{"id":478802,"date":"2025-10-21T06:14:17","date_gmt":"2025-10-21T06:14:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/478802\/"},"modified":"2025-10-21T06:14:17","modified_gmt":"2025-10-21T06:14:17","slug":"le-ghana-sous-pression-juridique-apres-avoir-accueilli-42-migrants-expulses-par-les-etats-unis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/478802\/","title":{"rendered":"Le Ghana sous pression juridique apr\u00e8s avoir accueilli\u00a042 migrants expuls\u00e9s par les \u00c9tats-Unis"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;arriv\u00e9e, lundi 13\u00a0octobre, d&rsquo;un <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/un-aller-simple-vers-l-expulsion-la-maison-blanche-recycle-une-tendance-tiktok-pour-vanter-sa-politique-migratoire-01-08-2025-2595575_24.php\" title=\"\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">nouveau groupe de migrants ouest-africains en provenance des \u00c9tats-Unis <\/a>fait monter la tension au Ghana. Alors m\u00eame que les autorit\u00e9s ghan\u00e9ennes communiquent peu, l&rsquo;arriv\u00e9e de cette \u00e9ni\u00e8me vague d&rsquo;expuls\u00e9s\u00a0fait r\u00e9agir les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Certaines sources \u00e9voquent l&rsquo;arriv\u00e9e de deux premiers groupes les\u00a06\u00a0et 19\u00a0septembre dernier. \u00c0 ce jour, les autorit\u00e9s ghan\u00e9ennes n&rsquo;ont communiqu\u00e9 aucun chiffre officiel. Selon Oliver Barker-Vormawor, l&rsquo;avocat mandat\u00e9 par les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile pour d\u00e9fendre les migrants d\u00e9port\u00e9s, quatorze d&rsquo;entre eux seraient arriv\u00e9s lors de la derni\u00e8re rotation, portant le total \u00e0 quarante-deux depuis le mois dernier.<\/p>\n<p>En effet, ces nouveaux migrants auraient \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9s \u00e0 bord d&rsquo;un Boeing 767-200 en provenance de Baltimore aux \u00c9tats-Unis. Les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile sont vent debout contre ce qu&rsquo;elles qualifient de \u00ab\u00a0d\u00e9tention anticonstitutionnelle et ill\u00e9gale\u00a0\u00bb. Elles estiment que l&rsquo;accord de d\u00e9portation des migrants ouest-africains conclu en septembre dernier entre le Ghana et les \u00c9tats-Unis est une violation de la Constitution et des conventions en mati\u00e8re des droits humains ratifi\u00e9es par leur pays.<\/p>\n<p><strong>Des conditions de d\u00e9tention d\u00e9nonc\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Selon Democracy Hub, l&rsquo;une des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile ghan\u00e9enne militant pour la fin de cet accord de d\u00e9portation, les migrants seraient d\u00e9tenus \u00e0 leur arriv\u00e9e au Ghana dans \u00ab\u00a0des conditions d\u00e9plorables et inhumaines durant des semaines sans aucune charge retenue contre eux, sans un acc\u00e8s \u00e0 des avocats\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une fois arriv\u00e9s\u00a0sur le territoire ghan\u00e9en, les migrants sont directement conduits au camp d&rsquo;entra\u00eenement militaire de Bundasy situ\u00e9 dans la localit\u00e9 de Dangme West, \u00e0 environ 70\u00a0km\u00a0de la capitale ghan\u00e9enne. Les m\u00e9dias tant nationaux qu&rsquo;\u00e9trangers n&rsquo;ont pas pu avoir acc\u00e8s au lieu de d\u00e9tention provisoire des migrants depuis le d\u00e9but d&rsquo;ex\u00e9cution dudit accord de d\u00e9portation.<\/p>\n<p><strong>Une opposition vent debout contre le gouvernement<\/strong><\/p>\n<p>Les critiques fusent de partout et s&rsquo;invitent aussi dans l&rsquo;ar\u00e8ne politique. Pour le Nouveau Parti patriotique (NPP), le principal parti de l&rsquo;opposition, l&rsquo;ex\u00e9cution de cet accord sans l&rsquo;approbation du Parlement constitue une flagrante violation de la Constitution.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;ex\u00e9cution de cet accord avec les \u00c9tats-Unis par le gouvernement sans la ratification du Parlement constitue une violation constitutionnelle directe\u00a0\u00bb, s&rsquo;est plaint Samuel Jinapor, porte-parole du principal parti de l&rsquo;opposition ghan\u00e9enne. Par ailleurs, il accuse les autorit\u00e9s de ne pas respecter l&rsquo;\u00c9tat de droit.<\/p>\n<p>Pourtant, les autorit\u00e9s ghan\u00e9ennes continuent d&rsquo;\u00e9voquer l&rsquo;aspect solidaire et humanitaire qui les oblige \u00e0 porter assistance \u00e0 ces migrants ouest-africains expuls\u00e9s des \u00c9tats-Unis. Alors que les rumeurs font \u00e9tat de la volont\u00e9 de l&rsquo;administration Trump d&rsquo;expulser Kilmar Abrego Garcia, un immigr\u00e9 Salvadorien devenu la figure de proue de la lutte contre la politique d&rsquo;expulsions massives, le ministre ghan\u00e9en des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Samuel Okudzeto Ablakwa, a d\u00e9clar\u00e9\u00a0dans un post le 10\u00a0octobre dernier que le Ghana n&rsquo;acceptera pas sur son sol un migrant non africain.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cela a \u00e9t\u00e9 directement et sans ambigu\u00eft\u00e9 communiqu\u00e9 aux autorit\u00e9s am\u00e9ricaines. Lors de mes \u00e9changes avec des responsables am\u00e9ricains, j&rsquo;ai clairement indiqu\u00e9 que notre accord d&rsquo;accepter un nombre limit\u00e9 d&rsquo;Ouest-Africains non criminels, au seul nom de la solidarit\u00e9 africaine et des principes humanitaires, ne serait pas \u00e9largi\u00a0\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Un recours d\u00e9pos\u00e9 devant la Cour supr\u00eame<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 cette situation in\u00e9dite qui alimente les d\u00e9bats, un groupe d&rsquo;avocats commis par les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile a d\u00e9pos\u00e9 cette semaine une plainte devant la Cour supr\u00eame, la plus haute juridiction du pays, pour obtenir la suspension du tant controvers\u00e9 accord de d\u00e9portation.<\/p>\n<p>Certains experts en droit international d\u00e9noncent des manquements graves dans la conduite de cet accord. \u00ab\u00a0Le Parlement est li\u00e9 par certains accords internationaux, tels que la Convention contre la torture, dont le Ghana est partie, et certains accords, notamment la Convention sur les r\u00e9fugi\u00e9s, qui inclut le principe de non-refoulement. Cette convention stipule que vous ne pouvez pas expulser quelqu&rsquo;un vers un pays o\u00f9 la personne pourrait avoir d\u00e9j\u00e0 subi la torture\u00a0\u00bb, a confi\u00e9 Kwadwo Appiagyei Atua, professeur de droit international \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 du Ghana.<\/p>\n<p><strong>Des transferts obscurs vers le Togo<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs migrants ouest-africains avaient d\u00e9clar\u00e9 redouter des repr\u00e9sailles des autorit\u00e9s de leurs pays d&rsquo;origine une fois de retour chez eux. L&rsquo;un des migrants d&rsquo;origine nig\u00e9riane expuls\u00e9 vers le Ghana en septembre dernier avait affirm\u00e9 \u00e0 la BBC qu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9sormais coinc\u00e9 dans un h\u00f4tel au Togo, apr\u00e8s que lui et cinq autres personnes ont \u00e9t\u00e9 secr\u00e8tement transf\u00e9r\u00e9s vers ce pays voisin du Ghana par des soldats ghan\u00e9ens.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils ne nous ont pas fait rentrer au Togo par la fronti\u00e8re principale, mais par la porte de derri\u00e8re. Ils ont pay\u00e9 la police \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e l\u00e0-bas et nous ont exp\u00e9di\u00e9s au Togo\u00a0\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 sous le couvert de l&rsquo;anonymat.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s togolaises n&rsquo;ont\u00a0jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent pas comment\u00e9 l&rsquo;entr\u00e9e de ces migrants \u2013 dont trois Togolais \u2013 en septembre dernier sur leur territoire. Cependant, leur arriv\u00e9e sur le sol togolais dans des conditions jusque-l\u00e0 obscures suscite beaucoup d&rsquo;inqui\u00e9tudes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons re\u00e7u un Nig\u00e9rian dont je pr\u00e9f\u00e8re taire le nom. Il n&rsquo;avait m\u00eame pas de pi\u00e8ces d&rsquo;identit\u00e9. Il est oblig\u00e9 d&#8217;emprunter les t\u00e9l\u00e9phones portables pour appeler les siens afin de demander de l&rsquo;aide. Il \u00e9tait apparemment sous le choc apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9\u00a0largu\u00e9 au Togo. Cette situation est vraiment d\u00e9plorable\u00a0\u00bb, confie Paul De Souza, g\u00e9rant d&rsquo;un petit h\u00f4tel situ\u00e9 au quartier Kodjoviakop\u00e9, \u00e0 proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re entre le Togo et le Ghana.<\/p>\n<p><strong>Un verdict tr\u00e8s attendu<\/strong><\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le groupe d&rsquo;avocats qui a\u00a0engag\u00e9 aupr\u00e8s de la Cour supr\u00eame la proc\u00e9dure de suspension dudit accord de d\u00e9portation vers le Ghana esp\u00e8re que le droit sera dit en prenant en compte le respect des droits fondamentaux de ces migrants devenus \u00ab\u00a0persona non grata\u00a0\u00bb sous l&rsquo;administration Trump.<\/p>\n<p>Pour la d\u00e9fense de ces migrants, l&rsquo;arrangement de cet accord de d\u00e9portation manque de transparence. Pis, selon les avocats, les personnes expuls\u00e9es sont envoy\u00e9es vers des pays tiers o\u00f9 elles n&rsquo;ont aucun lien et sont priv\u00e9es de leur droit \u00e0 une proc\u00e9dure r\u00e9guli\u00e8re. D&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de suspendre compl\u00e8tement cet accord afin d&rsquo;en r\u00e9\u00e9valuer les contours.<\/p>\n<p>\n\u00c0 D\u00e9couvrir<br \/>\n<strong class=\"discover-kangourou__line\"><br \/>\n<img decoding=\"async\" class=\"discover-kangourou__img\" src=\"https:\/\/static.lpnt.fr\/static\/img\/kangourou\/kangourou_filled.svg\"\/><br \/>\n<strong class=\"discover-kangourou__txt\"><br \/>\n<strong>Le Kangourou du jour<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/kangourou.lepoint.fr\" title=\"kangourou\" data-gtm-cta=\"kangourou_article\" class=\"discover-kangourou__lnk\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\nR\u00e9pondre<br \/>\n<\/a><br \/>\n<\/strong><br \/>\n<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Nous restons optimistes, car les migrants n&rsquo;ont commis aucun d\u00e9lit au Ghana pour \u00eatre d\u00e9tenus dans ces conditions\u00a0\u00bb, reconna\u00eet Oliver Barker-Vormawor, l&rsquo;un des avocats de la d\u00e9fense des migrants. Pour l&rsquo;heure, le compte \u00e0 rebours a \u00e9t\u00e9 enclench\u00e9 en attendant le verdict de la Cour supr\u00eame le 22\u00a0octobre prochain.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis ont expuls\u00e9 depuis juillet dernier plusieurs migrants reconnus coupables de crimes graves, selon l&rsquo;administration Trump, vers des pays africains comme le Soudan du Sud, le Rwanda et le Ghana. Ces vagues de d\u00e9portation s&rsquo;effectuent \u00e0 la suite\u00a0des accords bilat\u00e9raux conclus entre ces pays et les \u00c9tats-Unis. Toutefois, cette pratique suscite de vives critiques dans les pays o\u00f9 ces migrants sont reconduits.<\/p>\n<p>Toute l\u2019actualit\u00e9 \u00e0 1\u20ac le premier mois<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/abo.lepoint.fr\/?provenance=21EDI020098\" class=\"btn\" title=\"S&#039;abonner\" data-gtm=\"click:abo|display:abo\" data-campaign=\"paywall_maison\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">S&rsquo;abonner<\/a><\/p>\n<p>ou<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L&rsquo;arriv\u00e9e, lundi 13\u00a0octobre, d&rsquo;un nouveau groupe de migrants ouest-africains en provenance des \u00c9tats-Unis fait monter la tension au&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":478803,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1589],"tags":[11,75,73,1866,28477,12,1864,1865,1863,308],"class_list":{"0":"post-478802","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-etats-unis","8":"tag-actualites","9":"tag-donald-trump","10":"tag-etats-unis","11":"tag-etats-unis-damerique","12":"tag-ghana","13":"tag-news","14":"tag-united-states","15":"tag-united-states-of-america","16":"tag-us","17":"tag-usa"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115410689834588459","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/478802","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=478802"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/478802\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/478803"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=478802"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=478802"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=478802"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}