{"id":471699,"date":"2025-10-18T05:10:16","date_gmt":"2025-10-18T05:10:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/471699\/"},"modified":"2025-10-18T05:10:16","modified_gmt":"2025-10-18T05:10:16","slug":"sanctions-americaines-serbie-russie-energie-analyse-profonde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/471699\/","title":{"rendered":"Sanctions am\u00e9ricaines Serbie Russie \u00e9nergie : Analyse profonde"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/2025\/10\/decryptage-serbie-sanctions-americaines-frappent-energie-russe-coeur-balkans\/giuseppe-gagliano\/monde\/europe\/?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/2025\/10\/decryptage-serbie-sanctions-americaines-frappent-energie-russe-coeur-balkans\/giuseppe-gagliano\/monde\/europe\/?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" width=\"32\" height=\"32\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/print.png\" alt=\"sanctions am\u00e9ricaines Serbie Russie \u00e9nergie\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"\/>Imprimer l\u2019article<\/a><img data-lazyloaded=\"1\" fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"536\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Image-LD-4-12-1024x536.png\" alt=\"sanctions am\u00e9ricaines Serbie Russie \u00e9nergie\" class=\"wp-image-15893\"  data-\/>R\u00e9alisation<strong>\u00a0Le Lab Le Diplo<\/strong><\/p>\n<p><strong>Par Giuseppe Gagliano, Pr\u00e9sident du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (C\u00f4me, Italie)\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/2025\/03\/manifestations-crise-politique-serbie-internationale\/henrideg\/monde\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ANALYSE \u2013 Manifestations et crise politique en Serbie\u00a0:\u00a0Analyse et implications internationales<\/a><\/p>\n<p><strong>Les sanctions \u00e9conomiques ne sont jamais de simples outils juridiques. Elles sont des armes strat\u00e9giques qui redessinent des \u00e9quilibres g\u00e9opolitiques entiers. C\u2019est exactement ce qui se joue aujourd\u2019hui dans les Balkans, o\u00f9 Washington a d\u00e9cid\u00e9 de frapper directement la compagnie p\u00e9troli\u00e8re Naftna Industrija Srbije (NIS), d\u00e9tenue majoritairement par la Russie, en l\u2019excluant de ses circuits commerciaux.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision, prise le 9 octobre, a imm\u00e9diatement conduit la Croatie \u00e0 couper ses livraisons de brut via l\u2019ol\u00e9oduc JANAF, mettant en p\u00e9ril l\u2019unique raffinerie serbe. Un choc \u00e9nerg\u00e9tique qui d\u00e9passe largement la seule \u00e9conomie nationale.<\/p>\n<p><strong>Un choc \u00e9nerg\u00e9tique aux cons\u00e9quences politiques<\/strong><\/p>\n<p>Pour Aleksandar Vu\u010di\u0107, pr\u00e9sident de la Serbie, le message est clair : le pays entre dans une zone de turbulences qui pourrait affecter toute son \u00e9conomie. Sans approvisionnement r\u00e9gulier, la raffinerie de Pancevo risque de s\u2019arr\u00eater d\u00e8s d\u00e9but novembre. Cette installation, d\u2019une capacit\u00e9 annuelle de 4,8 millions de tonnes, fournit plus de 80 % des besoins nationaux en diesel et en essence, et 90 % du carburant pour avions. Le choc n\u2019est donc pas sectoriel : il est syst\u00e9mique. Il touche les transports, l\u2019aviation civile, la logistique militaire et les recettes publiques.<\/p>\n<p>Cette situation est d\u2019autant plus sensible que NIS repr\u00e9sente pr\u00e8s de 12 % des revenus budg\u00e9taires de l\u2019\u00c9tat. La d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique de la Serbie \u00e0 la Russie est structurelle : la quasi-totalit\u00e9 de son gaz provient de Moscou. En ciblant NIS, Washington ne frappe donc pas seulement une entreprise mais toute une architecture de d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique et politique construite depuis deux d\u00e9cennies.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/2024\/09\/visite-de-macron-en-serbie-la-france-tente-de-se-faire-une-place-dans-les-balkans\/nikola-mirkovic\/france\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Visite de Macron en Serbie, la France tente de se faire une place dans les Balkans<\/a><\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9nergie, champ de bataille g\u00e9opolitique<\/strong><\/p>\n<p>La structure actionnariale de NIS explique l\u2019ampleur de la crise : Gazprom Neft d\u00e9tient 44,9 % de la compagnie, le gouvernement serbe 29,9 %, et une filiale d\u2019investissement de Gazprom environ 11,3 %. D\u00e8s janvier, les \u00c9tats-Unis avaient annonc\u00e9 leur intention de sanctionner NIS, mais des d\u00e9rogations temporaires avaient retard\u00e9 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance. Le 9 octobre, cette fen\u00eatre s\u2019est ferm\u00e9e. Et avec elle, c\u2019est tout le syst\u00e8me d\u2019importation de brut par le terminal croate de l\u2019Adriatique qui s\u2019est bloqu\u00e9.<\/p>\n<p>La Croatie, qui par l\u2019interm\u00e9diaire de JANAF assurait 30 % de son chiffre d\u2019affaires gr\u00e2ce au contrat avec NIS, a cess\u00e9 ses livraisons. Ce choix a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 comme une r\u00e9ponse coordonn\u00e9e avec les \u00c9tats-Unis : il ne s\u2019agit pas d\u2019un incident bilat\u00e9ral, mais d\u2019un geste strat\u00e9gique visant \u00e0 couper Belgrade d\u2019un de ses rares poumons \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<p><strong>Les alternatives limit\u00e9es de Belgrade<\/strong><\/p>\n<p>Officiellement, Belgrade assure disposer de stocks suffisants pour tenir jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Dans les faits, les solutions alternatives sont pr\u00e9caires. L\u2019importation de carburant par barge sur le Danube ou par rail ne compenserait pas les flux perdus via l\u2019ol\u00e9oduc. Les op\u00e9rateurs r\u00e9gionaux doutent aussi de pouvoir fournir les volumes n\u00e9cessaires dans des d\u00e9lais courts.<\/p>\n<p>Le ministre croate de l\u2019\u00c9conomie, Ante Susnjar, a m\u00eame propos\u00e9 que la Croatie rach\u00e8te NIS pour d\u00e9bloquer la situation. Une offre qui a la valeur d\u2019un ultimatum : soit Belgrade prend ses distances avec Moscou, soit elle assume l\u2019asphyxie progressive de son approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/2025\/03\/mouvement-etudiant-serbe-ue\/giuseppe-gagliano\/monde\/europe\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ANALYSE \u2013 Mouvement \u00e9tudiant serbe : Causes, d\u00e9veloppement et effets<\/a><\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9quation europ\u00e9enne : Alignement ou isolement<\/strong><\/p>\n<p>Cette crise arrive dans un moment d\u00e9licat pour Belgrade. La Serbie est officiellement candidate \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne, mais elle a toujours refus\u00e9 d\u2019appliquer les sanctions occidentales contre la Russie depuis l\u2019invasion de l\u2019Ukraine. Elle reste un des rares pays europ\u00e9ens \u00e0 entretenir des liens \u00e9troits avec Moscou, notamment dans le secteur gazier.<\/p>\n<p>Les sanctions contre NIS constituent donc un signal clair : l\u2019alignement strat\u00e9gique devient une condition implicite de rapprochement avec Bruxelles. En d\u2019autres termes, la neutralit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique n\u2019est plus tol\u00e9r\u00e9e. Pour Washington et Bruxelles, faire plier la Serbie sur ce dossier \u00e9quivaut \u00e0 affaiblir un point d\u2019ancrage russe au c\u0153ur de l\u2019Europe.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9nergie comme arme silencieuse<\/strong><\/p>\n<p>Cette affaire illustre une fois de plus comment, dans la g\u00e9opolitique contemporaine, l\u2019\u00e9nergie est devenue une arme silencieuse mais redoutable. Plut\u00f4t que d\u2019imposer des contraintes militaires, il suffit de couper les robinets de p\u00e9trole et de gaz pour cr\u00e9er une pression politique interne. Le gouvernement serbe, conscient du danger, tente de rassurer sa population et de maintenir la stabilit\u00e9 \u00e9conomique. Mais la d\u00e9pendance au p\u00e9trole russe laisse peu de marges de man\u0153uvre.<\/p>\n<p>La pression pourrait s\u2019accentuer avec la mont\u00e9e des tensions r\u00e9gionales : si l\u2019hiver est rude ou si les flux alternatifs sont insuffisants, Belgrade devra choisir entre l\u2019\u00e9conomie nationale et son partenariat avec Moscou. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce choix que Washington veut forcer.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/2025\/01\/analyse-balkans-et-ukraine-armes-affaires-et-contradictions-geopolitiques\/giuseppe-gagliano\/monde\/europe\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ANALYSE \u2013 Balkans et Ukraine : Armes, Affaires et Contradictions G\u00e9opolitiques<\/a><\/p>\n<p><strong>Un n\u0153ud strat\u00e9gique dans les Balkans<\/strong><\/p>\n<p>Cette crise \u00e9nerg\u00e9tique d\u00e9passe la Serbie. Elle s\u2019inscrit dans une strat\u00e9gie plus large visant \u00e0 r\u00e9duire l\u2019influence russe dans les Balkans, r\u00e9gion historiquement per\u00e7ue comme une zone tampon strat\u00e9gique entre les sph\u00e8res d\u2019influence occidentale et orientale. Contr\u00f4ler les flux \u00e9nerg\u00e9tiques, c\u2019est contr\u00f4ler les d\u00e9pendances politiques.<\/p>\n<p>Pour la Russie, perdre la Serbie sur le plan \u00e9nerg\u00e9tique signifierait voir s\u2019\u00e9roder l\u2019un de ses derniers leviers sur le continent. Pour les \u00c9tats-Unis, au contraire, cela repr\u00e9senterait un succ\u00e8s strat\u00e9gique majeur, sans d\u00e9ployer une seule troupe.<\/p>\n<p><strong>Le temps des d\u00e9cisions<\/strong><\/p>\n<p>La direction de NIS, par la voix de Bojana Radojevic, affirme que les stations-service continueront \u00e0 fonctionner normalement. Mais cette communication cache mal l\u2019ampleur des d\u00e9fis. Si aucune solution structurelle n\u2019est trouv\u00e9e, Belgrade devra red\u00e9finir toute sa politique \u00e9nerg\u00e9tique : diversification acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des sources, accords avec de nouveaux partenaires, et peut-\u00eatre, une prise de distance politique avec Moscou.<\/p>\n<p>En somme, cette crise \u00e9nerg\u00e9tique agit comme une loupe sur les fractures strat\u00e9giques des Balkans : entre fid\u00e9lit\u00e9 historique \u00e0 la Russie et ambitions europ\u00e9ennes, entre d\u00e9pendance \u00e9conomique et autonomie politique. Un jeu dangereux o\u00f9 chaque baril de p\u00e9trole devient un levier de pouvoir.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/2024\/04\/nikola-mirkovic-les-etats-unis-sont-divises-et-debordes\/angelique-bouchard\/monde\/etats-unis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Nikola Mirkovic\u00a0: \u00ab\u00a0Les \u00c9tats-Unis sont divis\u00e9s et d\u00e9bord\u00e9s\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n<p>#Serbie, #Russie, #\u00c9tatsUnis, #Washington, #Balkans, #\u00c9nergie, #P\u00e9trole, #Gaz, #Sanctions, #G\u00e9opolitique, #NIS, #Gazprom, #NaftnaIndustrijaSrbije, #Croatie, #JANAF, #AleksandarVucic, #UE, #UnionEurop\u00e9enne, #Moscou, #Belgrade, #Pancevo, #Crise\u00c9nerg\u00e9tique, #Diplomatie, #RussieEurope, #Trump, #Ukraine, #OTAN, #Hydrocarbures, #Strat\u00e9gie\u00c9nerg\u00e9tique, #Souverainet\u00e9, #Transition\u00c9nerg\u00e9tique, #Puissance, #Guerre\u00c9conomique, #Embargo, #CommerceInternational, #\u00c9conomie, #S\u00e9curit\u00e9\u00c9nerg\u00e9tique, #BlocEst, #Occident, #PressionPolitique, #RelationsInternationales,<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Giuseppe-Gagliano.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" alt=\"sanctions am\u00e9ricaines Serbie Russie \u00e9nergie\" itemprop=\"image\"\/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Imprimer l\u2019articleR\u00e9alisation\u00a0Le Lab Le Diplo Par Giuseppe Gagliano, Pr\u00e9sident du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (C\u00f4me, Italie)\u00a0&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":471700,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[11,16403,33,674,1887,12,59527,1885,1886,132,308],"class_list":{"0":"post-471699","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-russie","8":"tag-actualites","9":"tag-decryptage","10":"tag-economie","11":"tag-europe","12":"tag-federation-de-russie","13":"tag-news","14":"tag-politique-des-balkans","15":"tag-russia","16":"tag-russian-federation","17":"tag-russie","18":"tag-usa"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115393451571438757","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/471699","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=471699"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/471699\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/471700"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=471699"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=471699"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=471699"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}