{"id":551086,"date":"2025-11-22T10:18:14","date_gmt":"2025-11-22T10:18:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/551086\/"},"modified":"2025-11-22T10:18:14","modified_gmt":"2025-11-22T10:18:14","slug":"a-bordeaux-un-salon-esthetique-fait-la-part-belle-a-linsertion-liberation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/551086\/","title":{"rendered":"\u00e0 Bordeaux, un salon esth\u00e9tique fait la part belle \u00e0 l\u2019insertion \u2013 Lib\u00e9ration"},"content":{"rendered":"<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\"><b>Alimentation, logement, \u00e9nergie, insertion&#8230; Retour sur les grands th\u00e8mes abord\u00e9s lors <\/b><a href=\"https:\/\/bordeauxgsef2025.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"https:\/\/bordeauxgsef2025.org\/\"><b>du Forum mondial de l\u2019ESS<\/b><\/a><b> qui s\u2019est tenu fin octobre \u00e0 Bordeaux.<\/b><\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Sarah (1) avait deux r\u00eaves : travailler dans un institut d\u2019esth\u00e9tique r\u00e9put\u00e9 dans le Sud-Ouest et devenir maquilleuse. Son CAP en poche, elle se jette avec enthousiasme sur le march\u00e9 du travail. Mais la r\u00e9alit\u00e9 la freine rapidement. Sa bipolarit\u00e9, sa motricit\u00e9 parfois d\u00e9faillante et des troubles de la concentration compliquent s\u00e9rieusement sa recherche d\u2019emploi. Autant de difficult\u00e9s qu\u2019elle n\u2019avait pas mesur\u00e9es, faute d\u2019un accompagnement adapt\u00e9 \u00e0 son handicap. Peu \u00e0 peu, ce dipl\u00f4me cens\u00e9 servir de tremplin se r\u00e9v\u00e8le inutile et le d\u00e9couragement gagne du terrain. Dans ce parcours caboss\u00e9, une d\u00e9couverte finit pourtant par tout changer : <a href=\"https:\/\/www.lautreinstitut.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" title=\"https:\/\/www.lautreinstitut.fr\/\">l\u2019Autre institut by Princ\u2019ess<\/a> \u2013 \u00abess\u00bb pour \u00e9conomie sociale et solidaire \u2013, un salon esth\u00e9tique bordelais conseill\u00e9 par une amie du quartier. Sa rencontre avec l\u2019\u00e9quipe va marquer un tournant dans sa vie.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">C\u2019\u00e9tait il y a deux ans et demi. D\u00e9termin\u00e9e, la jeune femme dans la vingtaine se pr\u00e9sente spontan\u00e9ment \u00e0 la porte de l\u2019institut, install\u00e9 dans le quartier du Grand-Parc, dans le nord de Bordeaux. Le d\u00e9cor est \u00e9pur\u00e9 mais chaleureux. Sur le comptoir, un d\u00e9pliant d\u00e9taille les prestations : soins du visage, du corps, hammam, maquillage, \u00e9pilations\u2026 A premi\u00e8re vue, rien ne distingue l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un salon classique. Pourtant, derri\u00e8re la vitre de son bureau, Sophie Bonnet, la directrice, travaille autrement, \u00abplus humainement\u00bb, r\u00e9sume-t-elle.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">L\u2019entreprise d\u2019insertion, conventionn\u00e9e par l\u2019Etat \u2013 unique en France sur le cr\u00e9neau de l\u2019esth\u00e9tique solidaire \u2013, offre un accompagnement socioprofessionnel \u00e0 des femmes \u00e9loign\u00e9es de l\u2019emploi : ch\u00f4mage longue dur\u00e9e, RSA, jeunes sans qualification, <a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/economie\/social\/les-handicapes-sont-ils-des-travailleurs-comme-les-autres-20211117_QAEQUFD7XFE23GCQL26S7GALPU\/?redirected=1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" title=\"https:\/\/www.liberation.fr\/economie\/social\/les-handicapes-sont-ils-des-travailleurs-comme-les-autres-20211117_QAEQUFD7XFE23GCQL26S7GALPU\/?redirected=1\">situation de handicap<\/a>\u2026 Quand ces profils ne viennent pas d\u2019eux-m\u00eames frapper \u00e0 la porte, l\u2019Autre institut les rep\u00e8re principalement via France Travail. \u00abOn recrute des femmes qui ne rentrent pas dans la case de la salari\u00e9e parfaite, analyse Sophie Bonnet, qui dirige l\u2019Autre institut depuis 2021. Or, le m\u00e9tier demande de la polyvalence, une bonne ma\u00eetrise du fran\u00e7ais, une pr\u00e9cision des gestes.\u00bb<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">A cela s\u2019ajoutent les discriminations habituelles : l\u2019\u00e2ge, les enfants en bas \u00e2ge dans un secteur o\u00f9 l\u2019on travaille beaucoup le mercredi et le week-end. Globalement, l\u2019esth\u00e9tique fait peu de place au social. \u00abLa priorit\u00e9, c\u2019est la rentabilit\u00e9. Une personne qui cumule les contraintes devient inembauchable : elle demande du temps, et le temps, c\u2019est de l\u2019argent\u00bb, conclut Sophie Bonnet.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Le projet est n\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es. Il germe en 2017 dans l\u2019esprit d\u2019Annabelle Tallet, fondatrice de l\u2019association girondine Princ\u2019ess, un collectif de neuf femmes engag\u00e9es dans l\u2019innovation sociale, la lutte contre l\u2019exclusion et la transition \u00e9cologique. \u00abAnnabelle est partie d\u2019un constat simple : l\u2019insertion manque de diversit\u00e9, propose souvent les m\u00eames m\u00e9tiers, m\u00e9nage ou espaces verts. Miser sur l\u2019esth\u00e9tique, c\u2019\u00e9tait ouvrir une porte diff\u00e9rente, plus attractive, plus valorisante\u00bb, retrace Sophie Bonnet.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Au moment de l\u2019embauche, l\u2019Autre institut commence par passer au crible tout ce qui freine l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi. \u00abPrinc\u2019ess propose un programme d\u2019accompagnement ultra-personnalis\u00e9. On hi\u00e9rarchise les priorit\u00e9s et dans la majorit\u00e9 des cas, la premi\u00e8re \u00e9tape, c\u2019est de reconstruire la confiance en soi. Certaines femmes ont \u00e9t\u00e9 tenues \u00e0 l\u2019\u00e9cart du monde du travail pendant des ann\u00e9es. Alors on repart de la base : des t\u00e2ches simples, beaucoup d\u2019observation, un cadre s\u00e9curisant pour remettre le pied \u00e0 l\u2019\u00e9trier\u00bb, explique la directrice. L\u2019Autre institut a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9 en octobre par un prix du management bienveillant, d\u00e9cern\u00e9 par le salon Pr\u00e9ventica de Bordeaux, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019innovation en sant\u00e9, s\u00e9curit\u00e9 et qualit\u00e9 de vie au travail.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Yaroslava fait partie des sept femmes qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 \u2013 comme Sarah \u2013 de l\u2019expertise de Princ\u2019ess. Arriv\u00e9e d\u2019Ukraine en 2022 avec son conjoint et leurs deux filles pour fuir la guerre, la jeune esth\u00e9ticienne s\u2019est heurt\u00e9e \u00e0 un nouvel obstacle : la non reconnaissance de son dipl\u00f4me en France. \u00abSans l\u2019institut, je n\u2019aurais jamais trouv\u00e9 de travail ici\u00bb, assure-t-elle avec du recul. Elle r\u00eave d\u2019ouvrir un jour son propre salon, m\u00eame si elle sait que sa ma\u00eetrise encore fragile du fran\u00e7ais constitue un frein. \u00abIci, les clientes sont pr\u00e9venues et se montrent conciliantes. Ailleurs, les gens seraient peut-\u00eatre moins indulgents\u00bb, dit-elle en anglais. En attendant de se mettre \u00e0 son compte, elle a sign\u00e9 un contrat d\u2019insertion en janvier dernier, avec une inscription en CAP \u00e0 distance qu\u2019elle doit int\u00e9grer dans les prochains mois.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">\u00abJe ne vais pas vous mentir, il y a des moments o\u00f9 on s\u2019est dit qu\u2019on n\u2019y arriverait pas, reconna\u00eet Sophie Bonnet. Avec l\u2019une des b\u00e9n\u00e9ficiaires, il a fallu deux ans et demi de travail pour la faire monter en comp\u00e9tence, soit six mois de plus que la moyenne.\u00bb L\u2019\u00e9quipe l\u2019a aid\u00e9e, par exemple, \u00e0 adopter une communication plus professionnelle avec les clientes, elle qui \u00e9vitait syst\u00e9matiquement le contact visuel. \u00abMais \u00e7a en valait clairement la peine. Aujourd\u2019hui, elle a int\u00e9gr\u00e9 l\u2019institut de ses r\u00eaves et elle va commencer une \u00e9cole de maquillage\u00bb, sourit la directrice, qui s\u2019efforce au quotidien de tenir l\u2019\u00e9quilibre entre accompagnement social et exigence professionnelle.<\/p>\n<p class=\"sc-cPiKLX AiZTS text-element\">Cette fa\u00e7on de penser le travail, insiste-t-elle, est un v\u00e9ritable choix, malgr\u00e9 les contraintes financi\u00e8res. \u00abLes premiers mois, la personne ne produit rien et demande du temps, de l\u2019\u00e9nergie. On est loin des logiques de rentabilit\u00e9. Il faut aussi faire de la p\u00e9dagogie aupr\u00e8s des clients. Mais de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, on aide quelqu\u2019un \u00e0 se remobiliser. Pour moi, c\u2019est un investissement humain, pas financier.\u00bb Soit exactement l\u2019esprit de l\u2019\u00e9conomie sociale et solidaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Alimentation, logement, \u00e9nergie, insertion&#8230; Retour sur les grands th\u00e8mes abord\u00e9s lors du Forum mondial de l\u2019ESS qui s\u2019est&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":551087,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2817],"tags":[1111,11,1997,1777,674,66521,1011,27,36089,12,2219,25],"class_list":{"0":"post-551086","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-bordeaux","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-bordeaux","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-forum-solutions-solidaires","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-handicap-bilan-2010","17":"tag-news","18":"tag-nouvelle-aquitaine","19":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115592842835093691","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/551086","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=551086"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/551086\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/551087"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=551086"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=551086"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=551086"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}