{"id":459101,"date":"2025-10-13T05:35:18","date_gmt":"2025-10-13T05:35:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/459101\/"},"modified":"2025-10-13T05:35:18","modified_gmt":"2025-10-13T05:35:18","slug":"cest-toujours-mieux-que-la-rue-y-a-t-il-de-plus-en-plus-de-logements-squattes-a-rennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/459101\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0C\u2019est toujours mieux que la rue\u00a0\u00bb\u00a0: y a-t-il de plus en plus de logements squatt\u00e9s \u00e0 Rennes\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>En remontant la rue de l\u2019Alma, dans le centre de Rennes, quelques commerces subsistent encore, mais plusieurs immeubles restent vides. Ce secteur fait partie du projet de renouvellement urbain EuroRennes. Il vise \u00e0 renforcer la connexion entre la gare et le quartier du Colombier. En attendant le lancement effectif des travaux, plusieurs b\u00e2timents sont laiss\u00e9s inoccup\u00e9s. Autant d\u2019opportunit\u00e9s pour certains sans-abri en qu\u00eate d\u2019un toit.<\/p>\n<p><a class=\"tlg-kiosque tlg-kiosque-rennes gtm-kiosque-rennes\" href=\"https:\/\/www.lemensuel.com\/rennes\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/MDR_une_complete.png\" alt=\"Couverture Mensuel Rennes\"\/><\/p>\n<p>Le Mensuel de Rennes<\/p>\n<p>Magazine curieux et (im)pertinent !<\/p>\n<p>D\u00e9couvrez<\/a><\/p>\n<p>Le n\u00b08, un immeuble de trois \u00e9tages, appartient \u00e0 l\u2019am\u00e9nageur public Territoires Rennes. Il a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9 pendant plusieurs mois <a href=\"https:\/\/www.letelegramme.fr\/ille-et-vilaine\/rennes-35000\/pipes-a-crack-seringues-rats-un-squat-evacue-par-la-police-a-rennes-6880266.php\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">avant son \u00e9vacuation le 1er septembre<\/a>. \u00ab On a retrouv\u00e9 des d\u00e9tritus, des restes alimentaires, des meubles, de l\u2019\u00e9lectrom\u00e9nager, \u00e9num\u00e8re S\u00e9bastien Klemenko, le g\u00e9rant de la soci\u00e9t\u00e9 Abnk d\u00e9barras, charg\u00e9e du nettoyage. Les conditions de vie devaient y \u00eatre compliqu\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Immeuble occup\u00e9 durant un an<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 d\u2019autres lieux investis par des collectifs militants, ce type de squat abrite surtout des individus pr\u00e9caires : des jeunes en rupture familiale, des couples, des travailleurs, parfois usagers de drogues. Un public suivi par l\u2019\u00e9quipe de la CAARUD, le centre d\u2019accueil et d\u2019accompagnement \u00e0 la r\u00e9duction des risques pour usagers de drogues, port\u00e9 par l\u2019association Aides. \u00ab Ce squat existait depuis plus d\u2019un an, explique l\u2019\u00e9quipe. Au d\u00e9part, c\u2019\u00e9tait un petit groupe d\u2019une dizaine de personnes tr\u00e8s marginalis\u00e9es, mais plut\u00f4t organis\u00e9. Ils avaient r\u00e9ussi \u00e0 remettre l\u2019eau et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, et \u00e7a fonctionnait un peu comme une colocation sans droit ni titre. \u00bb<\/p>\n<p>Progressivement, le bouche-\u00e0-oreille a fait son effet. De nouvelles personnes sont arriv\u00e9es, dont parfois des usagers de stup\u00e9fiants. \u00ab La situation est devenue compliqu\u00e9e avec des embrouilles de thunes, des bagarres, des d\u00e9compensations li\u00e9es \u00e0 la consommation ou des vols. Les conditions de vie se sont d\u00e9grad\u00e9es et les occupants historiques ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 partir. \u00bb<\/p>\n<p>Vivre en squat faute de mieux<\/p>\n<p>\u00c0 Rennes, une telle long\u00e9vit\u00e9 pour un squat est rare. Le durcissement de l\u2019arsenal l\u00e9gislatif et la s\u00e9curisation rapide des b\u00e2timents limitent ces occupations. \u00ab Beaucoup sont ouverts \u00e0 l\u2019arrache, dans des garages ou des b\u00e2timents abandonn\u00e9s \u00bb, souligne le CAARUD.<\/p>\n<p>Des lieux g\u00e9n\u00e9ralement sans eau ni \u00e9lectricit\u00e9, parfois insalubres. \u00ab Le squat est rarement un choix, rappelle l\u2019\u00e9tablissement m\u00e9dico-social. Mais une alternative \u00e0 la tente ou au trottoir. \u00bb Y vivre est avant tout \u00ab un moyen de se prot\u00e9ger, rajoute Sonia Moreau, responsable r\u00e9gionale de l\u2019association Aides. Dormir dehors, c\u2019est \u00eatre expos\u00e9 au froid, mais aussi aux agressions, aux vols d\u2019affaires personnelles ou aux contr\u00f4les de police. \u00bb<\/p>\n<p>Cette vie en squat, Julio (un pseudo) la conna\u00eet depuis bient\u00f4t deux ans. Avec sa compagne, ce jeune d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es occupe une \u00ab maison d\u00e9saffect\u00e9e \u00bb. Un terme qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re \u00e0 \u00ab squat \u00bb, qu\u2019il juge trop p\u00e9joratif. \u00ab C\u2019est toujours mieux que la rue, mais c\u2019est \u00e9puisant. Il faut toujours \u00eatre pr\u00eat \u00e0 bouger. \u00bb<\/p>\n<p>Des centres d\u2019h\u00e9bergements d\u00e9bord\u00e9s<\/p>\n<p>La m\u00e9tropole rennaise comptait plus de 3 900 personnes sans domicile entre 2021 et 2022, selon l\u2019Observatoire du mal-logement. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 d\u2019entre elles vivaient dans la rue ou des lieux d\u00e9saffect\u00e9s \u2014 un chiffre sous-estim\u00e9 selon plusieurs associations. Combien de squats comptent la capitale bretonne ? Le nombre exact est difficile \u00e0 \u00e9tablir.<\/p>\n<p>Pour les gens de terrain, ces derniers refl\u00e8tent le manque de places d\u2019h\u00e9bergement. Chaque soir, le 115 est satur\u00e91. Seul un quart des demandes sont satisfaites. Une r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par Dani et C\u00e9cile. Le 15 septembre ce couple \u00e9tait h\u00e9berg\u00e9 depuis dix jours au centre d\u2019accueil d\u2019urgence Adsao. \u00ab Avant, on a d\u00fb dormir deux semaines sur le b\u00e9ton. \u00bb Leur espoir ? Renouveler leur place aupr\u00e8s du 115. \u00ab La derni\u00e8re fois, on est rest\u00e9s six heures sans r\u00e9ponse. \u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame probl\u00e8me, dans les quatre centres d\u2019h\u00e9bergement et de r\u00e9insertion sociale (CHRS) de Rennes. Ils peuvent loger les personnes durant 18 mois renouvelables. Pour y acc\u00e9der, les d\u00e9lais d\u2019attente sont longs. Au centre Adsao, dans le quartier de la Mabilais, il faut compter huit mois pour obtenir une place. \u00ab C\u2019est un peu critique, explique Amine Belkhattaf, coordinateur du CHRS. Quand on r\u00e9ussit enfin \u00e0 joindre les personnes, certains ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 ou abandonn\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Une exp\u00e9rimentation avec le Rado<\/p>\n<p>Beaucoup de personnes marginalis\u00e9es ne se tournent m\u00eame plus vers les centres, souvent jug\u00e9s trop contraignants : horaires stricts, interdiction des animaux, vie collective impos\u00e9e, refus de certains profils. L\u2019interdiction des consommations de drogues en dissuade aussi certains.<\/p>\n<p>Pour lever ces freins, l\u2019association Saint-Beno\u00eet Labre a lanc\u00e9 le dispositif Rado. Sur deux sites, \u00e0 Rennes et Cesson-S\u00e9vign\u00e9, une vingtaine de personnes rep\u00e9r\u00e9es dans la rue acc\u00e8dent \u00e0 un logement individuel, sans limite de temps ni contrepartie financi\u00e8re. Les consommations sont tol\u00e9r\u00e9es, les animaux accept\u00e9s. \u00ab L\u2019id\u00e9e est de respecter leur rythme et, si possible, de faire \u00e9merger un projet \u00bb, explique Vincent B\u00e9lier, responsable du p\u00f4le insertion de l\u2019association. Mais les places restent limit\u00e9es.<\/p>\n<p>Avec l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019hiver, les conditions de vie risquent de se durcir. Faute de solutions durables, beaucoup continueront \u00e0 chercher refuge l\u00e0 o\u00f9 ils le peuvent. Un quotidien \u00e9prouvant, qui laisse des s\u00e9quelles durables. L\u2019esp\u00e9rance de vie des personnes sans domicile reste inf\u00e9rieure \u00e0 50 ans.<\/p>\n<p class=\"note\">1 Contact\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises, la pr\u00e9fecture d\u2019Ille-et-Vilaine, n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 nos sollicitations \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 nous bouclons.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En remontant la rue de l\u2019Alma, dans le centre de Rennes, quelques commerces subsistent encore, mais plusieurs immeubles&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":459102,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2821],"tags":[1111,11,829,765,1777,674,1011,27,848,12,584,25],"class_list":{"0":"post-459101","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-rennes","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-bretagne","11":"tag-en-continu","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-ille-et-vilaine","17":"tag-news","18":"tag-rennes","19":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115365238027809045","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/459101","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=459101"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/459101\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/459102"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=459101"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=459101"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=459101"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}