{"id":530433,"date":"2025-11-13T03:35:25","date_gmt":"2025-11-13T03:35:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/530433\/"},"modified":"2025-11-13T03:35:25","modified_gmt":"2025-11-13T03:35:25","slug":"a-kaboul-les-talibans-tentent-de-faire-disparaitre-les-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/530433\/","title":{"rendered":"\u201c\u00c0 Kaboul, les talibans tentent de faire dispara\u00eetre les femmes\u201d"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"article__chapeau\">Dans un poignant documentaire, la journaliste Najiba Noori filme le quotidien de sa s\u0153ur, de sa ni\u00e8ce, mais surtout de sa m\u00e8re, Hawa, qui entreprend \u00e0 52 ans d\u2019apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire. Une qu\u00eate d\u2019ind\u00e9pendance stopp\u00e9e par le retour des talibans en 2021.<\/p>\n<p>              <a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/7c80ba0_upload-1-wj3rddbpkpcn-laviedehawa6.jpg\" data-pswp-width=\"\" data-pswp-height=\"\" class=\"media__hd\" target=\"_blank\">      <img decoding=\"async\" fetchpriority=\"high\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/7c80ba0_upload-1-wj3rddbpkpcn-laviedehawa6.jpg\" class=\"media__picture js-media-zoom-main \" alt=\"Hawa et sa petite-fille Zahra, film\u00e9es par Najiba Noori \u00e0 partir de  2019. \" la=\"\" vie=\"\" de=\"\" hawa=\"\" title=\"TAG Film\"\/>      <\/p>\n<p class=\"media__legend\"> Hawa et sa petite-fille Zahra, film\u00e9es par Najiba Noori \u00e0 partir de  2019. \u00ab\u00a0La vie de Hawa\u00a0\u00bb (2024).  TAG Film  <\/p>\n<p>     <\/a>                    <\/p>\n<p class=\"author author--simple\">Par  <a class=\"author author--link\" href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/recherche\/articles?q=C%C3%A9cile++Marchand+M%C3%A9nard\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> C\u00e9cile  Marchand M\u00e9nard <\/a>    <\/p>\n<p class=\"publication__date\">Publi\u00e9 le 12 novembre 2025 \u00e0 13h52<\/p>\n<p class=\"publication__update\">Mis \u00e0 jour le 12 novembre 2025 \u00e0 16h56<\/p>\n<p>   Partager   <\/p>\n<ul class=\"sharing-popin--results\">\n<li class=\"sharing-popin--item sharing-popin--item-container\"> Partage  <\/li>\n<li data-share=\"linkedin\" class=\"sharing-popin--item\">  LinkedIn <\/li>\n<li data-share=\"facebook\" class=\"sharing-popin--item\">  Facebook <\/li>\n<li data-share=\"mail\" data-social=\"mail\" class=\"sharing-popin--item\">  Envoyer par email <\/li>\n<li data-share=\"copy\" class=\"sharing-popin--item\">  Copier le lien <\/li>\n<\/ul>\n<p>        Favoris       <\/p>\n<p>                <a class=\"openapp__link\" data-event=\"click-open-app\" data-deep-link=\"tlrm:\/\/element?id=\/television\/la-vie-de-hawa-sur-arte-a-kaboul-les-talibans-tentent-de-faire-disparaitre-les-femmes-7028250.php&amp;source=deeplink_site\">  Lire dans l&rsquo;application<br \/>\n  <\/a>                               <\/p>\n<p class=\"paragraph\">Attabl\u00e9e dans un caf\u00e9 du vingti\u00e8me arrondissement de Paris, la documentariste Najiba Noori se souvient\u00a0de la naissance d\u2019une vocation\u00a0: \u00ab\u00a0Quand j\u2019avais 14\u00a0ans, avec ma m\u00e8re, nous \u00e9coutions une \u00e9mission radio anim\u00e9e par des femmes. Les entendre parler aux gens, c\u2019\u00e9tait quelque chose de magique. Je me suis dit\u00a0: un jour, j\u2019aimerais beaucoup devenir journaliste.\u00a0\u00bb Dans <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/television\/la-vie-de-hawa-notre-critique-du-documentaire_cri-7041441.php\" rel=\"nofollow noopener\">La Vie de Hawa<\/a>, premier film bouleversant, la r\u00e9alisatrice afghane, issue de la minorit\u00e9 hazara, donne \u00e0 son tour la parole \u00e0 trois g\u00e9n\u00e9rations de femmes\u00a0: sa s\u0153ur, sa ni\u00e8ce, mais surtout sa m\u00e8re, Hawa, 52\u00a0ans. En\u00a02019, \u00e0 Kaboul, lorsque sa fille commence \u00e0 la filmer, son mari \u2014 un homme de trente ans son a\u00een\u00e9, \u00e9pous\u00e9 alors qu\u2019elle n\u2019avait que 13\u00a0ans\u2014 est s\u00e9nile, ses six enfants sont grands\u2026 et Hawa entreprend d\u2019apprendre \u00e0 lire, \u00e0 \u00e9crire, et lance son petit commerce de broderies artisanales.<\/p>\n<p class=\"paragraph\">\u00ab\u00a0Les Afghanes sont toujours d\u00e9peintes comme des victimes. Bien entendu, leur condition est extr\u00eamement difficile. Mais des femmes, comme ma m\u00e8re, ont r\u00e9sist\u00e9 toute leur vie. Il faut aussi raconter leur histoire\u00a0\u00bb, mart\u00e8le Najiba Noori. Dans ce film portrait, elle rend hommage \u00e0 la d\u00e9termination d\u2019une m\u00e8re qui voit en l\u2019\u00e9ducation un moyen de s\u2019\u00e9manciper\u2026 Et a toujours milit\u00e9 pour que ses deux filles et leurs quatre fr\u00e8res acc\u00e8dent au savoir, y compris alors que leur famille \u00e9tait<strong> <\/strong>r\u00e9fugi\u00e9e en Iran jusqu\u2019en\u00a02004, pour fuir les talibans parvenus une premi\u00e8re fois au pouvoir en\u00a01996. \u00ab\u00a0Ma m\u00e8re a voulu nous offrir une vie diff\u00e9rente de la sienne. D\u00e8s notre retour en Afghanistan, alors que j\u2019avais 9\u00a0ans, elle m\u2019a inscrite \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Et lorsque j\u2019ai quitt\u00e9 le foyer, \u00e0 17\u00a0ans, elle m\u2019a soutenue car c\u2019\u00e9tait pour \u00e9tudier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote class=\"blockquote\">\n<p class=\"blockquote__citation\">R\u00e9aliser ce film \u00e9tait un moyen de soutenir les Afghanes, malgr\u00e9 mon exil.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Najiba Noori, r\u00e9alisatrice<\/p>\n<p class=\"paragraph\">Pass\u00e9e bri\u00e8vement par l\u2019universit\u00e9 (en<strong> <\/strong>fili\u00e8re agriculture), Najiba Noori participe \u00e0 des \u00e9missions de radio \u2014 \u00ab\u00a0pendant trois ans, apr\u00e8s les cours, sans \u00eatre pay\u00e9e\u00a0\u00bb \u2014 et d\u00e9couvre finalement le reportage durant un cours de photographie. En\u00a02019, elle devient une voix de l\u2019Afghanistan pour l\u2019Agence France presse. \u00ab\u00a0Dans le m\u00eame temps, je filmais ma m\u00e8re\u00a0\u00bb, se souvient-elle. Chez le coiffeur, alors qu\u2019Hawa n\u00e9gocie avec des commer\u00e7ants en ville, sa fille chronique avec d\u00e9licatesse l\u2019\u00e9mancipation tardive d\u2019une femme qui \u00ab\u00a0dit toujours ce qu\u2019elle pense\u00a0\u00bb. Une exp\u00e9rience intime, qui resserre leur lien. Devant sa cam\u00e9ra, Hawa se livre sur sa vie amoureuse, ses sacrifices, ses regrets. \u00ab\u00a0Je lui ai pos\u00e9 des questions que je n\u2019osais pas poser au quotidien. J\u2019ai pu l\u2019observer plus en d\u00e9tail, avec plus d\u2019attention. J\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 l\u2019importance d\u2019\u00e9couter\u00a0\u00bb, confie la r\u00e9alisatrice.<\/p>\n<p class=\"edito__prefixe\">   Lire la critique   <\/p>\n<p class=\"edito__text-container\">   r    <a alt=\"Lire aussi\" href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/television\/comme-tu-es-belle-avoir-20-ans-en-pays-taliban_cri-7028070.php\" class=\"article__title--edito\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u201cComme tu es belle\u00a0! Avoir 20\u00a0ans en pays taliban\u201d\u00a0: un hymne aux femmes afghanes<\/a>  <\/p>\n<p class=\"paragraph\">Mais alors qu\u2019elle documente les progr\u00e8s de sa m\u00e8re, qui s\u2019entra\u00eene \u00e0 former des caract\u00e8res, puis des phrases sur son tableau d\u2019\u00e9coli\u00e8re, la situation g\u00e9opolitique, de plus en plus sombre, s\u2019immisce dans leur vie. Sur l\u2019\u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision familial, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Hawa, Najiba Noori assiste, incr\u00e9dule, \u00e0 la progression des talibans. \u00ab\u00a0Jusqu\u2019au moment o\u00f9 ils sont entr\u00e9s dans Kaboul, je n\u2019y croyais pas. En quelques mois, les femmes afghanes ont perdu des ann\u00e9es de progr\u00e8s pour leurs droits\u2026\u00a0\u00bb, se rem\u00e9more-t-elle avec une \u00e9motion encore vive. Le 15\u00a0ao\u00fbt 2021, alors que Kaboul tombe aux mains du groupe terroriste, la journaliste de 26\u00a0ans doit quitter son pays en quelques minutes (sa famille n\u2019a pu la rejoindre en France que l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e, \u00e0 l\u2019exception de sa s\u0153ur et sa ni\u00e8ce). \u00ab\u00a0La situation \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9l\u00e9t\u00e8re pour les journalistes. Nous avions perdu beaucoup de coll\u00e8gues. D\u00e8s que je sortais, j\u2019avais peur de ne pas revenir vivante. J\u2019ai assist\u00e9 \u00e0 des sc\u00e8nes d\u2019horreur traumatisantes. Travailler pour l\u2019AFP \u00e9tait devenu trop dangereux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>                              <a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/7a547cf_upload-1-3b5jyvgzcv5f-laviedehawa.jpg\" data-pswp-width=\"\" data-pswp-height=\"\" class=\"media__hd\" target=\"_blank\">      <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/7a547cf_upload-1-3b5jyvgzcv5f-laviedehawa.jpg\" class=\"media__picture js-media-zoom  media__size--large\" alt=\"Najiba Noori, en exil depuis le retour des talibans en 2021, parle \u00e0 sa m\u00e8re en vid\u00e9o. Ce moment est capt\u00e9 par son fr\u00e8re Rasul, lui aussi journaliste, alors encore sur place. \" title=\"TAG Film\"\/>      <\/p>\n<p class=\"media__legend\"> Najiba Noori, en exil depuis le retour des talibans en 2021, parle \u00e0 sa m\u00e8re en vid\u00e9o. Ce moment est capt\u00e9 par son fr\u00e8re Rasul, lui aussi journaliste, alors encore sur place.   TAG Film  <\/p>\n<p>     <\/a>                          <\/p>\n<p class=\"paragraph\">Pas question cependant d\u2019interrompre le tournage de son film. Najiba Noori confie alors sa cam\u00e9ra \u00e0 son fr\u00e8re photographe, Rasul. Dans la derni\u00e8re partie de son long m\u00e9trage, film\u00e9e apr\u00e8s 2021, la r\u00e9pression croissante des Afghanes par les talibans est palpable\u00a0: pers\u00e9cut\u00e9es, interdites d\u2019acc\u00e9der aux universit\u00e9s, de circuler librement\u2026 \u00ab\u00a0Je suis journaliste, je sais \u00e0 quel point les m\u00e9dias peuvent d\u00e9laisser un terrain de conflit pour un autre, d\u00e9plore Najiba Noori. Or nous devons continuer de montrer ce qu\u2019il se passe \u00e0 Kaboul. Un groupe terroriste tente de faire dispara\u00eetre les femmes. Nous avons pass\u00e9 beaucoup de temps au t\u00e9l\u00e9phone avec mon fr\u00e8re, afin de savoir comment proc\u00e9der. R\u00e9aliser ce film \u00e9tait un moyen de soutenir les Afghanes, malgr\u00e9 mon exil.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"edito__prefixe\">   \u00c0 lire aussi :   <\/p>\n<p class=\"edito__text-container\">   <a alt=\"Lire aussi\" href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/debats-reportages\/filles-et-femmes-afghanes-l-interdiction-d-education-a-un-impact-dramatique-sur-leur-existence-7013973.php\" class=\"article__title--edito\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Filles et femmes afghanes\u00a0: \u201cL\u2019interdiction d\u2019\u00e9ducation a un impact dramatique sur leur existence\u201d<\/a>  <\/p>\n<p class=\"paragraph\">R\u00e9fugi\u00e9e \u00e0 Paris depuis quatre ans, la r\u00e9alisatrice se consacre d\u00e9sormais uniquement au documentaire, pr\u00e9pare un film sur une compatriote elle aussi exil\u00e9e, et un autre, en animation, sur sa propre histoire. \u00ab\u00a0Ces r\u00e9cits, c\u2019est ma fa\u00e7on de r\u00e9sister\u00a0\u00bb, souligne-t-elle. Lorsque nous la rencontrons cet apr\u00e8s-midi venteux d\u2019octobre, elle arrive tout juste du Japon\u2026 et se pr\u00e9pare \u00e0 repartir quelques jours plus tard pour un festival en Allemagne. \u00ab\u00a0Je suis fatigu\u00e9e, souffle-t-elle dans un sourire. Mais pour moi, c\u2019est tr\u00e8s important d\u2019accompagner mon film, d\u2019en parler avec le public. Nous ne devons pas oublier les femmes afghanes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>                      La Vie de Hawa, documentaire de Najiba Noori. Diffus\u00e9 sur Arte, mercredi 12\u00a0novembre \u00e0 23h40. Et disponible <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.arte.tv\/fr\/videos\/116047-000-A\/la-vie-de-hawa\/\" rel=\"nofollow noopener\">sur Arte.tv<\/a>.           <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans un poignant documentaire, la journaliste Najiba Noori filme le quotidien de sa s\u0153ur, de sa ni\u00e8ce, mais&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":530434,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1354],"tags":[58,59,1346,1011,27,1360],"class_list":{"0":"post-530433","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-films","8":"tag-divertissement","9":"tag-entertainment","10":"tag-films","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-movies"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115540298107025768","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/530433","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=530433"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/530433\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/530434"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=530433"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=530433"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=530433"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}