{"id":550993,"date":"2025-11-22T09:21:15","date_gmt":"2025-11-22T09:21:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/550993\/"},"modified":"2025-11-22T09:21:15","modified_gmt":"2025-11-22T09:21:15","slug":"la-russie-vue-de-france-1880-2022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/550993\/","title":{"rendered":"La Russie vue de France, 1880-2022"},"content":{"rendered":"<p>        22 novembre 2025<\/p>\n<p>     <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/19532ae95d4d9ae10ce2ffb3787eed61.jpg\"\/><\/p>\n<p>Comment les Fran\u00e7ais ont-ils constitu\u00e9 la Russie en objet de savoir ? Derri\u00e8re cette question apparemment simple se cache un chantier consid\u00e9rable, que Vincent A. L\u00e9pinay et Estelle L\u00e9z\u00e9an ont entrepris de d\u00e9fricher dans un ouvrage aussi ambitieux qu\u2019original. Fruit d\u2019une v\u00e9ritable enqu\u00eate au long cours, ce travail de plus de 500 pages explore \u00ab la premi\u00e8re tentative d\u2019\u00e9tudier de mani\u00e8re syst\u00e9matique et approfondie la production de ces vari\u00e9t\u00e9s de discours sur la Russie, des plus articul\u00e9s aux plus fragiles, entre 1880 et 2024, p\u00e9riode pendant laquelle l\u2019objet d\u2019\u00e9tude a subi des changements massifs et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00bb. Le sous-titre choisit d\u2019ailleurs d\u2019arr\u00eater le curseur au 24 f\u00e9vrier 2022, pour bien marquer que l\u2019invasion de l\u2019Ukraine maruqe \u00e0 la fois un nouveau changement et une inflexion dans la mani\u00e8re de produire du savoir. Au croisement de l\u2019histoire des id\u00e9es, de la sociologie des sciences et des humanit\u00e9s num\u00e9riques, Connaissances fran\u00e7aises de la Russie renouvelle en profondeur notre compr\u00e9hension de la fa\u00e7on dont l\u2019universit\u00e9 fran\u00e7aise, ses institutions et ses acteurs ont appr\u00e9hend\u00e9 la Russie au long d\u2019un si\u00e8cle marqu\u00e9 par des bouleversements politiques et \u00e9pist\u00e9mologiques majeurs.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nUne approche m\u00e9thodologique et \u00e9pist\u00e9mologique novatrice&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage de Vincent A. L\u00e9pinay et Estelle L\u00e9z\u00e9an se distingue d\u2019embl\u00e9e par son positionnement \u00e9pist\u00e9mologique audacieux. Plut\u00f4t que de proposer une \u00e9ni\u00e8me synth\u00e8se sur les relations franco-russes, d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9e sous diverses formes (Pierre Renouvin y consacre un article d\u00e8s 1959 dans les Cahiers du Monde russe) ou une histoire intellectuelle classique, les auteurs choisissent de prendre la Russie \u00ab non pas comme fin en soi \u00e0 \u00e9tudier, mais comme objet assembl\u00e9 qu\u2019il convenait de d\u00e9construire en partant des entit\u00e9s produites par l\u2019\u0153il et l\u2019\u00e9crit des pourvoyeurs de connaissances \u00bb. Cette perspective constructiviste renverse la question traditionnelle : il ne s\u2019agit plus de demander ce que les Fran\u00e7ais ont dit de la Russie, mais comment ils l\u2019ont constitu\u00e9e en objet de savoir.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le travail propos\u00e9 s\u2019inscrit r\u00e9solument dans le champ de l\u2019histoire des id\u00e9es, cherchant \u00ab \u00e0 comprendre l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me d\u2019\u00e9nonc\u00e9s g\u00e9n\u00e9r\u00e9s autour et au sujet de son objet impliquant \u00e0 la fois des d\u00e9monstrations acad\u00e9miques mais \u00e9galement des st\u00e9r\u00e9otypes et des clich\u00e9s \u00bb. Cette approche syst\u00e9mique permet d\u2019embrasser la diversit\u00e9 des discours produits sur la Russie, des plus rigoureux aux plus fragiles, sans \u00e9tablir de hi\u00e9rarchie a priori entre productions savantes et repr\u00e9sentations communes.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>L\u2019originalit\u00e9 m\u00e9thodologique de l\u2019ouvrage tient \u00e9galement au recours massif aux humanit\u00e9s num\u00e9riques. Les auteurs exploitent une s\u00e9rie de bases documentaires qu\u2019ils rendent \u00ab interpr\u00e9tables pour l\u2019\u00e9tude \u00bb, permettant ainsi de passer d\u2019une lecture impressionniste \u00e0 une cartographie quantitative des imaginaires. Cette mobilisation d\u2019outils num\u00e9riques autorise un v\u00e9ritable changement d\u2019\u00e9chelle : corpus de th\u00e8ses, monographies de la BnF, articles de presse, \u00e9missions audiovisuelles sont trait\u00e9s de mani\u00e8re syst\u00e9matique. L\u2019analyse des r\u00e9seaux permet notamment de \u00ab rep\u00e9rer les cercles litt\u00e9raires et savants impliqu\u00e9s dans la diffusion des id\u00e9es sur la Russie \u00bb et d\u2019\u00e9clairer \u00ab la mani\u00e8re dont les st\u00e9r\u00e9otypes circulent \u00bb.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Enfin, le choix de concentrer l\u2019analyse sur les productions savantes universitaires plut\u00f4t que sur les r\u00e9cits litt\u00e9raires ou les t\u00e9moignages \u00e0 succ\u00e8s, comme ceux d\u2019Astolphe de Custine ou d\u2019Eug\u00e8ne-Melchior de Vog\u00fc\u00e9, repose sur une justification \u00e9pist\u00e9mologique solide. En effet, les travaux universitaires s\u2019inscrivent dans un processus collectif d\u2019accumulation des connaissances : ils citent, discutent et prolongent des travaux ant\u00e9rieurs, produisant un savoir stabilis\u00e9 et transmissible. La galerie de portraits des acteurs de la production de connaissances fran\u00e7aises de la Russie propos\u00e9e par l\u2019ouvrage, trop longue pour \u00eatre reprise ici, est d\u2019ailleurs remarquable par son \u00e9rudition et sa pr\u00e9cision. La production de connaissances refl\u00e8te des paradigmes dominants, des angles morts, des controverses internes ou des outils d\u2019analyse disponibles \u00e0 un moment donn\u00e9, l\u2019\u00e9tude offrant ainsi une fen\u00eatre privil\u00e9gi\u00e9e sur l\u2019\u00e9volution des grilles de lecture scientifiques.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes enseignements d\u2019une enqu\u00eate au long cours&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage constitue \u00ab une histoire simultan\u00e9e de l\u2019enseignement du russe comme langue \u00e9trang\u00e8re, de la Russie comme objet, et de l\u2019universit\u00e9 fran\u00e7aise d\u2019un long XXe si\u00e8cle et jusqu\u2019aux nouvelles directions qui ont marqu\u00e9 l\u2019organisation de l\u2019enseignement et de la recherche fran\u00e7aise \u00bb.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>L\u2019enqu\u00eate commence par les \u00ab d\u00e9fricheurs \u00bb, notamment avec l\u2019ouverture de la premi\u00e8re chaire fran\u00e7aise de langue russe \u00e0 l\u2019\u00c9cole des langues orientales en 1876, confi\u00e9e \u00e0 Louis L\u00e9ger (1843-1923), dans le contexte politique de l\u2019Alliance franco-russe (1892-1917), scellant le rapprochement des deux pays. Les auteurs montrent comment s\u2019op\u00e8re le passage de la langue \u00e0 l\u2019objet Russie, mettant en lumi\u00e8re le r\u00f4le de figures telles qu\u2019Anatole Leroy-Beaulieu, auteur de L\u2019Empire des tsars et les Russes (1882) et directeur de l\u2019\u00c9cole libre des Sciences Politiques de 1906 \u00e0 1912, et plus ult\u00e9rieurement H\u00e9l\u00e8ne Carr\u00e8re d\u2019Encausse au sein de la m\u00eame institution.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>L\u2019importance de la premi\u00e8re \u00e9migration apr\u00e8s la r\u00e9volution bolch\u00e9vique appara\u00eet comme un moment d\u00e9cisif, avec la constitution de \u00ab petites Russie en France \u00bb qui transforment durablement le paysage acad\u00e9mique fran\u00e7ais. L\u2019ouvrage met \u00e9galement en \u00e9vidence l\u2019influence du Parti communiste fran\u00e7ais, et de la pr\u00e9sence de ses membres et sympathisants dans les diff\u00e9rentes institutions, ainsi que le r\u00f4le d\u00e9terminant du CNRS dans les \u00e9changes universitaires d\u00e8s les ann\u00e9es 1970-1980.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>En outre, un enseignement majeur concerne le d\u00e9veloppement en France du champ des aires politiques (ou \u00e9tudes ar\u00e9ales), qui \u00ab partait du postulat que l\u2019ensemble culturel pr\u00e9dominait sur les variations disciplinaires \u00bb. L\u2019ouvrage retrace ainsi leur implantation, notamment gr\u00e2ce au r\u00f4le de Clemens Heller en lien avec Fernand Braudel, qui contribu\u00e8rent \u00e0 structurer une approche privil\u00e9giant l\u2019appr\u00e9hension globale d\u2019un espace civilisationnel plut\u00f4t que le d\u00e9coupage disciplinaire traditionnel. Cette perspective a favoris\u00e9 une lecture holistique de l\u2019URSS comme syst\u00e8me coh\u00e9rent et stable. Les auteurs expliquent ainsi la \u00ab sid\u00e9ration \u00bb provoqu\u00e9e par la chute de l\u2019URSS dans les milieux acad\u00e9miques fran\u00e7ais, incapables d\u2019anticiper un tel bouleversement en raison de leurs pr\u00e9suppos\u00e9s m\u00e9thodologiques.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>La p\u00e9riode post-sovi\u00e9tique voit la transformation du rapport \u00e0 la Russie selon deux modalit\u00e9s : de nombreux Russes viennent dor\u00e9navant en France parler de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie ; mais aussi, l\u2019expertise \u00e9trang\u00e8re s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9e pour redresser la Russie apr\u00e8s l\u2019effondrement sovi\u00e9tique, d\u00e9veloppant d\u2019autant le besoin d\u2019expertise. Ce \u00ab moment de l\u2019expertise \u00bb correspond d\u2019ailleurs \u00e0 une nouvelle reconfiguration des \u00e9tudes russes, bient\u00f4t remise en cause en raison d\u2019un durcissement progressif, puis brutal du r\u00e9gime poutinien, qui affecte d\u2019autant les possibilit\u00e9s m\u00eames de recherche.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Par son approche consistant \u00e0 questionner les partis pris de l\u2019observateur plut\u00f4t que l\u2019objet observ\u00e9, l\u2019ouvrage d\u00e9construit la vision essentialiste de la \u00ab Russie \u00e9ternelle \u00bb, cette formule \u00e9cul\u00e9e renvoyant \u00e0 une vision essentialiste qui imagine la Russie comme un bloc immuable, porteur d\u2019une identit\u00e9 profonde et stable. Les \u00e9tudes russes scientifiques se construisent au contraire sur l\u2019id\u00e9e que les soci\u00e9t\u00e9s se transforment, que les cat\u00e9gories sont historiquement situ\u00e9es et que les ph\u00e9nom\u00e8nes doivent \u00eatre expliqu\u00e9s plut\u00f4t qu\u2019essentialis\u00e9s.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nOuvertures comparatives et perspectives de recherche&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re pionnier de cet ouvrage tient moins \u00e0 son sujet qu\u2019\u00e0 une mani\u00e8re nouvelle de poser les questions, de constituer l\u2019objet, voire de mobiliser les mat\u00e9riaux rendus interop\u00e9rables. Ce travail a permis de produire des concepts op\u00e9ratoires et des typologies (parmi les acteurs des \u00e9tudes russes) qui deviennent, \u00e0 leur tour, r\u00e9utilisables par d\u2019autres chercheurs. A ce titre, il s\u2019agit d\u2019un travail qui rend possible d\u2019autres recherches, notamment pour confronter ces r\u00e9sultats \u00e0 d\u2019autres \u00ab savoirs europ\u00e9ens \u00bb de la Russie.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Cette perspective comparative rendue possible par ce travail appara\u00eet comme l\u2019un des horizons les plus stimulants ouverts par l\u2019ouvrage. Ainsi, l\u2019Allemagne poss\u00e8de une tradition tr\u00e8s forte d\u2019Osteuropaforschung (recherche sur l\u2019Europe de l\u2019Est), souvent accompagn\u00e9e d\u2019un travail r\u00e9flexif sur les repr\u00e9sentations allemandes de la Russie et les h\u00e9ritages intellectuels de la Russlandkunde du XIXe si\u00e8cle. De son c\u00f4t\u00e9, la Pologne a d\u00e9velopp\u00e9 une abondante litt\u00e9rature critique sur les imaginaires nationaux de la Russie et la construction du \u00ab voisin mena\u00e7ant \u00bb. Le Royaume-Uni a produit une r\u00e9flexion sur l\u2019h\u00e9ritage des r\u00e9cits victoriens et le r\u00f4le des think tanks dans la connaissance de la Russie. Les pays nordiques (Finlande, Su\u00e8de) ont travaill\u00e9 quant \u00e0 eux sur la \u00ab proximit\u00e9 contrainte \u00bb et la construction de l\u2019ennemi. Chaque tradition nationale porte ainsi la marque de son histoire g\u00e9opolitique et de sa distance, g\u00e9ographique autant que symbolique, avec le monde russe.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Situer la France dans ce paysage europ\u00e9en permettrait de comprendre ce qui est sp\u00e9cifique \u00e0 la tradition fran\u00e7aise (moralisation politique, fascination litt\u00e9raire, r\u00f4le des voyageurs aristocrates), et ce qui est partag\u00e9 avec d\u2019autres pays (peur de l\u2019autocratie, exotisation, mystique de l\u2019\u00e2me russe). Les auteurs esquissent d\u2019ailleurs ce chantier, observant qu\u2019\u00ab au XIXe si\u00e8cle, les \u00e9tudes slaves ne s\u2019inscrivent pas dans une longue histoire des sciences, comme c\u2019est le cas en Allemagne o\u00f9 les universit\u00e9s sont les lieux de foisonnement intellectuel favorisant les \u00e9changes entre mondes germanique et slave \u00bb.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Un travail comparatif permettrait \u00e9galement de montrer comment la France importe, adapte ou rejette certaines images et de sortir du franco-centrisme. La France a longtemps eu une slavistique \u00ab litt\u00e9raire \u00bb domin\u00e9e par l\u2019INALCO, le Coll\u00e8ge de France (le po\u00e8te polonais Adam Mickiewicz y occupant la premi\u00e8re chaire de Langue et litt\u00e9rature slave) ou l\u2019histoire culturelle, tandis que l\u2019Allemagne a dispos\u00e9 plus t\u00f4t de centres beaucoup plus institutionnalis\u00e9s.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage se conclut sur un diagnostic sans appel : \u00ab Les connaissances fran\u00e7aises de la Russie n\u2019ont jamais vraiment pris leur distance avec l\u2019exigence de la langue comme avec les lieux de sa pr\u00e9servation, les petites Russie, ou de sa transmission, l\u2019universit\u00e9 \u00bb. Face au nouvel enjeu de \u00ab d\u00e9coloniser les \u00e9tudes slaves \u00bb, les auteurs affirment : \u00ab On ne travaillera plus sur la Russie comme avant \u00bb.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Aussi, l\u2019apport de ce travail se mesurera peut-\u00eatre moins \u00e0 court terme qu\u2019\u00e0 sa fertilit\u00e9 dans la dur\u00e9e. En proposant une m\u00e9thodologie rigoureuse, en mobilisant les outils des humanit\u00e9s num\u00e9riques, en insistant sur les discontinuit\u00e9s et les recompositions rapides, L\u00e9pinay et L\u00e9z\u00e9an offrent un mod\u00e8le d\u2019analyse applicable \u00e0 d\u2019autres aires culturelles. Leur enqu\u00eate sur les \u00ab connaissances fran\u00e7aises de la Russie \u00bb constitue ainsi un travail v\u00e9ritablement pionnier, qui renouvelle en profondeur notre compr\u00e9hension des m\u00e9canismes de production et de circulation des savoirs sur l\u2019alt\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Vincent A. L\u00e9pinay, Estelle L\u00e9z\u00e9an, Connaissances fran\u00e7aises de la Russie. XIXe si\u00e8cle &#8211; 24 f\u00e9vrier 2022, Paris, Presses de Sciences Po, 2025<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>        <a class=\"close\" href=\"https:\/\/www.telos-eu.com\/fr\/javascript:void();\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">fermer<\/a><\/p>\n<p>          Vous avez appr\u00e9ci\u00e9 cet article ?<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">\n        Soutenez Telos en faisant un don<br \/>(et b\u00e9n\u00e9ficiez d&rsquo;une r\u00e9duction d&rsquo;imp\u00f4ts de 66%)\n      <\/p>\n<p id=\"descriptionError\" style=\"display:none; visibility: hidden; color:red; text-align: center;\">Please enter a description<\/p>\n<p id=\"priceLabelError\" style=\"visibility: hidden; color:red; text-align: left;\">Merci d&rsquo;entrer un montant<\/p>\n<p id=\"invoiceidError\" style=\"display:none; visibility: hidden; color:red; text-align: center;\">Please enter an Invoice ID<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"22 novembre 2025 Comment les Fran\u00e7ais ont-ils constitu\u00e9 la Russie en objet de savoir ? 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