{"id":491251,"date":"2025-10-26T13:42:18","date_gmt":"2025-10-26T13:42:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/491251\/"},"modified":"2025-10-26T13:42:18","modified_gmt":"2025-10-26T13:42:18","slug":"en-france-il-existe-encore-une-mefiance-a-legard-de-largent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/491251\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0En France, il existe encore une m\u00e9fiance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019argent\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Son agenda est toujours plein.\u00a0\u00c0 peine rentr\u00e9e de Tokyo o\u00f9 elle pr\u00e9sentait Mary Said What She Said, monologue vertigineux de la reine d&rsquo;\u00c9cosse Marie Stuart imagin\u00e9 par Bob Wilson, Isabelle Huppert s&rsquo;appr\u00eate \u00e0\u00a0jouer \u00e0 Ta\u00efwan\u00a0B\u00e9r\u00e9nice, revisit\u00e9 par Romeo Castellucci \u00e0 l&rsquo;affiche du th\u00e9\u00e2tre de la Ville, l&rsquo;an dernier. Pas de temps mort chez cette travailleuse infatigable qui a un app\u00e9tit insatiable pour le th\u00e9\u00e2tre et le <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/cinema\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">cin\u00e9ma<\/a>.<\/p>\n<p>La newsletter culture<\/p>\n<p class=\"period\">Tous les mercredis \u00e0 16h<\/p>\n<p>Recevez l\u2019actualit\u00e9 culturelle de la semaine \u00e0 ne pas manquer ainsi que les Enqu\u00eates, d\u00e9cryptages, portraits, tendances\u2026<\/p>\n<p>Merci !<br \/>Votre inscription a bien \u00e9t\u00e9 prise en compte avec l&rsquo;adresse email :<\/p>\n<p>Pour d\u00e9couvrir toutes nos autres newsletters, rendez-vous ici : <a href=\"https:\/\/moncompte.lepoint.fr\/\" title=\"\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">MonCompte<\/a><\/p>\n<p>En vous inscrivant, vous acceptez les <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/html\/cgu\/\" title=\"Conditions g\u00e9n\u00e9rales d&#039;utilisation\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">conditions g\u00e9n\u00e9rales d\u2019utilisations<\/a> et notre <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/html\/politique-de-protection-donnees-personnelles\/\" title=\"Politique de confidentialit\u00e9\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">politique de confidentialit\u00e9<\/a>.<\/p>\n<p>La voici de passage \u00e0 Paris o\u00f9 elle ach\u00e8ve\u00a0le tournage du nouveau film du cin\u00e9aste iranien Asghar Farhadi, Histoires parall\u00e8les en compagnie de Catherine Deneuve, Vincent Cassel, Virginie Efira et Pierre Niney. Ce qui ne l&#8217;emp\u00eache pas d&rsquo;assurer la promotion de La Femme la plus riche du monde, com\u00e9die caustique de Thierry Klifa dont elle est la t\u00eate d&rsquo;affiche aux c\u00f4t\u00e9s de Laurent Lafitte, Marina Fo\u00efs, Andr\u00e9 Marcon, Rapha\u00ebl Personnaz.\u00a0Comme il se doit, le cin\u00e9aste et ses sc\u00e9naristes, Jacques Fieschi et C\u00e9dric Anger, prennent les pr\u00e9cautions d&rsquo;usage pour pr\u00e9senter \u00ab\u00a0une \u0153uvre de cr\u00e9ation tr\u00e8s librement inspir\u00e9e de faits r\u00e9els\u00a0\u00bb. Soit <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/culture\/affaire-bettencourt-pourquoi-il-faut-absolument-regarder-la-serie-documentaire-de-netflix-12-11-2023-2542756_3.php\" title=\"\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l&rsquo;affaire Banier-Bettencourt<\/a> qui avait fait grand bruit il y a d\u00e9j\u00e0 dix-huit ans.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, Liliane Bettencourt (1922-2017), propri\u00e9taire du groupe L&rsquo;Or\u00e9al, se retrouve\u00a0sur la sellette apr\u00e8s la plainte d\u00e9pos\u00e9e en d\u00e9cembre\u00a02007\u00a0par sa fille, Fran\u00e7oise Bettencourt Meyers, contre le photographe Fran\u00e7ois-Marie Banier, accus\u00e9 d&rsquo;abuser des largesses de sa m\u00e8re, laquelle sera mise sous tutelle.<\/p>\n<p>Dans La Femme la plus riche du monde, on retrouve donc Isabelle Huppert sous les traits de Marianne Farr\u00e8re, sexag\u00e9naire milliardaire qui g\u00e8re sans faiblir son empire de la beaut\u00e9 mais s&rsquo;ennuie dans son h\u00f4tel particulier de Neuilly. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s, il y a son mari Guy (Andr\u00e9 Marcon) dont le pass\u00e9 trouble pendant l&rsquo;Occupation lui revient comme un boomerang, sa fille, la fragile Fr\u00e9d\u00e9rique (Marina Fo\u00efs), qui souffre du manque d&rsquo;amour de sa m\u00e8re, le fantasque photographe Pierre-Alain Fantin (Laurent Lafitte) qui s\u00e8me la zizanie dans la maison, De Veray, charg\u00e9 d&rsquo;affaires peu scrupuleux\u00a0(Micha Lescot), et J\u00e9r\u00f4me, majordome silencieux (Rapha\u00ebl Personnaz) qui observe tout\u00a0et pose des micros sous\u00a0les tables\u2026\u00a0Le puzzle est en place pour un vaudeville chez les riches.<\/p>\n<p>Tranquillement install\u00e9e sur le canap\u00e9 d&rsquo;un petit h\u00f4tel parisien, Isabelle Huppert, visage sans fard et silhouette menue, \u00e9voque son personnage, ses rapports avec le th\u00e9\u00e2tre et le cin\u00e9ma, les secrets de sa longue carri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Le Point\u00a0: Cette histoire de famille vous int\u00e9ressait-elle particuli\u00e8rement\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Isabelle Huppert\u00a0<\/strong>: Particuli\u00e8rement non, je la connaissais, c&rsquo;est tout. Au d\u00e9part, j&rsquo;\u00e9tais sceptique. C&rsquo;est la lecture du sc\u00e9nario qui m&rsquo;a convaincue\u00a0: une proposition de ton, de th\u00e9\u00e2tralit\u00e9, d&rsquo;exag\u00e9ration\u00a0qui fait \u00e9chapper au r\u00e9alisme.<\/p>\n<p><strong>Quels pi\u00e8ges faut-il \u00e9viter pour se glisser dans la peau de cette sexag\u00e9naire milliardaire inspir\u00e9e d&rsquo;une femme c\u00e9l\u00e8bre\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Eh bien, il faut \u00e9viter de se contraindre \u00e0 imiter une figure existante. Le ton du film plus proche de la farce, m\u00e9lange d&rsquo;humour f\u00e9roce, de cruaut\u00e9 et\u00a0de cynisme m&rsquo;invitait, nous invitait tous, \u00e0 une interpr\u00e9tation des faits. Le film s&rsquo;\u00e9loigne du r\u00e9alisme, tout comme les personnages, ce qui m&rsquo;a plu. Ce personnage, je l&rsquo;ai invent\u00e9. Je n&rsquo;avais pas le choix. Et puis Thierry Klifa a choisi de raconter cette histoire par le d\u00e9but, la fin tout le monde la conna\u00eet, le d\u00e9but beaucoup moins.<\/p>\n<p><strong>D&rsquo;o\u00f9 na\u00eet cette libert\u00e9 de ton qui s&rsquo;accorde \u00e0 la fantaisie du personnage pris dans une sorte de tourbillon\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>La libert\u00e9 du personnage na\u00eet de sa rencontre avec le photographe\u00a0: elle d\u00e9couvre une part d&rsquo;elle-m\u00eame, une autre vision de la vie, de l&rsquo;humour, de l&rsquo;impr\u00e9vu. Ce n&rsquo;est pas un personnage sous emprise\u00a0: c&rsquo;est une femme de pouvoir, forte, qui sait ce qu&rsquo;elle fait. Ce qui d\u00e9range, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9chelle des valeurs, diff\u00e9rente pour elle, y compris au sein de sa famille.<\/p>\n<p><strong>Son rapport \u00e0 l&rsquo;argent est tr\u00e8s libre. De quoi d\u00e9ranger sa famille\u2026<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;argent ne signifie pas pour elle la m\u00eame chose que pour les autres. En contribuant financi\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;accomplissement artistique de son ami photographe, elle devient un peu m\u00e9c\u00e8ne. Pour elle aussi, c&rsquo;est un accomplissement.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;irruption de ce photographe est comme un coup de th\u00e9\u00e2tre dans cette famille. Et une nouvelle vie pour elle\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, \u00e7a balaie tout et r\u00e9v\u00e8le chez elle une disposition d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente\u00a0: humour, joie possible, libert\u00e9. Elle entrevoit un \u00ab\u00a0monde parall\u00e8le\u00a0\u00bb , une vie qui s&rsquo;exprime autrement que diriger un empire financier.<\/p>\n<p><strong>Y a-t-il une histoire d&rsquo;amour entre eux\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Disons un sentiment, un amour au sens tr\u00e8s large du mot qui va jusqu&rsquo;\u00e0 tol\u00e9rer ses d\u00e9bordements les plus inacceptables\u00a0: des r\u00e9v\u00e9lations embarrassantes du pass\u00e9 de la famille.<\/p>\n<p><strong>Le film m\u00e9nage un n\u0153ud dramatique, sans sentimentalisme, avec une relation m\u00e8re-fille parfois cruelle et des personnages qui ont chacun leur point de vue sur cette histoire. Difficile de ne pas se rapprocher d&rsquo;eux, non\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, apr\u00e8s avoir gard\u00e9 une certaine distance vis-\u00e0-vis de ces personnages, on finit par les trouver attachants, quand l&rsquo;affectif prend le pas sur les enjeux politiques et financiers.<\/p>\n<p><strong>\u00catre riche aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est pas bien vu. Qu&rsquo;en pensez-vous\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Les Am\u00e9ricains ont un autre rapport \u00e0 l&rsquo;argent. En France, il existe une m\u00e9fiance. L&rsquo;argent, c&rsquo;est un pouvoir, mais aussi une n\u00e9cessit\u00e9\u00a0: on ne fait pas de films ni de th\u00e9\u00e2tre sans argent, et, en ce moment, les subventions baissent.<\/p>\n<p><strong>Peut-on imaginer\u00a0Marianne Farr\u00e8re, votre personnage, heureuse\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, elle est pass\u00e9e du bien-\u00eatre \u00e0 la joie. \u00c0 la fin, elle dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis increvable\u00a0\u00bb, mais on la laisse seule sur son \u00eele. Le prix qu&rsquo;elle paye, c&rsquo;est la solitude\u00a0: de loin le plus \u00e9lev\u00e9 que tout ce qu&rsquo;elle a pay\u00e9 durant le film.<\/p>\n<p><strong>Vous vous partagez entre le th\u00e9\u00e2tre et le cin\u00e9ma. Comment les diff\u00e9rencier en tant que com\u00e9dienne\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Robert Bresson disait\u00a0: \u00ab\u00a0Le th\u00e9\u00e2tre, c&rsquo;est l&rsquo;art du faux\u00a0; le\u00a0cin\u00e9ma, c&rsquo;est l&rsquo;art du vrai.\u00a0\u00bb\u00a0Le cin\u00e9ma, c&rsquo;est une pens\u00e9e qui infuse\u00a0; on arrive et on tourne. Le th\u00e9\u00e2tre, c&rsquo;est autre chose, \u00e7a \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;instantan\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, il y a beaucoup de films, parfois trop, de quinze \u00e0 vingt par semaine dans les salles de cin\u00e9ma. Les exploitants en souffrent et\u00a0la fr\u00e9quentation du public est en baisse de 15\u00a0% depuis le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e. Que faire\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Une industrie vivante a besoin d&rsquo;une offre et d&rsquo;une diversit\u00e9.\u00a0Le cin\u00e9ma va de l&rsquo;infiniment grand \u00e0 l&rsquo;infiniment petit. \u00c7a peut aller de Paul Thomas Anderson \u00e0\u00a0Hong Sang-soo.<\/p>\n<p>\n\u00c0 D\u00e9couvrir<br \/>\n<strong class=\"discover-kangourou__line\"><br \/>\n<img decoding=\"async\" class=\"discover-kangourou__img\" src=\"https:\/\/static.lpnt.fr\/static\/img\/kangourou\/kangourou_filled.svg\"\/><br \/>\n<strong class=\"discover-kangourou__txt\"><br \/>\n<strong>Le Kangourou du jour<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/kangourou.lepoint.fr\" title=\"kangourou\" data-gtm-cta=\"kangourou_article\" class=\"discover-kangourou__lnk\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\nR\u00e9pondre<br \/>\n<\/a><br \/>\n<\/strong><br \/>\n<\/strong><br \/>\n<strong>Quel est le secret de votre \u00e9nergie et de votre long\u00e9vit\u00e9 dans le m\u00e9tier\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>\u00catre heureuse de ce qui m&rsquo;arrive.<\/p>\n<p>Toute l\u2019actualit\u00e9 \u00e0 1\u20ac le premier mois<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/abo.lepoint.fr\/?provenance=21EDI020098\" class=\"btn\" title=\"S&#039;abonner\" data-gtm=\"click:abo|display:abo\" data-campaign=\"paywall_maison\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">S&rsquo;abonner<\/a><\/p>\n<p>ou<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Son agenda est toujours plein.\u00a0\u00c0 peine rentr\u00e9e de Tokyo o\u00f9 elle pr\u00e9sentait Mary Said What She Said, monologue&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":491252,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[11,650,1011,27,60304,12,25],"class_list":{"0":"post-491251","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-france","8":"tag-actualites","9":"tag-cinema","10":"tag-fr","11":"tag-france","12":"tag-isabelle-huppert","13":"tag-news","14":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115440763004422332","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/491251","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=491251"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/491251\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/491252"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=491251"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=491251"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=491251"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}