{"id":510363,"date":"2025-11-04T04:47:12","date_gmt":"2025-11-04T04:47:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/510363\/"},"modified":"2025-11-04T04:47:12","modified_gmt":"2025-11-04T04:47:12","slug":"allemagne-licenciements-collectifs-guerre-commerciale-et-guerre-que-faire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/510363\/","title":{"rendered":"Allemagne: licenciements collectifs, guerre commerciale et guerre \u2013 Que faire?"},"content":{"rendered":"<p>La crise qui frappe les industries automobiles et de les \u00e9quipementiers en Allemagne et en Europe prend des proportions catastrophiques. Pas un jour ne passe sans que soient annonc\u00e9es des nouvelles d\u00e9sastreuses. Les grands constructeurs \u2013 Volkswagen, Mercedes, Bosch, ZF, Porsche, Ford, Audi, etc. \u2013 annoncent des suppressions d&#8217;emplois toujours plus importantes, atteignant souvent des milliers, voire des dizaines de milliers. Parall\u00e8lement, des centaines de postes disparaissent chaque jour dans d&rsquo;innombrables PME.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"db relative center\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/6b0b6057-1f4c-4d1a-b68d-37d22d4baf3c\" style=\"max-height:100%\"\/>Des salari\u00e9s de Volkswagen participent \u00e0 un rassemblement lors d&rsquo;une \u2018gr\u00e8ve d&rsquo;avertissement\u2019 nationale sur le site de l&rsquo;usine principale Volkswagen \u00e0 Wolfsburg, en Allemagne, le lundi 2 d\u00e9cembre 2024.  [AP Photo\/Julian Stratenschulte]<\/p>\n<p>Une \u00e9tude du cabinet de conseil EY montre qu\u2019en l&rsquo;espace d&rsquo;un an plus de 50 000 emplois ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits dans l&rsquo;industrie automobile allemande.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p><strong>Volkswagen <\/strong>supprime 35 000 emplois dans le cadre d&rsquo;un programme de rationalisation, un emploi sur quatre en Allemagne, dont 15\u00a0000 rien qu\u2019\u00e0 Wolfsburg. De plus, les salaires sont baiss\u00e9s de jusqu\u2019\u00e0 20\u00a0pour cent.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>\u00c0 l&rsquo;usine Ford de Saarlouis, <\/strong>la fermeture est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9e. Dans quelques jours, la derni\u00e8re voiture sortira de la cha\u00eene de production. Sur les 7\u00a0000 employ\u00e9s que comptait l&rsquo;usine, il ne restera qu&rsquo;une \u00e9quipe de d\u00e9mant\u00e8lement d&rsquo;environ 1\u00a0000 personnes.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>L&rsquo;usine m\u00e8re de Ford, \u00e0 Cologne<\/strong>, qui emploie encore 11\u00a0000 personnes, est elle aussi au bord de la fermeture. Un documentaire de la cha\u00eene publique ARD a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des projets de fermeture, et la direction a annonc\u00e9 des suppressions d&#8217;emplois massives.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>Bosch <\/strong>, premier \u00e9quipementier automobile mondial, supprime 22\u00a0000 emplois. L&rsquo;an dernier d\u00e9j\u00e0, le trust avait annonc\u00e9 la suppression de 9\u00a0000 postes. En septembre, ce chiffre a \u00e9t\u00e9 revu \u00e0 la hausse, avec 13\u00a0000 suppressions suppl\u00e9mentaires. Il s&rsquo;agit du plus grand nombre de suppressions de postes jamais enregistr\u00e9 dans l\u2019histoire de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>L&rsquo;usine ZF de Friedrichshafen <\/strong>avait d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 l&rsquo;an dernier la suppression de 14\u00a0000 emplois et menac\u00e9 de c\u00e9der l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de sa division groupes motopropulseurs (20\u00a0000 employ\u00e9s). En octobre, le syndicat IG Metall a accept\u00e9 de fortes baisses de salaires.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>La liste pourrait s&rsquo;allonger presque sans fin. De nombreux mod\u00e8les de v\u00e9hicules \u00e9lectriques allemands et europ\u00e9ens ne trouvent pas preneur et restent invendus dans les entrep\u00f4ts.<\/p>\n<p>\u00c0 cela s&rsquo;ajoutent les effets de plus en plus marqu\u00e9s de la guerre commerciale et tarifaire mondiale. Bien que les droits de douane de 25 pour cent sur les v\u00e9hicules et les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es en provenance de l&rsquo;UE, annonc\u00e9s par le gouvernement Trump au printemps, aient \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9s ult\u00e9rieurement \u00e0 15 pour cent, ils restent nettement sup\u00e9rieurs au niveau pr\u00e9c\u00e9dent de 2,5 pour cent. Volkswagen, premier constructeur automobile europ\u00e9en, a enregistr\u00e9 une baisse de 37 pour cent de son r\u00e9sultat d&rsquo;exploitation au premier trimestre 2025 et attribue cette situation aux droits de douane am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>La semaine derni\u00e8re, la crise s&rsquo;est \u00e0 nouveau intensifi\u00e9e. Sous la pression des \u00c9tats-Unis, le gouvernement n\u00e9erlandais a pris le contr\u00f4le du fabricant de puces Nexperia, filiale du groupe d&rsquo;\u00e9lectronique chinois Wingtech, et a destitu\u00e9 son PDG chinois. En repr\u00e9sailles, le gouvernement chinois a impos\u00e9 un embargo sur les exportations du plus grand fournisseur mondial de semi-conducteurs simples.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences sont d\u00e9sastreuses. Nexperia fabrique la moiti\u00e9 des puces standard mondiales pr\u00e9sentes dans presque tous les appareils \u00e9lectriques et indispensables \u00e0 l&rsquo;industrie automobile pour les l\u00e8ve-vitres, les airbags, les phares LED, les commandes moteur et bien d&rsquo;autres composants.<\/p>\n<p>Volkswagen et de nombreuses autres entreprises se pr\u00e9parent \u00e0 instaurer le ch\u00f4mage partiel et des arr\u00eats de production. Il y a deux semaines, le quotidien \u00e9conomique Handelsblatt titrait: \u00abLa crise des semi-conducteurs pourrait plonger l\u2019Allemagne dans une troisi\u00e8me ann\u00e9e de r\u00e9cession.\u00bb L\u2019article pr\u00e9cisait: \u00abLe gouvernement f\u00e9d\u00e9ral pr\u00e9voit une croissance minime de seulement 0,2\u00a0pour cent pour l\u2019ann\u00e9e en cours. Ce chiffre pourrait \u00eatre an\u00e9anti si la production automobile reste paralys\u00e9e plus longtemps en raison d\u2019une p\u00e9nurie de semi-conducteurs.\u00bb<\/p>\n<p>Le syndicat de la m\u00e9tallurgie IG Metall, qui compte plus de 2 millions de membres et se targue d&rsquo;\u00eatre le plus grand syndicat du monde, ne fait rien pour d\u00e9fendre l&#8217;emploi. Au contraire, ses repr\u00e9sentants si\u00e8gent aux conseils de surveillance des entreprises et sont inform\u00e9s tr\u00e8s t\u00f4t de tous les projets de licenciements. Sur les points essentiels, ils partagent l&rsquo;analyse de la situation \u00e9conomique donn\u00e9e par le patronat et les managers et participent \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration des plans de rationalisation, de licenciement et de fermeture.<\/p>\n<p>Dans la guerre commerciale, les responsables syndicaux se rangent sans r\u00e9serve du c\u00f4t\u00e9 des trusts allemands, intensifient leur collaboration avec le gouvernement et r\u00e9clament une \u00abpolitique industrielle nationale\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire une d\u00e9fense plus forte et plus agressive des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques allemands dans le monde. \u00c0 la guerre \u00e9conomique du gouvernement Trump et au slogan \u00abL&rsquo;Am\u00e9rique d&rsquo;abord!\u00bb, ils r\u00e9pondent par \u00abDeutschland \u00fcber alles!\u00bb [l\u2019Allemagne avant tout].<\/p>\n<p>La direction d&rsquo;IG Metall soutient la politique de r\u00e9armement militaire et de guerre du gouvernement et milite pour la reconversion de la production vers l&rsquo;armement. \u00c0 l&rsquo;instar des dirigeants de trusts et du gouvernement, elle consid\u00e8re les coupes sociales et les baisse de salaires comme indispensables \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9 et \u00e0 la pr\u00e9paration de la guerre.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi le syndicat d\u00e9ploie son appareil syndical, compos\u00e9 de plusieurs milliers de repr\u00e9sentants et de membres des comit\u00e9s d\u2019entreprise, comme un v\u00e9ritable gendarme d\u2019usine pour imposer les suppressions d\u2019emplois, les baisses de salaires et les reculs sociaux. Pour y parvenir, il organise parfois des manifestations inoffensives qui ne servent qu\u2019\u00e0 rel\u00e2cher la pression, puis recourt aux menaces et \u00e0 l\u2019intimidation contre quiconque s\u2019engage dans une lutte s\u00e9rieuse pour d\u00e9fendre l\u2019emploi, les salaires et les acquis sociaux.<\/p>\n<p>De nombreux travailleurs se demandent comment il faut r\u00e9agir \u00e0 cette situation et cherchent un moyen de se lib\u00e9rer du carcan de l&rsquo;appareil syndical.<\/p>\n<p>Le Sozialistische Gleichheitspartei (SGP, Parti de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 socialiste) propose la strat\u00e9gie suivante\u00a0:<\/p>\n<p><strong>1. Il faut mettre en place de nouvelles structures organisationnelles<\/strong><\/p>\n<p>Il est n\u00e9cessaire de cr\u00e9er une nouvelle structure organisationnelle qui permette de mobiliser l&rsquo;immense pouvoir \u00e9conomique et politique de la classe ouvri\u00e8re et qui donne aux travailleurs et travailleuses confiance en leurs propres forces. Ce sont les millions de salari\u00e9s travaillant dans la production et dans les bureaux qui cr\u00e9ent la richesse sociale. C\u2019est la classe ouvri\u00e8re qui est la force productive et cr\u00e9atrice de valeur dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le SGP a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 encourager et \u00e0 soutenir la cr\u00e9ation de comit\u00e9s d&rsquo;action de la base. Ces comit\u00e9s f\u00e9d\u00e8rent les travailleurs qui refusent de se soumettre aux diktats des responsables syndicaux et qui veulent lutter s\u00e9rieusement. Quand les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s syndicaux de Ford Saarlouis et Ford Almussafes (pr\u00e8s de Valence en Espagne) ont approuv\u00e9 une honteuse surench\u00e8re et ont dress\u00e9 les uns contre les autres les travailleurs allemands et espagnols de Ford, certains d&rsquo;entre eux ont form\u00e9 le Comit\u00e9 d&rsquo;action Ford et organis\u00e9 la r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit maintenant de d\u00e9velopper des comit\u00e9s d&rsquo;action dans tous les lieux de travail et d&rsquo;en faire le point de d\u00e9part d&rsquo;un nouveau mouvement de travailleurs qui place leurs int\u00e9r\u00eats vitaux et ceux de leurs familles au-dessus des int\u00e9r\u00eats et des profits des trusts, des actionnaires et des sp\u00e9culateurs.<\/p>\n<p><strong>2. Il faut lier la lutte contre les suppressions d&#8217;emplois \u00e0 la lutte contre la guerre<\/strong><\/p>\n<p>Pour \u00eatre efficace, la r\u00e9sistance exige une analyse correcte de la situation. Les probl\u00e8mes imm\u00e9diats sur les lieux de travail sont directement li\u00e9s au r\u00e9armement et \u00e0 la guerre. Il est donc n\u00e9cessaire d&rsquo;associer la lutte contre les licenciements collectifs, les baisses de salaires et la casse sociale \u00e0 la lutte contre le r\u00e9armement militaire, la guerre et le g\u00e9nocide. Le soutien apport\u00e9 par le gouvernement allemand au g\u00e9nocide abominable perp\u00e9tr\u00e9 \u00e0 Gaza et les dizaines de milliards d&rsquo;euros qu&rsquo;il consacre au financement de la guerre et des massacres en Ukraine r\u00e9v\u00e8lent ce qu\u2019il a l\u2019intention de faire ici aussi.<\/p>\n<p>La crise de l&rsquo;industrie automobile n&rsquo;est pas un simple ralentissement conjoncturel passager qui se r\u00e9sorbera dans un avenir proche et fera place \u00e0 une situation stable. Il ne s&rsquo;agit pas non plus d&rsquo;une crise structurelle ou de \u00abtransformation\u00bb caus\u00e9e par le passage \u00e0 la voiture \u00e9lectrique, qui sera surmont\u00e9e une fois cette nouvelle technologie \u00e9prouv\u00e9e. Cette crise est bien plut\u00f4t l&rsquo;expression brutale de la crise historique du syst\u00e8me capitaliste \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. L&rsquo;int\u00e9gration internationale pouss\u00e9e et la mondialisation de la production font qu&rsquo;il n&rsquo;existe plus de voiture \u00abnationale\u00bb \u2013 ni aucun autre produit purement national \u2013 dans aucun pays. La mondialisation a consid\u00e9rablement accentu\u00e9 la contradiction entre la production internationale et le syst\u00e8me obsol\u00e8te des \u00c9tats-nations sur lequel repose le capitalisme.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, tous les pays se disputent les mati\u00e8res premi\u00e8res, les sources d&rsquo;\u00e9nergie et les march\u00e9s; la guerre commerciale internationale est en train de devenir le pr\u00e9lude \u00e0 une guerre mondiale. Au si\u00e8cle dernier, cette crise historique du capitalisme a d\u00e9j\u00e0 engendr\u00e9 des dictatures fascistes et deux guerres mondiales.<\/p>\n<p>Il devint alors \u00e9vident qu&rsquo;une seule force sociale \u00e9tait capable d&rsquo;enrayer la d\u00e9rive vers la guerre: la classe ouvri\u00e8re internationale. La Premi\u00e8re Guerre mondiale prit fin avec la prise de pouvoir par la classe ouvri\u00e8re en Russie et l&rsquo;instauration du premier \u00c9tat ouvrier. La Seconde Guerre mondiale s&rsquo;acheva par la d\u00e9faite de l&rsquo;Allemagne nazie, l&rsquo;Union sovi\u00e9tique supportant le plus lourd fardeau de la lutte contre la machine de guerre allemande et perdant 27 millions de travailleurs et de soldats.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui encore, la lutte contre la guerre se retrouve au c\u0153ur de la lutte des classes. La guerre m\u00e8ne \u00e0 la dictature et \u00e0 la conscription, et rend caduques toutes les conventions collectives sur les salaires et les droits des travailleurs. Le gouvernement allemand met en \u0153uvre le plus important programme de r\u00e9armement depuis Hitler et le finance par des coupes budg\u00e9taires massives dans les services sociaux, touchant les ch\u00f4meurs, les retrait\u00e9s, l&rsquo;\u00e9ducation et le syst\u00e8me de sant\u00e9. Il b\u00e9n\u00e9ficie en cela du soutien de tous les partis du Bundestag (Parlement).<\/p>\n<p>Les comit\u00e9s d\u2019action doivent \u00e9laborer des plans et discuter de la fa\u00e7on dont la lutte contre les licenciements massifs sera li\u00e9e et coordonn\u00e9e avec la mobilisation contre la guerre et le r\u00e9armement.<\/p>\n<p><strong>3. Il faut faire de l&rsquo;internationalisme la strat\u00e9gie centrale<\/strong><\/p>\n<p>La guerre commerciale et la guerre tout court vont de pair avec le nationalisme et le chauvinisme hyst\u00e9riques. En r\u00e9clamant une politique industrielle nationale et de \u00abgarantie des sites de production [nationaux]\u00bb, les bureaucrates syndicaux r\u00e9pandent le poison du nationalisme. Ils divisent la classe ouvri\u00e8re et dressent les travailleurs d&rsquo;un pays contre ceux d&rsquo;autres pays, voire d&rsquo;autres r\u00e9gions.<\/p>\n<p>Les comit\u00e9s d&rsquo;action opposent \u00e0 cette politique r\u00e9actionnaire du diviser pour r\u00e9gner une strat\u00e9gie d&rsquo;unit\u00e9 et de coop\u00e9ration \u00e9troite de la classe ouvri\u00e8re mondiale. Les travailleurs n&rsquo;ont pas de patrie, ni dans la guerre, ni dans la guerre commerciale. Partout dans le monde, ils sont confront\u00e9s aux m\u00eames probl\u00e8mes ou \u00e0 des probl\u00e8mes tr\u00e8s similaires, et font face aux m\u00eames trusts mondiaux et aux m\u00eames gouvernements qui intensifient l&rsquo;exploitation et r\u00e9priment brutalement toute r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Les manifestations de masse qui ont r\u00e9cemment eu lieu aux \u00c9tats-Unis contre les mesures dictatoriales et les attaques sociales du gouvernement Trump, et qui ont rassembl\u00e9 des millions de personnes, annoncent un mouvement de r\u00e9volte des travailleurs am\u00e9ricains. La radicalisation de ces travailleurs rev\u00eat une importance historique et mondiale.<\/p>\n<p>La dissolution de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique il y a trente-cinq ans s&rsquo;est accompagn\u00e9e d&rsquo;une intense campagne de propagande pr\u00e9sentant les \u00c9tats-Unis comme le berceau de la libert\u00e9 et de la d\u00e9mocratie. Aujourd&rsquo;hui, par ses attaques fascistes contre les droits d\u00e9mocratiques fondamentaux et les institutions sociales, le gouvernement Trump r\u00e9v\u00e8le le vrai visage de l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain. Alors que les gouvernements du monde entier sont fascin\u00e9s par la brutalit\u00e9 et l\u2019implacabilit\u00e9 du gouvernement Trump et adoptent ses m\u00e9thodes, l&rsquo;opposition croissante des travailleurs am\u00e9ricains \u00e0 Trump devient un alli\u00e9 pr\u00e9cieux de la classe ouvri\u00e8re europ\u00e9enne et internationale.<\/p>\n<p>Des comit\u00e9s d&rsquo;action existent d\u00e9j\u00e0 dans plusieurs usines automobiles am\u00e9ricaines. L&rsquo;Alliance ouvri\u00e8re internationale des comit\u00e9s de la base (acronyme anglais IWA-RFC) prend une importance croissante et devient un centre n\u00e9vralgique pour la construction d&rsquo;un nouveau mouvement ouvrier.<\/p>\n<p>La r\u00e9sistance s&rsquo;intensifie \u00e9galement en Europe. En France, des millions de personnes ont particip\u00e9 \u00e0 des manifestations et des gr\u00e8ves contre l\u2019attaque des retraites et la casse sociale du r\u00e9gime honni de Macron. En Italie, deux millions de personnes ont manifest\u00e9 contre la politique fasciste de Meloni et son soutien au g\u00e9nocide de Gaza. Dans plusieurs pays, des dockers ont bloqu\u00e9 des livraisons d&rsquo;armes \u00e0 Isra\u00ebl. Alors que l&rsquo;Union europ\u00e9enne passe de plus en plus clairement d\u2019une association \u00e9conomique \u00e0 une alliance militaire et de guerre, la mobilisation et la coop\u00e9ration des travailleurs europ\u00e9ens ouvrent la voie \u00e0 la construction des \u00c9tats socialistes unis d&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>La lutte pour l&rsquo;internationalisme implique \u00e9galement la d\u00e9fense de principe des migrants et des demandeurs d&rsquo;asile. Il faut combattre par tous les moyens la politique d&rsquo;expulsion criminelle et inhumaine du gouvernement allemand et le soutien apport\u00e9e \u00e0 celle-ci par l&rsquo;appareil syndical.<\/p>\n<p><strong>4. Il faut construire des comit\u00e9s d&rsquo;action en tant qu&rsquo;organes ind\u00e9pendants de lutte et d&rsquo;\u00e9ducation socialiste<\/strong><\/p>\n<p>Les comit\u00e9s d&rsquo;action s&rsquo;adressent \u00e0 tous les travailleurs qui veulent lutter contre les licenciements de masse, la casse sociale et la guerre, et briser l&#8217;emprise de l&rsquo;appareil syndical. En m\u00eame temps, ils constituent une plateforme de diffusion et de d\u00e9bat des perspectives socialistes et \u0153uvrent \u00e0 la construction des Partis de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 socialiste, nouveaux partis r\u00e9volutionnaires ouvriers, en Allemagne et dans le monde.<\/p>\n<p>Nombreux sont les travailleurs qui d\u00e9plorent qu&rsquo;aucun parti au Bundestag ne d\u00e9fende leurs int\u00e9r\u00eats, et c&rsquo;est vrai. Le Parti social-d\u00e9mocrate (SPD), actuellement au gouvernement avec Merz et les chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates, a chang\u00e9 de camp depuis longtemps et est devenu le principal parti belliciste de l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand. Tandis que le ministre de la D\u00e9fense SPD, Pistorius, sillonne le pays en pr\u00eachant la n\u00e9cessit\u00e9 de devenir \u00abbons \u00e0 la guerre\u00a0\u00bb, le dirigeant du SPD et ministre des Finances, Klingbeil, fait adopter un budget d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 qui sabre dans tous les secteurs sociaux et triple les d\u00e9penses militaires.<\/p>\n<p>Die Linke (Parti de gauche) n&rsquo;est pas une alternative. Lorsque son pr\u00e9d\u00e9cesseur stalinien r\u00e9gnait sur l&rsquo;ex-Allemagne de l&rsquo;Est, il qualifiait son r\u00e9gime de \u00absocialisme r\u00e9el et existant\u00bb; il pr\u00e9tend aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il est possible d&rsquo;humaniser et de rendre le capitalisme plus \u00absocial\u00bb, tout en soutenant le gouvernement Merz. Son affirmation que le parti d&rsquo;extr\u00eame droite AfD (Alternative pour l&rsquo;Allemagne) peut \u00eatre combattu par une coop\u00e9ration avec le gouvernement actuel est totalement banquerouti\u00e8re. C&rsquo;est tout le contraire qui est le cas. Le gouvernement Merz collabore de plus en plus plus \u00e9troitement avec l&rsquo;AfD, et sa politique de guerre ouvre la voie \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite.<\/p>\n<p>Le gouvernement a forg\u00e9 l&rsquo;expression \u00ab\u00e8re nouvelle\u00bb, entendant par l\u00e0 la transition vers la pr\u00e9paration \u00e0 la guerre, les attaques sociales, la dictature et le fascisme.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de comit\u00e9s d&rsquo;action marque un tournant dans les luttes de la classe ouvri\u00e8re. De m\u00eame que la classe dirigeante se tourne \u00e0 nouveau vers les traditions r\u00e9actionnaires de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, de la guerre et du fascisme, de m\u00eame la classe ouvri\u00e8re doit puiser dans ses traditions r\u00e9volutionnaires et socialistes. Les travailleurs de l&rsquo;automobile et de tous les autres secteurs doivent aborder et pr\u00e9parer dans cette perspective chaque action de d\u00e9fense de leurs emplois, de leurs salaires et de leurs conditions de vie.<\/p>\n<p>Si vous partagez cette perspective, nous vous invitons \u00e0 nous contacter afin de mettre un terme \u00e0 ces attaques incessantes. Veuillez remplir le formulaire ou envoyer un message WhatsApp au +49 163 3378340.<\/p>\n<p>(Article paru en anglais le 3 novembre 2025)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La crise qui frappe les industries automobiles et de les \u00e9quipementiers en Allemagne et en Europe prend des&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":510364,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,672,1804,63183,63181,1805,1803,1777,674,1801,63182,12,1802],"class_list":{"0":"post-510363","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-allemagne","10":"tag-bundesrepublik-deutschland","11":"tag-comites-daction","12":"tag-crise-industrie-automobile","13":"tag-de","14":"tag-deutschland","15":"tag-eu","16":"tag-europe","17":"tag-germany","18":"tag-licenciements-collectifs","19":"tag-news","20":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115489620179971107","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/510363","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=510363"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/510363\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/510364"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=510363"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=510363"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=510363"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}