{"id":466582,"date":"2025-10-16T04:49:10","date_gmt":"2025-10-16T04:49:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/466582\/"},"modified":"2025-10-16T04:49:10","modified_gmt":"2025-10-16T04:49:10","slug":"christine-montalbetti-passeuse-de-memoire-avec-son-nouveau-livre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/466582\/","title":{"rendered":"Christine Montalbetti, passeuse de m\u00e9moire avec son nouveau livre"},"content":{"rendered":"<p>            Par<br \/>\n        <strong><br \/>\n            <a href=\"https:\/\/actu.fr\/auteur\/sophie-quesnel\" title=\"Consulter tous les articles de Sophie Quesnel\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sophie Quesnel<\/a><br \/>\n        <\/strong><\/p>\n<p>        Publi\u00e9 le<\/p>\n<p>            16 oct. 2025 \u00e0 6h36        <\/p>\n<p>\u00ab Chaque fois que Marie-Th\u00e9r\u00e8se me racontait un \u00e9pisode de sa vie, je sentais sa tristesse \u00e0 l\u2019id\u00e9e que tous ses souvenirs allaient dispara\u00eetre avec elle. Et \u00e7a me bouleversait \u00bb, confie <a href=\"https:\/\/actu.fr\/normandie\/trouville-sur-mer_14715\/un-livre-sur-lhistoire-braquage-casino-trouville-sur-mer-2011_14983885.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Christine Montalbetti<\/a>. C\u2019est ce d\u00e9sarroi qui a \u00e9t\u00e9 le point de d\u00e9part du livre. La romanci\u00e8re s\u2019est propos\u00e9e un jour d\u2019\u00eatre \u00ab le scribe \u00bb de cette femme, <a href=\"https:\/\/actu.fr\/normandie\/trouville-sur-mer_14715\/la-fermeture-de-la-patisserie-charlotte-corday-plonge-les-gourmands-dans-la-nostalgie_61814592.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">fondatrice avec son mari de la p\u00e2tisserie Charlotte Corday,<\/a> ferm\u00e9e cette ann\u00e9e dans un fracas local.<\/p>\n<blockquote class=\"ac-article-quote wall-content\">\n<p>C\u2019\u00e9tait une injustice que toute une vie disparaisse avec le corps qui l\u2019avait v\u00e9cue.\u00a0<\/p>\n<p>Christine Montalbetti.<\/p><\/blockquote>\n<p class=\" wall-content\">\u00c0 ce premier \u00e9lan s\u2019est ajout\u00e9e la d\u00e9couverte d\u2019un lien singulier : \u00ab Elle me confiait des choses sur sa relation avec Marguerite Duras que j\u2019ignorais. Et je me suis dit qu\u2019il y avait l\u00e0 aussi un int\u00e9r\u00eat litt\u00e9raire, par rapport \u00e0 Duras, mais aussi \u00e0 leur inscription dans cette g\u00e9ographie de Trouville. \u00bb<\/p>\n<p>Un r\u00e9cit en miroir<\/p>\n<p class=\" wall-content\">L\u2019histoire de Marie-Th\u00e9r\u00e8se se construit comme un r\u00e9cit en miroir. \u00ab J\u2019avais toujours associ\u00e9 Marie-Th\u00e9r\u00e8se \u00e0 Trouville. Mais quand elle m\u2019a racont\u00e9 son enfance, j\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019elle avait grandi \u00e0 une soixantaine de kilom\u00e8tres, dans des paysages o\u00f9, 30\u00a0ans plus tard, je passais mes vacances. Ce point de convergence a d\u00e9clench\u00e9 mes fragments autobiographiques. \u00bb<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Christine Montalbetti revendique ce choix : elle n\u2019\u00e9crira sans doute jamais d\u2019autobiographie pure, consid\u00e9rant que \u00ab sa vie n\u2019est pas une histoire \u00bb, contrairement \u00e0 celle de Marie-Th\u00e9r\u00e8se, qui l\u2019a toujours v\u00e9cue comme telle. \u00ab J\u2019\u00e9cris des romans pour vivre d\u2019autres existences, pour nous d\u00e9multiplier. L\u2019autobiographie serait r\u00e9ductrice. Mais ce miroir me permettait d\u2019interroger la question : comment raconter la vie d\u2019une autre ? Comment faire entrer le r\u00e9el, une personne complexe, dans 150 pages ? \u00bb<\/p>\n<p>Vid\u00e9os : en ce moment sur Actu<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Le livre s\u2019ouvre sur une phrase de <a href=\"https:\/\/actu.fr\/normandie\/trouville-sur-mer_14715\/lame-et-les-mots-de-marguerite-duras-planent-toujours-sur-trouville-sur-mer_61865558.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Marguerite Duras<\/a> : \u00ab Il faut \u00e9crire, Marie-Th\u00e9r\u00e8se, il faut \u00e9crire. \u00bb Une injonction qui r\u00e9sonne avec celle de l\u2019auteure elle-m\u00eame. \u00ab Ce qui m\u2019a troubl\u00e9e, c\u2019est que Duras lui avait r\u00e9p\u00e9t\u00e9 la m\u00eame phrase que je lui disais moi aussi. J\u2019ai alors pens\u00e9 : il faut le faire. \u00bb<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Quand Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u00e9couvre le manuscrit, elle r\u00e9agit avec \u00e9l\u00e9gance : \u00ab Elle m\u2019a dit : j\u2019adore votre \u00e9criture. C\u2019\u00e9tait beau de sa part, car elle ne parlait pas d\u2019elle, mais de la dimension litt\u00e9raire. Elle a toujours eu ce regard curieux, attentif \u00e0 l\u2019art, la litt\u00e9rature, la musique. \u00bb<\/p>\n<p>Votre r\u00e9gion, votre actu !<\/p>\n<p>Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.<\/p>\n<p>\t<a href=\"https:\/\/actu.fr\/newsletter\" class=\"ac-btn ac-btn--corner ac-btn--medium ac-btn--blue800\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">S&rsquo;incrire<\/a><br \/>\nTrouville territoire intime et litt\u00e9raire<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Trouville traverse l\u2019\u0153uvre de Montalbetti comme une ligne de fond. \u00ab C\u2019est le seul lieu o\u00f9 je me suis toujours sentie bien. En face, il y a ma ville natale, Le\u00a0Havre, visible \u00e0 bonne distance. Et c\u2019est une ville anim\u00e9e par les fant\u00f4mes : Duras, que j\u2019ai connue vivante, mais aussi Flaubert, Proust. C\u2019est une ville qui inspire, comme sa lumi\u00e8re. \u00bb<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Cette fid\u00e9lit\u00e9 se traduit par un travail formel toujours renouvel\u00e9 : \u00ab J\u2019aime changer de champ d\u2019\u00e9criture. L\u00e0, il s\u2019agissait d\u2019\u00e9crire la vie d\u2019une femme vivante, non d\u2019un fant\u00f4me. Je n\u2019ai pas enregistr\u00e9 sa parole pour \u00eatre s\u00fbre que ce soit moi qui raconte. Mais j\u2019avais son phras\u00e9 \u00e0 l\u2019oreille. Chaque livre m\u2019oblige \u00e0 inventer une forme. \u00bb<\/p>\n<p>Un livre comme un souffle continu<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Le texte se d\u00e9ploie sans chapitres. \u00ab Au d\u00e9but, j\u2019avais esquiss\u00e9 des titres, mais assez vite j\u2019ai senti que la fluidit\u00e9 \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable. Le r\u00e9cit avance par s\u00e9quences : la promesse faite \u00e0 Marie-Th\u00e9r\u00e8se, sa naissance, un d\u00e9jeuner ensemble\u2026 Cela rend le texte plus mobile, plus vivant. \u00bb<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Le lecteur est embarqu\u00e9 comme sur un tapis roulant sans v\u00e9ritable envie de s\u2019accorder. \u00ab C\u2019est formidable si cela entra\u00eene une lecture d\u2019une traite. Mais chacun peut s\u2019interrompre apr\u00e8s une s\u00e9quence \u00bb r\u00e9pond l\u2019auteure avec justesse.<\/p>\n<p class=\" wall-content\">\u00c0 travers cette vie racont\u00e9e, l\u2019absence est l\u00e0. \u00ab Le scandale de la mort demeure. Mais le livre est un espace fantastique, dans les deux sens du terme : on peut y croiser les morts, faire dialoguer les vivants et les disparus, imaginer des rencontres impossibles. C\u2019est une utopie : une circulation merveilleuse entre vivants et non-vivants. \u00bb<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Marie-Th\u00e9r\u00e8se, elle, \u00e9crit chaque jour \u00e0 son mari d\u00e9funt dans des cahiers intimes. \u00ab Elle m\u2019a dit qu\u2019elle voulait qu\u2019ils soient d\u00e9truits apr\u00e8s sa mort. C\u2019est un espace secret, qui prolonge leur lien d\u2019amour. Je n\u2019ai jamais demand\u00e9 \u00e0 les lire, mais elle m\u2019a montr\u00e9 les couvertures, toutes diff\u00e9rentes. C\u2019est un geste tr\u00e8s fort, qui l\u2019aide \u00e0 poursuivre sa vie, prot\u00e9g\u00e9e comme par un cocon. \u00bb<\/p>\n<p>Une femme attachante, un livre vibrant<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Curieuse de tout, dr\u00f4le, pleine d\u2019humour, nostalgique mais toujours tourn\u00e9e vers les autres, Marie-Th\u00e9r\u00e8se appara\u00eet comme une femme rare. \u00ab Elle sait \u00e9couter. Elle conna\u00eet beaucoup de personnalit\u00e9s qui ont fr\u00e9quent\u00e9 sa p\u00e2tisserie, mais n\u2019a jamais \u00e9tabli de hi\u00e9rarchie entre c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s et anonymes. \u00bb<\/p>\n<p>Rendez-vous samedi 18 octobre \u00e0 17h, \u00e0 l\u2019H\u00f4tel des Cures Marines de Trouville-sur-Mer, pour une rencontre avec Christine Montalbetti autour de son ouvrage L\u2019histoire de Marie-Th\u00e9r\u00e8se (\u00e9ditions P.O.L.), en pr\u00e9sence de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Gibourdelle. La rencontre sera suivie, d\u00e8s 18h, d\u2019une s\u00e9ance de d\u00e9dicace au bar de l\u2019h\u00f4tel.<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Personnalisez votre actualit\u00e9 en ajoutant vos villes et m\u00e9dias en favori avec <a href=\"https:\/\/moncompte.actu.fr\" title=\"D\u00e9couvez Mon Actu\" rel=\"nofollow noopener\" data-trk=\"{&quot;cta&quot;:{&quot;action&quot;:&quot;https:\\\/\\\/moncompte.actu.fr&quot;,&quot;category&quot;:&quot;mon compte&quot;,&quot;from&quot;:&quot;article footer&quot;,&quot;name&quot;:&quot;Mon actu&quot;,&quot;type&quot;:&quot;cta&quot;}}\" target=\"_blank\">Mon Actu<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Par Sophie Quesnel Publi\u00e9 le 16 oct. 2025 \u00e0 6h36 \u00ab Chaque fois que Marie-Th\u00e9r\u00e8se me racontait un&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":466583,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380,1652],"class_list":{"0":"post-466582","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres","14":"tag-loisirs-culture"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115382043503258348","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/466582","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=466582"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/466582\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/466583"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=466582"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=466582"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=466582"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}