{"id":563168,"date":"2025-11-27T22:12:23","date_gmt":"2025-11-27T22:12:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/563168\/"},"modified":"2025-11-27T22:12:23","modified_gmt":"2025-11-27T22:12:23","slug":"une-maladie-longtemps-ignoree-vient-detre-reconnue-par-la-science-et-elle-touche-des-millions-de-personnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/563168\/","title":{"rendered":"Une maladie longtemps ignor\u00e9e vient d\u2019\u00eatre reconnue par la science (et elle touche des millions de personnes)"},"content":{"rendered":"<p data-start=\"216\" data-end=\"715\"><strong data-start=\"216\" data-end=\"715\">Depuis des d\u00e9cennies, les m\u00e9decins distinguent trois formes principales de diab\u00e8te : le type 1, le type 2 et le diab\u00e8te gestationnel. Pourtant, un quatri\u00e8me type longtemps oubli\u00e9 refait aujourd\u2019hui surface \u2014 et il bouleverse la compr\u00e9hension mondiale de cette maladie m\u00e9tabolique. Baptis\u00e9 \u201cdiab\u00e8te de type 5\u201d, ce trouble m\u00e9connu concernerait des millions de personnes, surtout dans les pays \u00e0 faible revenu. Sa reconnaissance officielle ouvre un nouveau chapitre dans la lutte contre le diab\u00e8te.<\/strong><\/p>\n<p>Un diab\u00e8te rest\u00e9 invisible pendant des d\u00e9cennies<\/p>\n<p data-start=\"776\" data-end=\"1210\">Le diab\u00e8te de type 5 n\u2019est pas r\u00e9ellement \u201cnouveau\u201d. Les premi\u00e8res observations remontent aux ann\u00e9es 1950, lorsque le m\u00e9decin britannique Philip Hugh-Jones, en Jama\u00efque, avait d\u00e9crit un groupe de patients pr\u00e9sentant une glyc\u00e9mie \u00e9lev\u00e9e sans que leur maladie ne corresponde ni au type 1 ni au type 2. Il avait alors nomm\u00e9 ce trouble \u201ctype J\u201d \u2014 pour Jama\u00efque. L\u2019appellation n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, et la maladie est rest\u00e9e dans l\u2019ombre.<\/p>\n<p data-start=\"1212\" data-end=\"1727\">Il aura fallu plus de soixante-dix ans pour que la recherche s\u2019y int\u00e9resse \u00e0 nouveau. En 2024, un consensus international d\u2019experts, r\u00e9uni en Inde, a officiellement reconnu ce trouble comme une forme distincte, d\u00e9sormais appel\u00e9e \u201cdiab\u00e8te de type 5\u201d. L\u2019annonce, relay\u00e9e par <a href=\"https:\/\/www.thelancet.com\/journals\/langlo\/article\/PIIS2214-109X%2825%2900263-3\/fulltext\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The Lancet Global Health<\/a>, marque une \u00e9tape importante : celle o\u00f9 la communaut\u00e9 m\u00e9dicale admet que certains patients, jusqu\u2019ici class\u00e9s \u00e0 tort dans d\u2019autres cat\u00e9gories, souffrent d\u2019une pathologie \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p data-start=\"1729\" data-end=\"2033\">Les chercheurs estiment que 20 \u00e0 25 millions de personnes dans le monde pourraient \u00eatre concern\u00e9es, notamment en Afrique et en Asie. Ces chiffres laissent penser que le diab\u00e8te de type 5 est bien plus fr\u00e9quent qu\u2019on ne le croyait, mais qu\u2019il a longtemps \u00e9chapp\u00e9 aux radars faute de d\u00e9finition claire.<\/p>\n<p>Quand la d\u00e9nutrition ab\u00eeme le pancr\u00e9as<\/p>\n<p data-start=\"2084\" data-end=\"2482\">Le diab\u00e8te de type 5 se distingue des autres formes par sa cause : il n\u2019est li\u00e9 ni \u00e0 une attaque auto-immune, comme le type 1, ni \u00e0 une <a href=\"https:\/\/sciencepost.fr\/diabete-les-problemes-dacces-a-linsuline-ne-vont-faire-que-saggraver\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019insuline<\/a>, comme le type 2. Les patients touch\u00e9s ont en revanche un pancr\u00e9as endommag\u00e9 par une d\u00e9nutrition pr\u00e9coce, souvent d\u00e8s l\u2019enfance. Ce manque de nutriments alt\u00e8re durablement les cellules b\u00eata, responsables de la production d\u2019insuline.<\/p>\n<p data-start=\"2484\" data-end=\"2761\">R\u00e9sultat : l\u2019organisme produit trop peu d\u2019insuline pour r\u00e9guler la glyc\u00e9mie, mais les tissus, eux, restent sensibles \u00e0 cette hormone. C\u2019est une diff\u00e9rence majeure avec le diab\u00e8te de type 2, o\u00f9 les cellules deviennent insensibles \u00e0 l\u2019insuline malgr\u00e9 une production suffisante.<\/p>\n<p data-start=\"2763\" data-end=\"3081\">Ces patients sont souvent minces, parfois sous-aliment\u00e9s, et ont grandi dans des contextes de pauvret\u00e9 ou d\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e. La d\u00e9nutrition chronique laisse une trace biologique irr\u00e9versible : un pancr\u00e9as affaibli, incapable de r\u00e9pondre correctement aux variations de sucre dans le sang.<\/p>\n<p data-start=\"3083\" data-end=\"3473\">Cette particularit\u00e9 rend aussi le traitement plus complexe. L\u2019administration d\u2019insuline, indispensable dans la plupart des cas, doit \u00eatre soigneusement adapt\u00e9e. Une dose trop forte, combin\u00e9e \u00e0 une alimentation insuffisante, peut provoquer une hypoglyc\u00e9mie s\u00e9v\u00e8re, parfois mortelle. C\u2019est l\u2019un des grands d\u00e9fis m\u00e9dicaux dans les pays o\u00f9 la nourriture est rare et le suivi m\u00e9dical limit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude YODA : la preuve que ce diab\u00e8te existe vraiment<\/p>\n<p data-start=\"3541\" data-end=\"3949\">La reconnaissance internationale du diab\u00e8te de type 5 s\u2019appuie largement sur les r\u00e9sultats r\u00e9cents de l\u2019\u00e9tude YODA (Young-Onset Diabetes in sub-Saharan Africa), publi\u00e9e dans <a href=\"https:\/\/www.thelancet.com\/journals\/landia\/article\/PIIS2213-8587(25)00120-2\/fulltext\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The Lancet Diabetes &amp; Endocrinology<\/a>. Les chercheurs ont suivi pr\u00e8s de 900 jeunes adultes atteints de diab\u00e8te au Cameroun, en Ouganda et en Afrique du Sud. Leur objectif initial \u00e9tait de mieux comprendre le diab\u00e8te de type 1.<\/p>\n<p data-start=\"3951\" data-end=\"4386\">Mais les analyses ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une surprise : pr\u00e8s des deux tiers des participants ne pr\u00e9sentaient pas les marqueurs auto-immuns caract\u00e9ristiques du type 1. De plus, leurs pancr\u00e9as produisaient encore de petites quantit\u00e9s d\u2019insuline, contrairement aux cas classiques. Ces observations ont confirm\u00e9 l\u2019existence d\u2019un diab\u00e8te distinct, insulino-d\u00e9ficient mais non auto-immun \u2014 autrement dit, un profil correspondant au futur \u201ctype 5\u201d.<\/p>\n<p data-start=\"4388\" data-end=\"4682\">Ces r\u00e9sultats ont raviv\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat des chercheurs pour cette forme de diab\u00e8te longtemps oubli\u00e9e. Selon le Dr Rachel Reinert, endocrinologue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Michigan, cette red\u00e9couverte pourrait changer la mani\u00e8re dont on diagnostique et soigne des millions de patients dans les pays du Sud.<\/p>\n<p>Donner un nom, c\u2019est aussi rendre visible<\/p>\n<p data-start=\"4736\" data-end=\"5179\">Derri\u00e8re cette classification, il y a un enjeu m\u00e9dical et symbolique majeur. Nommer correctement une maladie permet non seulement d\u2019am\u00e9liorer les soins, mais aussi d\u2019attirer l\u2019attention des financeurs et des d\u00e9cideurs. Comme le souligne le Pr Chittaranjan Yajnik, coauteur de la d\u00e9claration de consensus internationale : \u201cLe nom est important pour attirer la recherche et \u00e9viter que cette forme de diab\u00e8te ne soit rel\u00e9gu\u00e9e au second plan.\u201d<\/p>\n<p data-start=\"5181\" data-end=\"5536\">En reconnaissant le diab\u00e8te de type 5, la science admet aussi que les d\u00e9terminants sociaux et nutritionnels jouent un r\u00f4le central dans certaines pathologies m\u00e9taboliques. Ce n\u2019est plus seulement une question de g\u00e9n\u00e9tique ou de mode de vie s\u00e9dentaire, mais une cons\u00e9quence directe des in\u00e9galit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 une alimentation saine d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge.<\/p>\n<p data-start=\"5538\" data-end=\"5791\">Au-del\u00e0 du nom, cette d\u00e9couverte rappelle une v\u00e9rit\u00e9 fondamentale : la biologie humaine garde la m\u00e9moire des conditions dans lesquelles elle se d\u00e9veloppe. Et parfois, c\u2019est dans les failles du d\u00e9veloppement que se cachent les cl\u00e9s de nouvelles maladies.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Depuis des d\u00e9cennies, les m\u00e9decins distinguent trois formes principales de diab\u00e8te : le type 1, le type 2&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":563169,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1011,27,72,71],"class_list":{"0":"post-563168","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-fr","9":"tag-france","10":"tag-health","11":"tag-sante"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115623961762676913","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563168","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=563168"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563168\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/563169"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=563168"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=563168"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=563168"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}