{"id":495411,"date":"2025-10-28T12:47:16","date_gmt":"2025-10-28T12:47:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/495411\/"},"modified":"2025-10-28T12:47:16","modified_gmt":"2025-10-28T12:47:16","slug":"jusqua-quand-leconomie-russe-pourra-t-elle-financer-sa-guerre-en-ukraine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/495411\/","title":{"rendered":"Jusqu\u2019\u00e0 quand l\u2019\u00e9conomie russe pourra-t-elle financer sa guerre en Ukraine\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>La Russie fait face \u00e0 une nouvelle vague de sanctions des \u00c9tats-Unis et de l\u2019Union europ\u00e9enne, tandis que son \u00e9conomie int\u00e9rieure se rapproche de la r\u00e9cession. Mais cela ne suffit pas \u00e0 r\u00e9duire sa capacit\u00e9 \u00e0 financer la guerre en Ukraine, selon des experts.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La r\u00e9cession ne signifie quasiment rien pour la stabilit\u00e9 \u00e9conomique et politique de la Russie aujourd\u2019hui\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Vladislav Inozemtsev, cofondateur et membre du conseil consultatif du Center for Analysis and Strategies in Europe (CASE), un groupe de r\u00e9flexion ind\u00e9pendant bas\u00e9 dans l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><strong>Un aper\u00e7u de l\u2019\u00e9conomie russe<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le soutien des d\u00e9penses militaires, l\u2019\u00e9conomie russe montre des signes de glissement vers la r\u00e9cession ou la stagflation. L\u2019inflation reste \u00e9lev\u00e9e et s\u2019accompagne d\u2019un net ralentissement \u00e9conomique. L\u2019inflation a culmin\u00e9 \u00e0 10,3 % en mars et est retomb\u00e9e \u00e0 8 % en septembre, soit encore le double de l\u2019objectif de 4 % de la Banque de Russie.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cela, la banque centrale a fortement r\u00e9duit son taux directeur, derni\u00e8rement le 24 octobre, de 50 points de base \u00e0 16,5 %, quatri\u00e8me baisse cons\u00e9cutive et surprise pour des march\u00e9s qui s\u2019attendaient \u00e0 une pause. Des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s et de fortes p\u00e9nuries de main-d\u2019\u0153uvre (avec un taux de ch\u00f4mage \u00e0 2,1 %) ont frein\u00e9 la croissance. L\u2019\u00e9conomie a progress\u00e9 de 1,4 % sur un an au premier trimestre 2025, et de 1,1 % au deuxi\u00e8me, contre 4,1 % de croissance annuelle en 2023 comme en 2024.<\/p>\n<p>Le moral des entreprises s\u2019est \u00e9galement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9. Le PMI composite S&amp;P Global Russie est tomb\u00e9 \u00e0 46,6 en septembre, contre 49,1 en ao\u00fbt, marquant un quatri\u00e8me mois cons\u00e9cutif de contraction du secteur priv\u00e9 et son plus bas niveau depuis octobre 2022, avec une baisse \u00e0 la fois dans l\u2019industrie et les services.<\/p>\n<p>Selon Oxford Economics, l\u2019\u00e9conomie russe n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 en r\u00e9cession (d\u00e9finie comme deux trimestres cons\u00e9cutifs de contraction). Mais les \u00e9conomistes du cabinet de conseil ont indiqu\u00e9 \u00e0 Euronews Business qu\u2019ils s\u2019attendent \u00e0 une croissance au troisi\u00e8me trimestre aussi faible que 0,2 % d\u2019un trimestre \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous anticipons des rythmes de croissance similaires \u00e0 court terme, mais il est possible que les r\u00e9centes sanctions sur le p\u00e9trole fassent basculer l\u2019\u00e9conomie en r\u00e9cession\u00a0\u00bb, ont ajout\u00e9 les analystes. Vladislav Inozemtsev, du CASE, affirme, lui, \u00e0 Euronews : \u00ab\u00a0le moral des affaires est globalement morose&#8230; Les entrepreneurs anticipent une d\u00e9gradation des conditions g\u00e9n\u00e9rales, une stagnation \u00e9conomique, une demande des consommateurs en baisse et une hausse des imp\u00f4ts\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomiste pr\u00e9voit qu\u2019une r\u00e9cession mod\u00e9r\u00e9e touchera l\u2019\u00e9conomie russe dans les prochains mois, aboutissant \u00e0 une croissance annuelle nulle en 2025 et \u00ab\u00a0une contraction de 1 % \u00e0 1,4 % en 2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomie russe s\u2019est adapt\u00e9e \u00e0 la guerre et reste en \u00e9quilibre, selon un r\u00e9cent rapport du Center for Analysis and Strategies in Europe (CASE). Le rapport pr\u00e9voit une longue p\u00e9riode de stagnation politique et \u00e9conomique en Russie, avec peu de d\u00e9veloppement ou de prosp\u00e9rit\u00e9 au cours des dix prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Les sanctions sont-elles efficaces ?<\/strong><\/p>\n<p>En octobre 2025, \u00e0 la fois l\u2019Union europ\u00e9enne et les \u00c9tats-Unis ont impos\u00e9 des sanctions contre Moscou, s\u2019ajoutant \u00e0 une longue liste de restrictions mises en place progressivement depuis l\u2019invasion de l\u2019Ukraine par la Russie en 2022. <\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis ont directement sanctionn\u00e9 les deux plus grandes compagnies p\u00e9troli\u00e8res russes, Rosneft et Lukoil, ainsi que leurs filiales. Les pays de l\u2019UE ont adopt\u00e9 le 19e paquet de sanctions, incluant une interdiction totale du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 (GNL) russe \u00e0 partir de 2027, ainsi qu\u2019une interdiction des importations de p\u00e9trole et de gaz de Rosneft et de Gazprom Neft dans l\u2019UE.<\/p>\n<p>Le bloc a aussi adopt\u00e9 de nouvelles mesures pour emp\u00eacher la Russie de contourner les restrictions pr\u00e9c\u00e9dentes, interdire les investissements dans le pays et la priver de certains services et infrastructures financiers. \u00c0 cela s\u2019ajoute une interdiction du commerce de mat\u00e9riaux essentiels \u00e0 l\u2019effort de guerre. Ces mesures \u00ab\u00a0augmentent substantiellement la pression sur l\u2019\u00e9conomie de guerre russe\u00a0\u00bb, selon l\u2019UE.<\/p>\n<p>Aux yeux du Kremlin, ces nouvelles mesures plus strictes n\u2019auront aucun impact sur l\u2019\u00e9conomie russe et sa strat\u00e9gie de guerre en Ukraine. Les analystes estiment que la Russie est une cible particuli\u00e8rement difficile, compte tenu de ses exportations de nombreuses mati\u00e8res premi\u00e8res essentielles, dont le p\u00e9trole et le gaz, les engrais, le bl\u00e9 et les m\u00e9taux pr\u00e9cieux. Et le pays a trouv\u00e9 des moyens de contourner les sanctions et restrictions, notamment via une \u00ab\u00a0flotte fant\u00f4me\u00a0\u00bb de p\u00e9troliers et en augmentant ses exportations vers la Chine et l\u2019Inde.<\/p>\n<p>Par ailleurs, des experts s\u2019interrogent sur la capacit\u00e9 des sanctions \u00e0 stopper l\u2019effort de guerre russe, m\u00eame si elles font basculer l\u2019\u00e9conomie du pays en r\u00e9cession. Les sanctions ont sans aucun doute un impact sur les revenus \u00e9nerg\u00e9tiques de la Russie. Mais les produits \u00e9nerg\u00e9tiques, bien qu\u2019\u00a0\u00bbimportants pour le march\u00e9 int\u00e9rieur et \u00e0 la marge pour les exportations, ne constituent pas une source substantielle de recettes budg\u00e9taires pour poursuivre la guerre\u00a0\u00bb, affirme Elina Ribakova, chercheuse non r\u00e9sidente au sein du think tank bruxellois Bruegel.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es du CASE confirment que la d\u00e9pendance du budget f\u00e9d\u00e9ral au p\u00e9trole et au gaz a nettement diminu\u00e9. Leur part dans les recettes totales est pass\u00e9e de plus de 50 % en 2011\u20132014 \u00e0 seulement 25 % \u00e0 la mi\u20112025. Cette baisse refl\u00e8te la chute des prix du p\u00e9trole et de la production p\u00e9troli\u00e8re russe, ainsi que le renforcement rapide du rouble et l\u2019impact des sanctions occidentales.<\/p>\n<p>Les attaques de drones ukrainiens contre les raffineries russes n\u2019ont pas d\u2019impact majeur sur les volumes d\u2019exportation, explique Vladislav Inozemtsev, ajoutant: \u00ab\u00a0la Russie vend du p\u00e9trole brut comme des produits raffin\u00e9s. Si une raffinerie est d\u00e9truite, la part de brut augmente simplement, car il est achemin\u00e9 vers les ports sans \u00eatre trait\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les revenus de la Russie tir\u00e9s de la production d\u2019hydrocarbures continuent de diminuer en raison de la baisse des prix. Les analystes d\u2019Oxford Economics pr\u00e9cisent qu\u2019en septembre, le budget a re\u00e7u 582,5 milliards de roubles (soit 6,3 milliards d\u2019euros) issus des hydrocarbures, soit 25 % de moins que le m\u00eame mois en 2024.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ces sanctions importent peu\u00a0\u00bb, affirme Inozemtsev. \u00ab\u00a0Poutine ne finance pas sa guerre avec les dollars ou les yuans des exportations. Il paie les ouvriers et les soldats en roubles que sa banque centrale peut imprimer ou que son fisc collecte aupr\u00e8s des entreprises russes, en hausse de 13,2 % sur un an en octobre\u00a0\u00bb, poursuit l\u2019\u00e9conomiste.<\/p>\n<p>\u00c0 long terme, la baisse des achats de l\u2019Inde et de la Chine menace de r\u00e9duire des recettes cl\u00e9s, mais m\u00eame si les exportations de p\u00e9trole russe vers l\u2019Inde et la Chine diminuent d\u2019un tiers, \u00ab\u00a0l\u2019arm\u00e9e ne le ressentira pas pendant au moins un an (et tr\u00e8s probablement plus longtemps)\u00a0\u00bb, estime l\u2019\u00e9conomiste. Les experts d\u2019Oxford Economics ajoutent : \u00ab\u00a0la guerre pourrait durer des ann\u00e9es. La Russie dispose encore d\u2019argent dans son fonds souverain (5,9 % du PIB au total en septembre, dont 1,9 % du PIB en actifs liquides)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une source essentielle de financement du d\u00e9ficit budg\u00e9taire, attendu \u00e0 2,6 % du PIB, est l\u2019endettement de l\u2019\u00c9tat sur le march\u00e9 domestique. Selon le rapport du CASE, la dette publique de la Russie devrait atteindre 17,7 % du PIB d\u2019ici fin 2025, ce qui contribue \u00e0 la stabilit\u00e9 des perspectives budg\u00e9taires du pays. \u00ab\u00a0Le gouvernement pourra financer la guerre tant que le d\u00e9ficit restera ma\u00eetrisable et pourra \u00eatre couvert en partie par le fonds souverain et en partie par des emprunts sur le march\u00e9 obligataire domestique\u00a0\u00bb, selon Oxford Economics.<\/p>\n<p>Vladislav Inozemtsev ajoute que les d\u00e9p\u00f4ts priv\u00e9s dans les banques russes sont suffisants, \u00ab\u00a0d\u00e9sormais cinq fois le budget militaire total pour 2025\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Je sugg\u00e8re donc de ne pas se bercer d\u2019illusions en esp\u00e9rant qu\u2019une baisse des exportations russes r\u00e9duira bient\u00f4t la capacit\u00e9 de Poutine \u00e0 faire la guerre. Nous pourrons revenir sur cette question vers fin 2027, mais pas avant\u00a0\u00bb, conclut-il.<\/p>\n<p>Reste \u00e0 savoir si les exportations baisseront r\u00e9ellement. \u00ab\u00a0Il est probable que la Russie continue d\u2019exporter du p\u00e9trole, mais avec une d\u00e9cote plus importante et via davantage d\u2019interm\u00e9diaires pour masquer l\u2019origine du p\u00e9trole\u00a0\u00bb, estime Elina Ribakova. \u00ab\u00a0Dans le cas de la Chine, il est presque impossible de suivre les transactions entre la Russie et la Chine\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La Russie fait face \u00e0 une nouvelle vague de sanctions des \u00c9tats-Unis et de l\u2019Union europ\u00e9enne, tandis que&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":495412,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[11,9278,1887,53445,2025,12,18016,1885,1886,132],"class_list":{"0":"post-495411","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-russie","8":"tag-actualites","9":"tag-economie-russe","10":"tag-federation-de-russie","11":"tag-industrie-petroliere","12":"tag-invasion-de-la-russie-en-ukraine","13":"tag-news","14":"tag-recession","15":"tag-russia","16":"tag-russian-federation","17":"tag-russie"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115451870960749738","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/495411","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=495411"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/495411\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/495412"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=495411"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=495411"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=495411"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}