieur football passait sa journ\u00e9e au t\u00e9l\u00e9phone avant de rejoindre Ren\u00e9 Piacibello, typomonteur r\u00e9put\u00e9, \u00e0 l\u2019atelier du journal. De l\u2019union de ces deux artistes &#8211; l\u2019un jonglait avec les mots, l\u2019autre avec le plomb &#8211; naissait une chronique dor\u00e9e sur tranche.<\/p>\n<p>                                                                                Initiales JG<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Julien Giarrizzi a fait le bonheur de Nice-Matin et de ses lecteurs de 1956 \u00e0 1994. Ne cherchez pas\u00a0: on n\u2019a jamais fait mieux. Il signait JG. Les initiales les plus recherch\u00e9es du canard.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Logique\u00a0: Julien avait le sens du r\u00e9cit et celui de la formule. Trait d\u2019union entre les g\u00e9n\u00e9rations, il enchantait les uns et inspirait les autres. On voulait tous lui ressembler. C\u2019\u00e9tait mission impossible.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Arriv\u00e9 au stade peu avant le coup d\u2019envoi, l\u2019\u00e9l\u00e9gant dans son imper impeccable saluait la tribune de presse d\u2019un tonitruant \u00ab\u00a0Salut les amis\u00a0!\u2005\u00a0\u00bb avant de jeter quelques notes sur une feuille et d\u2019improviser ses cent lignes au bout du fil \u00e0 des st\u00e9nos estomaqu\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Le taulier ne connaissait pas la pression. Nice lui appartenait. Il \u00e9tait le deuxi\u00e8me personnage de la ville derri\u00e8re le maire et devant le pr\u00e9sident du Gym. Craint autant que respect\u00e9, il pouvait fracasser une carri\u00e8re ou donner naissance \u00e0 une r\u00e9putation en cinq lignes. Il n\u2019en jouait pas, mais l\u2019entra\u00eeneur qui n\u2019avait pas ses faveurs se savait condamn\u00e9.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Julien Giarrizzi suivait l\u2019OGCN, Monaco et l\u2019\u00e9quipe de France. En Principaut\u00e9, il avait l\u2019oreille du pr\u00e9sident Campora. Chez les Bleus, il \u00e9tait le journaliste pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Jean Tigana. Le milieu de terrain lui vouait une reconnaissance \u00e9ternelle depuis un papier remontant \u00e0 ses d\u00e9buts \u00e0 Toulon. Comme quoi tous les footeux ne sont pas amn\u00e9siques. Hospitalis\u00e9, au cr\u00e9puscule de sa vie, le journaliste recevra la visite de son ami Jeannot, fid\u00e8le jusque dans les adieux.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/3766cbe_upload-1-nidi0ewrpjmj-image-julien-giarrizzi-et-maradona.jpg\" class=\"figure-img img-fluid rounded\" alt=\"A generic square placeholder image with rounded corners in a figure.\"\/><\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Julien Giarrizzi a particip\u00e9 \u00e0 la venue de Pel\u00e9 \u00e0 Nice-Matin. Il a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u chez Cruyff \u00e0 Barcelone. Il a mang\u00e9 avec Platini \u00e0 Turin. Il a organis\u00e9 le d\u00e9placement de Maradona \u00e0 Monaco. Tout \u00e7a para\u00eet fou. Tout \u00e7a est vrai.<\/p>\n<p>                                                                                Les monstres sacr\u00e9s<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0Pel\u00e9 avait promis de passer au journal avant d\u2019aller au Festival de Cannes o\u00f9 tout le monde l\u2019attendait, raconte Jean Chaussier qui fut de toutes les aventures, surtout les plus folles. Il a tenu parole. Cruyff avait particip\u00e9 au jubil\u00e9 Serge Roy au stade du Ray. Quand il a sign\u00e9 au Bar\u00e7a, il nous a ouvert sa porte. Julien allait souvent voir jouer la Juve de Platini au stadio Communale. Maradona \u00e9tait l\u2019invit\u00e9 d\u2019une Nuit des Sports au Sporting. Julien a appel\u00e9 G\u00e9rard Bourgoin. L\u2019homme d\u2019affaires, le roi du poulet, proche de Guy Roux, partit le chercher \u00e0 Naples aux commandes de son avion priv\u00e9. Arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Nice vers minuit, Maradona nous a salu\u00e9s, puis il est all\u00e9 uriner entre deux voitures avant qu\u2019on ne le d\u00e9pose \u00e0 son h\u00f4tel. C\u2019\u00e9tait surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Julien Giarrizzi a couvert huit Coupes du monde de 1966 \u00e0 1990. Ses reportages brillaient comme des diamants. Des confr\u00e8res lui r\u00e9clamaient ses papiers. Son secret\u00a0: il amenait le lecteur partout avec lui. Il a d\u00e9crit le Gym version 70 et d\u00e9peint l\u2019ASM des ann\u00e9es quatre-vingt.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Leif Eriksson (2) lui a vendu sa Volvo. Nenad Bjekovic (3) lui a pr\u00eat\u00e9 sa Mercedes. Sa vie a \u00e9t\u00e9 un roman. En 1978 \u00e0 Buenos Aires, il a r\u00e9ussi l\u2019exploit de faire l\u2019interview de Carlos Monzon, boxeur sauvage et champion hors norme, dans son appartement en plein centre-ville avant de filer couvrir la finale du Mondial Argentine-Pays-Bas au Monumental. Un ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p class=\"position-relative\">\n                1. Vic Nurenberg est une l\u00e9gende de l\u2019OGC Nice (1952-1960).<\/p>\n<p>2. Milieu de terrain su\u00e9dois qui a brill\u00e9 sous les couleurs du Gym de 1970 \u00e0 1975.<\/p>\n<p>3. Attaquant surdou\u00e9 (1976-1981) puis coach (1987-1989), Nenad Bjekovic appartient \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019OGC Nice.\n            <\/p>\n<p>            <img decoding=\"async\" class=\"position-absolute end-0 bottom-0\" src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/build\/images\/icons\/markpage_gray.svg\" alt=\"yellow mark\"\/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"On se serait cru dans un film de Claude Sautet. 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