{"id":483451,"date":"2025-10-23T03:41:13","date_gmt":"2025-10-23T03:41:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/483451\/"},"modified":"2025-10-23T03:41:13","modified_gmt":"2025-10-23T03:41:13","slug":"ils-font-regner-la-terreur-pour-quon-leur-obeisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/483451\/","title":{"rendered":"\u201cIls font r\u00e9gner la terreur pour qu\u2019on leur ob\u00e9isse\u201d"},"content":{"rendered":"\n<p>\u2014 Territoire de Walikale, RDC<\/p>\n<p>Les hommes valides sont r\u00e9quisitionn\u00e9s toutes les semaines pour effectuer des travaux \u00e0 des fins militaires. Les chefs de village doivent faire ex\u00e9cuter des ordres sous la menace. Les auteurs de d\u00e9lits sont emmen\u00e9s de force et certains ne reviennent jamais. Le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, a beau s\u2019\u00eatre empar\u00e9 de certaines parties du territoire de Walikale il y a seulement quelques mois, la vie des habitants de cette r\u00e9gion de l\u2019est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) conna\u00eet de grands bouleversements. \u201cIls sont chez nous, et nous devons faire avec, explique un habitant. Ils font r\u00e9gner la terreur pour qu\u2019on leur ob\u00e9isse.\u201d<\/p>\n<p>Walikale est l\u2019un des nombreux territoires o\u00f9 cherche \u00e0 s\u2019imposer le M23 depuis pr\u00e8s de quatre ans. Des millions de personnes fuient les combats, et cette insurrection rappelle les guerres meurtri\u00e8res qui ont ravag\u00e9 la RDC \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. Mais, comme la plupart des autres zones rurales occup\u00e9es par le M23 avec le soutien du Rwanda, ce territoire qui ne cesse de s\u2019\u00e9tendre a re\u00e7u peu d\u2019attention m\u00e9diatique par rapport aux grandes villes et zones urbaines prises par les rebelles. Et pourtant, la situation y est aussi tr\u00e8s compliqu\u00e9e.<\/p>\n<p>  Un accord de paix qui n\u2019a rien r\u00e9gl\u00e9 <\/p>\n<p>L\u2019est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo est en proie aux violences de groupes arm\u00e9s depuis plus de trente ans. Au d\u00e9but de 2025, le M23 a conquis de larges pans du territoire, notamment les villes de Goma et de Bukavu dans la r\u00e9gion du Kivu. Kinshasa accuse le Rwanda de fournir un appui militaire au mouvement rebelle \u2013 ce que Kigali continue de nier. Les deux voisins ont conclu en juin un accord de paix, sous les auspices de l\u2019administration Trump. Dans la foul\u00e9e, le gouvernement de Kinshasa et les repr\u00e9sentants du M23 signaient \u00e0 Doha une d\u00e9claration r\u00e9affirmant \u201cleur engagement en faveur d\u2019un cessez-le-feu permanent\u201d. Mais depuis, chaque camp accuse l\u2019autre de multiples violations, et les combats se poursuivent sur le terrain.<\/p>\n<p>             Afficher la suite            <\/p>\n<p>Majoritairement tutsi, le M23 justifiait au d\u00e9part son insurrection \u2013 l\u2019une des nombreuses qui secouent actuellement la RDC \u2013 par la rupture d\u2019un accord de paix et la d\u00e9fense des populations tutsi de l\u2019Est. Mais le groupe a depuis \u00e9largi ses ambitions, et s\u2019est dot\u00e9 d\u2019une vitrine politique qui comprend des personnalit\u00e9s nationales appelant \u00e0 renverser le gouvernement du pr\u00e9sident <a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/sujet\/felix-tshisekedi\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">F\u00e9lix Tshisekedi<\/a>, alors m\u00eame qu\u2019<a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/article\/diplomatie-la-rdc-et-le-rwanda-font-la-paix-a-washington_232532\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">un processus de paix est en cours<\/a>.<\/p>\n<p>En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, <a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/article\/afrique-chute-de-goma-la-double-crainte-d-une-scission-de-la-rdc-et-d-une-escalade-avec-le-rwanda_226994\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">les rebelles, soutenus par des milliers de soldats rwandais, se sont empar\u00e9s des plus grandes villes de l\u2019est du pays<\/a>\u00a0: Goma et Bukavu. Et leurs habitants, plus de 1\u00a0million de personnes, sont d\u00e9sormais soumis \u00e0 une violence diffuse et quotidienne. Mais loin des projecteurs m\u00e9diatiques, les territoires de province comme Walikale, o\u00f9 les rebelles sont entr\u00e9s pour la premi\u00e8re fois en mars, ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9s, m\u00eame pour des communaut\u00e9s habitu\u00e9es \u00e0 des groupes arm\u00e9s brutaux et \u00e0 des gouvernements r\u00e9pressifs.<\/p>\n<p>               Travail et incorporation forc\u00e9s                            <a href=\"https:\/\/focus.courrierinternational.com\/2025\/10\/20\/0\/0\/2000\/2063\/1280\/0\/60\/0\/f945a22_upload-1-czrlrekeojf6-baf1825-rdc-kivu-rwanda.png\" data-pswp-width=\"1280\" data-pswp-height=\"1320\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">      <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" onerror=\"this.classList.add(`img--error`)\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/f945a22_upload-1-czrlrekeojf6-baf1825-rdc-kivu-rwanda.png\"  width=\"640\" height=\"660\" alt=\"Conflit au Kivu : l\u2019avanc\u00e9e du M23\u00a0(15\u00a0octobre 2025)\"\/>     <\/a>      Conflit au Kivu : l\u2019avanc\u00e9e du M23\u00a0(15\u00a0octobre 2025)   SOURCES : CRITICAL THREATS, CONTRIBUTEURS OPENSTREETMAP.               <\/p>\n<p>Ces changements sont particuli\u00e8rement intenses dans les r\u00e9gions de Kashebere et de Kibati. Portes d\u2019entr\u00e9e vers le territoire voisin de Masisi, elles offrent un acc\u00e8s strat\u00e9gique \u00e0 l\u2019ensemble du vaste territoire de Walikale, parsem\u00e9 de centaines de villages et de gisements de minerais. Les habitants de la r\u00e9gion expliquent \u00eatre contraints d\u2019effectuer du travail forc\u00e9 \u2013 ce qu\u2019ils n\u2019avaient pas connu sous les pr\u00e9c\u00e9dentes administrations, et qui a pouss\u00e9 de nombreux hommes \u00e0 fuir en s\u2019exilant dans les r\u00e9gions sous la protection de l\u2019arm\u00e9e congolaise.<\/p>\n<p>\u00c0 Kikamata\u00a02, un village situ\u00e9 entre Kashebere et Kibati, les habitants sont r\u00e9quisitionn\u00e9s par les rebelles toutes les semaines pour aller chercher du bois, de l\u2019eau et creuser des tranch\u00e9es dans des endroits strat\u00e9giques. \u201cIls convoquent les chefs de village lorsqu\u2019il y a du travail \u00e0 faire\u201d, raconte un habitant, qui, comme toutes les sources cit\u00e9es dans cet article, a souhait\u00e9 garder l\u2019anonymat pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. \u201cIls les menacent pour qu\u2019ils fassent ex\u00e9cuter leurs ordres.\u201d<\/p>\n<blockquote><p>\u201cNous sommes devenus leurs larbins.\u201d<\/p><\/blockquote>\n<p>Selon un militant des droits humains qui a quitt\u00e9 Kashebere pour se r\u00e9fugier dans une zone tenue par le gouvernement, les habitants accus\u00e9s de d\u00e9lits et de crimes sont souvent arr\u00eat\u00e9s sans autre forme de proc\u00e8s et tortur\u00e9s en prison. \u201cIls mettent les gens dans des fosses remplies d\u2019eau pour les punir.\u201d Et d\u2019ajouter que la plupart de ceux qui sont arr\u00eat\u00e9s ne reviennent jamais. \u201cOn pense qu\u2019ils les tuent ou qu\u2019ils les envoient dans des centres d\u2019entra\u00eenement pour qu\u2019ils puissent se battre pour eux, c\u2019est du recrutement forc\u00e9.\u201d<\/p>\n<p>De nombreux militants de la soci\u00e9t\u00e9 civile et des journalistes pr\u00e9sents dans les parties du territoire de Walikale tenues par le M23 ont d\u00fb partir pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. D\u2019autres continuent de documenter les exactions en secret, dans l\u2019espoir de pouvoir publier un jour ces t\u00e9moignages. \u201cNous continuons de rassembler les preuves de ces abus afin de pouvoir produire un compte rendu d\u00e9taill\u00e9, explique un autre militant. Il sera remis aux autorit\u00e9s judiciaires afin qu\u2019un jour les auteurs de ces crimes puissent r\u00e9pondre de leurs actions.\u201d<\/p>\n<p>               Collecte de taxes       <\/p>\n<p>Selon les chefs coutumiers, les rebelles du M23 n\u2019ont pas r\u00e9form\u00e9 le syst\u00e8me administratif local comme ils l\u2019ont fait dans d\u2019autres territoires qu\u2019ils contr\u00f4lent, o\u00f9 les dirigeants locaux auraient \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s. Pourtant, un chef de village raconte que lui et ses coll\u00e8gues doivent obtenir l\u2019approbation du groupe arm\u00e9 avant de prendre toute d\u00e9cision importante. Ils vivent souvent dans la peur d\u2019\u00eatre remplac\u00e9s par des personnalit\u00e9s proches du mouvement.<\/p>\n<p>Un ancien contr\u00f4leur des imp\u00f4ts, aujourd\u2019hui au service du M23, raconte qu\u2019\u00e0 Kashebere et Kibati tous les imp\u00f4ts sont d\u00e9sormais vers\u00e9s \u00e0 l\u2019administration rebelle. \u201cLa population est contrainte de payer sous peine d\u2019arrestation et de sanctions\u201d, ajoute-t-il<\/p>\n<p>Les rebelles ont introduit des taxes fonci\u00e8res dans les zones rurales o\u00f9 il n\u2019y en avait pas auparavant, et ont doubl\u00e9 les frais de transport du b\u00e9tail de Masisi \u00e0 Walikale. Un membre d\u2019une association locale de bouchers raconte que l\u2019augmentation des imp\u00f4ts s\u2019est r\u00e9percut\u00e9e sur les consommateurs, et que les familles ach\u00e8tent d\u00e9sormais moins de viande. Un manque \u00e0 gagner pour les commer\u00e7ants qui est aussi synonyme de carences alimentaires pour la population.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4leur des imp\u00f4ts dit ne pas avoir le choix\u00a0: il doit \u201csuivre leurs instructions\u201d et collecter ces nouvelles taxes, qui font partie d\u2019un syst\u00e8me fiscal plus large destin\u00e9 \u00e0 financer le M23, en plus des b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019extraction mini\u00e8re et du soutien du gouvernement rwandais.<\/p>\n<p>Selon des responsables de l\u2019ONU, <a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/article\/vu-de-guinee-crise-en-rdc-il-faut-dire-clairement-l-implication-du-rwanda-de-kagame_227093\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Kigali est \u00e0 la man\u0153uvre derri\u00e8re les op\u00e9rations du M23<\/a>. Et d\u2019apr\u00e8s l\u2019ONG de d\u00e9fense des droits humains Human Rights Watch, au regard du droit international le Rwanda est une puissance occupante et est donc responsable des exactions commises par le M23. Le Rwanda soutient des groupes arm\u00e9s en RDC depuis que les milices hutu y ont trouv\u00e9 refuge apr\u00e8s le g\u00e9nocide des Tutsi rwandais en 1994. Le pays justifie son interventionnisme par des questions de s\u00e9curit\u00e9, m\u00eame si son soutien au M23 est surtout motiv\u00e9 par des questions de g\u00e9opolitique r\u00e9gionale et des ambitions \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>               Des malades qui dorment \u00e0 m\u00eame le sol       <\/p>\n<p>La pr\u00e9sence du groupe arm\u00e9 \u00e0 Walikale a aussi de bons c\u00f4t\u00e9s. Plusieurs personnes interrog\u00e9es ont tenu \u00e0 souligner que l\u2019\u00e9tat des routes s\u2019\u00e9tait grandement am\u00e9lior\u00e9.<strong> <\/strong>S\u2019il s\u2019agit principalement de faciliter la circulation des v\u00e9hicules du M23, ces communaut\u00e9s rurales sont moins enclav\u00e9es qu\u2019auparavant. Selon un habitant de Kashebere, la r\u00e9novation de la route reliant la r\u00e9gion \u00e0 Goma (la capitale de la province du Nord-Kivu) a consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9 le quotidien des populations, car les personnes malades peuvent d\u00e9sormais acc\u00e9der plus rapidement aux centres de sant\u00e9.<\/p>\n<p>Et les agriculteurs se r\u00e9jouissent de pouvoir livrer plus facilement leurs marchandises dans les march\u00e9s. \u201cAvant, nos r\u00e9coltes pourrissaient sur pied dans les champs, faute de routes, explique un agriculteur. Aujourd\u2019hui, la route est en bien meilleur \u00e9tat et le transport est grandement facilit\u00e9. Les acheteurs viennent nous voir directement sur place. Nous r\u00e9ussissons \u00e0 vendre tous nos produits.\u201d<\/p>\n<p>Cependant, en dehors des travaux routiers, les rebelles n\u2019investissent pas dans les services publics, et ce malgr\u00e9 le retrait progressif des organisations humanitaires internationales \u00e0 cause des <a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/grand-format\/geopolitique-l-aide-americaine-gelee-et-menacee-une-carte-pour-comprendre-la-crise_227446\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">coupes budg\u00e9taires des gouvernements am\u00e9ricain<\/a> et europ\u00e9ens. Or la situation sanitaire est catastrophique.<\/p>\n<p>                                      <a href=\"https:\/\/focus.courrierinternational.com\/2025\/10\/17\/0\/0\/3508\/2480\/2560\/0\/60\/0\/fb82f23_upload-1-umictpoi3pnv-3.jpg\" data-pswp-width=\"2560\" data-pswp-height=\"1810\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">         <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" onerror=\"this.classList.add(`img--error`)\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/fb82f23_upload-1-umictpoi3pnv-3.jpg\"  width=\"1280\" height=\"905\" alt=\"Photo\"\/>     <\/a>       Dessin paru dans \u201cThe New Humanitarian\u201d, Gen\u00e8ve               <\/p>\n<p>Dans un important centre de sant\u00e9 de la r\u00e9gion, il y a vingt lits, mais les patients affluent \u00e0 cause des \u00e9pid\u00e9mies de <a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/sujet\/cholera\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">chol\u00e9ra<\/a> et de <a href=\"https:\/\/www.courrierinternational.com\/sujet\/paludisme\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">malaria<\/a>, expliquent des m\u00e9decins. Certains malades doivent dormir \u00e0 m\u00eame le sol ou rentrer chez eux sans avoir \u00e9t\u00e9 soign\u00e9s. Il y a \u00e9galement une p\u00e9nurie de m\u00e9dicaments depuis que les stocks ont \u00e9t\u00e9 pill\u00e9s par les deux camps lors de r\u00e9cents affrontements dans la r\u00e9gion. \u201cEt ce qu\u2019ils n\u2019ont pas pu emmener, ils l\u2019ont d\u00e9truit\u201d, explique l\u2019administrateur d\u2019un de ces centres. Quant aux associations humanitaires qui travaillent avec eux, leur personnel a d\u00fb partir pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Certains \u00e9tablissements de sant\u00e9 \u00e9tant contraints de fermer, les malades et les bless\u00e9s doivent souvent parcourir de longues distances \u00e0 la recherche de cliniques ouvertes et approvisionn\u00e9es en m\u00e9dicaments. Tous n\u2019y parviennent pas. Un patient atteint d\u2019un cancer est r\u00e9cemment mort sur la route, alors qu\u2019il \u00e9tait transport\u00e9 sur un brancard de fortune. De plus en plus de femmes enceintes accouchent \u00e9galement sur le chemin de la maternit\u00e9.<\/p>\n<p>               \u201cUn jour, ce sera peut-\u00eatre notre tour de fuir\u201d       <\/p>\n<p>La situation est \u00e9galement critique pour les personnes d\u00e9plac\u00e9es qui ont trouv\u00e9 refuge \u00e0 Walikale. La plupart ont fui les affrontements entre le M23, l\u2019arm\u00e9e congolaise et les milices progouvernementales dans la localit\u00e9 voisine de Masisi. Plusieurs d\u00e9plac\u00e9s disent n\u2019avoir re\u00e7u aucune aide des agences humanitaires internationales. \u201cPour avoir \u00e0 manger, nous devons nous mettre au service des habitants\u201d, explique un p\u00e8re de sept enfants venu de Masisi.<\/p>\n<blockquote><p>\u201cParfois nous sommes exploit\u00e9s, mais nous n\u2019avons pas le choix, sinon nos enfants meurent de faim.\u201d<\/p><\/blockquote>\n<p>Un d\u00e9plac\u00e9 d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9es a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 Kibati alors qu\u2019il travaillait dans un champ entre deux affrontements entre le M23 et les milices progouvernementales, raconte sa femme. Elle ne sait pas comment il est mort. Son corps a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 dans un \u00e9tang par d\u2019autres personnes revenant des champs. \u201cNous avons fui notre village ensemble, mais je vais devoir rentrer sans lui\u201d, raconte-t-elle en pleurs.<\/p>\n<p>                                      <a href=\"https:\/\/focus.courrierinternational.com\/2025\/10\/17\/0\/0\/4941\/3484\/2560\/0\/60\/0\/4b9b9e1_upload-1-nt53pw3hspar-2.jpg\" data-pswp-width=\"2560\" data-pswp-height=\"1805\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">         <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" onerror=\"this.classList.add(`img--error`)\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/4b9b9e1_upload-1-nt53pw3hspar-2.jpg\"  width=\"1280\" height=\"903\" alt=\"Photo\"\/>     <\/a>       Dessin paru dans \u201cThe New Humanitarian\u201d, Gen\u00e8ve               <\/p>\n<p>Les habitants des r\u00e9gions o\u00f9 se trouvent les personnes d\u00e9plac\u00e9es (Kashebere, Kibati, Muba et Mikumbi) ont bien connu la guerre, et c\u2019est pourquoi ils n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 partager leurs maigres ressources avec les personnes d\u00e9plac\u00e9es et \u00e0 les recueillir chez eux. \u201cNous avons accueilli d\u2019autres familles d\u00e9plac\u00e9es de Masisi, raconte un habitant de Kashebere. Nous sommes pr\u00eats \u00e0 les aider, car dans la vie on ne sait jamais, un jour, ce sera peut-\u00eatre notre tour de fuir la r\u00e9gion et de nous retrouver chez eux.\u201d<\/p>\n<p>Un autre habitant a choisi d\u2019illustrer avec un proverbe l\u2019esprit de solidarit\u00e9 qui permet \u00e0 chacun de mieux supporter l\u2019occupation rebelle\u00a0: \u201cQuand elles sont toutes sur le m\u00eame arbre, les chenilles ne peuvent survivre qu\u2019en se partageant les feuilles.\u201d<\/p>\n<p class=\"ci-reference\">Les auteurs des articles de cette s\u00e9rie de reportages en RDC ont sign\u00e9 sous pseudonyme pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. L\u2019artiste qui en a r\u00e9alis\u00e9 les illustrations a choisi de rester anonyme.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u2014 Territoire de Walikale, RDC Les hommes valides sont r\u00e9quisitionn\u00e9s toutes les semaines pour effectuer des travaux \u00e0&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":483452,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[879,1348,1384,1385,1386,58,59,1011,27,1892,46393,60669,60668],"class_list":{"0":"post-483451","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-afrique","9":"tag-arts","10":"tag-arts-and-design","11":"tag-arts-et-design","12":"tag-design","13":"tag-divertissement","14":"tag-entertainment","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-gu00e9opolitique","18":"tag-kivu","19":"tag-m23-mouvement-du-23-mars","20":"tag-ru00e9p-du00e9m-du-congo-rdc"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115421412814653977","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/483451","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=483451"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/483451\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/483452"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=483451"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=483451"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=483451"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}