{"id":522077,"date":"2025-11-09T05:29:21","date_gmt":"2025-11-09T05:29:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/522077\/"},"modified":"2025-11-09T05:29:21","modified_gmt":"2025-11-09T05:29:21","slug":"quelque-chose-a-ete-detruit-ici-a-paris-le-quartier-du-bataclan-a-jamais-marque-par-les-cicatrices-du-13-novembre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/522077\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Quelque chose a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit ici\u00a0\u00bb: \u00e0 Paris, le quartier du Bataclan \u00e0 jamais marqu\u00e9 par les cicatrices du 13-Novembre"},"content":{"rendered":"<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Si on m\u2019avait demand\u00e9 de partir cette nuit-l\u00e0, je n\u2019aurais pas h\u00e9sit\u00e9 une seule seconde\u00a0\u00bb, se souvient Anita*, une habitante du 11e arrondissement de Paris. Cette sexag\u00e9naire d&rsquo;origine portugaise, install\u00e9e avec son mari en France depuis pr\u00e8s de 32 ans, habite le seul immeuble faisant directement face \u00e0 la salle de spectacle du <a href=\"https:\/\/www.bfmtv.com\/paris\/paris-la-soeur-d-un-terroriste-du-bataclan-condamnee-pour-avoir-aide-deux-mineures-a-partir-en-syrie_AD-202212020723.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" data-ylk=\"slk:Bataclan;elm:context_link;itc:0;sec:content-canvas\" class=\"link \">Bataclan<\/a>. Une localisation offrant une vue imm\u00e9diate sur ce lieu o\u00f9 s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e l&rsquo;une des attaques du <a href=\"https:\/\/fr.news.yahoo.com\/proc%C3%A8s-attentats-13-novembre-d%C3%A9tail-044634851.html\" data-ylk=\"slk:13 novembre 2015;elm:context_link;itc:0;sec:content-canvas;outcm:mb_qualified_link;_E:mb_qualified_link;ct:story;\" class=\"link  yahoo-link\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">13 novembre 2015<\/a>.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Mes deux plus jeunes filles, qui \u00e9taient \u00e0 la maison ce soir-l\u00e0, avaient 12 et 17 ans. Comme nous \u00e9tions absents mon mari et moi, c\u2019est la voisine du 1er \u00e9tage qui s\u2019est occup\u00e9e d\u2019elles toute la nuit. La plus grande a \u00e9t\u00e9 traumatis\u00e9e par ce qu\u2019elle a vu et entendu\u00a0\u00bb, confie Anita. \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s dur de savoir que c&rsquo;\u00e9tait notre quartier, notre quotidien qui \u00e9tait vis\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Comme pour beaucoup de Parisiens, les <a href=\"https:\/\/fr.news.yahoo.com\/menace-terroriste-reste-vive-france-085451706.html\" data-ylk=\"slk:attentats de 2015;elm:context_link;itc:0;sec:content-canvas;outcm:mb_qualified_link;_E:mb_qualified_link;ct:story;\" class=\"link  yahoo-link\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">attentats de 2015<\/a> ont marqu\u00e9 la vie d&rsquo;Anita et de sa famille. Si 10 ans apr\u00e8s le calme est revenu dans les rues du 11e arrondissement, les stigmates, quant \u00e0 eux, demeurent. Et plus encore, ce qui choque aujourd&rsquo;hui cette gardienne d&rsquo;immeuble, c&rsquo;est la \u00ab\u00a0m\u00e9tamorphose\u00a0\u00bb silencieuse de son quartier au fil des ann\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Certains diront que rien n&rsquo;a chang\u00e9, que c&rsquo;est &lsquo;m\u00eame pas mal&rsquo;. Ils savent pourtant bien que ce n&rsquo;est pas vrai, que les hommages ayant lieu tous les ans ont un sens, que les images restent fig\u00e9es m\u00eame si on repeint les murs, que quelque chose a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit ici\u00a0\u00bb, soupire Anita.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est plus pareil ici\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Ils ont essay\u00e9 de rena\u00eetre de leurs cendres en changeant le nom de leurs enseignes. Plusieurs commerces du boulevard Voltaire, situ\u00e9s entre la station de m\u00e9tro Oberkampf et le boulevard Richard-Lenoir, ont en effet chang\u00e9 d&rsquo;apparence apr\u00e8s les attentats. Des changements de propri\u00e9taire parfois tr\u00e8s \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb et comme il en existe ailleurs dans Paris. Et d&rsquo;autres, davantage li\u00e9s aux \u00e9v\u00e9nements de 2015.<\/p>\n<p><img alt=\"\" loading=\"lazy\" width=\"738\" height=\"554\" decoding=\"async\" data-nimg=\"1\" class=\"rounded-lg\" style=\"color:transparent\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1426c81775258d40d1ac5b27cc116ac9.jpeg\"\/><img alt=\"\" loading=\"lazy\" width=\"738\" height=\"573\" decoding=\"async\" data-nimg=\"1\" class=\"rounded-lg\" style=\"color:transparent\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/4745dd4b2da2bdeeb356f980614bcd03.jpeg\"\/><\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Un temps ferm\u00e9, le \u00ab\u00a0Ba-ta-clan Caf\u00e9\u00a0\u00bb, partageant son histoire et sa fa\u00e7ade avec la salle de spectacle, a connu depuis 2015 plusieurs transformations. Devenu \u00ab\u00a0Grand Ba-ta-clan Caf\u00e9\u00a0\u00bb lors de sa r\u00e9ouverture en 2018 et renouant ainsi avec ses origines datant de 1864, il porte d\u00e9sormais le nom de \u00ab\u00a0Diletto\u00a0\u00bb. Une rupture totale avec le pass\u00e9 qui n&rsquo;aurait \u00ab\u00a0pas de lien avec les attaques\u00a0\u00bb, selon l&rsquo;un de ses gar\u00e7ons de caf\u00e9. \u00ab\u00a0On dit malgr\u00e9 tout que ce n&rsquo;est plus pareil ici depuis. Que les gens n&rsquo;ont plus trop envie\u00a0\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Je me souviens des grands soirs de concerts, sur la terrasse, c&rsquo;\u00e9tait quelque chose! Jusque tr\u00e8s tard dans la nuit, tous les f\u00eatards se donnaient rendez-vous l\u00e0 et prenaient un verre ou deux. Il y avait du monde dans la rue\u00a0\u00bb, se rem\u00e9more Anita. Et puis tout semble avoir chang\u00e9 avec les attentats qui ont vis\u00e9, comme dans l&rsquo;arrondissement voisin, la terrasse de cet embl\u00e9matique lieu de f\u00eate.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00c0 deux pas de l\u00e0, au 38 bis boulevard Voltaire, se trouve le bar-restaurant \u00ab\u00a0Julo\u00a0\u00bb. En 2015, il s&rsquo;appelait alors \u00ab\u00a0Le Barom\u00e8tre\u00a0\u00bb et \u00e9tait devenu tristement c\u00e9l\u00e8bre pour avoir abrit\u00e9 \u00e0 la fois des bless\u00e9s et des policiers le soir du 13 novembre. La Brigade de recherche et d&rsquo;intervention (BRI) s&rsquo;y \u00e9tait, en effet, retranch\u00e9e pr\u00e8s d&rsquo;une heure avant de donner l&rsquo;assaut final du Bataclan. \u00ab\u00a0Je connaissais bien ses propri\u00e9taires, ils sont partis parce qu&rsquo;ils avaient v\u00e9cu trop de choses. C&rsquo;\u00e9tait devenu difficile pour tout le monde\u00a0\u00bb, poursuit la gardienne d&rsquo;immeuble.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Jamais de la vie nous ne partirons du 11e\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Fran\u00e7ois* et Mich\u00e8le* habitent \u00e0 moins de 50 m\u00e8tres du Bataclan depuis 1981. Le 13 novembre 2015, la cour int\u00e9rieure de leur immeuble, partag\u00e9e avec celle de l&rsquo;\u00e9tablissement, est alors devenue un h\u00f4pital de fortune pour les victimes bless\u00e9es ayant fui pr\u00e9cipitamment la salle de concert. \u00ab\u00a0Quand on y pense, \u00e7a fait mal\u00a0\u00bb, confie Mich\u00e8le pour qui la mort n&rsquo;a pourtant jamais eu raison de la vie.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0C&rsquo;est chez nous ici. On a connu le boulevard Voltaire avant, on le conna\u00eetra apr\u00e8s. C&rsquo;est comme \u00e7a et \u00e7a n&rsquo;enl\u00e8ve rien \u00e0 ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9, mais jamais de la vie nous ne partirons du 11e\u00a0\u00bb, mart\u00e8le la septuag\u00e9naire au pied de son immeuble. \u00ab\u00a0On fait de notre mieux pour am\u00e9nager la cour, pour la d\u00e9corer\u00a0\u00bb, change-t-elle de sujet, pointant du doigt une jardini\u00e8re de capucines. Pour elle comme pour son mari, il faut maintenant \u00ab\u00a0aller de l&rsquo;avant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img alt=\"\" loading=\"lazy\" width=\"738\" height=\"554\" decoding=\"async\" data-nimg=\"1\" class=\"rounded-lg\" style=\"color:transparent\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/7e6997b115e7cb460b40a2e562020be0.jpeg\"\/><\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0\u00c7a nous a emb\u00eat\u00e9s au quotidien, au d\u00e9but. On en a discut\u00e9, entre nous, dans la famille. \u00c7a nous a aid\u00e9 \u00e0 d\u00e9compresser et on a refus\u00e9 d\u2019en faire un poids. \u00c7a ne nous emp\u00eache pas de dormir, assure quant \u00e0 lui Fran\u00e7ois. Je vais toujours chercher ma baguette le matin, la vie continue. Je resterai chez moi, attentat ou pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">Un avis que Fran\u00e7ois et Mich\u00e8le partagent avec la gardienne Anita. Malgr\u00e9 tout, 10 ans apr\u00e8s, en face du Bataclan, certaines blessures invisibles \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu n&rsquo;ont pas encore cicatris\u00e9. \u00ab\u00a0Deux de mes filles ont eu besoin d&rsquo;aller assister \u00e0 un concert au moment de sa r\u00e9ouverture. Elles ne l&rsquo;ont pas bien v\u00e9cu du tout, l&rsquo;une d&rsquo;entre elles refuse de revenir dans le quartier depuis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img alt=\"\" loading=\"lazy\" width=\"738\" height=\"491\" decoding=\"async\" data-nimg=\"1\" class=\"rounded-lg\" style=\"color:transparent\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/0bc771a4c204743097ebf0647579bfdf.jpeg\"\/><\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">La jeune femme, victime d&rsquo;un choc post-traumatique, a d\u00e9cid\u00e9 de quitter Paris pour fonder sa famille et n&rsquo;a plus jamais remis les pieds boulevard Voltaire.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">\u00ab\u00a0Je comprends totalement, souffle Anita. Parfois, j\u2019ai encore l\u2019impression de sentir l\u2019odeur des bougies qui \u00e9taient amass\u00e9es sous nos fen\u00eatres pendant des semaines. Pour moi, c\u2019est l\u2019odeur du cimeti\u00e8re. L\u2019odeur de notre quartier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\">*Le pr\u00e9nom a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9.<\/p>\n<p class=\"mb-4 text-lg md:leading-8 break-words\"><a href=\"https:\/\/www.bfmtv.com\/societe\/quelque-chose-a-ete-detruit-ici-a-paris-le-quartier-du-bataclan-a-jamais-marque-par-les-cicatrices-du-13-novembre_AN-202511090074.html#xtor=AL-68\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" data-ylk=\"slk:Article original publi\u00e9 sur BFMTV.com;elm:context_link;itc:0;sec:content-canvas\" class=\"link \">Article original publi\u00e9 sur BFMTV.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Si on m\u2019avait demand\u00e9 de partir cette nuit-l\u00e0, je n\u2019aurais pas h\u00e9sit\u00e9 une seule seconde\u00a0\u00bb, se souvient Anita*,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":522078,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[9073,64188,64282,1111,1928,11,1927,1777,674,1011,27,20084,12,1926,626,1925,25],"class_list":{"0":"post-522077","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-11e-arrondissement-de-paris","9":"tag-13-novembre","10":"tag-13-novembre-2015","11":"tag-actu","12":"tag-actu-paris","13":"tag-actualites","14":"tag-actualites-paris","15":"tag-eu","16":"tag-europe","17":"tag-fr","18":"tag-france","19":"tag-les-images","20":"tag-news","21":"tag-news-paris","22":"tag-paris","23":"tag-paris-news","24":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115518096501043142","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/522077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=522077"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/522077\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/522078"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=522077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=522077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=522077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}