{"id":463624,"date":"2025-10-15T00:23:22","date_gmt":"2025-10-15T00:23:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/463624\/"},"modified":"2025-10-15T00:23:22","modified_gmt":"2025-10-15T00:23:22","slug":"comment-leurope-souhaite-semanciper-des-etats-unis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/463624\/","title":{"rendered":"comment l&rsquo;Europe souhaite s&rsquo;\u00e9manciper des \u00c9tats-Unis"},"content":{"rendered":"<p>Dans un peu plus d\u2019un mois, l\u2019Europe va d\u00e9cider \u00e0 la conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de Br\u00eame en Allemagne d\u2019une partie de son destin spatial pour la p\u00e9riode 2026-2028 et au-del\u00e0 en lan\u00e7ant des programmes structurants. Avec le probable d\u00e9sengagement dans certains programmes internationaux (notamment la Lune et Mars) des \u00c9tats-Unis actuellement paralys\u00e9s par le Shutdown (mise \u00e0 l\u2019arr\u00eat de l&rsquo;administration f\u00e9d\u00e9rale am\u00e9ricaine depuis le 1er octobre). Ce rendez-vous majeur pour l\u2019Europe spatiale montrera aux puissances spatiales qui comptent comment l\u2019Europe souhaite \u00eatre beaucoup plus souveraine en mati\u00e8re d\u2019exploration spatiale. Ce qu\u2019elle n\u2019est pas vraiment aujourd\u2019hui. Une ambition qui concerne naturellement la France.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs la voie qu\u2019avait montr\u00e9 le Chef de l\u2019Etat Emmanuel Macron en juin au salon a\u00e9ronautique du Bourget\u00a0en estimant que les Europ\u00e9ens devaient \u00ab\u00a0continuer d&rsquo;avoir cette audace et explorer (\u2026) Construire des stations spatiales est devenu plus accessible que jamais, et on ne doit pas sortir de cette comp\u00e9tition. (\u2026) Les stations spatiales et les cargos sont des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s dans les missions d&rsquo;exploration et les vols habit\u00e9s\u00a0\u00bb. Pour autant, l\u2019exploration spatiale reste un v\u00e9ritable d\u00e9fi pour l\u2019Europe alors m\u00eame qu\u2019il y a une guerre sur son continent avec le conflit entre l\u2019Ukraine et la Russie et au moment o\u00f9 le spatial de d\u00e9fense devient prioritaire avec l\u2019arsenalisation de l\u2019espace.<\/p>\n<p>A l\u2019image d\u2019Emmanuel Macron, l\u2019exploration spatiale reste l\u2019ambition de l\u2019ESA et du directeur\u00a0de l&rsquo;exploration humaine et robotique de l&rsquo;Agence spatiale europ\u00e9enne (ESA), Daniel Neuenschwander. Dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 La Tribune, il fait valoir que \u00ab\u00a0l\u2019exploration spatiale est un levier strat\u00e9gique de la souverainet\u00e9 europ\u00e9enne. L\u2019Europe n\u2019a pas le choix\u00a0: l&rsquo;exploration du syst\u00e8me solaire se fera avec ou sans elle (\u2026) Les rapports de forces \u00e9conomique et g\u00e9ostrat\u00e9gique de demain se jouent d\u00e8s aujourd\u2019hui. L&rsquo;exploration lunaire est absolument embl\u00e9matique dans ce contexte. L\u2019acc\u00e8s robotique ind\u00e9pendant \u00e0 la Lune est strat\u00e9giquement majeur \u00bb. Et de s\u2019interroger\u00a0: \u00ab\u00a0est-ce que l&rsquo;Europe aura le courage de prendre les d\u00e9cisions au service de sa souverainet\u00e9 future ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>B\u00e2tir des capacit\u00e9s souveraines&#13;\n<\/p>\n<p>Comment pourrait se traduire l\u2019ambition de l\u2019ESA dans le domaine de l\u2019exploration spatiale (3,77 milliards d\u2019euros de budget attendus sur la p\u00e9riode 2026-2028) lors de la conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de Br\u00eame\u00a0? Pour Daniel Neuenschwander\u00a0qui a travaill\u00e9 sur plusieurs projets pour d\u00e9velopper l\u2019autonomie de l\u2019Europe en mati\u00e8re d\u2019exploration spatiale, \u00ab\u00a0l\u2019Europe doit avant tout disposer de ses propres capacit\u00e9s\u00a0\u00bb. Il a fix\u00e9 trois priorit\u00e9s pour l\u2019ESA : le transport cargo vers et depuis l&rsquo;espace avec la poursuite du programme LEO Cargo Return Service (LCRS) d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 S\u00e9ville, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la surface lunaire (programme Argonaut) et la mission martienne Rosalind Franklin.<\/p>\n<p>Ces trois projets r\u00e9sument une ambition mesur\u00e9e de l\u2019ESA au service de l\u2019industrie spatiale europ\u00e9enne. Avec l\u2019objectif de faciliter l&rsquo;acc\u00e8s au march\u00e9 de l\u2019exploration spatiale \u00e0 son industrie pour former des champions qui seront aptes \u00e0 \u00eatre comp\u00e9titif dans la comp\u00e9tition mondiale. Les industriels europ\u00e9ens devront saisir cette opportunit\u00e9. S\u2019ils ne font pas, ils \u00ab\u00a0risquent peu \u00e0 peu d&rsquo;\u00eatre absorb\u00e9s par des entit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res et les startups seront condamn\u00e9es \u00e0 c\u00e9der leurs propri\u00e9t\u00e9s intellectuelles\u00a0\u00bb, estime Daniel Neuenschwander. Il signale que l\u2019agence est aujourd\u2019hui \u00e9norm\u00e9ment \u00ab\u00a0sollicit\u00e9e \u00e0 tous les niveaux par des entreprises non europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb pour participer \u00e0 des programmes de l\u2019ESA. Et de rappeler que la mission de l\u2019agence \u00ab\u00a0est de d\u00e9velopper le secteur spatial europ\u00e9en, de d\u00e9velopper les capacit\u00e9s technologiques des industriels et des scientifiques europ\u00e9ens. Mais il faut avoir conscience de la dynamique actuelle au niveau mondial\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Lune\u00a0: acc\u00e9l\u00e9rer Argonaut&#13;\n<\/p>\n<p>Dans la proposition de budget de la maison Blanche en mai, des briques du programme Artemis avaient disparu (le vaisseau spatial Orion, la station spatiale Gateway, le lanceur SLS\u2026). Le Congr\u00e8s a pour sa part rajout\u00e9 les financements pour Gateway et les modules de service europ\u00e9en du vaisseau spatial Orion (ESM 4 et 5). Lors d\u2019une r\u00e9union sur Gateway, les Etats-Unis ont communiqu\u00e9 \u00e0 leur partenaires (Canada, Europe, Japon et Emirats Arabes Unis) ont indiqu\u00e9 qu\u2019ils poursuivaient ce programme. \u00ab\u00a0Je demanderai les fonds n\u00e9cessaires \u00e0 la minist\u00e9rielle pour continuer Gateway\u00a0\u00bb, indique \u00e0 La Tribune Daniel Neuenschwander, qui va n\u00e9anmoins adapter l\u2019enveloppe financi\u00e8re \u00e0 la seule p\u00e9riode 2026-2028. \u00ab\u00a0Nous allons peut-\u00eatre r\u00e9duire un petit peu la voilure, mais l&rsquo;engagement europ\u00e9en vis-\u00e0-vis de Gateway reste\u00a0\u00bb, assure-t-il.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le directeur\u00a0de l&rsquo;exploration humaine et robotique au sein de l&rsquo;ESA demandera les fonds n\u00e9cessaires pour les ESM (European Service Module), y compris pour le sixi\u00e8me cargo. Alors que les 4 et 5 seront utilis\u00e9s comme une contribution europ\u00e9enne au programme Gateway, le sixi\u00e8me est une contrepartie \u00e0 des b\u00e9n\u00e9fices d\u00e9j\u00e0 obtenus par l\u2019ESA sur la station spatiale internationale (ISS). \u00ab\u00a0Si nous sommes un partenaire fiable, nous devons livrer ESM 6\u00a0\u00bb, r\u00e9sume-t-il. En revanche, l\u2019ESA n\u2019a pas encore sign\u00e9 les contrats pour les cargos suivants (de sept \u00e0 neuf) tant qu\u2019elle n&rsquo;a pas la garantie ferme de contreparties pour l&rsquo;Europe. Sans assurance des Etats-Unis, Daniel Neuenschwander souhaite reconvertir les ESM vers de futures missions europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Enfin, le programme Argonaut, le premier atterrisseur lunaire de l&rsquo;ESA, est une pi\u00e8ce ma\u00eetresse de l\u2019agence \u00ab\u00a0dans la mise en \u0153uvre de notre feuille de route lunaire sur les quinze ans \u00e0 venir\u00a0\u00bb. L\u2019ESA veut d\u2019ailleurs faire voler la mission 1 d&rsquo;Argonaut \u00ab\u00a0au plus vite\u00a0pour toucher le sol lunaire le plus rapidement possible \u00bb, selon le directeur\u00a0de l&rsquo;exploration humaine et robotique de l\u2019ESA. Il a donc demand\u00e9 \u00e0 ses \u00e9quipes d&rsquo;avancer la premi\u00e8re mission d&rsquo;Argonaut d&rsquo;une ann\u00e9e, en 2030 (contre 2031. \u00ab\u00a0C&rsquo;est tr\u00e8s, tr\u00e8s ambitieux. Je connais bien tous les risques techniques que nous avons encore devant nous. Mais on fera tout pour lancer la mission 1 d&rsquo;\u0410rgonaut le plus vite possible sans faire aucune impasse sur la s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb, explique-t-il. Et pourquoi pas recycler ensuite Argonaut dans le cadre du programme Artemis avec les Am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Mars : ZefEro, le nouvel atout de l\u2019ESA&#13;\n<\/p>\n<p>Avec le l\u00e2chage en ao\u00fbt des Etats-Unis sur l\u2019orbiteur europ\u00e9en Earth Return Orbiter, dont la mission \u00e9tait pr\u00e9vue en 2030, l\u2019ESA a d\u00fb r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un plan B pour prot\u00e9ger les technologies europ\u00e9ennes d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9es. L\u2019agence a donc r\u00e9orient\u00e9 cette mission internationale vers une mission scientifique europ\u00e9enne, qui s\u2019appelle d\u00e9sormais ZefERO. C\u2019est un orbiteur qui devrait tourner autour de Mars \u00e0 diff\u00e9rentes altitudes (entre 350 et 650 kilom\u00e8tres) et prendre des mesures des vents martiens. \u00ab\u00a0Ces mesures directes de vents n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 faites en dehors de la Terre \u00e0 ce jour. Ce serait vraiment une premi\u00e8re\u00a0\u00bb, explique Daniel Neuenschwander. Ce qui a interpel\u00e9 la Nasa qui a exprim\u00e9 un int\u00e9r\u00eat scientifique \u00e0 rejoindre cette mission europ\u00e9enne, qui doit \u00eatre d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 Br\u00eame.<\/p>\n<p>En outre, \u00ab\u00a0la mission Rosalind Franklin va devenir encore plus importante dans un contexte o\u00f9 les Am\u00e9ricains arr\u00eatent Mars Sample Return (mission de retour d&rsquo;\u00e9chantillons martiens, ndlr) dans sa forme initiale\u00a0\u00bb, estime Daniel Neuenschwander. Cette mission doit servir \u00e0 pr\u00e9parer l\u2019exploration martienne et prendre la mesure de tous les dangers qui attendent les Hommes sur Mars.<\/p>\n<p>Et la France\u00a0?&#13;\n<\/p>\n<p>Quelle va \u00eatre la position de la France, qui est notamment mont\u00e9e \u00e0 bord du programme Terra Novae, dans le domaine de l\u2019exploration spatiale\u00a0? \u00ab\u00a0Je souhaiterais que la France joue sa partition et garde le rang qui est le sien\u00a0\u00bb dans l\u2019exploration spatiale\u00a0\u00bb, explique le directeur\u00a0de l&rsquo;exploration humaine et robotique de l\u2019ESA. Elle sera surveill\u00e9e de tr\u00e8s pr\u00e8s sur tous les projets en orbite basse (LEO) auxquels elle participe. Notamment la mission Epsilon qui verra au printemps 2026 Sophie Adenot monter \u00e0 bord de l\u2019ISS pendant six mois. \u00ab\u00a0Il existe une solidarit\u00e9 des Etats europ\u00e9ens qui ont d\u00e9cid\u00e9 ensemble de faire voler en premier une astronaute de l&rsquo;ESA d\u00e9tenant un passeport tricolore. La France doit garder son rang dans ce contexte\u00a0et continuer \u00e0 jouer un r\u00f4le cl\u00e9 en tant que partenaire de l\u2019ISS \u00bb, estime Daniel Neuenschwander.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du programme Epsilon, il rappelle que la France s\u2019est \u00e9galement engag\u00e9e sur le programme LEO Cargo Return Service, une priorit\u00e9 politique d\u00e9finie en novembre 2023 par les ministres en charge de l\u2019espace \u00e0 S\u00e9ville. \u00ab\u00a0Elle engage tous les ministres, rappelle-t-il. La d\u00e9cision de S\u00e9ville porte sur LEO Cargo Return Service, mais aussi sur le soutien \u00e0 Ariane 6 et Vega C. C&rsquo;\u00e9tait un paquet global\u00a0\u00bb. En d\u00e9pit de la situation budg\u00e9taire compliqu\u00e9e en France, Paris devra en tenir compte et soutenir ce paquet dans son int\u00e9gralit\u00e9. D\u2019autant que pour le d\u00e9veloppement d&rsquo;une capacit\u00e9 de transport cargo autonome, des industriels fran\u00e7ais (Thales Alenia Space et la soci\u00e9t\u00e9 franco-allemande The Exploration Company) sont impliqu\u00e9s dans la phase une avec de bonnes chances de succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Enfin, les grands industriels fran\u00e7ais ont aussi un r\u00f4le de locomotive dans certains des grands programmes d\u2019exploration spatiales europ\u00e9ens. En cons\u00e9quence, ils ont obtenu la ma\u00eetrise d\u2019\u0153uvre sur des programmes europ\u00e9ens portant sur l\u2019exploration lunaire et martienne. C\u2019est notamment le cas de Thales Alenia Space qui pilote le module de ravitaillement en carburant Lunar View (Gateway). C\u2019est \u00e9galement le cas d\u2019Airbus Space avec l\u2019orbiteur Earth Return Orbiter dans le cadre du programme ZefERO.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans un peu plus d\u2019un mois, l\u2019Europe va d\u00e9cider \u00e0 la conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de Br\u00eame en Allemagne d\u2019une&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":463625,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[17,11,20,56827,154,1777,674,23227,1011,27,1808,12,25,58785,37624,57612],"class_list":{"0":"post-463624","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-17","9":"tag-actualites","10":"tag-comment","11":"tag-defense-et-aerospatiale","12":"tag-des","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-exploration","16":"tag-fr","17":"tag-france","18":"tag-leurope","19":"tag-news","20":"tag-republique-francaise","21":"tag-semanciper","22":"tag-souhaite","23":"tag-spatiale"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115375335248004385","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/463624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=463624"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/463624\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/463625"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=463624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=463624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=463624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}