{"id":559335,"date":"2025-11-26T06:29:12","date_gmt":"2025-11-26T06:29:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/559335\/"},"modified":"2025-11-26T06:29:12","modified_gmt":"2025-11-26T06:29:12","slug":"felix-vallotton-le-delicieux-linquietant-spectacle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/559335\/","title":{"rendered":"F\u00e9lix Vallotton. Le d\u00e9licieux, l\u2019inqui\u00e9tant spectacle"},"content":{"rendered":"<p class=\"right\">\u00ab Il me semble que je peins pour des gens \u00e9quilibr\u00e9s, mais non d\u00e9nu\u00e9s toutefois, \u2013 tr\u00e8s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur \u2013 d\u2019un peu de vice inavou\u00e9. \u2013 J\u2019aime d\u2019ailleurs cet \u00e9tat qui m\u2019est propre aussi \u00bb, F\u00e9lix Vallotton,\u00a0Journal du 13 ao\u00fbt 1919<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, La Chaste Suzanne, 1922, huile sur toile, 54 x 73 cm, Acquisition en copropri\u00e9t\u00e9 avec la Fondation Gottfried Keller, Office f\u00e9d\u00e9ral de la culture, Berne, un cr\u00e9dit extraordinaire de l&rsquo;\u00c9tat de Vaud et un don de l&rsquo;Association des Amis du Mus\u00e9e, 1993                             \u00a9\u00a0Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts de Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 1        <\/p>\n<p>Le 29 d\u00e9cembre 1925, F\u00e9lix Vallotton meurt \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Neuilly des suites d\u2019une op\u00e9ration due \u00e0 un cancer. Il avait eu soixante ans la veille. Enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re du Montparnasse \u00e0 Paris, l\u2019artiste laisse derri\u00e8re lui pr\u00e8s de mille-sept-cents peintures, environ deux-cent-cinquante gravures, des centaines d\u2019illustrations imprim\u00e9es, trois romans, une dizaine de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, une trentaine de critiques et textes sur l\u2019art, quelques sculptures, de nombreux dessins. 2025 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e \u00ab\u00a0Ann\u00e9e Vallotton\u00a0\u00bb en Suisse, plusieurs institutions culturelles c\u00e9l\u00e8brent le centenaire de la disparition de l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres peintres de la Conf\u00e9d\u00e9ration. Bien qu\u2019il s\u2019install\u00e2t \u00e0 Paris a \u00e0 peine seize ans, et qu\u2019il fut naturalis\u00e9 fran\u00e7ais, il n\u2019a jamais renonc\u00e9 \u00e0 la nationalit\u00e9 suisse, trop attach\u00e9 \u00e0 ses racines, son \u0153uvre en appelant constamment \u00e0 ses souvenirs, souvent discrets, parfois critiques.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, La Malade, 1892, huile sur toile, 73,5 x 100,5 cm, Zurich, Kunsthaus Z\u00fcrich,                             \u00a9\u00a0Kunsthaus Z\u00fcrich                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 2                                    F\u00e9lix Vallotton Le bain au soir d\u2019\u00e9t\u00e9, 1892 \u2013 1893 Huile sur toile, 97 \u00d7 131 cm Zurich, Kunsthaus Z\u00fcrich, Fondation Gottfried Keller, Office f\u00e9d\u00e9ral de la culture, Berne, 1965                             \u00a9\u00a0Photo : Kunsthaus Z\u00fcrich                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 3        <\/p>\n<p>Car contrairement \u00e0 son contemporain, Ferdinand Hodler (1853-1918), p\u00e8re de la modernit\u00e9 suisse et symbole de son identit\u00e9, Vallotton, expatri\u00e9 d\u00e8s 1882, porte un regard ext\u00e9rieur, presque d\u00e9tach\u00e9 sur son pays d\u2019origine. Si le premier incarne le peintre de l\u2019\u00e2me collective, de la grandeur tragique et de la Suisse \u00e9ternelle, le second est celui de l\u2019intimit\u00e9 trouble, de l\u2019ironie sociale et de la modernit\u00e9 urbaine. Il semble avoir plus en commun avec un autre compatriote, n\u00e9 \u00e0 Lausanne comme lui, Th\u00e9ophile Alexandre Steinlen<a>[1]<\/a>(1859-1923). Tous deux quittent la Suisse pour parfaire leur formation artistique \u00e0 Paris, o\u00f9 ils se sont install\u00e9s durablement. Steinlen arrive en 1881, Vallotton en 1882, et tous deux y deviennent des figures embl\u00e9matiques de l&rsquo;avant-garde, sont attir\u00e9s par le quartier de Montmartre et le cabaret mythique du Chat Noir, fond\u00e9 par Rodolphe Salis. L\u00e0, ils se sont rencontr\u00e9s et li\u00e9s d\u2019amiti\u00e9 avec d\u2019autres artistes comme Henri de Toulouse-Lautrec, Adolphe Willette et Louis Anquetin. Ce lieu, pour lequel ils ont collabor\u00e9 \u00e0 des illustrations et des spectacles, a \u00e9t\u00e9 un creuset pour leur carri\u00e8re. Anarchistes ou socialistes convaincus, ils ont utilis\u00e9 leur art pour critiquer la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, la pauvret\u00e9 ouvri\u00e8re et les in\u00e9galit\u00e9s. Steinlen et Vallotton ont soutenu Dreyfus<a>[2]<\/a> et ont produit des \u0153uvres d\u00e9non\u00e7ant l\u2019exploitation des classes populaires, l\u2019arm\u00e9e et l\u2019\u00c9glise. Cependant, Vallotton s\u2019est progressivement \u00e9loign\u00e9 du militantisme pour une veine plus introspective, tandis que Steinlen est rest\u00e9 ancr\u00e9 dans l\u2019observation r\u00e9aliste et l\u2019engagement. \u00c0 Lausanne, sa ville natale, le mus\u00e9e cantonal des Beaux-arts (MCBA), qui conserve la plus importante collection de ses \u0153uvres au monde, s\u2019est associ\u00e9 \u00e0 la Fondation F\u00e9lix Vallotton<a>[3]<\/a> pour pr\u00e9senter l\u2019exposition \u00ab\u00a0Vallotton Forever\u00a0\u00bb. Point d\u2019orgue de l\u2019ann\u00e9e Vallotton, elle est la plus importante r\u00e9trospective consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019artiste depuis celle du Grand Palais \u00e0 Paris en 2013<a>[4]<\/a>.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, Troisi\u00e8me galerie du Ch\u00e2telet, 1894, huile sur carton maroufl\u00e9 sur bois, 49,7 x 61,7 cm, paris, mus\u00e9e d&rsquo;Orsay                             \u00a9\u00a0GranPalaisRmn (mus\u00e9e d&rsquo;Orsay), Herv\u00e9 Lewandowski                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 4                                    F\u00e9lix Vallotton Le provincial, 1909 Huile sur toile, 50 \u00d7 53 cm Pauline, Fondation d\u2019art                             \u00a9\u00a0Photo : Droits r\u00e9serv\u00e9s                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 5                                    F\u00e9lix Vallotton Cinq heures, 1898 D\u00e9trempe sur carton, 35,6 \u00d7 58,2 cm, Collection particuli\u00e8re                             \u00a9\u00a0Photo : Peter Sch\u00e4lchli, Z\u00fcrich                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 6                                    F\u00e9lix Vallotton La chambre rouge, 1898 D\u00e9trempe sur carton, 50 \u00d7 68,5 cm Lausanne, Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts.                             \u00a9\u00a0Photo : MCBA, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 7                                    F\u00e9lix Vallotton Int\u00e9rieur avec femme en rouge de dos, 1903 Huile sur toile, 92,5 \u00d7 70,5 cm Zurich, Kunsthaus Z\u00fcrich, legs Hans Naef, 2001                             \u00a9\u00a0Photo : Kunsthaus Z\u00fcrich                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 8        <\/p>\n<p><b>Peindre pour comprendre <\/b><\/p>\n<p>L\u2019exposition vaudoise r\u00e9unit plus de deux-cent-cinquante \u0153uvres provenant de collections publiques et priv\u00e9es suisses, fran\u00e7aises, allemandes et am\u00e9ricaines. Plac\u00e9 sous le commissariat de Catherine Lepdor, conservatrice en chef du MCBA, et Katia Poletti, directrice de la Fondation F\u00e9lix Vallotton, l\u2019\u00e9v\u00e9nement est compl\u00e9t\u00e9 par une exposition-dossier \u00e0 l\u2019Espace Focus<a>[5]<\/a>. La sc\u00e9nographie, con\u00e7ue par C\u00e9cile Degos, habitu\u00e9e des espaces mus\u00e9aux comme le Guggenheim de Bilbao ou la Royal Academy de Londres, adopte une approche th\u00e9matique plut\u00f4t que strictement chronologique, permettant une lecture transversale de l\u2019\u0153uvre. L\u2019exposition se veut autant une d\u00e9claration qu\u2019une r\u00e9\u00e9valuation, pas seulement un hommage biographique, mais une mise en perspective de l\u2019\u00e9tonnante modernit\u00e9 d\u2019un artiste que l\u2019on a longtemps r\u00e9duit \u00e0 l\u2019\u00e9clat de ses gravures, dans lesquelles les noirs profonds velout\u00e9s contrastent fortement avec la puret\u00e9 des blancs. L\u2019accrochage joue habilement de cette tension entre surface et profondeur et oblige le public \u00e0 revisiter ce que l\u2019on croit d\u00e9j\u00e0 conna\u00eetre. La sc\u00e9nographie exploite remarquablement la binarit\u00e9 qui traverse l\u2019\u0153uvre de Vallotton, du clair-obscur des planches \u00e0 la douceur picturale des int\u00e9rieurs, et une violence latente qui sourd derri\u00e8re les fa\u00e7ades bourgeoises. Les espaces sont souvent brefs, presque th\u00e9\u00e2traux, et l\u2019on passe d\u2019une salle \u00ab estampes coup de poing \u00bb \u00e0 des pi\u00e8ces plus silencieuses dans lesquelles les huiles se d\u00e9ploient en aplats glac\u00e9s. Ce va-et-vient cr\u00e9e un rythme presque narratif.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, Femme fouillant dans un placard, 1901, huile sur toile, 78 x 40 cm, Collection priv\u00e9e                             \u00a9\u00a0Fondation F\u00e9lix Vallotton, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 9                                    F\u00e9lix Vallotton Autoportrait \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt ans, 1885 Huile sur toile, 70 \u00d7 55,2 cm Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.                             \u00a9\u00a0Photo : MCBA, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 10        <\/p>\n<p>Le parcours s\u2019articule en neuf sections principales, structur\u00e9es autour des m\u00e9diums, des motifs r\u00e9currents et des p\u00e9riodes charni\u00e8res de la carri\u00e8re de l\u2019artiste. L\u2019entr\u00e9e, marqu\u00e9e par un mur ocre et une citation extraite des carnets de l\u2019artiste\u00a0: \u00ab Je peins pour comprendre \u00bb, pose d\u2019embl\u00e9e la posture introspective qui traverse l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre. Les premi\u00e8res salles, consacr\u00e9es aux ann\u00e9es 1880-1900, capturent le bouillonnement de la jeunesse. Vallotton, seize ans, d\u00e9barque \u00e0 Paris, s\u2019immerge \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Julian, expose au Salon en 1885. Ses portraits initiaux, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019\u00ab\u00a0Autoportrait \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt ans<a><strong>[6]<\/strong><\/a>\u00a0\u00bb (1885), qui t\u00e9moigne d\u2019un r\u00e9alisme acad\u00e9mique encore marqu\u00e9 par l\u2019influence de Jules Lefebvre (1834-1911), son professeur \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Julian, mais d\u00e9j\u00e0 fissur\u00e9 par une expressivit\u00e9 contenue dans le regard, sont d\u2019un r\u00e9alisme presque brutal, des visages o\u00f9 l\u2019acad\u00e9misme se craqu\u00e8le d\u00e9j\u00e0 sous un regard qui interroge. Des dessins d\u2019atelier et des \u00e9tudes d\u2019apr\u00e8s l\u2019antique r\u00e9v\u00e8lent la rigueur technique qui sous-tendra toute la production ult\u00e9rieure. Puis viennent les gravures sur bois, ces \u00ab\u00a0Intimit\u00e9s\u00a0\u00bb (1897-1898) qui font scandale. Des sc\u00e8nes de couples enlac\u00e9s, mais vues par le trou de la serrure, avec un aplat noir et blanc qui \u00e9voque plus le cynisme que la sensualit\u00e9. Vallotton, sympathisant anarchiste, y d\u00e9nonce la r\u00e9pression sociale, les tensions de genre, les hypocrisies conjugales. Ces planches, expos\u00e9es en s\u00e9ries compl\u00e8tes, r\u00e9sonnent comme des pamphlets visuels, des dessins de presse pour Le Cri de Paris, L\u2019Assiette au beurre et La Revue blanche (1895-1902) dans laquelle Vallotton croque Dreyfusards et bourgeois ventrus avec un humour acide qui pr\u00e9figure Daumier et les caricaturistes contemporains. La fa\u00e7on dont l\u2019exposition tisse des liens est remarquable : une gravure voisine d\u2019une illustration pour \u00ab\u00a0Le P\u00e8re Goriot\u00a0\u00bb de Balzac, r\u00e9v\u00e9lant comment Vallotton, lecteur vorace, infuse la litt\u00e9rature dans son trait. Ce dialogue entre mediums se r\u00e9v\u00e8le jubilatoire. On sent l\u2019artiste creuser son sillon, litt\u00e9ralement, avec une gravure qui taille le bois pour mieux tailler dans le vif de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton L\u2019argent, 1898 De la s\u00e9rie Intimit\u00e9s, 1897-1898 Gravure sur bois, 18 \u00d7 22,5 cm Lausanne, Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts.                             \u00a9\u00a0Photo : MCBA, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 11                                    F\u00e9lix Vallotton La Paresse, 1896 Gravure sur bois, 25 \u00d7 32,5 cm Mus\u00e9e cantonal des Beaux-arts de Lausanne.                             \u00a9\u00a0Photo : MCBA, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 12                                    F\u00e9lix Vallotton, La charge, 1893, Gravure sur bois, 20 x 26 cm, Lausanne, Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts                             \u00a9\u00a0Photo : MCBA, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 13                                    F\u00e9lix Vallotton, Paris intense, 1893-1894, quatre estampes d&rsquo;une suite de sept Zincographie, 22 x 31 cm, Lausanne, Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts                             \u00a9\u00a0Photo : MCBA, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 14                                    F\u00e9lix Vallotton, L&rsquo;\u00c2ge du papier, dessin pour le Cri de Paris, 1898, plume, encre de Chine et aquarelle sur papier, 25,9 x 20,4 cm, acquisition, 2016                             \u00a9\u00a0Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts de Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 15        <\/p>\n<p><strong>Le tournant figuratif et les nus<\/strong><\/p>\n<p>Mais c\u2019est dans la seconde partie, au tournant du XX\u00e8me si\u00e8cle, que l\u2019exposition op\u00e8re sa r\u00e9volution intime. La rupture avec le groupe nabi, consomm\u00e9e en 1903, marque l\u2019entr\u00e9e dans la troisi\u00e8me section, \u00ab Le retour au r\u00e9el (1900-1910) \u00bb. L\u2019artiste rompt avec les Nabis<a>[7]<\/a> pour revenir au figuratif, plus tranch\u00e9, plus charnel. Les nus f\u00e9minins \u00e9mergent alors comme une obsession. \u00ab\u00a0Le Repos des mod\u00e8les\u00a0\u00bb (1905), toile charni\u00e8re, montre trois femmes nues, vues de dos ou de trois-quarts. Elles occupent un espace clos sans perspective illusionniste. La frontalit\u00e9 des corps, la neutralit\u00e9 du fond et la pr\u00e9cision du contour \u00e9voquent Ingres, mais l\u2019absence de narration et la monumentalit\u00e9 des figures instaurent une distance critique. Affal\u00e9es sur un divan, elles ne sont pas vues comme objets de d\u00e9sir voyeuriste, mais comme figures fi\u00e8res, presque androgynes, qui toisent le visiteur. Ces corps, peints avec des couleurs \u00e9clatantes allant de violets profonds \u00e0 des ocres terrestres, dialoguent avec Ingres ou Manet, mais Vallotton y infuse une modernit\u00e9 queer, une subversion des genres qui d\u00e9range encore aujourd\u2019hui. L\u2019exposition les met en sc\u00e8ne avec audace. Une salle enti\u00e8re est d\u00e9di\u00e9e aux nus. Les mod\u00e8les, souvent inspir\u00e9s de sa femme Gabrielle Rodrigues-Henriques, posent sans fard leurs regards droits dans les yeux du visiteur. Cette frontalit\u00e9 est d\u00e9routante. On se sent \u00e9pi\u00e9, jug\u00e9, comme si Vallotton nous renvoyait notre propre malaise face au corps f\u00e9minin, et m\u00eame masculin tant ses autoportraits nus t\u00e9moignent d\u2019une vuln\u00e9rabilit\u00e9 rare. Dans le c\u00e9l\u00e8bre tableau \u00ab\u00a0La Blanche et la Noire\u00a0\u00bb (1913), la confrontation raciale et \u00e9rotique est trait\u00e9e avec une froideur analytique.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton Le repos des mod\u00e8les, 1905 Huile sur toile, 130 \u00d7 195,5 cm Winterthour, Kunst Museum Winterthur. Don de Hedy Hahnloser-B\u00fchler, Lisa J\u00e4ggli-Hahnloser et du Prof. Dr Hans R. Hahnloser, 1946                             \u00a9\u00a0Photo : SIK-ISEA, Z\u00fcrich, Jean-Pierre Kuhn                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 16                                    F\u00e9lix Vallotton, Le bain turc, 1907, huile sur toile, 130 x 195,5 cm, Ville de Gen\u00e8ve, MAH Mus\u00e9e d&rsquo;art et d&rsquo;histoire                             \u00a9\u00a0Photo : Mus\u00e9e d&rsquo;art et d&rsquo;histoire de Gen\u00e8ve, Bettina Jacot-Descombes                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 17                                    F\u00e9lix Vallotton La Blanche et la Noire, 1913 Huile sur toile, 114 \u00d7 147 cm Winterthour, Kunst Museum Winterthur, Fondation Hahnloser \/ Jaeggli                             \u00a9\u00a0Photo : Reto Pedrini, Z\u00fcrich                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 18                                    Vues de l\u2019exposition Vallotton Forever. La r\u00e9trospective MCBA, Lausanne Photo, Etienne Malapert, MCBA  Sc\u00e9nographie : \u00a9 2025 \u2013 C\u00e9cile Degos                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 19        <\/p>\n<p>Les paysages, souvent n\u00e9glig\u00e9s dans les lectures pr\u00e9c\u00e9dentes, occupent une section \u00e0 part enti\u00e8re. Vallotton les con\u00e7oit comme des \u00ab compositions \u00bb plut\u00f4t que des relev\u00e9s topographiques. Les paysages compos\u00e9s \u00e0 partir de 1909, sont d\u00e9gag\u00e9s de tout respect litt\u00e9ral de la nature, comme Vallotton l\u2019\u00e9crit dans ses carnets. Des vues de Honfleur ou de la C\u00f4te d\u2019Azur dans lesquelles le r\u00e9el se plie \u00e0 une g\u00e9om\u00e9trie presque cubiste avant l\u2019heure, des aplats qui \u00e9voquent Poussin revisit\u00e9 par un \u0153il photographique. \u00ab Soleil couchant dans la brume\u00a0\u00bb (1911) et \u00ab\u00a0La Gr\u00e8ve blanche Vasouy\u00a0\u00bb (1913) illustrent cette approche.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, Le Saules, 1900, huile sur carton, 33,8 x 55,2 cm, Acquisition, 1952                             \u00a9\u00a0Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts de Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 20                                    F\u00e9lix Vallotton Soleil couchant dans la brume, 1911 Huile sur toile, 54 \u00d7 81 cm Collection priv\u00e9e, Suisse                             \u00a9\u00a0Photo : Droits r\u00e9serv\u00e9s                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 21                                    F\u00e9lix Vallotton, Coucher de soleil jaune et vert, 1911, huile sur toile, 54 x 81 cm, Collection priv\u00e9e                             \u00a9\u00a0Photo : Peter Sch\u00e4lchli, Z\u00fcrich                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 22                                    F\u00e9lix Vallotton, La Gr\u00e8ve blanche, Vasouy, 1913, huile sur toile, 73 x 54 cm, Collection priv\u00e9e                             \u00a9\u00a0Prolith AG                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 23                                    Vues de l\u2019exposition Vallotton Forever. La r\u00e9trospective MCBA, Lausanne Photo, Etienne Malapert, MCBA  Sc\u00e9nographie : \u00a9 2025 \u2013 C\u00e9cile Degos                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 24        <\/p>\n<p><strong>La guerre et les derni\u00e8res ann\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>La guerre de 1914 marque un autre basculement, sombre et introspectif. Vallotton, naturalis\u00e9 fran\u00e7ais en 1900 mais toujours Suisse dans l\u2019\u00e2me, refuse la L\u00e9gion d\u2019honneur en 1912, tout comme Pierre Bonnard, \u00c9douard Vuillard et Ker-Xavier Roussel, et s\u2019engage comme dessinateur de guerre en 1917, dans les tranch\u00e9es de Champagne et d\u2019Argonne. En 1914-1915, Vallotton s\u2019interroge sur la possibilit\u00e9 pour la peinture de pouvoir traduire la guerre. Il opte pour le langage all\u00e9gorique avec des tableaux comme \u00ab\u00a0Le crime ch\u00e2ti\u00e9\u00a0\u00bb (1915) ou \u00ab\u00a0L\u2019homme poignard\u00e9\u00a0\u00bb (1916). La section \u00ab Paysages de guerre (1917-1918) \u00bb r\u00e9unit pour la premi\u00e8re fois l\u2019ensemble des toiles r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir de ces missions, parmi lesquelles \u00ab\u00a0Verdun, tableau de guerre interpr\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb (1917). L\u2019absence de figures humaines, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 apparente des ciels et la g\u00e9om\u00e9trie des crat\u00e8res instaurent une critique muette de l\u2019absurdit\u00e9 du conflit. Ces tableaux, peints avec une palette r\u00e9duite \u00e0 des ocres et des verts sourds, contrastent avec les gravures satiriques ant\u00e9rieures et r\u00e9v\u00e8lent une maturit\u00e9 tragique. Ils sont des chefs-d\u2019\u0153uvre d\u2019absurde, des champs labour\u00e9s de crat\u00e8res dans lesquels la nature reprend ses droits sur la boucherie humaine. Pas de pathos h\u00e9ro\u00efque, mais une critique muette du massacre. Ces toiles, venues de collections priv\u00e9es, c\u00f4toient des portraits tardifs dans lesquels le rictus de l\u2019artiste se durcit en amertume. \u00c0 sa mort, Vallotton laisse une \u0153uvre inachev\u00e9e, mais l\u2019exposition lausannoise la parach\u00e8ve en quelque sorte en la reliant \u00e0 notre \u00e9poque. Ses illustrations satiriques pr\u00e9figurent nos m\u00e8mes rageurs sur les r\u00e9seaux sociaux, ses nus questionnent #MeToo, ses paysages de guerre nous parlent d\u2019Ukraine ou de Gaza. L\u2019exposition n\u2019impose pas ces lectures. Elle les sugg\u00e8re, avec une subtilit\u00e9 qui force l\u2019admiration.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, Le Crime ch\u00e2ti\u00e9, 1915, huile sur toile, 250 x 200 cm, Lausanne, Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts, Acquisition 1978                             \u00a9\u00a0Photo : MCBA, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 25                                    F\u00e9lix Vallotton, L&rsquo;homme poignard\u00e9, 1916, huile sur toile, 97 x 131 cm, Winterthur, Kunst Museum Winterthur                             \u00a9\u00a0SIK-ISEA, Z\u00fcrich, Jean-Pierre Kuhn                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 26                                    F\u00e9lix Vallotton Verdun, 1917 Huile sur toile, 114 \u00d7 146 cm Paris, mus\u00e9e de l\u2019Arm\u00e9e                             \u00a9\u00a0Photo : Paris \u2013 Mus\u00e9e de l\u2019Arm\u00e9e, Dist. GrandPalaisRmn \/ image mus\u00e9e de l\u2019Arm\u00e9e                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 27        <\/p>\n<p>Les derni\u00e8res salles, \u00ab Intimit\u00e9s tardives (1919-1925) \u00bb, explorent le retour \u00e0 des sujets domestiques. Vallotton, rong\u00e9 par la maladie, peint avec une \u00e9conomie de plus en plus marqu\u00e9e. La Chambre rouge (1921) montre un int\u00e9rieur bourgeois dans lequel les objets \u2013 une lampe, un tapis, un vase \u2013 semblent flotter dans un espace ind\u00e9fini. Le portrait de sa femme Gabrielle, Femme lisant (1922), cl\u00f4t le parcours : un visage ferm\u00e9, un livre ferm\u00e9, un silence.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton Soleil \u00e9toil\u00e9, 1914 Huile sur toile, 73 \u00d7 54 cm Collection particuli\u00e8re, Nantes, France                             \u00a9\u00a0Photo : Fondation F\u00e9lix Vallotton, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 28        <\/p>\n<p>Sur le plan critique, l\u2019exposition sait jouer des paradoxes. L\u2019\u0153uvre est \u00e0 la fois tr\u00e8s novatrice, par sa composition, son go\u00fbt pour la silhouette, son emprunt aux estampes japonaises, et d\u2019un conservatisme social parfois d\u00e9rangeant. Le commissariat n\u2019\u00e9vite pas ce dernier point, mais il ne l\u2019explore pas toujours avec la radicalit\u00e9 n\u00e9cessaire. On sent la tentation d\u2019adoucir les angles, de pr\u00e9senter Vallotton comme un ma\u00eetre de la forme plus que l\u2019acteur d\u2019une \u00e9poque. Certaines lectures historiques auraient gagn\u00e9 \u00e0 \u00eatre plus frontales : le traitement des questions de genre, de classe, et, lorsqu\u2019il s\u2019y pr\u00eate, des violences domestiques, m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre convoqu\u00e9es sans euph\u00e9mismes. Le ton curatorial reste parfois trop polic\u00e9 devant des images qui, elles, n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 \u00eatre cruelles. En outre, la densit\u00e9 des salles \u2013 pr\u00e8s de 250 \u0153uvres ! \u2013 peut submerger le visiteur profane. La sc\u00e9nographie, si color\u00e9e, risque parfois de voler la vedette aux aplats vallotoniens, ces silences peints qui disent tout en n\u2019en disant rien. On peut aussi s\u2019interroger sur le titre, ce Forever qui questionne le statut de la manifestation\u00a0: c\u00e9l\u00e9bration ou marketing ?<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, Le Pont Neuf, 1901, huile sur carton, 37 x 57 cm, Winterthur, Kunst Museum Winterthur                             \u00a9\u00a0SIK-ISEA, Z\u00fcrich, Lutz Hartmann                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 29                                    F\u00e9lix Vallotton, Les Ballons, 1900-1902, huile sur carton maroufl\u00e9 sur bois, 39 x 56,5 cm, Aarau, Aargauer Kunsthaus et Fondation Gottfried Keller, Office f\u00e9d\u00e9ral de la culture, Berne                             \u00a9\u00a0Photo : MCBA, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 30                                    F\u00e9lix Vallotton En promenade, vers 1895 Huile sur carton, 33,2 \u00d7 45,6 cm Collection priv\u00e9e                             \u00a9\u00a0Photo : Peter Sch\u00e4lchli, Z\u00fcrich                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 31                                    F\u00e9lix Vallotton, Le Bon March\u00e9, 1898, huile sur carton, 70 x 50 cm, 70 x 100 cm, 70 x 50 cm (triptyque), Collection priv\u00e9e                             \u00a9\u00a0Photo : Fondation F\u00e9lix Vallotton, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 32                                    Vues de l\u2019exposition Vallotton Forever. La r\u00e9trospective MCBA, Lausanne Photo, Etienne Malapert, MCBA  Sc\u00e9nographie : \u00a9 2025 \u2013 C\u00e9cile Degos                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 33        <\/p>\n<p>L\u2019exposition parvient \u00e0 restituer la complexit\u00e9 d\u2019un artiste inclassable, tout \u00e0 la fois graveur satirique, peintre de l\u2019intime, observateur clinique de la modernit\u00e9. L\u2019approche th\u00e9matique met en lumi\u00e8re les continuit\u00e9s (le regard, le silence, la g\u00e9om\u00e9trie) plus que les ruptures. L\u2019exposition ne cherche pas \u00e0 faire de Vallotton un pr\u00e9curseur syst\u00e9matique du surr\u00e9alisme ou de l\u2019hyperr\u00e9alisme, mais le replace plut\u00f4t dans une histoire de la perception moderne. Elle y r\u00e9ussit avec une rigueur qui honore \u00e0 la fois l\u2019artiste et le visiteur. Homme de l\u2019ombre qui illumina les failles de son temps, Vallotton nous renvoie \u00e0 nos propres intimit\u00e9s d\u00e9chir\u00e9es. Son regard immuable, \u00e0 la fois tranchant, humoristique et impitoyable, nous rappelle que l\u2019art, loin d\u2019\u00eatre d\u00e9coratif, est \u00e9minemment subversif. Il nous d\u00e9range pour mieux nous lib\u00e9rer. Forever ? Peut-\u00eatre. Toujours actuel, assur\u00e9ment.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, La loge de th\u00e9\u00e2tre, le monsieur et la dame, 1909, huile sur toile, 46 x 38 cm, Collection priv\u00e9e, Suisse                             \u00a9\u00a0Courtesy Fondation F\u00e9lix Vallotton, Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 34        <\/p>\n<p class=\"left\"><a>[1]<\/a> Guillaume Lasserre, \u00ab\u00a0Th\u00e9ophile-Alexandre Steinlen. Tout vient du peuple\u00a0\u00bb, Un certain regard sur la culture\/ Le Club de Mediapart,14 f\u00e9vrier 2024,\u00a0 <a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/guillaume-lasserre\/blog\/140224\/theophile-alexandre-steinlen-tout-vient-du-peuple\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/blogs.mediapart.fr\/guillaume-lasserre\/blog\/140224\/theophile-alexandre-steinlen-tout-vient-du-peuple<\/a><\/p>\n<p><a>[2]<\/a> Steinlen en 1897, Vallotton par ses gravures incisives.<\/p>\n<p><a>[3]<\/a> Centre de recherches consacr\u00e9 \u00e0 la vie et \u00e0 l\u2019\u0153uvre de F\u00e9lix Vallotton fond\u00e9 en 1998 dans le but d\u2019achever et publier le Catalogue raisonn\u00e9 de l\u2019\u0153uvre peinte de F\u00e9lix Vallotton, de conserver, g\u00e9rer et enrichir les archives F\u00e9lix Vallotton, afin de maintenir et d\u2019animer \u00e0 Lausanne un centre permanent de recherches et de documentation sur sa vie et sur son \u0153uvre, et de contribuer \u00e0 renforcer le rayonnement de la personnalit\u00e9 et de l\u2019\u0153uvre de F\u00e9lix Vallotton, \u00e0 l\u2019\u00e9chelon tant national qu\u2019international. La fondation est abrit\u00e9e dans les locaux du mus\u00e9e cantonal des Beaux-arts. <a href=\"https:\/\/felixvallotton.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/felixvallotton.ch<\/a><\/p>\n<p><a>[4]<\/a> F\u00e9lix Vallotton\u00a0: le feu sous la glace, Grand Palais RMN, Paris, du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014. Exposition organis\u00e9e par le mus\u00e9e d\u2019Orsay et la RMN.<\/p>\n<p><a>[5]<\/a> Vallotton. L\u2019ing\u00e9nieux laboratoire, Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, Espace Focus, du 24 octobre 2025 au 15 f\u00e9vrier 2026.<a href=\"https:\/\/www.mcba.ch\/expositions\/vallotton-ingenieux-laboratoire\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.mcba.ch\/expositions\/vallotton-ingenieux-laboratoire\/<\/a><\/p>\n<p><a>[6]<\/a> Acquis par le MCBA en1896.<\/p>\n<p><a>[7]<\/a> Groupe d\u2019artistes postimpressionnistes fran\u00e7ais actif entre 1888 et 1900 environ. Fond\u00e9 par Paul S\u00e9rusier (sous l\u2019influence de Gauguin au Pont-Aven), le noyau dur comprend Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, Maurice Denis, Paul Ranson, Ker-Xavier Roussel, F\u00e9lix Vallotton, et parfois Aristide Maillol. Leur manifeste, r\u00e9dig\u00e9 par Maurice Denis en 1890 : \u00ab Se rappeler qu\u2019un tableau, avant d\u2019\u00eatre un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assembl\u00e9es \u00bb. Ils ont pour principes le rejet du naturalisme et de la perspective classique, la primaut\u00e9 de la couleur, du rythme d\u00e9coratif et du symbolisme, l\u2019influence japonaise (estampes), cloisonnisme de Gauguin, mysticisme. Le groupe se dissout vers 1900 mais Bonnard et Vuillard prolongeront l\u2019esprit \u00ab nabis \u00bb (intimisme) tout au long de leur carri\u00e8re.<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, Sur la plage, 1899, huile sur carton, 42 x 48 cm, Collection priv\u00e9e                             \u00a9\u00a0Photo : Droits r\u00e9serv\u00e9s                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 35        <\/p>\n<p>\u00ab VALLOTTON FOREVER \u00bb &#8211; Commissariat : Catherine Lepdor, conservatrice en chef, MCBA, et Katia Poletti, conservatrice de la Fondation F\u00e9lix Vallotton, Lausanne, assist\u00e9es de Camille de Alencastro, collaboratrice scientifique, MCBA. Sc\u00e9nographie de l\u2019exposition : C\u00e9cile Degos. Signal\u00e9tique : Carole Guinard.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;au 1er F\u00e9vrier 2026. Du mercredi au lundi, de 10h \u00e0 18h, nocturne le jeudi jusqu&rsquo;\u00e0 20h.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.mcba.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts<\/a><br \/>Place de la Gare, 17<br \/>CH &#8211; 1003 Lausanne<\/p>\n<p>                            F\u00e9lix Vallotton, \u00c9tude de fesses, vers 1884, huile sur toile, 38 x 46 cm, collection priv\u00e9e                             \u00a9\u00a0Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts de Lausanne                                                          Agrandir l\u2019image : Illustration 36        <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab Il me semble que je peins pour des gens \u00e9quilibr\u00e9s, mais non d\u00e9nu\u00e9s toutefois, \u2013 tr\u00e8s \u00e0&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":559336,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1348,1384,1385,12360,1386,58,59,47461,1011,27,26705,7661,67640,626,17258,1585,5570,3067],"class_list":{"0":"post-559335","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-arts","9":"tag-arts-and-design","10":"tag-arts-et-design","11":"tag-centenaire","12":"tag-design","13":"tag-divertissement","14":"tag-entertainment","15":"tag-felix-vallotton","16":"tag-fr","17":"tag-france","18":"tag-lausanne","19":"tag-montmartre","20":"tag-musee-cantonal-des-beaux-arts-de-lausanne","21":"tag-paris","22":"tag-peintre","23":"tag-peinture","24":"tag-retrospective","25":"tag-suisse"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115614591438335468","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/559335","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=559335"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/559335\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/559336"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=559335"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=559335"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=559335"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}