{"id":552325,"date":"2025-11-23T00:19:04","date_gmt":"2025-11-23T00:19:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/552325\/"},"modified":"2025-11-23T00:19:04","modified_gmt":"2025-11-23T00:19:04","slug":"critique-cine-after-the-hunt-2025-amazon-prime-video","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/552325\/","title":{"rendered":"Critique Cin\u00e9 : After the Hunt (2025, Amazon Prime Video)"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\" style=\"text-align: center;\"><strong>After the Hunt \/\/ De Luca Guadagnino. Avec Julia Roberts, Ayo Edebiri et Andrew Garfield.<\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Je pensais na\u00efvement que Luca Guadagnino avait peut-\u00eatre retrouv\u00e9 de l\u2019inspiration. La premi\u00e8re minute d\u2019After the Hunt m\u2019a presque eu : une musique envahissante comme il les adore, un g\u00e9n\u00e9rique qui rappelle clairement Woody Allen\u2026 et voil\u00e0 que je me disais qu\u2019il allait enfin sortir de la mauvaise passe dans laquelle il s\u2019est enterr\u00e9 avec Challengers et Queer. Ce bref espoir n\u2019a pas v\u00e9cu longtemps. Une illusion, un faux signal, comme un panneau lumineux qui te promet une sortie d\u2019autoroute mais t\u2019emm\u00e8ne toujours plus loin dans le brouillard.\u00a0<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p4\" style=\"text-align: justify;\">Une professeure d\u2019universit\u00e9 est confront\u00e9e \u00e0 un tournant personnel et professionnel lorsqu\u2019une \u00e9tudiante brillante porte une accusation contre l\u2019un de ses coll\u00e8gues, tandis qu\u2019un sombre secret de son propre pass\u00e9 menace d\u2019\u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Parce qu\u2019After the Hunt affiche ses r\u00e9f\u00e9rences avec une fiert\u00e9 \u00e9trange : un peu d\u2019Hitchcock, un peu de Woody Allen, une envie d\u2019aborder l\u2019\u00e8re post-MeToo, une intrigue universitaire fa\u00e7on thriller moral\u2026 mais rien ne colle vraiment. Le film donne l\u2019impression de courir apr\u00e8s de grandes id\u00e9es qu\u2019il ne parvient jamais \u00e0 attraper.<b> <\/b>Le point de d\u00e9part avait pourtant quelque chose de fort : Julia Roberts incarne Alma, professeure de philosophie \u00e0 Yale, soudain coinc\u00e9e entre les d\u00e9clarations de son \u00e9tudiante Maggie (Ayo Edebiri) et l\u2019amiti\u00e9 d\u2019un coll\u00e8gue \u2013 et ancien amant \u2013 jou\u00e9 par Andrew Garfield. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une accusation d\u2019agression sexuelle ; de l\u2019autre, un ami qui clame son innocence.\u00a0<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019id\u00e9e d\u2019explorer cet entre-deux moral, dans un contexte universitaire o\u00f9 les rapports de pouvoir sont partout, aurait pu donner un vrai film de tension. Mais le sc\u00e9nario ne semble jamais savoir o\u00f9 aller. On dirait un premier brouillon transform\u00e9 en long m\u00e9trage sans passer par les ateliers indispensables : clarifier les enjeux, resserrer les dialogues, laisser les personnages respirer. \u00c0 la place, tout devient flou, bavard, suspendu dans une zone grise qui n\u2019a rien de fascinant. Le film se convainc qu\u2019il est complexe alors qu\u2019il se contente d\u2019empiler des id\u00e9es sans les incarner. Guadagnino a toujours aim\u00e9 les discussions intenses, les regards lourds de sens, les mouvements de cam\u00e9ra qui fr\u00f4lent la contemplation.\u00a0<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Sauf qu\u2019ici, la parole ne sert plus \u00e0 d\u00e9voiler les personnages, mais \u00e0 les noyer. After the Hunt parle beaucoup, explique beaucoup, tourne autour des m\u00eames notions encore et encore, et finit par \u00e9touffer le peu de tension qu\u2019il avait r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er. Cette volont\u00e9 d\u2019impressionner par l\u2019\u00e9criture finit par peser tellement lourd que m\u00eame la musique \u2013 d\u00e9j\u00e0 omnipr\u00e9sente \u2013 \u00e9crase parfois les dialogues. Il y a cette obsession du r\u00e9alisateur pour les partitions presque assourdissantes, qui semblaient d\u00e9j\u00e0 ing\u00e9rables dans ses deux films pr\u00e9c\u00e9dents et reviennent ici comme un tic sonore qu\u2019il ne ma\u00eetrise plus. Impossible d\u2019ignorer la volont\u00e9 du film d\u2019\u00eatre en prise avec son \u00e9poque.\u00a0<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Guadagnino veut parler de cancel culture, de ce qui se joue lorsqu\u2019une accusation surgit, des zones de manipulation, de la difficult\u00e9 d\u2019arbitrer. Sauf qu\u2019\u00e0 force d\u2019essayer d\u2019\u00eatre actuel, le film s\u2019accroche tellement \u00e0 son sujet qu\u2019il en perd son r\u00e9cit. Le r\u00e9sultat ressemble \u00e0 une liste de th\u00e8mes : scandale, pouvoir, ambigu\u00eft\u00e9, r\u00e9putation\u2026 mais rien ne trouve une direction claire. Le film refuse m\u00eame de conclure, pr\u00e9f\u00e9rant un geste final qui tombe \u00e0 plat et qui donne presque l\u2019impression que tout ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 n\u2019avait pas vraiment d\u2019importance. Pourtant, Guadagnino n\u2019a rien perdu de son talent visuel. Certaines sc\u00e8nes sont superbes : des gros plans d\u00e9licats, des jeux d\u2019ombres \u00e9l\u00e9gants, une cam\u00e9ra qui effleure les visages comme s\u2019il cherchait \u00e0 capter la moindre fissure \u00e9motionnelle.<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Julia Roberts, dans ces moments-l\u00e0, impressionne. Elle porte le film du d\u00e9but \u00e0 la fin, comme si elle tentait d\u2019en sauver le c\u0153ur. Ayo Edebiri et Andrew Garfield font ce qu\u2019ils peuvent avec des personnages mal d\u00e9finis, mais rien n\u2019y fait : la mise en sc\u00e8ne a beau \u00eatre appliqu\u00e9e, elle reste au service d\u2019un r\u00e9cit qui manque d\u2019\u00e2me. \u00c0 plusieurs reprises, Guadagnino ajoute des effets sonores \u00e9tranges, comme un tic-tac artificiel pour cr\u00e9er du suspense. Sauf que ce suspense n\u2019existe jamais. Le montage semble h\u00e9sitant, la narration tangue, et l&rsquo;ensemble devient confus. C\u2019est peut-\u00eatre la frustration la plus difficile \u00e0 avaler. Julia Roberts, Andrew Garfield, Ayo Edebiri, Michael Stuhlbarg\u2026 un casting pareil, c\u2019est un cadeau tomb\u00e9 du ciel pour n\u2019importe quel r\u00e9alisateur.\u00a0<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">D\u2019habitude, Guadagnino sait les utiliser. Ici, il ne fait que les filmer. Ils existent, ils parlent, ils portent des tensions internes\u2026 mais aucun ne semble vraiment dirig\u00e9. Leurs r\u00f4les restent flous, leurs motivations changent selon les besoins de la sc\u00e8ne, et leurs rapports ne s\u2019\u00e9paississent jamais. Le film semble persuad\u00e9 que r\u00e9unir des acteurs talentueux suffit \u00e0 cr\u00e9er du drame. Sauf qu\u2019il manque l\u2019\u00e9criture pour les soutenir. Ironiquement, le film r\u00e9v\u00e8le enfin quelque chose d\u2019int\u00e9ressant dans ses dix derni\u00e8res minutes. Une r\u00e9v\u00e9lation sur le pass\u00e9 d\u2019Alma, un morceau de sa vie qui aurait pu donner une vraie colonne vert\u00e9brale au r\u00e9cit.\u00a0<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Sauf qu\u2019il arrive bien trop tard, comme si Guadagnino avait gard\u00e9 la seule bonne id\u00e9e pour la fin, au moment o\u00f9 l\u2019attention du spectateur a d\u00e9j\u00e0 gliss\u00e9 ailleurs. \u00c0 la fin, After the Hunt laisse une impression \u00e9trange : un film qui voulait \u00eatre intelligent, tendu, moralement complexe, mais qui se perd en route. Un film trop bavard, trop confus, trop obs\u00e9d\u00e9 par sa propre importance. Un film qui cherche \u00e0 provoquer un d\u00e9bat, mais sans jamais affirmer un point de vue solide. Une fiction qui avait toutes les cartes pour r\u00e9ussir \u2013 une actrice incroyable, un d\u00e9cor prestigieux, un sujet br\u00fblant \u2013 et qui choisit malgr\u00e9 tout la voie la moins engageante.<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Note : 3.5\/10<\/strong>. En bref, After the Hunt voulait chasser quelque chose de grand. Il n\u2019a attrap\u00e9 que du vent. Je suis sorti avec un sentiment de g\u00e2chis. Pas un d\u00e9sastre total, pas une horreur, mais une \u0153uvre qui ne fonctionne pas et qui semble ignorer pourquoi.<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Sorti le 20 novembre 2025 directement sur Amazon Prime Video<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"After the Hunt \/\/ De Luca Guadagnino. 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