{"id":523924,"date":"2025-11-10T01:32:15","date_gmt":"2025-11-10T01:32:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/523924\/"},"modified":"2025-11-10T01:32:15","modified_gmt":"2025-11-10T01:32:15","slug":"de-jacques-chirac-a-emmanuel-macron-comment-ont-evolue-les-depenses-de-letat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/523924\/","title":{"rendered":"De Jacques Chirac \u00e0 Emmanuel Macron, comment ont \u00e9volu\u00e9 les d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9conomistes Fran\u00e7ois Langot (universit\u00e9 du\u00a0Mans) et Fabien Tripier (universit\u00e9 Paris Dauphine) ont retrac\u00e9 trente ans d\u2019\u00e9volution des d\u00e9penses publiques. Ils r\u00e9sument leurs travaux pour nous.<\/p>\n<p>L\u2019analyse historique des d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat peut \u00eatre utile pour prendre aujourd\u2019hui des d\u00e9cisions budg\u00e9taires. Qu\u2019ont-elles financ\u00e9\u00a0? Les salaires des agents\u00a0? Des achats de biens et services\u00a0? Des transferts\u00a0? Quels types de biens publics ont-elles permis de produire (\u00e9ducation, sant\u00e9, d\u00e9fense\u2026)\u00a0?<\/p>\n<p>Le futur budget de l\u2019\u00c9tat doit tenir compte de ces \u00e9volutions pass\u00e9es, des \u00e9ventuels d\u00e9s\u00e9quilibres en r\u00e9sultant, tout en r\u00e9alisant que ces choix budg\u00e9taires auront des impacts sur la croissance et les in\u00e9galit\u00e9s sp\u00e9cifiques \u00e0 la d\u00e9pense consid\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de 30\u00a0milliards d\u2019\u00e9conomies annonc\u00e9es<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/politique\/assemblee_nationale\/4183664-20251105-direct-budget-2026-deputes-poursuivent-examen-budget-securite-sociale\" class=\"c-link c-link--is-underlined\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le projet de loi de finances actuellement discut\u00e9 pour l\u2019ann\u00e9e\u00a02026<\/a> pr\u00e9voit (tel qu\u2019annonc\u00e9 au 30\u00a0octobre, date de la r\u00e9daction de cet article) 30\u00a0milliards d\u2019euros d\u2019\u00e9conomies, ce qui repr\u00e9sente 1,03\u00a0% du PIB. Ces \u00e9conomies sont obtenues avec 16,7\u00a0milliards d\u2019euros de r\u00e9duction de d\u00e9penses (0,57 point de PIB), et 13,3\u00a0milliards d\u2019euros de hausse de la fiscalit\u00e9. Le d\u00e9ficit public, pr\u00e9vu \u00e0 5,6\u00a0% en\u00a02025 (163,5\u00a0milliards d\u2019euros pour\u00a02025) ne serait donc r\u00e9duit que de 18,35\u00a0%. Pour atteindre l\u2019objectif de stabiliser la dette publique, il faudra amplifier cet effort les prochaines ann\u00e9es pour \u00e9conomiser approximativement 120\u00a0milliards d\u2019euros (4 points de PIB), soit quatre fois les \u00e9conomies pr\u00e9vues dans le PLF 2026.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9ductions \u00e0 venir des d\u00e9penses s\u2019inscrivent dans un contexte. En moyenne, dans les ann\u00e9es\u00a01990, les d\u00e9penses publiques repr\u00e9sentaient 54\u00a0% du PIB. Dans les ann\u00e9es\u00a02020, elles avaient augment\u00e9 de 3 points, repr\u00e9sentant alors 57\u00a0% du PIB, soit une d\u00e9pense annuelle additionnelle de 87,6\u00a0milliards d\u2019euros, ce qui repr\u00e9sente plus de cinq fois les \u00e9conomies inscrites dans le PLF pour\u00a02026. Depuis\u00a02017, ces d\u00e9penses ont augment\u00e9 d\u2019un point de PIB, soit une hausse annuelle de 29,2\u00a0milliards d\u2019euros (1,75 fois plus que les \u00e9conomies du PLF 2026). \u00c9tant donn\u00e9es ces fortes hausses pass\u00e9es, des r\u00e9ductions de d\u00e9penses sont possibles sans remettre en cause le mod\u00e8le social fran\u00e7ais. Mais, quelles d\u00e9penses r\u00e9duire\u00a0?<\/p>\n<p>De plus en plus de transferts sociaux<\/p>\n<p>Chaque poste de d\u00e9pense se compose d\u2019achats de biens et services (B &amp; S) utilis\u00e9s par l\u2019\u00c9tat (au sens large, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ensemble des administrations publiques centrales, locales et de s\u00e9curit\u00e9 sociale) pour produire, de salaires vers\u00e9s aux agents, et de transferts vers\u00e9s \u00e0 la population. Quel poste a fortement cr\u00fb depuis\u00a01995\u00a0?<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/economie\/budget\/\" class=\"c-link c-btn c-btn--primary\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Notre dossier Budget<\/a><\/p>\n<p>Le tableau\u00a01 montre qu\u2019en\u00a01995, 40,2\u00a0% des d\u00e9penses \u00e9taient des transferts (soit 22,05 points de PIB), 35,5\u00a0% des achats de B &amp; S (soit 19,45 points de PIB) et 24,3\u00a0% des salaires (soit 13,33 points de PIB). En\u00a02023, 44,1\u00a0% \u00e9taient des transferts (+ 3,06 points de PIB), 34,5\u00a0% des achats de B &amp; S (- 0,15 point de PIB) et 21,4\u00a0% des salaires (- 1,07 points de PIB). Le budget s\u2019est donc fortement r\u00e9orient\u00e9 vers les transferts. Les d\u00e9penses consacr\u00e9es aux salaires ont \u00e9volu\u00e9 moins vite que le PIB, le poids de ces r\u00e9mun\u00e9rations dans les d\u00e9penses baissant fortement.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"Lecture : En 1995, les transferts repr\u00e9sentaient 22,05 points de PIB, soient 40,2 % des d\u00e9penses totales. Le chiffre entre parenth\u00e8ses indique la part de cette d\u00e9pense dans les d\u00e9penses totales. \u0394 : diff\u00e9rence entre 2023 et 1995 en points de PIB et le chiffre entre parenth\u00e8ses l\u2019\u00e9volution de la part.\" class=\"c-img\" loading=\"lazy\" fetchpriority=\"auto\" width=\"718\"  src=\"https:\/\/img.20mn.fr\/fagfDQtNR-mmEC_wZoMG8ik\/718x0\" \/>Lecture : En 1995, les transferts repr\u00e9sentaient 22,05 points de PIB, soient 40,2 % des d\u00e9penses totales. Le chiffre entre parenth\u00e8ses indique la part de cette d\u00e9pense dans les d\u00e9penses totales. \u0394 : diff\u00e9rence entre 2023 et 1995 en points de PIB et le chiffre entre parenth\u00e8ses l\u2019\u00e9volution de la part.\u2002-\u00a0Fourni par les auteurs<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat a donc contenu ces achats de B &amp; S et r\u00e9duit sa masse salariale, quand bien m\u00eame les effectifs croissaient de plus de 20\u00a0% (donn\u00e9es <a href=\"https:\/\/fipeco.fr\/pdf\/emploispublics2023.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">FIPECO<\/a>). Simultan\u00e9ment, l\u2019emploi salari\u00e9 et non salari\u00e9 du secteur priv\u00e9 augmentait de 27\u00a0% (donn\u00e9es <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/2424696\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">Insee<\/a>). Des effectifs augmentant moins que dans le priv\u00e9 et une part de la production de l\u2019\u00c9tat dans le PIB progressant r\u00e9v\u00e8lent une plus forte hausse de la productivit\u00e9 du travail du secteur public. Mais, ceci ne s\u2019est pas traduit par une augmentation des r\u00e9mun\u00e9rations du public. Au contraire, l\u2019\u00e9cart de salaire entre le public et le priv\u00e9 s\u2019est fortement r\u00e9duit sur la p\u00e9riode, passant de +\u00a011,71\u00a0% en\u00a01996 en faveur du public (donn\u00e9es <a href=\"https:\/\/www.bnsp.insee.fr\/ark:\/12148\/bc6p0702fpd.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">Insee (1999)<\/a> pour le public et <a href=\"https:\/\/www.bnsp.insee.fr\/ark%3A\/12148\/bc6p0702j0f.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">Insee (1997)<\/a> pour le priv\u00e9), \u00e0 5,5\u00a0% en\u00a02023 (donn\u00e9es <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/8270416\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">Insee (2024a)<\/a> pour le priv\u00e9 et <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/8612453\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\" rel=\"noopener\">Insee (2024b)<\/a> pour le public).<\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re d\u00e9composition montre que l\u2019organisation de la production de l\u2019\u00c9tat (achat de B &amp; S et salaires) n\u2019a pas d\u00e9riv\u00e9, mais que les hausses des d\u00e9penses de redistribution (+ 3,06 points de PIB en trente ans) ont fortement cr\u00fb. Ces hausses de transferts correspondent aux trois quarts des \u00e9conomies n\u00e9cessaires \u00e0 la stabilisation de la dette publique.<\/p>\n<p>De moins en moins d\u2019argent pour les \u00e9l\u00e8ves et la d\u00e9fense<\/p>\n<p>Les d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat se d\u00e9composent en diff\u00e9rents services, c\u2019est-\u00e0-dire, en diff\u00e9rentes fonctions (l\u2019\u00e9ducation, la d\u00e9fense, la protection sociale\u2026). La figure\u00a01 montre que les d\u00e9penses des services g\u00e9n\u00e9raux, d\u2019\u00e9ducation et de la d\u00e9fense ont cr\u00fb moins vite que le PIB depuis\u00a01995 (surface rouge). En effet, leurs budgets en points de PIB ont respectivement baiss\u00e9 de 2,14 points, 0,78 point et 0,68 point de PIB. Si la baisse du premier poste peut s\u2019expliquer, en partie, par la rationalisation li\u00e9e au recours aux technologies de l\u2019information, et la seconde par l\u2019arr\u00eat de la conscription, celle de l\u2019\u00e9ducation est plus surprenante.<\/p>\n<p>Elle l\u2019est d\u2019autant plus que <a href=\"https:\/\/www.ipp.eu\/publication\/retraites-des-fonctionnaires-detat-faut-il-changer-la-convention-comptable\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">Aubert et al.<\/a> (2025) ont montr\u00e9 que 15\u00a0% de ce budget incluait (soit 0,75 point de PIB) des d\u00e9penses de retraites qu\u2019il \u00ab\u00a0faudrait\u00a0\u00bb donc r\u00e9allouer vers les pensions pour davantage de transparence. La croissance constante de cette contribution aux pensions dans le budget de l\u2019\u00e9ducation indique que les d\u00e9penses consacr\u00e9es aux \u00e9l\u00e8ves sont en forte baisse, ce qui peut \u00eatre mis en lien avec la d\u00e9gradation des r\u00e9sultats des \u00e9l\u00e8ves de France aux tests de type Pisa. Enfin, dans le contexte g\u00e9opolitique actuel, la baisse du budget de la D\u00e9fense peut aussi sembler \u00ab\u00a0peu strat\u00e9gique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"Lecture : En 1995, les d\u00e9penses de protection sociale repr\u00e9sentaient 21,41 points de PIB, dont 18,14 points de PIB en transferts, 1,16 point en salaires et 2,11 points en B&amp;S ; en 2023, elles repr\u00e9sentaient 23,33 points de PIB dont 20,16 points, 1,12 point en salaire et 2,0 points en B&amp;S.\" class=\"c-img\" loading=\"lazy\" fetchpriority=\"auto\" width=\"718\"  src=\"https:\/\/img.20mn.fr\/aTtXADVzS26tnbkbcdyFuCk\/718x0\" \/>Lecture : En 1995, les d\u00e9penses de protection sociale repr\u00e9sentaient 21,41 points de PIB, dont 18,14 points de PIB en transferts, 1,16 point en salaires et 2,11 points en B&amp;S ; en 2023, elles repr\u00e9sentaient 23,33 points de PIB dont 20,16 points, 1,12 point en salaire et 2,0 points en B&amp;S.\u2002-\u00a0fourni par les auteursDe plus en plus pour la sant\u00e9 et la protection sociale<\/p>\n<p>La surface verte de la figure\u00a01 regroupe les fonctions qui ont vu leurs budgets cro\u00eetre plus vite que le PIB, de la plus faible hausse (ordre public\/s\u00e9curit\u00e9, avec +\u00a00,24 point de PIB) aux plus \u00e9lev\u00e9es (sant\u00e9, +\u00a01,72 point de PIB, et protection sociale, +\u00a01,92 point de PIB). Ces deux postes de d\u00e9penses repr\u00e9sentent 65,3\u00a0% des hausses. Viennent ensuite les budgets sport\/culture\/culte, environnement et logement qui se partagent \u00e0 \u00e9galit\u00e9 24\u00a0% de la hausse totale des d\u00e9penses (donc approximativement 8\u00a0% chacun). Enfin, les budgets des affaires \u00e9conomiques et de l\u2019ordre public\/s\u00e9curit\u00e9 expliquent les 10,7\u00a0% restant de hausse des d\u00e9penses, \u00e0 hauteur de 6,4\u00a0% pour le premier et 4,3\u00a0% pour le second.<\/p>\n<p>Si l\u2019on se focalise sur les plus fortes hausses, c\u2019est-\u00e0-dire, la sant\u00e9 et la protection sociale, les raisons les expliquant sont diff\u00e9rentes. Pour la protection sociale, les d\u00e9penses de fonctionnement sont quasiment stables (B &amp; S et salaires) alors que les prestations sont en fortes hausses (+ 2 points de PIB). Les d\u00e9penses de sant\u00e9 voient aussi les prestations offertes cro\u00eetre (+ 1 point de PIB), mais se caract\u00e9risent par des co\u00fbts croissants de fonctionnement\u00a0: +\u00a00,6 point pour les B &amp; S, et +\u00a00,12 point de PIB pour les salaires des personnels de sant\u00e9, alors que les r\u00e9mun\u00e9rations baissent dans le public, ceux des agents de l\u2019\u00e9ducation, par exemple, passant de 4,28 \u00e0 3,47 points de PIB (-0,81 points de PIB).<\/p>\n<p>De plus en plus pour la maladie et les retraites<\/p>\n<p>La protection sociale, premier poste de d\u00e9pense (23,33\u00a0% du PIB), regroupe diff\u00e9rentes sous-fonctions repr\u00e9sent\u00e9es dans la figure\u00a02. \u00c0 l\u2019exception des sous-fonctions maladie\/invalidit\u00e9 (+ 0,07 point de PIB), exclusion sociale (+ 0,43 point du PIB) et pensions (+ 2,41 points de PIB), les budgets de toutes les sous-fonctions de la protection sociale ont vu leur part baisser (surface en rouge). Les r\u00e9formes des retraites ont donc \u00e9t\u00e9 insuffisantes pour \u00e9viter que les pensions soient la d\u00e9pense en plus forte hausse.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"Fourni par les auteurs\" class=\"c-img\" loading=\"lazy\" fetchpriority=\"auto\" width=\"718\"  src=\"https:\/\/img.20mn.fr\/U84brRWQRp6vBpPwYGlt5yk\/718x0\" \/>Fourni par les auteurs\u2002-\u00a0(The Conversation)<\/p>\n<p>Enfin, si on ajoute aux d\u00e9penses de sant\u00e9 la partie des d\u00e9penses de protection sociale li\u00e9e \u00e0 la maladie et \u00e0 l\u2019invalidit\u00e9 (voir la figure\u00a02), alors ces d\u00e9penses globales de sant\u00e9 ont cr\u00fb de 1,79 point de PIB entre\u00a01995 et\u00a02023.<\/p>\n<p>Quels enseignements tirer\u00a0?<\/p>\n<p>Ces \u00e9volutions sugg\u00e8rent que les budgets \u00e0 venir pourraient cibler les \u00e9conomies sur les d\u00e9penses de sant\u00e9 et les pensions, ces deux postes ayant d\u00e9j\u00e0 fortement cr\u00fb dans le pass\u00e9. \u00c9videmment, une partie de ces hausses est li\u00e9e \u00e0 l\u2019in\u00e9vitable vieillissement de la population. Mais une autre vient de l\u2019augmentation des prestations vers\u00e9es \u00e0 chaque b\u00e9n\u00e9ficiaire. Par exemple, la pension de retraite moyenne est pass\u00e9e de <a href=\"https:\/\/www.cor-retraites.fr\/sites\/default\/files\/2024-06\/RA2024finale.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">50\u00a0% du salaire moyen dans les ann\u00e9es\u00a01990 \u00e0 52,3\u00a0% en\u00a02023<\/a>. Le co\u00fbt de la prise en charge d\u2019un infarctus du myocarde est pass\u00e9 de 4,5 smic dans les ann\u00e9es\u00a01990 \u00e0 <a href=\"http:\/\/www2.assemblee-nationale.fr\/static\/16\/pdf\/annexe1REPSS-Maladie.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">5,6 smic dans les ann\u00e9es\u00a02020<\/a>.<\/p>\n<p>En revanche, un rattrapage portant sur l\u2019\u00e9ducation et la D\u00e9fense semble n\u00e9cessaire au vu du sous-investissement pass\u00e9 et des d\u00e9fis \u00e0 venir. Les r\u00e9mun\u00e9rations des agents du public doivent aussi \u00eatre reconsid\u00e9r\u00e9es. Le tableau\u00a02 montre que le PLF 2026 propose des mesures r\u00e9pondant en partie a ce r\u00e9\u00e9quilibrage en r\u00e9duisant les d\u00e9penses de protection sociale et en particulier les pensions. Enfin, le PLF 2026 pr\u00e9voit une hausse du budget de la d\u00e9fense, alors que la r\u00e9duction de 8,6\u00a0milliards d\u2019euros des budgets des fonctions hors d\u00e9fense et ordre public \u00e9pargne l\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"Fourni par l'auteur\" class=\"c-img\" loading=\"lazy\" fetchpriority=\"auto\" width=\"718\"  src=\"https:\/\/img.20mn.fr\/LXzS-6DARpq7DSyLbpWaQSk\/718x0\" \/>Fourni par l&rsquo;auteur\u2002-\u00a0(the Conversation)<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces arguments de r\u00e9\u00e9quilibrage, les choix budg\u00e9taires doivent aussi reposer sur une \u00e9valuation d\u2019impact sur l\u2019activit\u00e9 (croissance et emploi). Les analyses de <a href=\"https:\/\/www.cepremap.fr\/2024\/11\/limpact-du-projet-de-loi-de-finances-2025-sur-la-croissance-lemploi-et-le-deficit-public\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">Langot et al. (2024)<\/a> indiquent que les baisses de transferts index\u00e9s sur les gains pass\u00e9s (comme les retraites) peuvent avoir un effet positif sur la croissance, facilitant alors la stabilisation de la dette publique, au contraire des hausses des pr\u00e9l\u00e8vements.<\/p>\n<p>Privil\u00e9gier la production des biens publics aux d\u00e9pens des transferts se justifie aussi au regard des enjeux g\u00e9opolitiques et climatiques, et permet \u00e9galement de r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s (voir <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/6964922\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" class=\"c-link c-link--is-underlined\">Andr\u00e9 et al. (2023)<\/a>).<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les \u00e9conomistes Fran\u00e7ois Langot (universit\u00e9 du\u00a0Mans) et Fabien Tripier (universit\u00e9 Paris Dauphine) ont retrac\u00e9 trente ans d\u2019\u00e9volution des&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":523925,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[47,1003,35,33,34,1073,1011,27,3095],"class_list":{"0":"post-523924","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-economie","8":"tag-actualite","9":"tag-budget","10":"tag-business","11":"tag-economie","12":"tag-economy","13":"tag-emmanuel-macron","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-jacques-chirac"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115522827954857557","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/523924","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=523924"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/523924\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/523925"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=523924"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=523924"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=523924"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}