{"id":522947,"date":"2025-11-09T14:58:22","date_gmt":"2025-11-09T14:58:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/522947\/"},"modified":"2025-11-09T14:58:22","modified_gmt":"2025-11-09T14:58:22","slug":"plongee-dans-lusine-dalgorithmes-de-safran-pres-de-rennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/522947\/","title":{"rendered":"plong\u00e9e dans l\u2019usine d\u2019algorithmes de Safran, pr\u00e8s de Rennes"},"content":{"rendered":"<p>&#13;<br \/>\n\tMais chez <a title=\"Safran : Actualit\u00e9s du groupe mondial en a\u00e9rospacial, d\u00e9fense et s\u00e9curit\u00e9\" href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/safran\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"\" class=\"lien-contextuel\">Safran<\/a>.AI, l\u2019annotation humaine est cl\u00e9. \u00ab C\u2019est l\u2019humain qui apprend \u00e0 la machine, c\u2019est la seule fa\u00e7on d\u2019atteindre ensuite une pr\u00e9cision proche de 100 % \u00bb, glisse Vincent Cornillet, le directeur du Centre d\u2019entra\u00eenement et de d\u00e9veloppement de l\u2019intelligence artificielle (Cedia). Une approche artisanale rendue n\u00e9cessaire vu la cible vis\u00e9e par cette nouvelle entit\u00e9 du groupe : l\u2019analyse d\u2019images \u00e0 des fins militaires.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tC\u2019est \u00e0 Pac\u00e9, au nord-ouest de Rennes (Ille-et-Vilaine), que se niche cette singuli\u00e8re activit\u00e9 de Safran. Le Cedia constitue le c\u0153ur du r\u00e9acteur de Safran.AI en mati\u00e8re d\u2019applications de d\u00e9fense. Issu de l\u2019acquisition en 2024 de la start-up Preligens pour 220 millions d\u2019euros, Safran.AI est d\u00e9sormais le fer de lance du groupe a\u00e9ronautique en mati\u00e8re d\u2019utilisation de l\u2019intelligence artificielle. Le site breton, ultra-s\u00e9curis\u00e9, est habilit\u00e9 \u00e0 recevoir et manipuler des donn\u00e9es ultrasensibles. Une trentaine d\u2019experts \u2013 sur les 250 que compte Safran.AI \u2013 s\u2019\u00e9chine \u00e0 cr\u00e9er de l\u2019intelligence \u00e0 partir d\u2019images de plus ou moins bonne qualit\u00e9. Ils ont mis au point une v\u00e9ritable cha\u00eene de production, dont l\u2019annotation n\u2019est que la premi\u00e8re \u00e9tape.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\t\u00ab L\u2019IA est une vraie industrie, mais si l\u2019on veut embarquer les produits d\u2019IA dans des applications critiques, il faut d\u00e9velopper des proc\u00e9d\u00e9s et des comp\u00e9tences propres qui sont encore tr\u00e8s rares, assure Vincent Cornillet. Tout l\u2019enjeu est de r\u00e9duire les incertitudes, puis d\u2019articuler l\u2019intelligence humaine avec celle de la machine pour que la combinaison soit adapt\u00e9e \u00e0 des applications critiques. \u00bb Et la recette semble fonctionner : l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise utilise la solution de Safran.AI depuis quelques ann\u00e9es pour avoir une connaissance fine d\u2019un th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9rations et l\u2019entit\u00e9 compte une dizaine de grands clients institutionnels, dont les noms ne peuvent \u00eatre d\u00e9voil\u00e9s pour des raisons de confidentialit\u00e9. De quoi d\u00e9j\u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de nombreux retours d\u2019exp\u00e9rience, pour affiner sa solution de d\u00e9tection.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tEn outre, depuis l\u2019an dernier, le Cedia est en capacit\u00e9 de recevoir des donn\u00e9es souveraines, alors que le centre ne manipulait auparavant que des images issues de satellites commerciaux. Ce qui, l\u00e0 encore, fait monter en gamme son produit, l\u2019imagerie militaire offrant un niveau de r\u00e9solution bien sup\u00e9rieur. Au Cedia, ils sont 12 annotateurs \u00e0 d\u00e9cortiquer les clich\u00e9s les plus critiques issus de satellites et de drones. La connaissance compl\u00e8te du guide d\u2019annotation n\u00e9cessite quelque 500 heures de formation. Pour les donn\u00e9es moins sensibles, une \u00e9quipe d\u2019une centaine de personnes est mise \u00e0 contribution, via une entreprise de gestion de donn\u00e9es situ\u00e9e \u00e0 Madagascar. D\u2019o\u00f9 provient la mati\u00e8re premi\u00e8re ? Les donn\u00e9es sont issues notamment de l\u2019europ\u00e9en <a title=\"Actualit\u00e9s et news \u00e9conomiques sur le constructeur a\u00e9ronautique europ\u00e9en \" href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/airbus\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"\" class=\"lien-contextuel\">Airbus<\/a> et de l\u2019am\u00e9ricain Maxar Technologies pour l\u2019imagerie satellitaire classique, ou bien, plus r\u00e9cemment, de la start-up finlandaise Iceye, qui fournit des images radars.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tDes solutions cibl\u00e9es pour chaque client<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tEn quelques ann\u00e9es, des dizaines de millions d\u2019objets ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 annot\u00e9es par les experts du Cedia. \u00c0 l\u2019instar d\u2019une production industrielle, des contr\u00f4les qualit\u00e9 permettent de v\u00e9rifier la pertinence des annotations. Une fois ce scrupuleux travail manuel d\u2019annotation des \u00ab observables \u00bb effectu\u00e9, les images analys\u00e9es sont transmises \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de datascientists. \u00ab Nous avons mis en place unecha\u00eene de production d\u2019algorithmes d\u2019intelligence artificielle, d\u00e9taille Beno\u00eet, responsable R&amp;D au Cedia, dont le nom est tenu secret. Devant de vastes panneaux, il d\u00e9taille le complexe proc\u00e9d\u00e9 menant \u00e0 la mise au point de solutions cibl\u00e9es pour chaque client. Les mises \u00e0 jour sont tr\u00e8s fr\u00e9quentes, cela n\u00e9cessite un proc\u00e9d\u00e9 industrialis\u00e9. \u00bb Une fois dans les mains d\u2019un client, Safran.AI ne conna\u00eet pas l\u2019usage exact qui en est fait, les donn\u00e9es ne lui sont d\u2019ailleurs pas transmises.<\/p>\n<blockquote class=\"editoBlockquoteType1 is-marginTB-30\">\n<p class=\"editoBlockquoteType1__quote\">Si l\u2019on veut embarquer les produits d\u2019IA dans des applications critiques, il faut d\u00e9velopper des proc\u00e9d\u00e9s et des comp\u00e9tences propres qui sont encore rares.<\/p>\n<p class=\"editoBlockquoteType1__author\">\n                Vincent Cornillet, le directeur du Cedia\n            <\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\nAu c\u0153ur de cette usine d\u2019un nouveau genre : l\u2019intelligence artificielle de type deep learning, ou apprentissage profond, mettant \u00e0 profit des r\u00e9seaux de neurones artificiels. Il faut entre un et six mois pour concocter une solution ad hoc. \u00ab Au-del\u00e0, le besoin du client peut avoir chang\u00e9, d\u2019autant que ce march\u00e9 \u00e9tant nouveau, chaque client d\u00e9couvre peu \u00e0 peu comment utiliser notre outil \u00bb, poursuit Beno\u00eet. Des vid\u00e9os de d\u00e9monstration d\u00e9voil\u00e9es lors de la visite donnent un aper\u00e7u des possibilit\u00e9s. Dans un paysage africain d\u00e9sertique, le syst\u00e8me de Safran.AI d\u00e9tecte en quelques secondes des v\u00e9hicules terrestres quasi invisibles \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Sur un port, un bateau camoufl\u00e9 n\u2019a pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019IA. L\u2019outil est agnostique, il peut analyser les images en provenance de n\u2019importe quelle plateforme.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tAu vu de la demande, les effectifs pourraient s\u2019\u00e9lever \u00e0 une centaine de personnes d\u2019ici \u00e0 cinq ans. Le Cedia esp\u00e8re profiter de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me local, de plus en plus r\u00e9put\u00e9 pour ses acteurs sp\u00e9cialis\u00e9s dans le digital et la cybers\u00e9curit\u00e9. Toutefois, le march\u00e9 que vise Safran.AI n\u2019est pas des plus simples. \u00ab Il est encore peu mature, il y a donc encore relativement peu de clients, reconna\u00eet Vincent Cornillet. S\u2019il y a aussi tr\u00e8s peu de concurrents, la difficult\u00e9 est de parvenir \u00e0 \u00e9tablir des contrats \u00e0 long terme, ce que n\u2019acceptent pas toujours les clients institutionnels. \u00bb La nouvelle entit\u00e9 de Safran cherche \u00e0 se diversifier. Le syst\u00e8me de d\u00e9tection via l\u2019IA pourrait faire des merveilles au niveau des usines du groupe. En particulier pour automatiser les contr\u00f4les visuels et non destructifs sur les cha\u00eenes de production.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\t<a href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/l-usine-nouvelle-du-8-octobre-2025-n3747,7637\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\"><img decoding=\"async\" alt=\"Couv 3747\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODdhAQABAPAAAMPDwwAAACwAAAAAAQABAAACAkQBADs=\" data-original=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/mediatheque\/couv\/couv_un_3747_Hebdo_1.png\" style=\"height: 194px; width: 150px; margin: 5px; float: left;\"\/><\/a><strong>Vous lisez un article de L&rsquo;Usine Nouvelle 3747 &#8211; Octobre 2025<br \/>&#13;<br \/>\n\t<a href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/l-usine-nouvelle-du-8-octobre-2025-n3747,7637\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Lire le sommaire<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"&#13; Mais chez Safran.AI, l\u2019annotation humaine est cl\u00e9. \u00ab C\u2019est l\u2019humain qui apprend \u00e0 la machine, c\u2019est la&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":522948,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2821],"tags":[1111,11,670,829,554,1777,674,1011,27,12,584,2687,25,6056],"class_list":{"0":"post-522947","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-rennes","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-aero-spatial","11":"tag-bretagne","12":"tag-defense","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-news","18":"tag-rennes","19":"tag-reportage","20":"tag-republique-francaise","21":"tag-safran"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115520333661114541","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/522947","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=522947"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/522947\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/522948"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=522947"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=522947"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=522947"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}