{"id":530639,"date":"2025-11-13T05:44:20","date_gmt":"2025-11-13T05:44:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/530639\/"},"modified":"2025-11-13T05:44:20","modified_gmt":"2025-11-13T05:44:20","slug":"des-joueurs-des-equipes-de-france-et-dallemagne-racontent-leur-soiree-terrifiante-du-13-novembre-2015-au-stade-de-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/530639\/","title":{"rendered":"des joueurs des \u00e9quipes de France et d&rsquo;Allemagne racontent leur soir\u00e9e \u00ab\u00a0terrifiante\u00a0\u00bb du 13 novembre 2015 au Stade de France"},"content":{"rendered":"<p>\n  Il y a dix ans, jour pour jour, vers 21h20, le premier commando des attentats terroristes du 13 novembre 2015 est entr\u00e9 en action aux abords du Stade de France. Christophe Jallet, d\u00e9fenseur de l&rsquo;\u00e9quipe de France, et Kevin Trapp, gardien de l&rsquo;Allemagne, se souviennent.\n<\/p>\n<p>Vendredi 13 novembre 2013, 20h55. La Marseillaise est reprise en ch\u0153ur par les 80\u00a0000 supporters pr\u00e9sents au Stade de France. La temp\u00e9rature est douce, l&rsquo;affiche est belle, l&rsquo;\u00e9quipe de France affronte les champions du monde en titre, l&rsquo;Allemagne. Une soir\u00e9e de r\u00eave sur le papier pour les amateurs de football, qui va vite tourner au cauchemar.<\/p>\n<p>Avec un premier \u00e9v\u00e9nement annonciateur l&rsquo;h\u00f4tel Molitor, o\u00f9 r\u00e9sidait la s\u00e9lection allemande. \u00ab\u00a0La journ\u00e9e avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9but\u00e9 pour nous avec une alerte \u00e0 la bombe le matin\u00a0\u00bb, se rappelle pour franceinfo le gardien allemand Kevin Trapp, qui f\u00eatait alors sa premi\u00e8re convocation avec la Mannschaft, \u00ab\u00a0On n&rsquo;avait pas pris \u00e7a tr\u00e8s au s\u00e9rieux pour \u00eatre honn\u00eate\u00a0\u00bb, raconte le joueur allemand. Laurent Georges est \u00ab\u00a0stadium manager\u00a0\u00bb : il g\u00e8re la zone comp\u00e9tition du stade de France. \u00ab\u00a0Je suis au bord de la pelouse, dans les oreillettes, j&rsquo;entends une tentative de lancer de grenade dans l&rsquo;enceinte. D&rsquo;autres pensent \u00e0 une suspision d&rsquo;explosion de bouteille de gaz, mais li\u00e9e \u00e0 de la restauration, avenue Jules Rimet. Cela fait partie des premiers messages que je re\u00e7ois. Je monte ensuite directement au PCT, le centre op\u00e9rationnel du stade\u00a0\u00bb, explique-t-il \u00e0 FranceInfo.<\/p>\n<p>21h16 : la premi\u00e8re d\u00e9tonation<\/p>\n<p>Le match d\u00e9bute dans une ambiance festive, Kevin Trapp observe la rencontre depuis le banc de touche, c&rsquo;est Manuel Neuer qui est titulaire dans la cage allemande. \u00c0 quelques m\u00e8tres de lui, sur le banc fran\u00e7ais, Christophe Jallet, d\u00e9fenseur \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;Olympique lyonnais. Vient la 16e\u00a0minute de jeu, le ballon est dans les pieds d&rsquo;Anthony Martial quand une premi\u00e8re d\u00e9tonation retentit.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyload\" alt=\"Les joueurs de l'\u00e9quipe de France le soir du match contre l'Allemagne, le 13 novembre 2015. (JEAN MARIE HERVIO \/ DPPI MEDIA)\" width=\"720\" height=\"405.01270110076\" data- src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/martial-69149fd423c83059829238.jpg\"\/><\/p>\n<p>      Les joueurs de l&rsquo;\u00e9quipe de France le soir du match contre l&rsquo;Allemagne, le 13 novembre 2015. (JEAN MARIE HERVIO \/ DPPI MEDIA)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est un peu confus, je suis sur le banc c&rsquo;est France-Allemagne, c&rsquo;est un match important, on est concentr\u00e9s, raconte Christophe Jallet. On entend un grand boom, une esp\u00e8ce de d\u00e9tonation sourde, je suis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Benoit Costil sur le banc, on se regarde, je lui dis : &lsquo;Il s&rsquo;est pass\u00e9 quoi, depuis quand le kop des supporters fran\u00e7ais ont des bombes agricoles ?&rsquo; Il me dit que c&rsquo;est bizarre, que ce n&rsquo;est pas trop le style, g\u00e9n\u00e9ralement c&rsquo;est plut\u00f4t bon enfant. On n&rsquo;est pas dans les ambiances les plus chaudes des stades fran\u00e7ais. On n&rsquo;a pas l&rsquo;habitude d&rsquo;entendre ce genre de bruit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote class=\"ftvi_content_quote\">\n<p class=\"ftvi_citation_quote\">\u00ab\u00a0On est un peu interloqu\u00e9s, mais finalement on se remet dans le jeu assez rapidement, \u00e7a d\u00e9note plus de l\u2019accidentel de ce qu\u2019on peut s\u2019imaginer tout de suite \u00e0 \u00eatre un drame absolu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Christophe Jallet, d\u00e9fenseur de l&rsquo;\u00e9quipe de France le 13 novembre 2015<\/p>\n<p class=\"ftvi_citation_source\">\u00e0 franceinfo<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Kevin Trapp, lui non plus, ne pr\u00eate pas forc\u00e9ment attention \u00e0 cette premi\u00e8re explosion\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0On ne savait pas ce que c&rsquo;\u00e9tait, on pensait que c\u2019\u00e9taient des supporters qui avaient lanc\u00e9 quelque chose.\u00a0\u00bb Sur le parvis du Stade de France, Porte\u00a0D, l&rsquo;explosion fait une victime, la premi\u00e8re de cette funeste soir\u00e9e : Manuel Dias, chauffeur d&rsquo;autocar.<\/p>\n<p>21h20 : la deuxi\u00e8me d\u00e9tonation<\/p>\n<p>Quatre minutes plus tard, alors que le ballon est dans les pieds du d\u00e9fenseur Patrice Evra, quand une deuxi\u00e8me d\u00e9tonation, plus sourde, d\u00e9chire le ciel. Ce dernier l\u00e8ve les yeux, le regard inquiet vers les tribunes, avant de donner son ballon. \u00ab\u00a0La deuxi\u00e8me explosion, m\u00eame l\u00e0, personne n&rsquo;a pris vraiment la chose au s\u00e9rieux, on pensait toujours que cela venait des supporters, m\u00eame si c&rsquo;\u00e9tait quand m\u00eame plus fort que d&rsquo;habitude, estime alors Kevin Trapp. Nous, on est \u00e0 mille lieues de s&rsquo;imaginer de ce qui peut se passer, mais c&rsquo;est potentiellement la premi\u00e8re fois qu&rsquo;on entend \u00e7a sur un match de l&rsquo;\u00e9quipe de France, abonde Christophe Jallet. Disons que c&rsquo;est plus le jour, le lieu et l&rsquo;endroit qui fait que \u00e7a semble anormal.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sur le terrain, les Bleus prennent l&rsquo;avantage en toute fin de premi\u00e8re p\u00e9riode gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9alisation sign\u00e9e Olivier Giroud. De retour au vestiaire, Christophe Jallet sent qu&rsquo;il se passe quelque chose d&rsquo;anormal. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai un r\u00e9flexe somme toute naturel, je me demande ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9, et je regarde donc sur mon t\u00e9l\u00e9phone, ce que je ne fais jamais, pour regarder s&rsquo;il y a une information, quelque chose, et je n&rsquo;ai pas de r\u00e9seau. Ni t\u00e9l\u00e9phonique, ni wifi, je n&rsquo;ai rien. On reste focus sur le match, car \u00e0 ce moment-l\u00e0, le plus important c&rsquo;est le sportif, car on ne sait pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Autre ambiance au PCTE, le centre op\u00e9rationnel du Stade de France. \u00ab\u00a0Quand j&rsquo;arrive dans cette salle, il y a la deuxi\u00e8me d\u00e9tonation et l\u00e0, les vitres vibrent, se souvient Laurent Georges. Je suis reli\u00e9 \u00e0 la fr\u00e9quence s\u00e9curit\u00e9 sur les matches, j&rsquo;entends tout ce qu&rsquo;il se passe et on comprend qu&rsquo;on cherche \u00e0 nuire \u00e0 la rencontre. On tient l&rsquo;information, on ne la communique pas \u00e0 tout le monde pour \u00e9viter un effet de panique, en termes d&rsquo;organisation. C&rsquo;est assez complexe de se retrouver dans une situation o\u00f9 vous avez certaines informations et vous savez que vous n&rsquo;allez pas passer une bonne soir\u00e9e, et que dans le m\u00eame temps vous devez sourire avec vos coll\u00e8gues qui ne doivent pas \u00eatre inform\u00e9s, du moins dans un premier temps.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>22 heures : le match doit continuer<\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s le d\u00e9but de la seconde p\u00e9riode, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Fran\u00e7ois Hollande, le premier ministre Manuel Valls et le ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur Bernard Cazeneuve quittent en toute discr\u00e9tion l&rsquo;enceinte. Dans les oreillettes, aux abords du terrain, les agents de s\u00e9curit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 alert\u00e9s : \u00ab\u00a0Quelqu&rsquo;un s&rsquo;est fait exploser sur le parvis.\u00a0\u00bb Mais ordre a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de poursuivre la rencontre, pour \u00e9viter la panique g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout \u00e7a me para\u00eet un peu \u00e9trange. Je rentre en deuxi\u00e8me mi-temps, le coach me demande d&rsquo;aller m&rsquo;\u00e9chauffer, pendant au moins une demi-heure, je passe \u00e0 autre chose, je reprends le cours de ma vie, car le plus important, \u00e0 ce moment-l\u00e0, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre performant avec l&rsquo;\u00e9quipe de France, poursuit Christophe Jallet. On gagne 2-0, super, je rentre sur la pelouse pour c\u00e9l\u00e9brer avec mes partenaires, et je vois sur l&rsquo;\u00e9cran g\u00e9ant des directives.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote class=\"ftvi_content_quote\">\n<p class=\"ftvi_citation_quote\">\u00ab\u00a0\u00c0 ce moment-l\u00e0 dans ma t\u00eate \u00e7a fait tilt : il y a deux d\u00e9tonations, pas de r\u00e9seau \u00e0 la mi-temps et \u00a0des indications \u00e0 la fin du match&#8230; Il s&rsquo;est pass\u00e9 quelque chose.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Christophe Jallet, d\u00e9fenseur de l&rsquo;\u00e9quipe de France le 13 novembre 2015<\/p>\n<p class=\"ftvi_citation_source\">\u00e0 franceinfo<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>22h45 : camp de fortune dans le vestiaire allemand<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que l&rsquo;information circule. Des \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision avec les cha\u00eenes d&rsquo;information en continu sont accroch\u00e9s dans le couloir menant aux vestiaires. Plusieurs joueurs de l&rsquo;\u00e9quipe de France s&rsquo;y agglutinent. \u00ab\u00a0Tr\u00e8s rapidement, je retourne aux vestiaires, d&rsquo;habitude je prends plus mon temps, et \u00e0 ce moment-l\u00e0 quand je passe dans le couloir, je sais que c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il y a des \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision. Je les regarde et je vois l&rsquo;information. C&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 je prends conscience qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 quelque chose de grave\u00a0\u00bb, se rem\u00e9more Jallet. \u00ab\u00a0Je me suis aussi arr\u00eat\u00e9, avec les joueurs fran\u00e7ais, raconte Kevin Trapp. L\u00e0, on a vu ce qu&rsquo;il se passait en ville. Mais, m\u00eame \u00e0 ce moment-l\u00e0, je crois qu&rsquo;on ne s&rsquo;est pas rendu compte de la gravit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements. On est ensuite all\u00e9s au vestiaire, le manager de l&rsquo;\u00e9quipe Oliver Bierhoff nous a parl\u00e9 pour essayer de nous expliquer car personne ne comprenait vraiment la situation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand le match se termine, dans la salle PCTE il y a deux cha\u00eenes d&rsquo;information en continu allum\u00e9es, on ne parle pas du Stade de France pendant tr\u00e8s longtemps &#8211; enfin le temps me para\u00eet long jusqu&rsquo;\u00e0 que cela se produise &#8211; et \u00e0 un moment, cela appara\u00eet dans les bandeaux\u00a0\u00bb,\u00a0d\u00e9taille Laurent Georges. \u00ab\u00a0Ce qui nous a rendu service,c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, il n&rsquo;y a pas un super r\u00e9seau, et peu de gens sont inform\u00e9s. Le r\u00e9seau n&rsquo;est pas de la qualit\u00e9 d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, et d\u00e8s qu&rsquo;il y a un certain nombre de mobiles utilis\u00e9s, \u00e7a sature.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyload\" alt=\"Le gardien de l'Allemagne Kevin Trapp lors des hymnes le soir du match entre la France et l'Allemagne le 13 novembre 2015. (JEAN MARIE HERVIO \/ DPPI MEDIA \/ VIA AFP)\" width=\"720\" height=\"404.80948348857\" data- src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/kevin-trapp-69149f1d03602236363677.jpg\"\/><\/p>\n<p>      Le gardien de l&rsquo;Allemagne Kevin Trapp lors des hymnes le soir du match entre la France et l&rsquo;Allemagne le 13 novembre 2015. (JEAN MARIE HERVIO \/ DPPI MEDIA \/ VIA AFP)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a aussi des gens qui font p\u00e9ter des p\u00e9tards lors de la sortie du public, ce qui provoque une panique et un retour d&rsquo;une partie des spectateurs, environ 5000 viennent se r\u00e9fugier sur la pelouse du Stade de France,\u00a0\u00bb se souvient Laurent Georges. \u00ab\u00a0Je prot\u00e8ge les \u00e9quipes et on ferme le rideau de fer pour rendre la zone \u00e9tanche. On doit mettre en protection les acteurs de jeu et les familles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une fois les joueurs fran\u00e7ais r\u00e9unis dans les vestiaires, Didier Deschamps fait un d\u00e9brief succinct. \u00ab\u00a0Il nous dit &lsquo;bravo pour la performance, maintenant il s&rsquo;est pass\u00e9 des choses importantes qu&rsquo;on ne ma\u00eetrise pas. On va devoir patienter pour attendre, savoir ce qu&rsquo;on doit faire, et avoir un maximum de nouvelles de vos proches autour de vous&rsquo;. On prend conscience que la situation est grave, on est inform\u00e9s qu&rsquo;on doit rester dans les vestiaires, interdiction d&rsquo;aller dans les salons pour voir nos proches dans un premier temps, on est en vase clos. Finalement ils nous lib\u00e8rent un peu pour voir nos proches.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On ne sait pas ce qu&rsquo;il va advenir de la fin de notre soir\u00e9e. On sort d&rsquo;un match de comp\u00e9tition, ce sont des situations inexplicables, on est dans la dramaturgie absolue. La premi\u00e8re inqui\u00e9tude, c&rsquo;est de savoir si tout le monde va bien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans le vestiaire allemand, un campement de fortune est install\u00e9, impossible pour la s\u00e9lection de quitter le Stade de France. \u00ab\u00a0Il y a eu plusieurs discussions, sur la marche \u00e0 suivre, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fait pendant la nuit, explique Kevin Trapp. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de rester au stade gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe de France, qui nous a beaucoup aid\u00e9s, ainsi que nos amis et nos familles qui \u00e9taient \u00e9galement pr\u00e9sents au stade. Il y avait des matelas, des lits. L&rsquo;image que j&rsquo;ai en t\u00eate, ce sont les matelas dans le couloir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du vestiaire, o\u00f9 des gens ont dormi, d&rsquo;autres ont essay\u00e9 mais n&rsquo;arrivaient pas. C&rsquo;\u00e9tait bizarre car personne ne savait r\u00e9ellement ce qu&rsquo;il se passait.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<blockquote class=\"ftvi_content_quote\">\n<p class=\"ftvi_citation_quote\">\u00ab\u00a0On \u00e9tait enferm\u00e9s au stade car c&rsquo;\u00e9tait le plus s\u00e9curis\u00e9 pour nous, \u00a0mais on savait que quelque chose de tr\u00e8s grave se passait en ville parce que de ne pas pouvoir partir du stade et aller \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, cela voulait dire quelque chose.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Kevin Trapp, gardien rempla\u00e7ant de l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;Allemagne le 13 novembre 2015<\/p>\n<p class=\"ftvi_citation_source\">\u00e0 franceinfo<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les Bleus sont finalement autoris\u00e9s \u00e0 quitter le stade vers 3 heures du matin. \u00ab\u00a0Je me rappelle, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, on \u00e9tait une dizaine regroup\u00e9e dans la chambre d&rsquo;Antoine Griezmann pour regarder le fil info, de savoir ce qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9, pourquoi, comment, d\u00e9taille Christophe Jallet. C&rsquo;est quelque chose qui marque une vie, m\u00eame si je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 directement impact\u00e9 par un drame autour de moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si les Allemands sont rest\u00e9s toute la nuit au stade, c&rsquo;est qu&rsquo;ils avaient \u00ab\u00a0interdiction de quitter l&rsquo;enceinte \u00ab\u00a0avec leur \u00ab\u00a0car brand\u00e9 DFB-Mannschaft\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e8le Laurent Georges. \u00ab\u00a0On a cherch\u00e9, par r\u00e9seau, avec des gens assez tard dans la soir\u00e9e, notamment la compagnie de bus avec qui on bosse historiquement, pour trouver un car banalis\u00e9.\u00a0Les Allemands sont finalement partis \u00e0 7 heures avec un bus scolaire, on a mis des effectifs de police, notamment dans le couloir circulaire pour permettre aux Allemands de partir. On attendait juste leur go,car ils attendaient de savoir si c&rsquo;\u00e9tait un avion priv\u00e9 ou avion militaire qui allait les rapatrier en Allemagne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On \u00e9tait cinq membres de la FFF \u00e0 \u00eatre rest\u00e9 au Stade de France jusqu&rsquo;\u00e0 7 heures. On est all\u00e9 en loges pour chercher des boissons, des matelas, car il y avait des crises de nerfs de proches des joueurs, tr\u00e8s inquiets par ce qu&rsquo;il se passait. On essaye de trouver une forme de confort, car, d\u00e9sol\u00e9 de le dire de cette fa\u00e7on-l\u00e0, mais on \u00e9tait dans la m\u00eame merde. On a essay\u00e9 de mettre de la normalit\u00e9 dans une situation qui \u00e9tait toute sauf normale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les jours d&rsquo;apr\u00e8s : un souvenir qui ne s&rsquo;efface pas<\/p>\n<p>S&rsquo;ils n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 impact\u00e9s directement, cette soir\u00e9e a \u00e9t\u00e9 difficile \u00e0 g\u00e9rer pour les deux hommes. Christophe Jallet avoue avoir encore \u00ab\u00a0des frissons\u00a0\u00bb, dix ans apr\u00e8s, au moment d&rsquo;\u00e9voquer cette soir\u00e9e du 13 novembre 2015. \u00ab\u00a0Les trois-quatre jours qui suivent son lourd. On est en \u00e9quipe de France, on repr\u00e9sente une certaine image de la France, qui a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e, et on en vient \u00e0 nous demander notre avis de savoir s&rsquo;il faut jouer un match de football contre l&rsquo;Angleterre alors qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 quelque chose de tr\u00e8s grave dans notre pays. Est-ce qu&rsquo;on c\u00e8de face \u00e0 la menace du terrorisme en arr\u00eatant de vivre ? Est-ce qu&rsquo;on continue pour montrer qu&rsquo;on est plus fort que \u00e7a ? Bref, il y a tout un tas de questions existentielles qui se sont pos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ensemble des personnes, tout en sachant que des joueurs ont \u00e9t\u00e9 directement touch\u00e9s. On a \u00e9t\u00e9 au plus proche de l&rsquo;horreur et cela a forc\u00e9ment un impact sur nos vies.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Juste apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements, j&rsquo;ai eu beaucoup de mal \u00e0 dig\u00e9rer, c&rsquo;est vrai, il ne faut pas mentir. Apr\u00e8s un certain moment, on n&rsquo;y pense moins. Mais comme il y avait d&rsquo;autres attaques les ann\u00e9es suivantes dans d&rsquo;autres villes, \u00e7a te fait penser \u00e0 \u00e7a automatiquement, ce que tu as v\u00e9cu, confesse Kevin Trapp, qui \u00e9volue d\u00e9sormais au Paris Football Club. Encore cette ann\u00e9e, j&rsquo;\u00e9tais en ville, assis dans une brasserie et je me suis rendu compte que \u00e7a faisait dix ans.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote class=\"ftvi_content_quote\">\n<p class=\"ftvi_citation_quote\">\u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait un sentiment un peu bizarre pour moi d\u00e9j\u00e0, je ne veux m\u00eame pas imaginer pour ceux qui l&rsquo;ont v\u00e9cu plus profond\u00e9ment. C&rsquo;est un moment que je n&rsquo;oublierai jamais dans ma vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Kevin Trapp, gardien rempla\u00e7ant de l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;Allemagne le 13 novembre 2015<\/p>\n<p class=\"ftvi_citation_source\">\u00e0 franceinfo<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le gardien du Bayern Munich et de la s\u00e9lection allemande Manuel Neuer, de passage \u00e0 Paris pour le match de Ligue des champions contre le PSG, a vu tout ressurgir, \u00ab\u00a0d\u00e8s que nous l&rsquo;avons aper\u00e7u [le Stade de France], c&rsquo;\u00e9tait le sujet de conversation principal dans notre bus. \u00c7a restera grav\u00e9 dans ma m\u00e9moire, bien s\u00fbr, je ne l&rsquo;oublierai jamais\u00a0\u00bb. Et d&rsquo;ajouter : \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9quipe \u00e9tait pi\u00e9g\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du stade tandis que le chaos r\u00e9gnait \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. C&rsquo;est une situation que l&rsquo;on ne souhaite \u00e0 aucune soci\u00e9t\u00e9, aucune ville, personne, et c&rsquo;\u00e9tait fondamentalement terrifiant, a encha\u00een\u00e9 le champion du monde 2014. Ce souvenir ne s&rsquo;efface pas, il reste toujours tr\u00e8s pr\u00e9sent. C&rsquo;\u00e9taient des moments terrifiants.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Il y a dix ans, jour pour jour, vers 21h20, le premier commando des attentats terroristes du 13&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":530640,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,672,1804,1805,1803,1777,674,1801,12,1802],"class_list":{"0":"post-530639","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-allemagne","10":"tag-bundesrepublik-deutschland","11":"tag-de","12":"tag-deutschland","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-germany","16":"tag-news","17":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115540805206928036","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/530639","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=530639"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/530639\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/530640"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=530639"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=530639"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=530639"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}