{"id":463890,"date":"2025-10-15T03:07:10","date_gmt":"2025-10-15T03:07:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/463890\/"},"modified":"2025-10-15T03:07:10","modified_gmt":"2025-10-15T03:07:10","slug":"chien-51-de-cedric-jimenez-42-millions-deuros-de-budget-pour-une-dystopie-obsolete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/463890\/","title":{"rendered":"\u201cChien 51\u201d de C\u00e9dric Jimenez : 42 millions d&rsquo;euros de budget pour une dystopie obsol\u00e8te"},"content":{"rendered":"<p>Le r\u00e9alisateur de \u201cBAC Nord\u201d s\u2019essaye \u00e0 la dystopie au budget XXL mais se contente d\u2019apposer des gimmicks d\u00e9j\u00e0 vus mille fois sur un r\u00e9cit aux r\u00e9sonances politiques discutables.<\/p>\n<p>Il sera soit le sauveur, soit une mauvaise nouvelle de plus, mais cette fois une co\u00fbteuse : avec ses 42 millions d\u2019euros de budget, Chien 51 ne peut rentrer dans ses frais qu\u2019\u00e0 l\u2019expresse condition de faire au bas mot deux et sans doute trois millions d\u2019entr\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019\u00eatre le plus gros succ\u00e8s national de l\u2019ann\u00e9e au box-office, dont la premi\u00e8re place est actuellement occup\u00e9e par <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/god-save-the-tuche-le-film-le-plus-drole-de-la-saga-650382-03-02-2025\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">God Save the Tuche.<\/a> Le pari est hautement p\u00e9rilleux dans un moment de fr\u00e9quentation morose, m\u00eame si quelque peu r\u00e9chauff\u00e9 par quelques succ\u00e8s au rayon du cin\u00e9ma d\u2019auteur.<\/p>\n<p>\u00c0 charge donc de cette dystopie port\u00e9e par Gilles Lellouche d\u2019offrir aux salles un grand succ\u00e8s public d\u2019automne avant le soulagement de No\u00ebl et <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/james-cameron-sinquiete-pour-la-suite-de-sa-saga-avatar-avant-la-sortie-du-troisieme-opus-681561-06-10-2025\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">du prochain Avatar.<\/a> Chien 51 se d\u00e9roule dans un futur largement labour\u00e9 par les standards de la science-fiction : la France est sous le contr\u00f4le d\u2019une intelligence artificielle nomm\u00e9e Alma, qui contr\u00f4le plus qu\u2019elle n\u2019assiste une soci\u00e9t\u00e9 de castes soumise \u00e0 un syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de surveillance : tous\u00b7tes les citoyen\u00b7nes portent un bracelet \u00e9lectronique qui les g\u00e9olocalise et s\u2019assure notamment de leur respect scrupuleux des zones o\u00f9 ils et elles \u00e9voluent, allant de 1 pour l\u2019\u00e9lite calfeutr\u00e9e dans les beaux quartiers de l\u2019hypercentre parisien, \u00e0 3 pour les bidonvilles de la p\u00e9riph\u00e9rie. Le meurtre du cr\u00e9ateur d\u2019Alma d\u00e9clenche une enqu\u00eate qui va voir Zem (Gilles Lellouche), flic de la troisi\u00e8me zone, s\u2019associer \u00e0 Salia (<a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/adele-exarchopoulos-la-revelation-comique-de-2020-191256-04-12-2020\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ad\u00e8le Exarchopoulos<\/a>), homologue de la seconde, et remonter le fil d\u2019un grand complot.<\/p>\n<p>Blade Runner sur Seine<\/p>\n<p>Une copieuse sc\u00e8ne de course-poursuite introductive le long des quais de Seine donne le ton d\u2019un film qui se voudrait une superproduction \u00e0 la hauteur de ses mod\u00e8les hollywoodiens tout en assumant avec autant de force son ancrage parigot. Un Blade Runner sur Seine tout en rues pav\u00e9es et immeubles haussmanniens, barbouill\u00e9s de trucages num\u00e9riques et d\u2019effets de r\u00e9alit\u00e9 augment\u00e9es, hologrammes, balayages radar, etc.<\/p>\n<p>Difficile de voir dans cette quincaille autre chose qu\u2019une bien vieille et maussade id\u00e9e du futur, d\u00e9glutie pour la \u00e9ni\u00e8me fois apr\u00e8s avoir largement \u00e9puis\u00e9 ses cycles de recharge au cin\u00e9ma, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et dans le jeu vid\u00e9o. Chien 51 fait donc l\u2019effet d\u2019un continuateur tardif, l\u00e9g\u00e8rement forceur, \u00e0 la remorque de ses mod\u00e8les et m\u00eame des imitateurs que ces m\u00eames mod\u00e8les ont d\u00e9j\u00e0 largement eu le temps d\u2019avoir : Besson, bien s\u00fbr, et pas seulement pour le blond peroxyd\u00e9 de Gilles Lellouche, <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/on-a-classe-les-9-films-de-bong-joon-ho-652563-04-03-2025\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Bong Joon-ho<\/a>, aussi. La seule chose qui lui appartient vraiment, c\u2019est peut-\u00eatre cette mani\u00e8re improbable qu\u2019il a de faire subsister son h\u00e9t\u00e9robeaufisme dans sa science-fiction, un ethos dujardino-lellouchien venu se glisser discr\u00e8tement dans l\u2019expression des personnages ou, par exemple, dans cette sc\u00e8ne de karaok\u00e9 absurde \u2013 Lellouche et Exarchopoulos \u201cont besoin de d\u00e9compresser\u201d et partent s\u2019\u00e9gosiller sur What\u2019s up des 4 Non Blondes, et tout \u00e0 coup c\u2019est comme si dans les entrailles du Paris dystopique de 2040 tr\u00f4nait encore un Montana, comme un phare dans la nuit.<\/p>\n<p>Une question de param\u00e9trage informatique<\/p>\n<p>Le tout vient servir une parabole politique aux fondements assez discutables, puisque l\u2019ennemi absolu du film est une IA d\u00e9brid\u00e9e, disculpant de faire toute forme de responsabilit\u00e9 humaine dans ses errements : dr\u00f4le de mani\u00e8re de vouloir parler de lutte des classes ou critiquer la compartimentation \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 tout en d\u00e9douanant int\u00e9gralement ses cat\u00e9gories d\u2019humains dominants, bien d\u00e9sol\u00e9es sur l\u2019air de \u201csi on avait su !!! \u201d, comme si l\u2019injustice sociale n\u2019\u00e9tait qu\u2019une question de param\u00e9trage informatique. Stylistiquement obsol\u00e8te, politiquement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque : le sauveur des salles fait grise mine.<\/p>\n<p><strong>Chien 51 r\u00e9alis\u00e9 par C\u00e9dric Jimenez avec Gilles Lellouche, Ad\u00e8le Exarchopoulos. En salle le 15 octobre <\/strong><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le r\u00e9alisateur de \u201cBAC Nord\u201d s\u2019essaye \u00e0 la dystopie au budget XXL mais se contente d\u2019apposer des gimmicks&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":463891,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1354],"tags":[8716,58,59,1346,1011,27,1360],"class_list":{"0":"post-463890","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-films","8":"tag-cafeyn","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-films","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-movies"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115375980042478743","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/463890","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=463890"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/463890\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/463891"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=463890"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=463890"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=463890"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}