{"id":481120,"date":"2025-10-22T04:17:22","date_gmt":"2025-10-22T04:17:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/481120\/"},"modified":"2025-10-22T04:17:22","modified_gmt":"2025-10-22T04:17:22","slug":"litterature-crime-lu-toutes-les-couleurs-du-noir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/481120\/","title":{"rendered":"[Litt\u00e9rature] Crime.lu, toutes les couleurs du noir"},"content":{"rendered":"<p>Deux ans d\u2019existence et plus de vingt romans : Crime.lu s\u2019est d\u00e9j\u00e0 impos\u00e9 comme la r\u00e9f\u00e9rence du noir \u00abmade in Luxembourg\u00bb. Alors que la collection organise vendredi sa deuxi\u00e8me Nuit du polar, retour sur son histoire et sa philosophie.<\/p>\n<p class=\"text\">Tout part d\u2019un \u00abvide\u00bb qui a rapidement \u00e9t\u00e9 combl\u00e9\u202f: \u00abIl existe un peu partout des collections consacr\u00e9es \u00e0 la litt\u00e9rature polici\u00e8re, certaines tr\u00e8s anciennes\u00bb, relate Pierre Decock, l\u2019un des quatre cofondateurs de Crime.lu avec Gaston Zangerl\u00e9, Monique Feltgen et Didier Debord. \u00abOn trouvait \u00e9tonnant qu\u2019aucune maison d\u2019\u00e9dition au Luxembourg n\u2019ait encore d\u00e9di\u00e9 un espace au genre\u00bb populaire par excellence qu\u2019est le polar. C\u2019est chose faite d\u00e9sormais, par le biais de cette collection cr\u00e9\u00e9e officiellement le 7\u202fjuillet 2023 et qui, moins de deux ans et demi plus tard, a d\u00e9j\u00e0 sorti plus d\u2019une vingtaine de romans et organise un \u00e9v\u00e8nement d\u00e9di\u00e9, la Nuit du polar, dont la deuxi\u00e8me \u00e9dition se tiendra vendredi \u00e0 Peppange (lire encadr\u00e9).<\/p>\n<p class=\"text\">Comme les collections fran\u00e7aises du Masque et de la S\u00e9rie noire, deux inspirations majeures, Crime.lu est n\u00e9 selon une \u00abphilosophie\u00bb\u202f: \u00abL\u2019auteur et l\u2019histoire doivent avoir un lien avec le Luxembourg\u00bb, explique Monique Feltgen. \u00abCertains r\u00e9cits se d\u00e9roulent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, mais avec un Luxembourgeois comme protagoniste. \u00c0 l\u2019inverse, d\u2019autres se passent au Luxembourg, mais sont \u00e9crits par des non-Luxembourgeois.\u00bb \u00c0 l\u2019exception de cette r\u00e8gle fixe, Crime.lu veut se pr\u00e9senter comme un espace o\u00f9 s\u2019\u00e9panouit le polar sous toutes ses formes, avec \u00abde la place pour la fantaisie\u00bb.<\/p>\n<p class=\"text\">Ainsi, Dummer Tod, de Rosemarie Schmitt, s\u2019apparente au \u00abpolar philosophique\u00bb, Rita Braun, avec Von Fall zu Fall, \u00e9crit un \u00abpolar humoristique\u00bb, Le Moine \u00e0 la boucle d\u2019oreille de Pierre Decock est \u00abtr\u00e8s noir\u00bb et Monique Feltgen d\u00e9fend son envie de m\u00ealer \u00abcrime et histoires d\u2019amour\u00bb dans des r\u00e9cits \u00abqui se finissent toujours avec un happy end\u00bb. \u00c0 l\u2019image de son premier roman, Das Rouseg\u00e4ertchen-Komplott, publi\u00e9 \u00e0 l\u2019origine en 2006 aux \u00c9ditions Saint-Paul, qui l\u2019avaient \u00e9tiquet\u00e9 \u00abKrimi\u00bb, au d\u00e9sarroi de l\u2019autrice qui a depuis embrass\u00e9 cette cat\u00e9gorisation, puisque le roman a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 2023 sous la banni\u00e8re de Crime.lu. \u00abLe polar ouvre \u00e0 toutes sortes de r\u00e9flexions et de jeux sur la forme : on ose diversifier les expressions du genre sans jamais perdre de vue le crime\u00bb, assure-t-elle.<\/p>\n<p><strong><\/p>\n<p>Le \u00abmomentum\u00bb du polar luxembourgeois<\/p>\n<p><\/strong><\/p>\n<p class=\"text\">Il est vrai que la litt\u00e9rature polici\u00e8re est \u00abrelativement r\u00e9cente\u00bb au Luxembourg\u202f: Le Crime parfait (1975), d\u2019Albert Mambourg, fait figure de pionnier du genre, \u00abm\u00eame si on trouvait d\u00e9j\u00e0 chez des auteurs comme Batty Weber des \u00e9l\u00e9ments d\u2019intrigue et de tension qui seront plus tard repris dans le polar\u00bb, note Pierre Decock. Depuis, le roman noir s\u2019y est \u00e9panoui, au XXIe\u00a0si\u00e8cle notamment avec Carla Lucarelli, Claudine Muno, Tullio Forgiarini\u2026 M\u00eame les personnages stars du genre ont eu droit \u00e0 leurs enqu\u00eates grand-ducales, avec Sherlock Holmes au Luxembourg (1983), de Charles Hamer, et Maigret et l\u2019affaire du Marie-Astrid (1992), \u00e9crit par des \u00e9l\u00e8ves du lyc\u00e9e technique agricole d\u2019Ettelbruck et leur enseignante de fran\u00e7ais.<\/p>\n<p class=\"text\">Avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le succ\u00e8s de s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es comme Capitani et Marginal et, de l\u2019autre, Crime.lu, le polar \u00abmade in Luxembourg\u00bb conna\u00eet en ce moment son \u00e2ge d\u2019or. \u00abOn est dans un momentum, juge Pierre Decock, pas seulement au Luxembourg d\u2019ailleurs.\u00bb Cet int\u00e9r\u00eat grandissant, \u00absociologiquement, \u00e7a raconte quelque chose\u00bb, poursuit-il, citant \u00able fait divers comme d\u00e9rivatif d\u2019une vie quotidienne qui n\u2019est pas facile\u00bb, et qui fonctionne surtout sur la proximit\u00e9. \u00abPlus c\u2019est proche de chez vous, plus les gens ont envie de savoir.\u00bb Une formule qui colle bien aux r\u00e9cits locaux de Crime.lu.<\/p>\n<blockquote><p>Recevoir un polar \u00e9crit en luxembourgeois, on ne demande que \u00e7a!<\/p><\/blockquote>\n<p class=\"text\">Pour le quatuor fondateur, qui s\u2019est surnomm\u00e9 \u00abCrime family\u00bb, cette collection est surtout l\u2019aboutissement d\u2019une passion commune. Et repr\u00e9sente une bonne dose de travail pour ces retrait\u00e9s qui, non contents d\u2019\u00e9crire leurs propres romans, lisent et s\u00e9lectionnent les manuscrits des autres (une dizaine d\u2019auteurs en tout) et g\u00e8rent tous les aspects de la collection. Gaston Zangerl\u00e9, instigateur du projet et qui a rattach\u00e9 Crime.lu \u00e0 sa maison d\u2019\u00e9dition, Baobab, est attach\u00e9 \u00e0 la \u00ablogistique\u00bb (commandes de livres, envois aux librairies et biblioth\u00e8ques\u2026), Monique Feltgen a \u00able r\u00f4le de la commerciale et de la community manager\u00bb, Pierre Decock, qui a \u00ablongtemps travaill\u00e9 en BD et dans l\u2019illustration\u00bb, s\u2019occupe de l\u2019aspect graphique de la collection et de son site web, et Didier Debord partageait avec ses coll\u00e8gues la t\u00e2che de relire et corriger les manuscrits. Du moins, jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s au mois de mai, \u00e0 69\u202fans. \u00abLa mort de Didier nous a chamboul\u00e9s, dit Monique Feltgen, mais elle nous a aussi fait r\u00e9aliser tout ce qu\u2019on a fait en l\u2019espace de deux ans. On est \u00e0 la retraite, mais avec un emploi \u00e0 plein temps \u2013\u202fet on bosse comme des dingues.\u00bb<\/p>\n<p><strong><\/p>\n<p>Changement de rythme<\/p>\n<p><\/strong><\/p>\n<p class=\"text\">Avec 21\u202fromans d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9s, plusieurs sorties d\u00e9j\u00e0 programm\u00e9es et la cr\u00e9ation d\u2019un sous-label jeunesse (avec deux romans d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9s et un troisi\u00e8me \u00abpr\u00e9vu pour d\u00e9cembre 2026\u00bb), la collection a d\u00e9marr\u00e9 sur les chapeaux de roues. Il est maintenant temps de \u00abfreiner un peu\u00bb, glisse Monique Feltgen. \u00abOn ne va pas se reposer sur nos lauriers, mais on voudrait se focaliser un peu plus sur le marketing, vendre ce qui est d\u00e9j\u00e0 sorti et publier un peu moins. On continuera avec plusieurs livres par an, mais en faisant en sorte que notre rythme de publication ne nuise pas aux livres.\u00bb La Nuit du polar ou les Walfer Bicherdeeg, le week-end du 15\u202fnovembre, sont des lieux d\u2019exposition id\u00e9aux et donneront un peu de souffle dans le quotidien intense de l\u2019\u00e9quipe derri\u00e8re Crime.lu.<\/p>\n<p class=\"text\">Il y aura bient\u00f4t du nouveau au sein de la collection avec un recueil de nouvelles polici\u00e8res sign\u00e9 Percy Lallemang : leur premier livre publi\u00e9 en anglais. Une troisi\u00e8me langue qui s\u2019ajoute aux deux pr\u00e9dominantes, le fran\u00e7ais (avec Didier Debord, Pierre Decock et Gaston Zangerl\u00e9) et l\u2019allemand (Monique Feltgen, Rosemarie Schmitt, Maximilian B\u00f6hm\u2026), mais qui souligne toujours plus l\u2019absence du luxembourgeois dans le catalogue de la collection. \u00abLa langue luxembourgeoise est difficile \u00e0 \u00e9crire, sa grammaire controvers\u00e9e\u00bb, analyse Monique Feltgen, ajoutant que Crime.lu n\u2019a encore jamais re\u00e7u un manuscrit en luxembourgeois, alors m\u00eame que cette langue \u00absuinte de tous les c\u00f4t\u00e9s dans certains de nos romans\u00bb, ajoute Pierre Decock, qui impute \u00aben partie\u00bb pour sa part ce manque \u00ab\u00e0\u00a0l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019\u00e9criture (qui) se fait en fran\u00e7ais et en allemand\u00bb. Mais mart\u00e8le n\u00e9anmoins que \u00abrecevoir un polar \u00e9crit en luxembourgeois, nous, on ne demande que \u00e7a\u00bb. L\u2019appel est lanc\u00e9.<\/p>\n<p>Une soir\u00e9e d\u00e9di\u00e9e au genre<\/p>\n<p>Pour la deuxi\u00e8me fois, Crime.lu organise sa Nuit du polar, qui aura lieu vendredi au Mus\u00e9e rural et artisanal de Peppange. \u00abC\u2019est notre autre b\u00e9b\u00e9\u00bb, r\u00e9sume Monique Feltgen. Apr\u00e8s une premi\u00e8re \u00e9dition qui s\u2019\u00e9tait tenue en mai, au Kinoler de Kahler devant une salle comble de 50\u202fpersonnes, la formule reste inchang\u00e9e. La soir\u00e9e s\u2019articule autour de trois lectures des sorties r\u00e9centes de la collection et de rencontres avec leurs auteurs : Dummer Tod de Rosemarie Schmitt, Gier Royal de Maximilian B\u00f6hm et Bon anniversaire Dimitri de Pierre Decock \u2013\u202flu par Gaston Zangerl\u00e9\u202f\u2013, des interludes musicaux par Karin Melchert, \u00abchanteuse de m\u00e9tier\u00bb mais qui a publi\u00e9 au printemps son premier polar chez Crime.lu, naturellement intitul\u00e9 Das Lied vorm Tod, et un court m\u00e9trage de Percy Lallemang r\u00e9alis\u00e9 \u00abavec ses \u00e9tudiants\u00bb du lyc\u00e9e Bel-Val.<\/p>\n<p>Ce qui motive la tenue d\u2019une telle soir\u00e9e, qui \u00abdoit toujours rester quelque chose de sp\u00e9cial\u00bb, souligne Monique Feltgen, c\u2019est \u00abl\u2019\u00e9v\u00e8nement litt\u00e9raire ou bien le beau cadre qui s\u2019y pr\u00eate\u00bb, prouvant l\u2019envie de l\u2019\u00e9quipe de faire voyager sa collection \u00e0 travers le pays. \u00abOn cherche des endroits qui ont une ambiance particuli\u00e8re\u00bb\u202f: ainsi, apr\u00e8s le Kinoler et le Mus\u00e9e rural, la prochaine \u00e9dition s\u2019installera le 14\u202ff\u00e9vrier 2026 au Trifolion d\u2019Echternach. \u00abC\u2019est une grosse salle, c\u2019est s\u00fbr que c\u2019est impressionnant\u00bb, avoue Monique Feltgen. Mais \u00abc\u2019est une belle possibilit\u00e9\u00bb, d\u2019autant plus que c\u2019est le Trifolion, \u00abpar l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une de nos autrices\u00bb, qui a demand\u00e9 \u00e0 accueillir l\u2019\u00e9v\u00e8nement. Un plus grand lieu pour confirmer le succ\u00e8s de la collection? En attendant, il reste une poign\u00e9e de derni\u00e8res places pour vendredi.<\/p>\n<p class=\"note\"><strong>La Nuit du polar,<\/strong><br \/><strong>Vendredi \u00e0 19 h.<\/strong><br \/><strong>Mus\u00e9e rural et artisanal \u2013 Peppange.<\/strong><br \/><strong>R\u00e9servation : event@crime.lu<\/strong><\/p>\n<p>\t\t\t\t2025-10-22<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Deux ans d\u2019existence et plus de vingt romans : Crime.lu s\u2019est d\u00e9j\u00e0 impos\u00e9 comme la r\u00e9f\u00e9rence du noir&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":481121,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-481120","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115415891543124546","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/481120","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=481120"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/481120\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/481121"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=481120"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=481120"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=481120"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}