{"id":486465,"date":"2025-10-24T09:54:20","date_gmt":"2025-10-24T09:54:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/486465\/"},"modified":"2025-10-24T09:54:20","modified_gmt":"2025-10-24T09:54:20","slug":"anecdotes-folles-de-paris-entre-trains-volants-et-chats-brules","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/486465\/","title":{"rendered":"Anecdotes folles de Paris : entre trains volants et chats br\u00fbl\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>On croit conna\u00eetre<strong> Paris,<\/strong> ses <a href=\"https:\/\/mesinfos.fr\/75000-paris\/notre-dame-de-paris-les-visites-des-tours-rouvrent-au-public-le-20-septembre-225653.html\" rel=\"noopener nofollow\" target=\"_blank\">monuments<\/a>, ses r\u00e9volutions, ses grandes figures. Mais dans \u201cLa Stup\u00e9fiante histoire de Paris\u201d, <strong>Didier Chirat<\/strong>, historien et <strong>professeur d\u2019histoire-g\u00e9ographie<\/strong>, s\u2019attarde sur l\u2019envers du d\u00e9cor. Cent anecdotes, courtes et illustr\u00e9es racontent une capitale bien diff\u00e9rente de celle des <strong>cartes postales<\/strong>. Une ville bouillonnante, parfois cruelle, souvent absurde, o\u00f9 se refl\u00e8tent les travers et les grandeurs de la condition humaine. <\/p>\n<p>Chaque quartier, chaque monument, chaque rue semble cacher une petite folie, une histoire farfelue ou tragique. La r\u00e9daction vous d\u00e9voile cinq histoires surprenantes.\u00a0 <\/p>\n<p>Le jour o\u00f9 une locomotive traversa la gare Montparnasse <\/p>\n<p>Le 22 octobre 1895, la <strong>gare Montparnasse<\/strong> vit l\u2019un de ses jours les plus m\u00e9morables. Le train n\u00b056 en provenance de <strong>Granville<\/strong>, victime d\u2019une panne de freins, arrive lanc\u00e9 \u00e0 plus de 60 km\/h. Le m\u00e9canicien tente l\u2019impossible pour ralentir, mais la locomotive franchit le butoir, d\u00e9fonce le quai et s\u2019\u00e9crase litt\u00e9ralement \u00e0 travers la fa\u00e7ade du b\u00e2timent. <\/p>\n<p>La sc\u00e8ne est apocalyptique : des poutres, des pierres, une verri\u00e8re qui explose, et, en contrebas, la locomotive qui finit suspendue dans le vide, nez point\u00e9 vers la rue. L\u2019image fera le tour du monde. <\/p>\n<p>Miraculeusement, seuls deux passagers sont bless\u00e9s. Mais une malheureuse vendeuse de journaux, post\u00e9e devant la gare, est tu\u00e9e sur le coup. Ce \u201ctrain volant\u201d, fig\u00e9 dans une photographie devenue mythique, illustre parfaitement ce m\u00e9lange d\u2019absurde et de drame dont Paris a le secret.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"img-size-full\" data-zoomable=\"\" height=\"748\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/train-volant-a-montparnasse.jpg\" width=\"1330\"\/> \u00a9DR &#8211; Le \u201ctrain volant\u201d, fig\u00e9 dans une photographie devenue mythique Des chats br\u00fbl\u00e9s sur la place de Gr\u00e8ve <\/p>\n<p>Bien avant de devenir un lieu de c\u00e9l\u00e9brations r\u00e9publicaines et de manifestations sociales, la <strong>place de Gr\u00e8ve<\/strong> \u2014 aujourd\u2019hui place de l\u2019H\u00f4tel-de-Ville \u2014 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une sc\u00e8ne publique\u2026 et un foyer d\u2019\u00e9motions fortes. C\u2019est l\u00e0, au XVII\u1d49 si\u00e8cle, qu\u2019avaient lieu les ex\u00e9cutions, mais aussi les<strong> f\u00eates populaires<\/strong>. Chaque 23 juin, \u00e0 la veille de <strong>la Saint-Jean<\/strong>, un immense b\u00fbcher \u00e9tait dress\u00e9. Le roi en personne, accompagn\u00e9 de la cour, venait y mettre le feu. <\/p>\n<p>Mais la tradition avait son revers sombre : au sommet des fagots, on jetait un<strong> sac rempli de vingt-quatre chats vivants<\/strong>, accus\u00e9s d\u2019\u00eatre les serviteurs du diable. Les Parisiens, fascin\u00e9s, riaient, applaudissaient, convaincus que le sacrifice \u00e9loignerait le mal. <\/p>\n<p>C\u2019est un enfant, le futur<strong> Louis XIV<\/strong>, \u00e2g\u00e9 de dix ans, qui, horrifi\u00e9 par ce spectacle, mit fin \u00e0 cette coutume barbare. Derri\u00e8re l\u2019anecdote, Didier Chirat montre un Paris tiraill\u00e9 entre superstition m\u00e9di\u00e9vale et modernit\u00e9 naissante, o\u00f9 le feu, symbole de purification, r\u00e9v\u00e9lait aussi la part sombre du divertissement populaire.<\/p>\n<p>  La morgue de Paris, attraction touristique <\/p>\n<p>Au XIX\u1d49 si\u00e8cle, la mort faisait partie du d\u00e9cor. <strong>La morgue de Paris<\/strong>, install\u00e9e sur <strong>l\u2019\u00eele de la Cit\u00e9<\/strong>, juste derri\u00e8re <strong>Notre-Dame<\/strong>, devint l\u2019un des lieux les plus visit\u00e9s de la capitale. L\u2019endroit, pourtant sinistre, attirait des milliers de badauds venus contempler les corps anonymes expos\u00e9s derri\u00e8re une grande vitre de verre.<\/p>\n<p>Douze tables de marbre noir, un filet d\u2019eau pour rafra\u00eechir les cadavres, et voil\u00e0 le spectacle pr\u00eat. Les visiteurs \u2013 familles, touristes, enfants \u2013 d\u00e9filaient par centaines chaque jour, observant ces visages inertes, parfois m\u00e9connaissables.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"img-align-center\" data-zoomable=\"\" height=\"473\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/morgue-de-paris.jpg\" width=\"700\"\/> \u00a9DR &#8211; La morgue de Paris, install\u00e9e sur l\u2019\u00eele de la Cit\u00e9, juste derri\u00e8re Notre-Dame, devint l\u2019un des lieux les plus visit\u00e9s de la capitale. <\/p>\n<p>Les journaux de l\u2019\u00e9poque rapportent qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas rare d\u2019y croiser des conversations frivoles, grivoises ou tout simplement fascin\u00e9es. M\u00eame les premiers touristes anglais incluaient la morgue dans leur parcours de visite ! <\/p>\n<p>Didier Chirat souligne, avec un humour noir bien dos\u00e9, ce go\u00fbt parisien pour le macabre, entre curiosit\u00e9 et voyeurisme. Il faudra attendre 1907 pour que le<strong> pr\u00e9fet L\u00e9pine<\/strong>, au nom de la morale publique, mette fin \u00e0 ce \u201cspectacle hygi\u00e9nique\u201d. Mais cette \u00e9trange attraction dit beaucoup de l\u2019esprit d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 la mort, au lieu d\u2019\u00eatre cach\u00e9e, faisait encore partie du quotidien.<\/p>\n<p> Le P\u00e8re-Lachaise : quand les morts font de la publicit\u00e9 <\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le <a href=\"https:\/\/mesinfos.fr\/75000-paris\/voyage-au-coeur-des-plus-beaux-cimetieres-parisiens-pour-un-tourisme-insolite-209652.html\" rel=\"noopener nofollow\" target=\"_blank\">cimeti\u00e8re<\/a> du<strong> P\u00e8re-Lachaise <\/strong>attire plus de trois millions de visiteurs par an. Pourtant, \u00e0 son ouverture en 1804, le lieu est un \u00e9chec total. Trop excentr\u00e9, perch\u00e9 sur les hauteurs de l\u2019est parisien, il rebute les Parisiens, qui pr\u00e9f\u00e8rent reposer dans des lieux plus centraux et familiers. Six mois apr\u00e8s l\u2019ouverture, on ne compte qu\u2019une poign\u00e9e de s\u00e9pultures. <\/p>\n<p>C\u2019est alors que le pr\u00e9fet de Paris, fin strat\u00e8ge, d\u00e9cide un coup de com\u2019 avant l\u2019heure : transf\u00e9rer dans ce cimeti\u00e8re \u201cboud\u00e9\u201d les d\u00e9pouilles de grandes figures illustres. <strong>Moli\u00e8re<\/strong>, <strong>La Fontaine<\/strong>, puis le couple l\u00e9gendaire H\u00e9lo\u00efse et Ab\u00e9lard viennent donner du prestige au lieu. <\/p>\n<p>L\u2019effet est imm\u00e9diat : la bourgeoisie se rue pour \u00eatre enterr\u00e9e \u201cpr\u00e8s des grands\u201d. En quelques d\u00e9cennies, le cimeti\u00e8re devient la n\u00e9cropole la plus courue du monde. Didier Chirat s\u2019amuse de ce succ\u00e8s marketing d\u2019un genre particulier : m\u00eame morts, les Parisiens restent sensibles \u00e0 la r\u00e9putation et aux bonnes adresses. Dans la capitale, on choisit sa derni\u00e8re demeure comme on choisit son quartier. <\/p>\n<p>L\u2019hiver o\u00f9 Paris mangea ses \u00e9l\u00e9phants <\/p>\n<p>L\u2019hiver 1870-1871 fut sans doute le plus terrible que la ville ait connu. Assi\u00e9g\u00e9e par les troupes prussiennes, Paris est coup\u00e9e du monde, affam\u00e9e, \u00e9puis\u00e9e. Lorsque les vivres manquent, les Parisiens doivent se r\u00e9soudre \u00e0 manger ce qu\u2019ils ont sous la main : d\u2019abord les chevaux, puis les chiens, les chats, et enfin\u2026 les <strong>animaux du Jardin d\u2019Acclimatation<\/strong>.<\/p>\n<p>On sert alors dans les restaurants les plus chics du filet d\u2019\u00e9l\u00e9phant sauce mad\u00e8re, du civet de chat aux champignons, du r\u00f4ti de chien ou du saucisson \u201cchevaleresque\u201d. Les plus pauvres, eux, se contentent de rats vendus sur la <strong>place de l\u2019H\u00f4tel-de-Ville<\/strong>, abattus sur place devant le client par des bouledogues dress\u00e9s pour l\u2019occasion. <\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pisode, aussi cruel que cocasse, r\u00e9v\u00e8le l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e des Parisiens. Entre humour noir et survie, Didier Chirat y voit le symbole d\u2019un peuple qui, m\u00eame dans la mis\u00e8re, ne renonce ni \u00e0 manger, ni \u00e0 raconter. Paris reste Paris : affam\u00e9, mais inventif. <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"img-align-center\" data-zoomable=\"\" height=\"500\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/9782036083462-001-x.jpg\" width=\"404\"\/> <\/p>\n<p>La Stup\u00e9fiante histoire de Paris, Didier Chirat (Larousse, 216p, 25 euros) <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"On croit conna\u00eetre Paris, ses monuments, ses r\u00e9volutions, ses grandes figures. 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