{"id":524879,"date":"2025-11-10T12:27:24","date_gmt":"2025-11-10T12:27:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/524879\/"},"modified":"2025-11-10T12:27:24","modified_gmt":"2025-11-10T12:27:24","slug":"la-concentration-des-medias-en-allemagne-la-presse-ecrite-2-4-acrimed","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/524879\/","title":{"rendered":"La concentration des m\u00e9dias en Allemagne : la presse \u00e9crite (2\/4) &#8211; Acrimed"},"content":{"rendered":"<p>Le march\u00e9 de la presse allemande est \u00e0 tous points de vue beaucoup plus important que le march\u00e9 fran\u00e7ais. Il est le cinqui\u00e8me mondial et le premier europ\u00e9en. On y compte 319 journaux quotidiens (78 en France) avec un tirage de 12 millions d\u2019exemplaires (7 millions en France). Le r\u00e9seau de distribution est le plus dense du monde avec 116 000 points de vente (20 000 en France)\u00a0[<a href=\"#nb1\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Val\u00e9rie Robert, La presse en France et en Allemagne. Une comparaison des\u00a0(\u2026)\" id=\"nh1\">1<\/a>]. Les cinq plus gros groupes de presse figurent parmi les plus prosp\u00e8res du monde avec des chiffres d\u2019affaires d\u00e9passant le milliard d\u2019euros, alors que le premier groupe fran\u00e7ais, le groupe Sipa Ouest-France, affiche en 2022 un CA de 560 millions d\u2019euros. Les magazines allemands ne sont pas en reste, plus nombreux, plus lus et plus rentables que leurs homologues fran\u00e7ais, surtout en mati\u00e8re d\u2019information politique et g\u00e9n\u00e9rale, avec des publications comme Der Spiegel ou Die Zeit\u00a0[<a href=\"#nb2\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Val\u00e9rie Robert, op. cit., p. 103-110.\" id=\"nh2\">2<\/a>].<\/p>\n<p>Les journaux allemands b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une forte adh\u00e9sion de la population \u00e0 la presse papier et aux informations r\u00e9gionales. De plus, la grande majorit\u00e9 des lecteurs sont abonn\u00e9s (91\u00a0% contre 46\u00a0% en France) et re\u00e7oivent leur quotidien \u00e0 domicile par portage, ce qui assure une grande souplesse de gestion aux entreprises de presse et un glissement plus facile vers un abonnement \u00e0 la version num\u00e9rique lorsque celui-ci est propos\u00e9. Ainsi, sur de telles bases, si la presse allemande conna\u00eet, comme les autres, une crise tr\u00e8s importante depuis deux d\u00e9cennies, elle r\u00e9siste mieux. Bien que les ventes de journaux aient \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.media-perspektiven.de\/fileadmin\/user_upload\/media-perspektiven\/pdf\/2022\/2206_Roeper.pdf\" class=\"spip_out\" rel=\"external noopener\" target=\"_blank\">divis\u00e9es par deux en 27 ans (1995-2022)<\/a>, elles restent tr\u00e8s sup\u00e9rieures \u00e0 celles des autres pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>L\u2019apr\u00e8s-guerre et le retour des collaborateurs<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019issue de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, les journaux fran\u00e7ais qui avaient collabor\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire la grande majorit\u00e9 d\u2019entre eux, furent mis sous s\u00e9questre et remplac\u00e9s par les journaux de la R\u00e9sistance. Le programme allemand \u00e9tait comparable\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque s\u2019\u00e9tait politiquement compromis depuis 1933 ne devait plus jouer de r\u00f4le dans la presse et, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, m\u00eame les noms de journaux en usage avant 1933 ne furent pas r\u00e9admis. On voulait voir agir des noms enti\u00e8rement nouveaux et des hommes neufs.\u00a0\u00bb\u00a0[<a href=\"#nb3\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Erhard Becker, \u00ab La presse allemande depuis 1945 \u00bb in Henri M\u00e9nudier,\u00a0(\u2026)\" id=\"nh3\">3<\/a>] Sous s\u00e9questre \u00e9galement, les journaux allemands furent attribu\u00e9s par les puissances occupantes sous forme de licences accord\u00e9es \u00e0 des individus non compromis avec le nazisme. Les Alli\u00e9s contr\u00f4laient, chacun \u00e0 leur fa\u00e7on, les publications, tout en \u00e9ditant aussi leurs propres journaux, dont certains continu\u00e8rent de para\u00eetre par la suite (Die Welt, notamment, cr\u00e9\u00e9 par les Britanniques). \u00c0 la fin 1948, il y avait ainsi 140 journaux tir\u00e9s \u00e0 14 millions d\u2019exemplaires\u00a0[<a href=\"#nb4\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Erhard Becker, op. cit.\" id=\"nh4\">4<\/a>].<\/p>\n<p>En 1949, les contr\u00f4les cess\u00e8rent et la libert\u00e9 de la presse fut r\u00e9tablie, ouvrant la voie \u00e0 400 publications suppl\u00e9mentaires\u00a0[<a href=\"#nb5\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Erhard Becker, op. cit.\" id=\"nh5\">5<\/a>]. Parmi elles, nombre de journaux d\u2019avant-guerre, compromis avec le nazisme, refirent surface. Certains d\u2019entre eux avaient surv\u00e9cu \u00e0 la fin de la guerre, gr\u00e2ce notamment aux lucratives petites annonces, mais surtout la plupart des imprimeries demeuraient leur propri\u00e9t\u00e9, leur conf\u00e9rant, en ces temps de fortes difficult\u00e9s \u00e9conomiques, un avantage substantiel sur leurs concurrents. D\u2019autant qu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940, la lutte contre les r\u00e9sidus du nazisme c\u00e9dait peu \u00e0 peu le pas, sur le plan id\u00e9ologique, \u00e0 la lutte contre le communisme sovi\u00e9tique, inaugurant la guerre froide\u00a0[<a href=\"#nb6\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"\u00ab Allemagne de l\u2019ouest : naissance d\u2019une presse \" alternative=\"\" contre=\"\" les=\"\" id=\"nh6\">6<\/a>]. D\u2019o\u00f9 un certain laxisme vis-\u00e0-vis des ex-collaborateurs. Quant \u00e0 la zone occup\u00e9e par les sovi\u00e9tiques, le contr\u00f4le centralis\u00e9 de la presse passa sans transition des nazis aux nouvelles autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>80 ans apr\u00e8s, on constate que les d\u00e9tenteurs des 10 plus importants groupes de presse furent (eux-m\u00eames ou leurs a\u00efeux) membres du NSDAP, le parti nazi, parfois \u00e0 des postes importants\u00a0[<a href=\"#nb7\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Axel Springer, qui passe pour un des moins compromis, et qui fut un des\u00a0(\u2026)\" id=\"nh7\">7<\/a>] ou bien ont particip\u00e9 \u00e0 la propagande du r\u00e9gime\u00a0[<a href=\"#nb8\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Pareillement en France : on pense \u00e0 Prouvost, au trust Hachette, et surtout\u00a0(\u2026)\" id=\"nh8\">8<\/a>]. En 2006, la plus vieille maison d\u2019\u00e9dition allemande, DuMont Schauberg, a d\u00e9fray\u00e9 la chronique en devenant actionnaire du journal isra\u00e9lien Haaretz, le propri\u00e9taire du groupe \u00e9tant le fils d\u2019un z\u00e9l\u00e9 nazi. On constate ainsi, \u00e0 partir de 1949, un retour en force des <a href=\"https:\/\/de-m-wikipedia-org.translate.goog\/wiki\/Altverleger?_x_tr_sl=de&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc\" class=\"spip_out\" rel=\"external noopener\" target=\"_blank\">anciens propri\u00e9taires de journaux<\/a>, voire anciens partisans des nazis, par un de ces retournements dont la classe dominante a le secret.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es suivantes, les concentrations dans la presse, comme dans l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie allemande (au cours de ce que l\u2019on a appel\u00e9 \u00ab\u00a0le miracle \u00e9conomique\u00a0\u00bb), se feront \u00e0 un rythme quasi continu jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1976. Selon Manfred K\u00f6tterheinrich\u00a0[<a href=\"#nb9\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Manfred K\u00f6tterheinrich, \u00ab Die Konzentration in der deutschen Presse \u00bb, in\u00a0(\u2026)\" id=\"nh9\">9<\/a>], d\u00e9j\u00e0 entre 1954 et 1964 le nombre de quotidiens passe de 1 500 \u00e0 1 409 et celui des r\u00e9dactions autonomes de 225 \u00e0 185.<\/p>\n<p>Les r\u00e9dactions autonomes de moins en moins nombreuses<\/p>\n<p>Une bonne mesure de la concentration des journaux et de ses effets sur le pluralisme r\u00e9side dans l\u2019\u00e9valuation du nombre de r\u00e9dactions autonomes. Par \u00ab\u00a0r\u00e9daction autonome\u00a0\u00bb, on entend une r\u00e9daction qui couvre par ses propres journalistes l\u2019ensemble des rubriques d\u2019un journal. Les journaux achet\u00e9s sont la plupart du temps priv\u00e9s de la couverture des questions de politique nationale et internationale, qui leur est livr\u00e9e pour ainsi dire \u00ab\u00a0cl\u00e9 en main\u00a0\u00bb par le groupe propri\u00e9taire\u00a0[<a href=\"#nb10\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"C\u2019est ce qu\u2019on appelle la \u00ab matrice \u00bb dans les ann\u00e9es 1950 ou le \u00ab manteau \u00bb\u00a0(\u2026)\" id=\"nh10\">10<\/a>], et se voient cantonn\u00e9s aux actualit\u00e9s locales, avec nombre de licenciements \u00e0 la cl\u00e9\u00a0[<a href=\"#nb11\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Cas limite de cette tendance, le Westfalische Rundschau a vu sa r\u00e9daction\u00a0(\u2026)\" id=\"nh11\">11<\/a>]. M\u00eame ind\u00e9pendants \u00e9conomiquement, de nombreux journaux ach\u00e8tent \u00e0 d\u2019autres les articles de politique g\u00e9n\u00e9rale, ne gardant qu\u2019une r\u00e9daction locale. Un pluralisme de fa\u00e7ade peut ainsi cacher de fortes concentrations internes\u00a0[<a href=\"#nb12\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Andrea Czepek d\u00e9finit les diff\u00e9rentes modalit\u00e9s de cette perte d\u2019autonomie\u00a0(\u2026)\" id=\"nh12\">12<\/a>].<\/p>\n<p>Le nombre de r\u00e9dactions autonomes en Allemagne a chut\u00e9 de moiti\u00e9 entre 1954 et 1976, p\u00e9riode de fortes concentrations\u00a0[<a href=\"#nb13\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"\u00ab Allemagne de l\u2019ouest : naissance d\u2019une presse \" alternative=\"\" contre=\"\" les=\"\" id=\"nh13\">13<\/a>]. En 1976, pour y mettre un frein, notamment dans la Ruhr o\u00f9 le Westdeutsche allgemeine Zeitung (WAZ) venait d\u2019acheter de nombreux journaux, le gouvernement social-d\u00e9mocrate modifie la loi sur les concentrations.<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles anti-concentration dans la presse allemande sont, comme en France, celles du droit commun de la concurrence. Dans les deux pays, l\u2019autorit\u00e9 de la concurrence n\u2019intervient que si les chiffres d\u2019affaires cumul\u00e9s des entreprises concern\u00e9es sont sup\u00e9rieurs \u00e0 un certain plafond\u00a0: 150 millions d\u2019euros pour la France, 500 millions pour l\u2019Allemagne. Au-dessus de ce chiffre, c\u2019est l\u2019office des cartels (Bundeskartellamt) qui v\u00e9rifie que le projet d\u2019achat ne met pas une entreprise de presse en position dominante, voire de monopole, dans la ville ou la r\u00e9gion concern\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais la loi allemande contient depuis 1976 une disposition sp\u00e9cifique \u00e0 la presse\u00a0: le plafond de chiffre d\u2019affaires pris en compte, pour les entreprises de presse, est divis\u00e9 par 20. D\u2019o\u00f9 une multiplication des contr\u00f4les \u00e0 partir de cette date et une baisse sensible des concentrations pendant les ann\u00e9es 1980 et 1990, \u00e0 l\u2019exception notoire de la phase de r\u00e9unification, au cours de laquelle les groupes de presse de l\u2019ouest achet\u00e8rent la plupart de ceux de l\u2019est. On notera au passage que la r\u00e9gulation par le plafond de chiffre d\u2019affaires est un puissant moyen de contr\u00f4le des concentrations.<\/p>\n<p>Ainsi, en 1981, le projet de rachat du plus important groupe du pays (Springer) par le deuxi\u00e8me (Burda), qui aurait conduit ce dernier \u00e0 une position ultra-dominante, a \u00e9t\u00e9 retoqu\u00e9 par le Kartellamt\u00a0[<a href=\"#nb14\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Val\u00e9rie Robert, op.cit., p. 60.\" id=\"nh14\">14<\/a>]. Pour la m\u00eame raison, le projet de vente, en 2004, du Berliner Verlag \u00e0 Holzbrinck, un tr\u00e8s important groupe de presse, <a href=\"https:\/\/de-wikipedia-org.translate.goog\/wiki\/Berliner_Verlag?_x_tr_sl=de&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc\" class=\"spip_out\" rel=\"external noopener\" target=\"_blank\">a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9<\/a>. Exceptionnellement, si l\u2019existence de l\u2019entreprise rachet\u00e9e est menac\u00e9e, l\u2019achat peut \u00eatre autoris\u00e9, m\u00eame s\u2019il met l\u2019acheteur en position dominante. C\u2019est ainsi que la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) <a href=\"https:\/\/de-wikipedia-org.translate.goog\/wiki\/Frankfurter_Rundschau?_x_tr_sl=de&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc\" class=\"spip_out\" rel=\"external noopener\" target=\"_blank\">a pu racheter<\/a> le Frankfurter Rundschau en 2013, bien que cela l\u2019ait plac\u00e9e en position dominante dans le Land de Hesse.<\/p>\n<p>Suite aux mesures anti-concentrations, la baisse du nombre de r\u00e9dactions autonomes a ralenti. Mais la crise \u00e9conomique que subit la presse dans les ann\u00e9es 2000, notamment sur le terrain publicitaire, va provoquer, sous la pression des gros \u00e9diteurs, une lib\u00e9ralisation croissante des concentrations. Le plafond de CA n\u2019est plus divis\u00e9 que par 10 en 2005, puis 8 en 2013, et enfin 4 en 2021. C\u2019est \u00e0 cette p\u00e9riode que, selon Val\u00e9rie Robert, \u00ab\u00a0les groupes de journaux qui changent de mains sont de plus en plus gros, et [que] la presse suprar\u00e9gionale n\u2019est plus \u00e9pargn\u00e9e\u00a0\u00bb.\u00a0[<a href=\"#nb15\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Val\u00e9rie Robert, op. cit., p. 65.\" id=\"nh15\">15<\/a>]<\/p>\n<p>Une presse fortement concentr\u00e9e<\/p>\n<p>Beaucoup plus prosp\u00e8re que la fran\u00e7aise, la presse allemande \u00e9tait paradoxalement moins concentr\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 une p\u00e9riode r\u00e9cente. Selon une \u00e9valuation de Val\u00e9rie Robert\u00a0[<a href=\"#nb16\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Op. cit., p. 61-63 et 72-73.\" id=\"nh16\">16<\/a>] portant sur l\u2019ann\u00e9e 2010, les dix premiers groupes de presse quotidienne allemands r\u00e9alisaient 59\u00a0% de la diffusion totale, contre 84\u00a0% pour les dix premiers fran\u00e7ais. Ces dix premiers groupes d\u00e9tenaient 37\u00a0% des titres de presse en Allemagne,  contre 76\u00a0% en France. Pour les magazines, la chercheuse compte, en 2010, que les 5 premiers groupes de presse repr\u00e9sentent dans les deux pays 65\u00a0% de la diffusion totale, avec une concentration plus intense en France, puisqu\u2019il y a deux fois moins de titres qu\u2019en Allemagne. Mais, selon le Medienvielfalt monitor\u00a0[<a href=\"#nb17\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Observatoire du pluralisme, qui publie chaque ann\u00e9e des donn\u00e9es actualis\u00e9es\u00a0(\u2026)\" id=\"nh17\">17<\/a>], entre 2010 et 2024 la presse allemande a continu\u00e9 de se concentrer pour atteindre 87\u00a0% de la diffusion totale pour les 10 premiers groupes, et 73,5\u00a0% pour les 5 premiers groupes de magazines. Bien que plus diverse, la presse allemande est d\u00e9sormais aussi concentr\u00e9e que la fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Effet de cette concentration, la presse quotidienne allemande est en position de monopole dans un nombre de plus en plus important de villes et de L\u00e4nder\u00a0[<a href=\"#nb18\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Pour rappel, en France, le monopole r\u00e9gional est la r\u00e8gle, \u00e0 de rares\u00a0(\u2026)\" id=\"nh18\">18<\/a>]. Particuli\u00e8rement dans l\u2019ancienne RDA, o\u00f9 les journaux du parti socialiste unifi\u00e9 (SED) furent achet\u00e9s dans les premi\u00e8res ann\u00e9es 1990 par les groupes de presse de l\u2019ouest, perp\u00e9tuant ainsi un monopole\u2026 devenu capitaliste. Comme le dit Michael Haller, journaliste et chercheur\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est l\u2019une des n\u00e9gligences des hommes politiques ayant men\u00e9 la r\u00e9unification \u00e0 bien de ne pas avoir pluralis\u00e9 les structures monopolistiques de l\u2019\u00e9poque de la RDA, les confirmant au contraire en appliquant les conditions de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9. La cons\u00e9quence est que, aujourd\u2019hui, presque tous les journaux r\u00e9gionaux des nouveaux L\u00e4nder sont des monopoles.\u00a0\u00bb\u00a0[<a href=\"#nb19\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Michael Haller, \u00ab La presse en Allemagne \u00bb, Communication &amp; Langages,\u00a0(\u2026)\" id=\"nh19\">19<\/a>] Ce faisant, les journaux de l\u2019est se greffaient sur une tendance d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e0 l\u2019ouest depuis de longues ann\u00e9es. Car dans l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 endogame de la presse allemande, la seule solution, toute relative, \u00e0 la crise de la presse r\u00e9side dans les concentrations, qui permettent de r\u00e9duire les co\u00fbts par des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle et des licenciements, au prix du pluralisme. Une carte dress\u00e9e par Andrea Czepek\u00a0[<a href=\"#nb20\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"Andrea Czepek, op. cit., p. 143.\" id=\"nh20\">20<\/a>] des zones de monopole et des zones pluralistes prenant en compte les r\u00e9dactions autonomes fait appara\u00eetre pour l\u2019ann\u00e9e 2009 une partition en \u00e0 peu pr\u00e8s deux parties, soit plus de la moiti\u00e9 de l\u2019Allemagne sous monopole, et une partie o\u00f9 les habitants ont deux ou plusieurs sources d\u2019information dans la presse quotidienne. Tendance qui s\u2019est poursuivie avec la progression des concentrations.<\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/www.acrimed.org\/IMG\/png\/concentrationallemagne.png\" class=\"spip_doc_lien mediabox\" type=\"image\/png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/concentrationallemagne.png\" width=\"737\" height=\"495\" alt=\"\" class=\"adapt-img\"   loading=\"lazy\" onload=\"this.parentNode.className+=' loaded'\"\/><\/a><\/p>\n<p>Andrea Czepek, op. cit., p. 143.<\/p>\n<p><strong>Jean P\u00e9r\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p><strong>Annexe\u00a0: Petit panorama de groupes de presse<\/strong>\u00a0[<a href=\"#nb21\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"La plupart des informations sur les groupes de presse sont issues de leurs\u00a0(\u2026)\" id=\"nh21\">21<\/a>]<\/p>\n<p>Assez repr\u00e9sentatif des processus de concentration dans la presse, le groupe Madsack s\u2019est construit autour du principal quotidien de Hanovre, le Hannover Anzeiger, fond\u00e9 en 1893. En 1937, Erich Madsack, propri\u00e9taire du groupe, adh\u00e8re au parti nazi, le NSDAP. En 1943, le gouvernement national-socialiste le fait fusionner avec le Quotidien de Basse Saxe (Nieders\u00e4chsischen Tageszeitung), si bien qu\u2019au moment de son retour aux affaires, en ao\u00fbt 1949, il est le premier quotidien de la r\u00e9gion. En 1973, il ach\u00e8te deux autres journaux de Basse Saxe. Ainsi, pendant 80 ann\u00e9es, le groupe Madsack s\u2019\u00e9tend sur le seul Land de Basse Saxe par achats successifs de plusieurs quotidiens.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la chute du mur cependant, il ach\u00e8te \u00e0 d\u2019autres groupes de presse (Springer, FAZ, Bertelsmann) des quotidiens importants dans le Schleswig Holstein, et aussi dans les L\u00e4nder d\u2019ex-RDA de Saxe et du Brandebourg. Enfin et surtout, en 2009, Madsack ach\u00e8te la presse quotidienne de Springer (Leipziger Volkes Zeitung, L\u00fcbecker Nachrichten, Kieler Nachrichten, Segeberger Zeitung), devenant ainsi un acteur majeur de la presse \u00e9galement dans le Land de Schleswig Holstein. Il poursuit encore son extension en 2011 en p\u00e9n\u00e9trant le Land de Brandebourg par le rachat du M\u00e4rkische Allgemeine, quotidien le plus lu de la r\u00e9gion, au Frankfurter Allgemeine Zeitung. Et in fine, Madsack ach\u00e8te \u00e0 Bertelsmann en 2024 le DDV Medien Gruppe, avec notamment le S\u00e4chsische Zeitung et le Morgenpost Sachsen, lui assurant une position dominante en Saxe. Une vingtaine de quotidiens r\u00e9partis sur cinq L\u00e4nder lui appartiennent d\u00e9sormais. Parall\u00e8lement, Madsack a achet\u00e9 des journaux d\u2019annonces, fait d\u00e9velopper des applications num\u00e9riques, fait produire des films et des reportages pour la t\u00e9l\u00e9vision, propos\u00e9 des services\u00a0: portage, logistique, centres d\u2019appel, publicit\u00e9, et m\u00eame du co-voiturage. En 2024, il compte 900 000 abonn\u00e9s aux quotidiens pour un chiffre d\u2019affaires de 780 millions d\u2019euros (2022). Un des principaux actionnaires du groupe Madsack, pour 23,5\u00a0%, est la Deutsche Druck und Verlagsgesellschaft (DDVG), groupe de presse dont le propri\u00e9taire se trouve \u00eatre le SPD, parti socialiste allemand. La DDVG, 8e groupe de presse du pays, poss\u00e8de aussi ses propres journaux et imprimeries. En 2004, son rachat du Frankfurter Rundschau, quotidien d\u2019audience nationale, fit grand bruit. Le SPD se d\u00e9fend de toute intervention sur la ligne \u00e9ditoriale de ses publications, mais, en 2005, certains de ses membres auraient incit\u00e9 le Frankfurter Rundschau \u00e0 une critique plus f\u00e9roce de son concurrent de la gauche radicale, Die Linke.<\/p>\n<p>Le groupe Funke (Funke Medien Gruppe) a une \u00e9volution tr\u00e8s comparable \u00e0 celle de Madsack \u00e0 partir d\u2019un autre land, la Rh\u00e9nanie du Nord Westphalie. Journaliste, Jakob Funke adh\u00e8re au NDSAP en 1941, et devient chef de bureau \u00e0 l\u2019agence de presse nazie. En 1948, \u00e0 Essen, na\u00eet le quotidien Westdeutsche Allgemeine Zeitung (WAZ), qui demeure aujourd\u2019hui le deuxi\u00e8me quotidien allemand, apr\u00e8s Bild, avec 20 \u00e9ditions r\u00e9gionales. Erich Prost, journaliste r\u00e9sistant allemand est son premier propri\u00e9taire avec Jakob Funke. Dans les ann\u00e9es 1970, quatre autres quotidiens de la m\u00eame r\u00e9gion seront acquis. Apr\u00e8s la chute du mur, Funke r\u00e9cup\u00e8re plusieurs quotidiens de Thuringe qu\u2019il associe dans le Funke Medien Thuringen, un des plus gros groupes de presse dans l\u2019ex-RDA. Sa plus importante op\u00e9ration est l\u2019achat en 2013 \u00e0 Springer, pour 920 millions d\u2019euros, de deux nouveaux quotidiens, le Berliner Morgenpost, un des principaux quotidiens de la capitale, et le Hamburger Abendblat, ainsi que des magazines de t\u00e9l\u00e9vision et des f\u00e9minins. Si bien qu\u2019en 2024, le groupe compte une vingtaine de quotidiens r\u00e9partis sur cinq L\u00e4nder. Le groupe Funke dispose \u00e9galement d\u2019un p\u00f4le magazines et de prises de participation \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Il compte aujourd\u2019hui une quarantaine de magazines dans les domaines de la t\u00e9l\u00e9vision, du style de vie, de la f\u00e9minit\u00e9, de la cuisine, etc., ce qui fait de lui un des premiers groupes europ\u00e9ens en la mati\u00e8re. Il s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u00e0 partir de 1987, lorsqu\u2019il prend 50\u00a0% du premier quotidien autrichien, Die Krone (810 000 exemplaires en 2012) et en 1988, 49,4\u00a0% dans le Kurier (108 000 exemplaires en 2019), \u00e9galement autrichien. Il est \u00e9galement actif en Hongrie, Albanie, Croatie, et Russie. Comme le groupe Madsack, il s\u2019\u00e9tend aux march\u00e9s connexes des petites annonces et des offres digitales \u00e0 l\u2019intention des femmes, dans les domaines de la sant\u00e9 et de l\u2019habitat, et anime en outre des stations de radio dans la Westphalie du Nord et un portail de vid\u00e9os \u00e0 la demande (VOD). Avec 5 400 salari\u00e9s et 1 700 journalistes (et 14 000 livreurs) pour un chiffre d\u2019affaires de 1,13 milliards d\u2019euros (2022), Funke Medien Gruppe ambitionne rien de moins que de devenir le premier groupe de m\u00e9dias allemand.<\/p>\n<p>D\u2019autres groupes de presse se sont constitu\u00e9s \u00e0 partir de magazines comme le groupe Bauer, n\u00e9 de l\u2019imprimerie \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. Pendant la guerre, son propri\u00e9taire, Alfred Bauer, fut membre du parti nazi, qui lui a permis d\u2019augmenter la diffusion de ses magazines. Le groupe a cumul\u00e9 au fil du temps quelque 60 magazines en Allemagne, et plus de 500 dans d\u2019autres pays \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1980. Par exemple, il ach\u00e8te en 2007 le groupe britannique Emap (magazines et radios) pour 1,58 milliard d\u2019euros, ou encore, pour 407 millions d\u2019euros, le plus important d\u00e9tenteur de magazines en Australie. Il poss\u00e8de \u00e9galement les deux principaux quotidiens de Saxe Anhalt. C\u2019est l\u2019un des plus grands groupes de presse europ\u00e9en, avec 15 000 salari\u00e9s dans 12 pays et 2,3 milliards d\u2019euros de chiffre d\u2019affaires. En France, Bauer poss\u00e8de quelques publications (T\u00e9l\u00e9c\u00e2ble Sat Hebdo, les magazines f\u00e9minins Maxi, Maxi Cuisine, Jeux de Maxi).<\/p>\n<p>Le groupe Burda est \u00e9galement issu de l\u2019imprimerie \u00e0 Offenburg (Bade Wurtemberg), au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. Il prosp\u00e8re dans l\u2019acquisition de magazines, notamment sous le nazisme, dont Hubert Burda est membre du parti. Actionnaire de Springer en 1983 (25\u00a0%), il b\u00e9n\u00e9ficie de dividendes tr\u00e8s importants, mais \u00e9choue \u00e0 en prendre le contr\u00f4le en 1988. D\u00e8s lors, il se rabat sur les magazines \u00e0 forte diffusion (Bunte, Playboy-\u00e9dition allemande, Elle-\u00e9dition allemande), et cr\u00e9e Focus, grand concurrent du premier magazine d\u2019information Der Spiegel. \u00c0 partir des ann\u00e9es 2000, le groupe \u00e9tend son domaine aux activit\u00e9s digitales, dont il tire aujourd\u2019hui plus de la moiti\u00e9 de ses revenus. Comme le groupe Bauer, il d\u00e9veloppe son activit\u00e9 dans 12 pays, dont la France avec Le Nouveau d\u00e9tective, et 6 autres magazines de la filiale Burda Bleu. Il emploie 12 000 salari\u00e9s, \u00e9dite 444 magazines pour un chiffre d\u2019affaires de 2,7 milliards d\u2019euros (2023).<\/p>\n<p>Unique en son genre, le groupe Axel Springer doit l\u2019essentiel de sa prosp\u00e9rit\u00e9 au quotidien \u00e0 sensation Bild Zeitung, premier journal europ\u00e9en en tirage. Il tire encore, malgr\u00e9 une baisse constante, \u00e0 presque un million d\u2019exemplaires. Son \u00e9dition du dimanche (Bild am Sonntag) est le deuxi\u00e8me magazine allemand, et celui d\u00e9di\u00e9 aux femmes (Bild der Frau) le 5e, au sport, le 6e. En outre, le groupe Springer poss\u00e8de Die Welt, un des plus importants quotidiens d\u2019information. Apr\u00e8s avoir vendu une partie de sa presse \u00e0 Funke, Springer reste d\u00e9tenteur d\u2019une trentaine de magazines, et de sites comme l\u2019am\u00e9ricain Politico (son plus gros investissement, un milliard d\u2019euros) ou le fran\u00e7ais Marmiton. Le fonds d\u2019investissement KKR (pour \u00ab\u00a0Kohlberg Kravis Roberts &amp; Co\u00a0\u00bb), l\u2019un des plus importants du monde, est devenu en 2019 l\u2019actionnaire majoritaire du groupe qui, en septembre 2024, se divise en deux entit\u00e9s autonomes\u00a0: KKR r\u00e9cup\u00e8re les sites d\u2019annonces et Springer reprend toute la partie presse. Il conduit depuis quelques ann\u00e9es une conversion de son empire de presse vers le num\u00e9rique \u2013 en particulier les sites d\u2019information en ligne \u2013 qui constitue la plus grande part de ses recettes et de ses b\u00e9n\u00e9fices, respectivement de 3,9 milliards et 750 millions d\u2019euros (2023), pour un effectif de 18 000 salari\u00e9s.<\/p>\n<p>Quant au g\u00e9ant allemand des m\u00e9dias et de l\u2019\u00e9dition, Bertelsmann (145 000 salari\u00e9s, CA de 13,8 milliards d\u2019euros en 2021), il est d\u2019abord une maison d\u2019\u00e9dition n\u00e9e en 1835. Le groupe s\u2019est fortement enrichi au cours de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale gr\u00e2ce \u00e0 une coop\u00e9ration \u00e9troite avec le r\u00e9gime nazi. \u00ab\u00a0Bertelsmann s\u2019\u00e9tait sp\u00e9cialis\u00e9 dans la publication d\u2019ouvrages \u00e0 la gloire de la Wehrmacht. Une cinquantaine d\u2019ouvrages litt\u00e9raires (sur 1 200 publi\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque) contenaient des attaques antis\u00e9mites massives\u00a0\u00bb\u00a0[<a href=\"#nb22\" class=\"spip_note\" rel=\"appendix\" title=\"\u00ab Le pass\u00e9 nazi de Bertelsmann av\u00e9r\u00e9 \u00bb, Lib\u00e9ration, 10 octobre 2002.\" id=\"nh22\">22<\/a>]. Son activit\u00e9 dans la presse d\u00e9bute en 1970, alors qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 un des plus gros groupes de communication du monde. En achetant l\u2019\u00e9diteur Gr\u00fcner+Jahr, il acquiert un certain nombre de magazines, parmi lesquels on compte l\u2019un des plus importants, Stern, dans l\u2019information politique et g\u00e9n\u00e9rale, et Brigitte, magazine f\u00e9minin qui \u00e9tait alors le plus fort tirage en Allemagne (800 000 exemplaires), ainsi que de nombreux magazines dans d\u2019autres pays. Il devient ainsi un des plus importants groupes de presse magazine d\u2019Allemagne. Il poss\u00e9dait en France le groupe Prisma Presse, une quarantaine de titres (Geo, Gala, Femme actuelle, Voici, Capital\u2026) qu\u2019il a vendus \u00e0 Bollor\u00e9 en 2021. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le groupe veut faire le m\u00e9nage dans sa presse magazine en ne gardant que les titres les plus importants. En f\u00e9vrier 2023, Bertelsmann annonce la suppression de 700 emplois dans le p\u00f4le magazine, soit le tiers des effectifs.<\/p>\n<p>On aura remarqu\u00e9 la notable quantit\u00e9 d\u2019investissements des groupes allemands dans des entreprises \u00e9trang\u00e8res, y compris en France, alors que les m\u00e9dias fran\u00e7ais restent, \u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, centr\u00e9s sur l\u2019hexagone. Une question de capacit\u00e9 capitalistique, sans doute, mais aussi le fait que les m\u00e9dias fran\u00e7ais qui sont aux mains d\u2019industriels se soucient peu d\u2019exercer une influence politique dans des pays \u00e9trangers, alors que les allemands y voient une occasion d\u2019\u00e9tendre leur empire et d\u2019augmenter leurs profits sans enfreindre les lois allemandes anti-concentrations.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le march\u00e9 de la presse allemande est \u00e0 tous points de vue beaucoup plus important que le march\u00e9&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":524880,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,672,1804,1805,1803,1777,674,1801,12,1802],"class_list":{"0":"post-524879","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-allemagne","10":"tag-bundesrepublik-deutschland","11":"tag-de","12":"tag-deutschland","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-germany","16":"tag-news","17":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115525402957235252","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/524879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=524879"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/524879\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/524880"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=524879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=524879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=524879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}