{"id":47347,"date":"2025-04-23T19:30:08","date_gmt":"2025-04-23T19:30:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/47347\/"},"modified":"2025-04-23T19:30:08","modified_gmt":"2025-04-23T19:30:08","slug":"la-malbouffe-joue-avec-notre-cerveau-en-se-cachant-dans-nos-souvenirs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/47347\/","title":{"rendered":"La malbouffe joue avec notre cerveau&#8230; en se cachant dans nos souvenirs"},"content":{"rendered":"<p data-paragraph-id=\"5599470-1\">La prochaine fois que vous penserez \u00e0 cette barre chocolat\u00e9e qui se cache dans le tiroir de votre bureau, ce ne sera pas seulement un caprice de votre m\u00e9moire, mais bien votre cerveau qui vous poussera \u00e0 la manger.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-2\">Une nouvelle <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s42255-024-01194-6\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">\u00e9tude<\/a> publi\u00e9e dans la revue scientifique Nature Metabolism sugg\u00e8re que des neurones sp\u00e9cifiques de l\u2019hippocampe enregistrent les d\u00e9tails sensoriels et \u00e9motions ressenties lorsque nous consommons des aliments riches en calories. Chez les souris, ces neurones d\u00e9clenchent des envies qui m\u00e8nent \u00e0 une suralimentation, m\u00eame si l\u2019animal n\u2019avait pas faim. Lorsque les chercheurs ont fait taire ces neurones, les rongeurs ont r\u00e9duit leur apport en sucre et ont \u00e9vit\u00e9 une ob\u00e9sit\u00e9 due \u00e0 l\u2019alimentation.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-3\">\u00ab\u00a0Tous les animaux ont besoin de manger, c\u2019est pour cela que nous avons besoin de nous alimenter, ne serait-ce que pour survivre\u00a0\u00bb, explique <a href=\"https:\/\/monell.org\/guillaume-de-lartigue\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Guillaume de Lartigue<\/a>, un membre associ\u00e9 du centre Monell de recherches sur la chimie des sens, \u00e0 Philadelphie, et co-auteur de l\u2019\u00e9tude. Les scientifiques ont traditionnellement distingu\u00e9 la faim m\u00e9tabolique, le besoin du corps en \u00e9nergie, et la faim h\u00e9donique, qui survient lorsque l\u2019apparence ou l\u2019odeur des aliments nous tentent. Mais cette \u00e9tude ajoute \u00e0 cela une troisi\u00e8me couche\u00a0: la faim motiv\u00e9e par la m\u00e9moire.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-4\">Bien que les \u00e9tudes aient \u00e9t\u00e9 men\u00e9es sur des animaux, elles apportent plusieurs preuves que les souvenirs de gras et de sucre peuvent insidieusement influencer notre mani\u00e8re de manger. Et, dans un monde o\u00f9 les aliments riches en calories sont l\u00e9gion, ces sch\u00e9mas neuronaux pourraient expliquer pourquoi on ne peut r\u00e9sister \u00e0 certaines envies.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-7\">Dans les balbutiements de l\u2019histoire humaine, quand les calories se faisaient rares, nous avons appris \u00e0 nous reposer sur nos sens, l\u2019odorat, le toucher et la vue, afin d\u2019identifier les aliments riches en \u00e9nergie, explique la chercheuse. Apr\u00e8s avoir mang\u00e9, le cerveau enregistre les informations ainsi que les sentiments procur\u00e9s par les aliments consomm\u00e9s, cr\u00e9ant ainsi une \u00ab\u00a0base de donn\u00e9es\u00a0\u00bb de saveurs et leurs effets. Essentiellement, en mangeant, on \u00ab\u00a0int\u00e8gre [sans s\u2019en rendre compte] les mondes externes et internes, ce qui d\u00e9finit la m\u00e9moire\u00a0\u00bb, continue Dana Small.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-8\">Ces signaux influencent la production de dopamine par les circuits c\u00e9r\u00e9braux de r\u00e9compense. Le cerveau met ensuite \u00e0 jour la valeur d\u2019un aliment en se basant sur cette information et utilise ces donn\u00e9es lorsque l\u2019on consomme \u00e0 nouveau cette saveur. Alors lorsque l\u2019on passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une p\u00e2tisserie, par exemple, cette base de donn\u00e9es interne, la m\u00e9moire d\u00e9clenche une envie, l\u2019attise.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-9\">L\u2019\u00e9tude men\u00e9e au centre Monell a \u00e9galement d\u00e9couvert que les souvenirs d&rsquo;aliments gras et sucr\u00e9s sont stock\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 des circuits s\u00e9par\u00e9s mais qui m\u00e8nent tous deux \u00e0 la production de dopamine. La plupart des aliments contiennent soit de la graisse, soit des f\u00e9culents. Les aliments <a href=\"https:\/\/www.nationalgeographic.com\/premium\/article\/addiction-ultra-processed-junk-foods\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">ultra-transform\u00e9s<\/a>, eux, contiennent les deux. Les plats associant ces macronutriments peuvent activer les deux circuits de mani\u00e8re simultan\u00e9e, comme vu chez les souris de l\u2019\u00e9tude, d\u00e9clenchant potentiellement une r\u00e9ponse amplifi\u00e9e du circuit de r\u00e9compense. C\u2019est ce qui explique pourquoi il est si difficile de r\u00e9sister aux aliments transform\u00e9s.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-10\">Dans notre monde moderne, les options riches en calories qui contiennent cette combinaison puissante sont partout et facilement accessibles. Elles court-circuitent les syst\u00e8mes habituels de prises de d\u00e9cision de nos cerveaux et rendent plus compliqu\u00e9 de choisir des plats plus sains.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-12\">La bonne nouvelle, c\u2019est que le cerveau est mall\u00e9able. Il apprend aussi bien \u00e0 d\u00e9sirer la malbouffe, qu\u2019il peut apprendre de nouvelles r\u00e9ponses, explique <a href=\"https:\/\/psychology.uconn.edu\/person\/amy-egbert\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Amy Egbert<\/a>, professeure assistante en sciences psychologiques de l\u2019universit\u00e9 du Connecticut. La premi\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 identifier la cause de l\u2019envie. Est-elle bas\u00e9e sur la faim, les \u00e9motions, ou y a-t-il une troisi\u00e8me option\u00a0?<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-13\">Une fois que l\u2019on comprend l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur, on peut commencer \u00e0 se d\u00e9faire de cette boucle de d\u00e9sirs. C\u2019est l\u00e0 que les approches th\u00e9rapeutiques font leur entr\u00e9e. \u00ab\u00a0Les th\u00e9rapies d\u2019exposition et les techniques cognitives font partie des meilleurs outils \u00e0 notre disposition\u00a0\u00bb, explique Amy Egbert. Ces m\u00e9thodes peuvent aider les individus \u00e0 d\u00e9m\u00ealer les fils de leur relation \u00e0 la nourriture, et \u00e0 d\u00e9velopper de nouvelles r\u00e9ponses aux pulsions alimentaires.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-14\">Dana Small est \u00e9galement d\u2019avis que les th\u00e9rapies d\u2019exposition peuvent aider mais elle est plus nuanc\u00e9e\u00a0; leur effet n\u2019est pas g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et chaque saveur doit \u00eatre trait\u00e9e individuellement, ce qui demande beaucoup de travail. Elle ajoute que les traitements m\u00e9dicamenteux \u00e0 base de <a href=\"https:\/\/www.nationalgeographic.com\/premium\/article\/drugs-weight-loss-injection-pill\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">GLP-1<\/a> sont prometteurs dans l\u2019att\u00e9nuation des signaux de r\u00e9compense c\u00e9r\u00e9braux apr\u00e8s avoir mang\u00e9. \u00ab\u00a0Ils peuvent r\u00e9duire le conditionnement, la production de dopamine et les d\u00e9sirs du cerveau\u00a0\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-15\">Toutefois, il est important de rappeler que, si ces m\u00e9dicaments peuvent g\u00e9rer l\u2019app\u00e9tit sur le court terme, ils ne jouent pas sur la cause de la suralimentation. \u00ab\u00a0Un m\u00e9dicament qui att\u00e9nue cela est b\u00e9n\u00e9fique car il nous aide \u00e0 r\u00e9guler notre apport en nourriture. Mais une fois que l\u2019on arr\u00eate de le prendre, le probl\u00e8me sous-jacent ne dispara\u00eet pas\u00a0\u00bb, remarque Guillaume de Lartigue.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-16\">Tandis que les chercheurs explorent les effets exacts de ces m\u00e9dicaments sur les circuits de r\u00e9compense du cerveau et les syst\u00e8mes de la m\u00e9moire, le mieux reste de se concentrer sur ce qui nous pousse \u00e0 consommer de la sorte, et le g\u00e9rer de la fa\u00e7on la plus adapt\u00e9e.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-18\">R\u00e9sister \u00e0 ces d\u00e9sirs est rendu plus difficile encore par le train de vie moderne. Notre quotidien ne joue pas en notre faveur. Les ressources, le temps ou l\u2019argent, n\u00e9cessaires \u00e0 la pr\u00e9paration de repas sains qui satisfont \u00e9galement nos syst\u00e8mes neuronaux ne sont la plupart du temps pas \u00e0 la port\u00e9e de tous. De plus, le cerveau peut former un souvenir associ\u00e9 \u00e0 un aliment apr\u00e8s seulement une seule exposition, ce qui n\u2019arrange rien et ne fait que rendre la r\u00e9sistance plus ardue.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-19\">Pourtant, Guillaume de Lartigue avance que le simple fait d\u2019avoir conscience de l\u2019influence de notre m\u00e9moire sur notre alimentation est un grand pas. \u00ab\u00a0Savoir que la m\u00e9moire est un d\u00e9clencheur de la suralimentation peut aider \u00e0 changer nos habitudes. Un grand nombre de ces choses ne sont pas conscientes alors, si l\u2019on s\u2019en rend compte, il est possible d\u2019interrompre le cycle de souvenirs et de d\u00e9sirs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5599470-20\">Si les envies peuvent sembler impulsives ou n\u2019\u00eatre que de la gourmandise, elles sont souvent construites sur des sch\u00e9mas neuronaux profond\u00e9ment ancr\u00e9s. Mieux on les comprend, plus on a de chances de s\u2019en d\u00e9faire et de reprendre le contr\u00f4le de son alimentation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La prochaine fois que vous penserez \u00e0 cette barre chocolat\u00e9e qui se cache dans le tiroir de votre&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":47348,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[13747,231,13748,1011,27,72,4991,71,5699,41],"class_list":{"0":"post-47347","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-body-fat","9":"tag-cerveau","10":"tag-dependance","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-health","14":"tag-nutrition","15":"tag-sante","16":"tag-sante-publique","17":"tag-sciences"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114388941206821002","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47347","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=47347"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47347\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/47348"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=47347"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=47347"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=47347"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}