{"id":543950,"date":"2025-11-19T04:37:40","date_gmt":"2025-11-19T04:37:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/543950\/"},"modified":"2025-11-19T04:37:40","modified_gmt":"2025-11-19T04:37:40","slug":"reprendre-a-un-repreneur-et-faire-fructifier-lheritage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/543950\/","title":{"rendered":"reprendre \u00e0 un repreneur et faire fructifier l&rsquo;h\u00e9ritage"},"content":{"rendered":"<p>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\tChristian Maviel a rachet\u00e9 l\u2019entreprise en 2015. Cr\u00e9dits : Cacolac\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p>La PME girondine Cacolac existe depuis 71 ans. Apr\u00e8s quatre ann\u00e9es pass\u00e9es en dehors du giron familiale, l\u2019entreprise a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e en 2015 par Christian Maviel, descendant des fondateurs.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on souhaite l\u2019interroger sur l\u2019histoire de Cacolac, et sur son statut \u00ab d\u2019h\u00e9ritier \u00bb, Christian Maviel en plaisante. \u00ab De toute fa\u00e7on, je vis avec \u00e7a \u00bb, sourit-il. Alors il raconte. Comment apr\u00e8s la Seconde Guerre Mondiale, deux familles, les Lauseig et les Lanneluc, d\u00e9cident de s\u2019associer pour   unir leur force. \u00ab L\u2019un \u00e9tait au sud de la Garonne, l\u2019autre au nord, pr\u00e9cise l\u2019actuel pr\u00e9sident. Ils faisaient du lait, du fromage, du beurre\u2026 \u00bb Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, ils partent en Hollande pour acheter du mat\u00e9riel. L\u00e0, ils d\u00e9couvrent dans les rayons des commerces, du lait aromatis\u00e9\u2026 et d\u00e9cident, de retour dans leur Gironde natale, de cr\u00e9er leur propre breuvage. \u00ab C\u2019est l\u00e0, en 1954, qu\u2019est n\u00e9e la recette de Cacolac. Apr\u00e8s 71 ans elle est toujours l\u00e0 et n\u2019a pas chang\u00e9 \u00bb, se r\u00e9jouit Christian Maviel. <\/p>\n<p>    Jusqu\u2019en 2011, l\u2019entreprise reste entre les mains de la famille fondatrice. Mais le p\u00e8re de Christian Maviel, PDG de la soci\u00e9t\u00e9, a des probl\u00e8mes de sant\u00e9 l\u2019obligeant \u00e0 se d\u00e9sengager. \u00ab Il ne lui fallait plus de stress pour assurer sa long\u00e9vit\u00e9, r\u00e9sume sobrement l\u2019actuel dirigeant. Alors il a d\u00e9cid\u00e9 de vendre. M\u00eame si c\u2019\u00e9tait un cr\u00e8ve-c\u0153ur, il a bien fait car aujourd\u2019hui, il va tr\u00e8s bien. \u00bb L\u2019entreprise est achet\u00e9e par deux fonds d\u2019investissement, Trixaim et Avenir entreprises, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019en 2015, apr\u00e8s seulement quatre ans, ils d\u00e9cident de s\u2019en s\u00e9parer.<\/p>\n<p>L\u2019histoire familiale en fil rouge <\/p>\n<p> L\u2019occasion est en or pour Christian Maviel, alors directeur du site de production, et seul membre de la famille \u00e0 \u00eatre toujours actif dans la soci\u00e9t\u00e9. \u00ab Tout petit d\u00e9j\u00e0, avec mon camion \u00e0 p\u00e9dales, j\u2019allais rejoindre mon papa dans l\u2019usine, se rem\u00e9more-t-il. Ca devait \u00eatre \u00e9crit dans mon ADN, d\u2019\u00eatre un jour vizir \u00e0 la place du vizir. Finalement c\u2019est une bonne chose, car si j\u2019ai travaill\u00e9 dans l\u2019entreprise de 1999 \u00e0 2011, je n\u2019ai pas eu \u00e0 tuer le p\u00e8re. \u00bb La transmission, de par sa forme inhabituelle, se fait naturellement. Christian Maviel s\u2019appuie sur les connaissances l\u00e9gu\u00e9es par son paternel sans vouloir \u00e0 tout prix imposer sa patte ; car son rachat de l\u2019entreprise l\u2019exempte de tout soup\u00e7on de n\u00e9potisme. \u00ab Un vieux dicton dit que la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration cr\u00e9e, la deuxi\u00e8me d\u00e9veloppe, et la troisi\u00e8me d\u00e9truit. J\u2019\u00e9tais la troisi\u00e8me, heureusement, quelqu\u2019un a d\u00e9truit partiellement entre temps, faisant de moi la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. \u00bb <\/p>\n<p>   Avec les \u00e9quipes, \u00ab un peu maltrait\u00e9es par les anciens repreneurs \u00bb, le nouveau propri\u00e9taire se retrousse les manches. Et si certains salari\u00e9s ayant travaill\u00e9 pour son p\u00e8re peuvent involontairement faire une comparaison, Christian Maviel ne s\u2019en offusque pas. \u00ab C\u2019est logique \u00bb, conc\u00e8de-t-il. Et de reprendre : \u00ab On s\u2019est mis en ordre de bataille car il y avait une toute nouvelle histoire \u00e0 \u00e9crire pour relancer la bo\u00eete, qui \u00e9tait bien endormie. Toute notre \u00e9nergie devait passer l\u00e0-dedans, plut\u00f4t que de faire du marketing pour dire \u201cmaintenant c\u2019est ma soci\u00e9t\u00e9\u201d. L\u2019histoire familiale \u00e9tait un peu oubli\u00e9e, c\u2019est un fil rouge qui nous accompagnait mais ce n\u2019\u00e9tait pas un poids. \u00bb<\/p>\n<p>Surfer sur les tendances pour s\u00e9duire les jeunes <\/p>\n<p> C\u2019est peut-\u00eatre de cette p\u00e9riode que vient le dicton de Cacolac : innover sans r\u00e9volutionner. Mais comment r\u00e9ussir cet \u00e9quilibre p\u00e9rilleux ? D\u2019abord, en ne touchant pas \u00e0 un seul ingr\u00e9dient de la recette, madeleine de Proust pour de nombreux grands enfants. \u00ab On fait partie des 50 marques pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es des Fran\u00e7ais, rappelle Christian Maviel. Cacolac b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un capital sympathie fantastique. \u00bb Ensuite, l\u2019innovation vient des tendances alimentaires. Produits d\u00e9lactos\u00e9s, all\u00e9g\u00e9s en sucre, gamme pour les enfants ou recette \u00ab barista \u00bb \u00e0 base de chocolat noir et d\u2019\u00e9pices : \u00ab Le challenge de nos \u00e9quipes, c\u2019est de faire en sorte que Cacolac continue de parler aux gens et surtout aux jeunes \u00bb, insiste le dirigeant. Qui en veut pour preuve la pr\u00e9sence de la marque au festival de musiques actuelles Garorock, \u00e0 Marmande. \u00ab On ne va pas se mentir, le soir les jeunes ne buvaient pas du Cacolac, plaisante Christian Maviel. Mais le matin, on a eu du succ\u00e8s ! \u00bb <\/p>\n<p>    Ainsi, l\u2019entreprise a sorti cet \u00e9t\u00e9 une \u00e9dition sp\u00e9ciale \u00ab Duba\u00ef chocolate \u00bb, surfant sur le buzz num\u00e9rique d\u2019il y a quelques mois, autour de ce type de chocolat fourr\u00e9 \u00e0 la pistache. \u00ab On a une canette tr\u00e8s bling-bling, vous ne pouvez pas faire plus Duba\u00ef, s\u2019en amuse le dirigeant. On s\u2019est dit que si on ne le sortait pas, un plus gros que nous le ferait. \u00bb<\/p>\n<p>Une diversification qui paye <\/p>\n<p> Aujourd\u2019hui, l\u2019activit\u00e9 de l\u2019entreprise se compose pour moiti\u00e9 des boissons chocolat\u00e9es en nom propre, les 50% restants \u00e9manant d\u2019une activit\u00e9 en marque blanche. Cacolac ne s\u2019arr\u00eate pas aux laits aromatis\u00e9s, et propose via sa filiale ICT Drinks (In can we trust), un service de mise en canette de cocktails\u2026 et de vins. Une diversification qui a pu cr\u00e9er des r\u00e9ticences dans les rangs de la soci\u00e9t\u00e9 ? Pas vraiment, t\u00e9moigne Christian Maviel. \u00ab On est une PME, donc un couteau-suisse. Chaque poste est d\u00e9termin\u00e9 mais rien n\u2019est cloisonn\u00e9, on n\u2019est pas monot\u00e2che, c\u2019est pareil pour la production. \u00bb D\u2019autant que les carnets de commandes pour ce segment d&rsquo;activit\u00e9 semblent remplis. Un soulagement pour le dirigeant, qui a investi dix millions d\u2019euros entre 2022 et 2023 dans une nouvelle ligne de production. \u00ab On se serait parl\u00e9 il y a six mois, j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 moins enthousiaste. Avec la morosit\u00e9 ambiante des vins bordelais, on se demandait o\u00f9 on allait, et si c\u2019\u00e9tait finalement une bonne id\u00e9e de dupliquer la ligne, confie Christian Maviel. Aujourd&rsquo;hui on est tr\u00e8s heureux car on sent un vrai engouement. \u00bb <\/p>\n<p>   Alors, \u00e0 la question \u00ab o\u00f9 sera Cacolac dans 70 ans ? \u00bb, son dirigeant r\u00e9pond confiant, sur le ton de la plaisanterie : \u00ab Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que je ne serai plus l\u00e0. On esp\u00e8re que la marque existera toujours, qu\u2019on ne dispara\u00eetra pas comme certaines tr\u00e8s belles soci\u00e9t\u00e9s. On esp\u00e8re toujours permettre \u00e0 la fili\u00e8re laiti\u00e8re du Sud-Ouest d\u2019exister. \u00bb Avec, \u00e0 la t\u00eate de la PME, un ou une jeune Maviel ? \u00ab Ce serait bien \u00bb, se projette-t-il. D\u2019abord, il faudra que l\u2019un de ses fils, ou les deux, reprennent le flambeau. En ont-ils envie ? \u00ab Il para\u00eet que tard le soir dans un moment festif, ils en parlent \u00bb, plaisante-t-il. Et de conclure : \u00ab Comme moi, depuis qu\u2019ils sont jeunes, ils viennent dans l\u2019usine. C\u2019est notre job d\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 nous ! \u00bb          <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Christian Maviel a rachet\u00e9 l\u2019entreprise en 2015. Cr\u00e9dits : Cacolac La PME girondine Cacolac existe depuis 71 ans.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":543951,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,1777,674,1779,1011,27,12,5645,25,1778,364],"class_list":{"0":"post-543950","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-eu","10":"tag-europe","11":"tag-european-union","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-news","15":"tag-placco-placeco","16":"tag-republique-francaise","17":"tag-ue","18":"tag-union-europeenne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115574515144406339","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/543950","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=543950"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/543950\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/543951"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=543950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=543950"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=543950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}