{"id":556847,"date":"2025-11-25T04:24:19","date_gmt":"2025-11-25T04:24:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/556847\/"},"modified":"2025-11-25T04:24:19","modified_gmt":"2025-11-25T04:24:19","slug":"en-allemagne-rheinmetall-est-devenu-le-symbole-du-rearmement-xxl-de-tout-un-pays","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/556847\/","title":{"rendered":"En Allemagne, Rheinmetall est devenu le symbole du r\u00e9armement XXL de tout un pays"},"content":{"rendered":"<p>&#13;<br \/>\n\tArmin Papperger, son PDG, ne cache plus ses ambitions. \u00abNous voulons cr\u00e9er un champion europ\u00e9en capable de rivaliser avec les Am\u00e9ricains\u00bb, d\u00e9clarait-il cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 la presse allemande. Son objectif ? Multiplier le chiffre d\u2019affaires par cinq d\u2019ici \u00e0 2030, pour atteindre 40 \u00e0 50 milliards d\u2019euros, contre 9,8 milliards aujourd\u2019hui. Avec \u00e0 la cl\u00e9, d\u2019abord, une transformation industrielle. <a href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/article\/defense-en-allemagne-la-plus-grande-usine-de-munitions-d-europe-va-doper-les-stocks-des-membres-de-l-otan.N2236710\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sur son fief historique d\u2019Unterl\u00fc\u00df<\/a>, en Basse-Saxe, sa nouvelle usine robotis\u00e9e produit 25000 obus de 155 mm par an et va grimper \u00e0 350000 unit\u00e9s d\u2019ici \u00e0 2030. Entre la pose de la premi\u00e8re pierre du site, qui \u00e9quivaut \u00e0 cinq terrains de football, et son entr\u00e9e en production, il s\u2019est \u00e9coul\u00e9 quinze mois seulement.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tDe l&rsquo;automobile aux \u00e9quipements militaires<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tCette croissance fulgurante, le conglom\u00e9rat la doit surtout \u00e0 un contexte exceptionnel. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre plac\u00e9e durant des d\u00e9cennies sous la protection du parapluie am\u00e9ricain, l\u2019Allemagne a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019augmenter fortement son budget dans la d\u00e9fense, pour contrer une menace russe et parer aux incertitudes de la politique militaire de Donald Trump. Rheinmetall aurait d\u00e9j\u00e0 capt\u00e9 40 milliards d\u2019euros d\u2019investissements, dont un contrat d\u2019artillerie de 8,5 milliards d\u2019euros en 2024, un record. Son carnet de commandes explose, passant de 24,5 milliards d\u2019euros en 2022 \u00e0 80 milliards d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tIl y a dix ans, cet industriel, fond\u00e9 en 1889 \u00e0 D\u00fcsseldorf, r\u00e9alisait encore la moiti\u00e9 de son activit\u00e9 dans l\u2019automobile. Un secteur qui, aujourd\u2019hui, n\u2019en repr\u00e9sente plus que 20% et pour lequel il sonde des repreneurs afin de financer son recentrage sur la d\u00e9fense. Il m\u00e8ne en parall\u00e8le une politique d\u2019acquisitions cibl\u00e9es afin d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer sa diversification. Mi-septembre, il annon\u00e7ait la reprise de la division navale du constructeur L\u00fcrssen, dont les 2100 salari\u00e9s fabriquent, \u00e0 Br\u00e8me, des fr\u00e9gates, corvettes et patrouilleurs militaires.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tRheinmetall lorgne aussi ThyssenKrupp Marine Systems, fabricant de sous-marins, navires de surface et d\u2019\u00e9lectronique maritime. Le groupe a par ailleurs des vis\u00e9es transatlantiques. Sa filiale American Rheinmetall Vehicles, implant\u00e9e aux \u00c9tats-Unis, a nou\u00e9 un partenariat strat\u00e9gique avec Lockheed Martin, avec qui il collabore sur les missiles et le chasseur F-35. Un autre accord a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 avec la soci\u00e9t\u00e9 Anduril [lire page 110], sp\u00e9cialiste des drones et des syst\u00e8mes autonomes. Enfin, apr\u00e8s l\u2019usine de munitions d\u2019Unterl\u00fc\u00df, une deuxi\u00e8me serait d\u00e9j\u00e0 en projet dans un pays de l\u2019Otan en Europe de l\u2019Est.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tReconversion d\u2019usines<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tPour autant, cette croissance spectaculaire soul\u00e8ve des questions. La fi\u00e8vre de commandes publiques, dont Rheinmetall b\u00e9n\u00e9ficie, va-t-elle se poursuivre ? Ce militarisme va-t-il perdurer avec les alternances politiques ? \u00abCe dont nous avons besoin, ce sont des contrats fermes sur le long terme, pour planifier et investir durablement\u00bb, explique un cadre du site d\u2019Unterl\u00fc\u00df.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\t\u00c0 cela s\u2019ajoute un autre d\u00e9fi, celui de suivre les \u00e9volutions technologiques rapides du secteur (automatisation, IA, syst\u00e8mes int\u00e9gr\u00e9s), qui n\u00e9cessite des moyens financiers importants. Boris Pistorius, le ministre de la D\u00e9fense, conscient de cette fragilit\u00e9, assurait d\u00e9but septembre : \u00abNous voulons votre succ\u00e8s, car votre succ\u00e8s signifie la s\u00e9curit\u00e9 de notre pays.\u00bb \u00abIl y a un vrai danger de surchauffe, alerte pourtant Christian M\u00f6lling, le directeur du programme Le futur de l\u2019Europe \u00e0 la Fondation Bertelsmann. Le groupe pourrait ne pas suivre le rythme de ses propres commandes, faute de capacit\u00e9s industrielles ou de main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e.\u00bb Sur ce dernier point, Rheinmetall indique avoir re\u00e7u 200 000 candidatures en 2024, dont de nombreux salari\u00e9s de secteurs en difficult\u00e9, comme l\u2019automobile. \u00c0 Unterl\u00fc\u00df, d\u2019anciens employ\u00e9s de <a title=\"Continental : Informations sur l&#039;entreprise de pneumatiques - Usine Nouvelle\" href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/continental\/\" rel=\"noopener\" target=\"\" class=\"lien-contextuel\">Continental<\/a> ont ainsi retrouv\u00e9 un emploi. Pour combler ses besoins, Rheinmetall projette m\u00eame de reconvertir deux de ses usines automobiles, \u00e0 Berlin et \u00e0 Neuss, pr\u00e8s de D\u00fcsseldorf, en sites hybrides produisant pi\u00e8ces automobiles et \u00e9quipements de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tPas si simple, rappelle Hans Christoph Atzpodien, le directeur du BDSV, le lobby des industriels de d\u00e9fense. \u00abPour les ing\u00e9nieurs, qui ont acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es sensibles sur le fonctionnement du mat\u00e9riel militaire, une habilitation de s\u00e9curit\u00e9 est n\u00e9cessaire. Celle-ci doit \u00eatre demand\u00e9e aupr\u00e8s du minist\u00e8re de l\u2019\u00c9conomie, puis trait\u00e9e par les offices r\u00e9gionaux de protection de la Constitution.\u00bb La proc\u00e9dure peut prendre jusqu\u2019\u00e0 un an. \u00abUn changement d\u2019emploi rapide est donc impossible\u00bb, regrette-t-il.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tCela n\u2019emp\u00eache pas Armin Papperger de viser encore plus haut. Convaincu que \u00able prochain champ de bataille sera au-dessus de nos t\u00eates\u00bb, il a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une division spatiale dans le cadre d\u2019une coentreprise dans la production de satellites militaires d\u2019observation avec le finlandais Iceye. De fabricant de chars \u00e0 g\u00e9ant technologique int\u00e9gr\u00e9, plus rien ne semble arr\u00eater Rheinmetall. <\/p>\n<blockquote class=\"editoOutOfText\">\n<p>&#13;<br \/>\n\t\t<b>Un budget bazooka pour son arm\u00e9e<\/b><\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\t\tEn 2026, la Bundeswehr b\u00e9n\u00e9ficiera d\u2019un budget record de 108,2\u00a0milliards d\u2019euros, compos\u00e9 de 82,7\u00a0milliards d\u2019euros de\u00a0cr\u00e9dits classiques (en\u00a0hausse de 20\u00a0milliards d\u2019euros par rapport \u00e0\u00a02025) et d\u2019un \u00ab fonds\u00a0sp\u00e9cial pour le\u00a0r\u00e9armement \u00bb de 25,5\u00a0milliards d\u2019euros. Cet effort, rendu possible gr\u00e2ce \u00e0 la lev\u00e9e du frein \u00e0 l\u2019endettement en mars, permettra de\u00a0prendre le relais du fonds sp\u00e9cial pour la Bundeswehr qui avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 en f\u00e9vrier\u00a02022 par le gouvernement d\u2019Olaf\u00a0Scholz (SPD) et, depuis, affect\u00e9 en quasi-totalit\u00e9. Les d\u00e9penses militaires devraient repr\u00e9senter environ 2,8 % du produit int\u00e9rieur brut (PIB) en 2026 et pourraient monter \u00e0 3,5 % en 2029. L\u2019Allemagne est\u00a0d\u00e9sormais le pays europ\u00e9en investissant le\u00a0plus massivement dans ses capacit\u00e9s militaires, loin devant la France.\u00a0<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\t\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&#13;<br \/>\n\t<a href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/l-usine-nouvelle-du-31-octobre-2025-n3748,7643\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" alt=\"Une 3748\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODdhAQABAPAAAMPDwwAAACwAAAAAAQABAAACAkQBADs=\" data-original=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/mediatheque\/9\/8\/8\/001533889_illustration_large.jpg\" style=\"height: 194px; width: 150px; margin: 5px; float: left;\"\/><\/a><strong>Vous lisez un article du num\u00e9ro 3748 de L&rsquo;Usine Nouvelle &#8211; Novembre 2025<br \/>&#13;<br \/>\n\t<a href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/l-usine-nouvelle-du-31-octobre-2025-n3748,7643\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lire le magazine<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"&#13; Armin Papperger, son PDG, ne cache plus ses ambitions. \u00abNous voulons cr\u00e9er un champion europ\u00e9en capable de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":556848,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,670,672,1804,1805,554,1803,1067,1777,674,1801,14,12,1802],"class_list":{"0":"post-556847","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-aero-spatial","10":"tag-allemagne","11":"tag-bundesrepublik-deutschland","12":"tag-de","13":"tag-defense","14":"tag-deutschland","15":"tag-enquete","16":"tag-eu","17":"tag-europe","18":"tag-germany","19":"tag-international","20":"tag-news","21":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115608437951691435","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/556847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=556847"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/556847\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/556848"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=556847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=556847"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=556847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}