{"id":476432,"date":"2025-10-20T06:24:29","date_gmt":"2025-10-20T06:24:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/476432\/"},"modified":"2025-10-20T06:24:29","modified_gmt":"2025-10-20T06:24:29","slug":"une-decouverte-deroutante-dans-le-monde-des-fourmis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/476432\/","title":{"rendered":"une d\u00e9couverte d\u00e9routante dans le monde des fourmis"},"content":{"rendered":"<p>            Par<br \/>\n        <strong><br \/>\n            <a href=\"https:\/\/actu.fr\/auteur\/lea-pippinato\" title=\"Consulter tous les articles de L\u00e9a Pippinato\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L\u00e9a Pippinato<\/a><br \/>\n        <\/strong><\/p>\n<p>        Publi\u00e9 le<\/p>\n<p>            20 oct. 2025 \u00e0 6h10        <\/p>\n<p><strong>Le 4 septembre dernier<\/strong>, la revue Nature a publi\u00e9 une \u00e9tude sign\u00e9e par une \u00e9quipe internationale men\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montpellier. Son titre intrigue \u00e0 lui seul : Domestication sexuelle : ces fourmis qui clonent une autre esp\u00e8ce pour survivre. L\u2019auteur principal, le Dr Jonathan Romiguier, chercheur CNRS dans l\u2019Institut des sciences de l\u2019\u00e9volution et dernier auteur de l\u2019\u00e9tude r\u00e9sume : \u00ab\u00a0Nous avons d\u00e9couvert une esp\u00e8ce de fourmis capable de produire \u00e0 la fois ses propres descendants et ceux d\u2019une autre esp\u00e8ce. C\u2019est une premi\u00e8re en biologie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\" wall-content\"><a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/p\/DP1lSnZDIXJ\/embed\" title=\"Ouvrir le lien sur Instagram\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Visualiser le contenu sur Instagram<\/a><\/p>\n<p>    <a href=\"https:\/\/www.google.com\/maps\/embed?pb=!1m18!1m12!1m3!1d2887.8349095453364!2d3.8613280764609654!3d43.63079492110321!2m3!1f0!2f0!3f0!3m2!1i1024!2i768!4f13.1!3m3!1m2!1s0x12b6af0129f640f7%3A0xc1b24d9aca1fad85!2sUniversit%C3%A9%20Montpellier%20-%20Campus%20Triolet!5e0!3m2!1sfr!2sfr!4v1758293666166!5m2!1sfr!2sfr\" title=\"Ouvrie le lien\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cliquez ici pour visualiser le contenu<\/a><\/p>\n<p class=\" wall-content\">Cette r\u00e9v\u00e9lation bouscule l\u2019id\u00e9e m\u00eame de reproduction animale. Car si l\u2019accouplement, la f\u00e9condation et la descendance sont des m\u00e9canismes bien \u00e9tablis, la nature r\u00e9serve parfois des surprises.<\/p>\n<p>Une anomalie chez Messor ibericus<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Tout est parti d\u2019une \u00e9nigme. Chez la plupart des fourmis, la reproduction est classique : les reines s\u2019accouplent avec des m\u00e2les de leur esp\u00e8ce et pondent des \u0153ufs. Ceux-ci donnent naissance \u00e0 trois castes : les reines, les m\u00e2les et surtout les ouvri\u00e8res, v\u00e9ritables piliers de la colonie. Mais chez Messor ibericus, une fourmi moissonneuse du sud de l\u2019Europe, ce sch\u00e9ma \u00e9choue. Les \u0153ufs f\u00e9cond\u00e9s produisent uniquement des reines. Les \u0153ufs non f\u00e9cond\u00e9s donnent des m\u00e2les. Jamais d\u2019ouvri\u00e8res. Sans ouvri\u00e8res, impossible de nourrir les larves, de r\u00e9colter des graines ou d\u2019agrandir le nid. Comment ces colonies survivaient-elles ?<\/p>\n<p class=\" wall-content\"><strong> Pour en savoir plus, regardez <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/metropolitainfr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">notre vid\u00e9o sur Instagram.<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\" wall-content\">Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, les chercheurs ont \u00e9tudi\u00e9 390 fourmis issues de cinq esp\u00e8ces diff\u00e9rentes du genre Messor, r\u00e9colt\u00e9es dans plusieurs r\u00e9gions d\u2019Europe. L\u2019analyse g\u00e9n\u00e9tique a livr\u00e9 un choc. Toutes les ouvri\u00e8res de Messor ibericus \u00e9taient hybrides. Elles portaient un m\u00e9lange d\u2019ADN provenant de Messor ibericus et de Messor structor. \u00ab\u00a0Nous avons trouv\u00e9 des ouvri\u00e8res hybrides en Sicile, alors que l\u2019esp\u00e8ce paternelle, Messor structor, est absente de toute l\u2019Italie. Elles se trouvaient \u00e0 plus de 1 000 kilom\u00e8tres de la population connue la plus proche. C\u2019\u00e9tait un vrai casse-t\u00eate\u00a0\u00bb, se souvient Jonathan Romiguier. Un tel constat excluait l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019accouplements locaux.<\/p>\n<p>Vid\u00e9os : en ce moment sur ActuDes m\u00e2les clon\u00e9s venus de nulle part<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Restait \u00e0 comprendre le m\u00e9canisme. Les chercheurs ont isol\u00e9 des colonies de Messor ibericus dans un laboratoire, sans contact avec l\u2019ext\u00e9rieur. Pourtant, des ouvri\u00e8res hybrides continuaient \u00e0 appara\u00eetre. L\u2019explication est renversante : les reines de Messor ibericus fabriquent elles-m\u00eames des m\u00e2les de Messor structor\u2026 en les clonant. \u00ab\u00a0Elles sont capables de cloner les m\u00e2les d\u2019une autre esp\u00e8ce, dont elles ont absolument besoin pour produire des ouvri\u00e8res. C\u2019est comme si elles avaient domestiqu\u00e9 ces m\u00e2les, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de leur syst\u00e8me reproducteur.\u00a0\u00bb Ces m\u00e2les clon\u00e9s f\u00e9condent ensuite les reines de Messor ibericus, ce qui permet la naissance d\u2019ouvri\u00e8res hybrides, indispensables \u00e0 la survie de la colonie.<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Pour d\u00e9crire ce processus, les chercheurs ont forg\u00e9 un terme : <strong>x\u00e9noparit\u00e9<\/strong>. Il vient du grec xeno (\u00ab\u00a0\u00e9tranger\u00a0\u00bb) et parit\u00e9 (\u00ab\u00a0donner naissance\u00a0\u00bb). \u00ab\u00a0C\u2019est plus qu\u2019une curiosit\u00e9 biologique. Ici, une esp\u00e8ce est oblig\u00e9e d\u2019engendrer une autre pour survivre. Si la reine ne donne pas naissance \u00e0 des m\u00e2les clon\u00e9s de l\u2019autre esp\u00e8ce, il n\u2019y a plus d\u2019ouvri\u00e8res, et donc plus de colonie.\u00a0\u00bb Le syst\u00e8me repose sur une \u00e9tape cl\u00e9 : l\u2019\u00e9limination du g\u00e9nome maternel dans l\u2019ovule. Il ne reste que l\u2019ADN du m\u00e2le \u00e9tranger, donnant un clone parfait. Les biologistes h\u00e9sitent encore sur le moment exact o\u00f9 ce g\u00e9nome dispara\u00eet, mais le r\u00e9sultat est sans \u00e9quivoque : les reines pondent des m\u00e2les d\u2019une esp\u00e8ce \u00e0 laquelle elles n\u2019appartiennent pas. Cette strat\u00e9gie apporte un avantage \u00e9volutif. Les ouvri\u00e8res hybrides sont de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, donc g\u00e9n\u00e9tiquement homog\u00e8nes. Elles pourraient profiter d\u2019une<strong> \u00ab\u00a0vigueur hybride\u00a0\u00bb<\/strong>, comme les mules r\u00e9put\u00e9es plus robustes que les chevaux ou les \u00e2nes dont elles sont issues.<\/p>\n<p>Votre r\u00e9gion, votre actu !<\/p>\n<p>Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.<\/p>\n<p>\t<a href=\"https:\/\/actu.fr\/newsletter\" class=\"ac-btn ac-btn--corner ac-btn--medium ac-btn--blue800\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">S&rsquo;incrire<\/a><\/p>\n<p>    <img   decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/p1097487-960x640.jpg\" alt=\"Le Dr Jonathan Romiguier a dirig\u00e9 cinq ann\u00e9es de recherches pour percer le myst\u00e8re de la reproduction de Messor ibericus.\" width=\"960\" height=\"640\"\/><br \/>\n    Le Dr Jonathan Romiguier a dirig\u00e9 cinq ann\u00e9es de recherches pour percer le myst\u00e8re de la reproduction de Messor ibericus. (\u00a9M\u00e9tropolitain \/ JP)Cinq ans de recherches obstin\u00e9es<\/p>\n<p class=\" wall-content\">L\u2019\u00e9cart g\u00e9n\u00e9tique entre Messor ibericus et Messor structor est immense. \u00ab\u00a0C\u2019est comme si une m\u00e8re humaine donnait naissance \u00e0 la fois \u00e0 des enfants humains et \u00e0 des enfants chimpanz\u00e9s. Cela remet en cause notre conception de l\u2019esp\u00e8ce.\u00a0\u00bb La d\u00e9couverte est le fruit d\u2019un long travail<strong> entam\u00e9 en 2018<\/strong>. Les chercheurs ont d\u2019abord soup\u00e7onn\u00e9 une erreur de cartographie, puis la pr\u00e9sence cach\u00e9e de reines \u00e9trang\u00e8res. Ils ont multipli\u00e9 les collectes en Europe, notamment en Sicile, o\u00f9 les ouvri\u00e8res hybrides abondaient. Il a fallu deux ans d\u2019observation en laboratoire pour confirmer l\u2019hypoth\u00e8se la plus improbable. Une reine isol\u00e9e a pondu sous les yeux des chercheurs deux types de m\u00e2les appartenant \u00e0 deux esp\u00e8ces diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Pour d\u00e9crire ce ph\u00e9nom\u00e8ne, l\u2019\u00e9quipe utilise l\u2019expression<strong> \u00ab\u00a0domestication sexuelle\u00a0\u00bb.<\/strong> Les reines n\u2019ont plus besoin de chercher des m\u00e2les \u00e9trangers \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Elles les produisent directement, en les clonant. \u00ab\u00a0L\u2019homme a domestiqu\u00e9 des animaux pour la viande ou le lait. Ici, la reine domestique une autre esp\u00e8ce uniquement pour exploiter son sperme. C\u2019est un degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration bien plus pouss\u00e9 que ce que l\u2019humanit\u00e9 a jamais accompli.\u00a0\u00bb La d\u00e9couverte ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 cette esp\u00e8ce. D\u2019autres fourmis moissonneuses pr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 des modes de reproduction inhabituels. Les chercheurs soup\u00e7onnent l\u2019existence de syst\u00e8mes encore plus surprenants.<\/p>\n<p class=\" wall-content\">Personnalisez votre actualit\u00e9 en ajoutant vos villes et m\u00e9dias en favori avec <a href=\"https:\/\/moncompte.actu.fr\" title=\"D\u00e9couvez Mon Actu\" rel=\"nofollow noopener\" data-trk=\"{&quot;cta&quot;:{&quot;action&quot;:&quot;https:\\\/\\\/moncompte.actu.fr&quot;,&quot;category&quot;:&quot;mon compte&quot;,&quot;from&quot;:&quot;article footer&quot;,&quot;name&quot;:&quot;Mon actu&quot;,&quot;type&quot;:&quot;cta&quot;}}\" target=\"_blank\">Mon Actu<\/a>.<\/p>\n<p>                    <script async src=\"\/\/www.instagram.com\/embed.js\"><\/script><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Par L\u00e9a Pippinato Publi\u00e9 le 20 oct. 2025 \u00e0 6h10 Le 4 septembre dernier, la revue Nature a&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":476433,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9599],"tags":[1111,11,1867,1777,674,1011,27,2208,12,2680,25,2631],"class_list":{"0":"post-476432","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-montpellier","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-animaux","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-montpellier","16":"tag-news","17":"tag-occitanie","18":"tag-republique-francaise","19":"tag-sciences-technologie"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115405066931620845","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/476432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=476432"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/476432\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/476433"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=476432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=476432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=476432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}