{"id":563353,"date":"2025-11-28T00:20:19","date_gmt":"2025-11-28T00:20:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/563353\/"},"modified":"2025-11-28T00:20:19","modified_gmt":"2025-11-28T00:20:19","slug":"en-ile-de-france-la-renovation-energetique-exige-une-reelle-ambition-gaz-daujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/563353\/","title":{"rendered":"En \u00cele-de-France, la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique exige une r\u00e9elle ambition &#8211; Gaz d&rsquo;aujourd&rsquo;hui"},"content":{"rendered":"<p><strong>La r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique du parc r\u00e9sidentiel en \u00cele-de-France constitue un enjeu de taille pour atteindre les objectifs climatiques nationaux. Avec pr\u00e8s de 70 % des logements franciliens construits avant 1991, repr\u00e9sentant 77 % des consommations \u00e9nerg\u00e9tiques du secteur r\u00e9sidentiel, les petites copropri\u00e9t\u00e9s et les zones patrimoniales constituent un v\u00e9ritable angle mort des politiques de r\u00e9novation francilienne selon une \u00e9tude publi\u00e9e ce 26 novembre par l\u2019Institut Paris R\u00e9gion (IPR).<\/strong><\/p>\n<p>Par la r\u00e9daction de Gaz d\u2019aujourd\u2019hui<\/p>\n<p>Le diagnostic est sans appel : pour r\u00e9ussir la transition \u00e9nerg\u00e9tique en \u00cele-de-France,  une acc\u00e9l\u00e9ration significative de la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique s\u2019impose. L\u2019\u00e9tude de l\u2019Institut Paris R\u00e9gion ( IPR) pr\u00e9sente des leviers d\u2019action pour surmonter les obstacles, mais insiste sur l\u2019urgence \u00ab\u00a0d\u2019une coordination renforc\u00e9e entre les acteurs publics et priv\u00e9s.\u00a0\u00bb Au global, ce sont surtout les b\u00e2timents avec des \u00e9tiquettes \u00e9nerg\u00e9tiques \u00ab\u00a0interm\u00e9diaires (C, D ou E)\u00a0\u00bb qui sont r\u00e9nov\u00e9s, tandis que les passoires thermiques (\u00e9tiquettes F et G) \u00ab\u00a0restent majoritairement dans les cat\u00e9gories \u00e9nergivores E, F et G\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p><strong>Une dynamique de r\u00e9novation encore trop limit\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Entre 2021 et 2023, environ 70 000 logements priv\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9s chaque ann\u00e9e en \u00cele-de-France, avec 15 300 logements r\u00e9nov\u00e9s dans le parc social. \u00ab\u00a0Si ces chiffres t\u00e9moignent d\u2019une volont\u00e9 d\u2019agir, ils sont n\u00e9anmoins insuffisants au regard des enjeux\u00a0\u00bb indique l\u2019IPR. En d\u00e9pit des efforts consentis, les b\u00e2timents les plus \u00e9nergivores, class\u00e9s dans les cat\u00e9gories E, F et G, restent largement majoritaires. Si une r\u00e9novation permet g\u00e9n\u00e9ralement de faire \u00e9voluer les logements d\u2019une \u00e0 deux classes DPE, les \u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie r\u00e9alis\u00e9es demeurent bien en-de\u00e7\u00e0 des attentes. Le co\u00fbt des mat\u00e9riaux, la rar\u00e9faction des entreprises qualifi\u00e9es, ainsi que la complexit\u00e9 administrative freinent consid\u00e9rablement l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des travaux. Les professionnels du b\u00e2timent et les acteurs publics plaident pour davantage de stabilit\u00e9 dans les dispositifs d\u2019aides publiques, indispensables pour structurer un march\u00e9 encore trop incertain.<\/p>\n<p><strong>Des co\u00fbts sous pression : l\u2019impasse des petites copropri\u00e9t\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Les co\u00fbts des travaux de r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique varient consid\u00e9rablement en fonction de la typologie du logement et de la complexit\u00e9 des interventions. Pour les copropri\u00e9t\u00e9s, le co\u00fbt moyen des travaux a augment\u00e9 de 11 700 euros entre 2010 et 2014 \u00e0 20 600 euros par logement apr\u00e8s 2019. Dans les maisons individuelles, les projets de r\u00e9novation globale peuvent atteindre jusqu\u2019\u00e0 86 000 euros, en fonction de l\u2019\u00e2ge du b\u00e2timent et des installations choisies (par exemple, l\u2019installation d\u2019une pompe \u00e0 chaleur). Les subventions publiques, telles que Ma prime r\u00e9nov\u2019, jouent un r\u00f4le structurant dans la dynamique, mais elles peinent \u00e0 surmonter les obstacles techniques et financiers. En particulier, les petites copropri\u00e9t\u00e9s de moins de 15 logements, qui constituent un angle mort de la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique, rencontrent des difficult\u00e9s majeures. Ces b\u00e2timents, souvent plus anciens (68 % d\u2019entre eux ont \u00e9t\u00e9 construits avant 1945), sont plus co\u00fbteux \u00e0 r\u00e9nover en raison de leur taille et de la complexit\u00e9 de leurs interventions. De plus, les professionnels privil\u00e9gient des projets plus rentables, notamment les grands ensembles, souvent construits apr\u00e8s 1945. Ainsi, ces petites copropri\u00e9t\u00e9s sont peu repr\u00e9sent\u00e9es dans les projets financ\u00e9s par des aides publiques et, lorsqu\u2019elles sont r\u00e9nov\u00e9es, elles atteignent rarement un bon niveau de performance \u00e9nerg\u00e9tique. Selon l\u2019\u00e9tude de l\u2019IPR, moins de 10 % des r\u00e9novations annuelles concernent ces petites copropri\u00e9t\u00e9s, alors que 84 % des r\u00e9novations effectu\u00e9es entre 2021 et 2023 se sont concentr\u00e9es sur des \u00ab\u00a0gestes simples\u00a0\u00bb, comme le changement de chaudi\u00e8re ou l\u2019isolation des combles. Ces actions permettent des gains d\u2019\u00e9nergie modestes, mais ne r\u00e9pondent pas aux exigences de performance \u00e9nerg\u00e9tique n\u00e9cessaires pour r\u00e9duire les consommations \u00e0 un niveau significatif.<\/p>\n<p><strong>Les angles morts du march\u00e9 : le b\u00e2ti ancien et les petits collectifs<\/strong><\/p>\n<p>Le d\u00e9fi majeur de la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique reste l\u2019atteinte des segments les plus complexes : les b\u00e2timents anciens, souvent situ\u00e9s dans des zones prot\u00e9g\u00e9es, ainsi que les petits collectifs. Ces derniers, souvent class\u00e9s parmi les plus \u00e9nergivores, sont particuli\u00e8rement difficiles \u00e0 r\u00e9nover en raison de la combinaison de contraintes patrimoniales, de mitoyennet\u00e9 et de valeurs fonci\u00e8res disparates. Bien que les grands collectifs montrent des r\u00e9sultats encourageants, la situation est bien plus compliqu\u00e9e pour les petites copropri\u00e9t\u00e9s et les immeubles anciens, qu\u2019il est pourtant crucial de cibler pour atteindre les objectifs de r\u00e9duction des consommations d\u2019\u00e9nergie. Le manque de main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e et l\u2019inflation des co\u00fbts des mat\u00e9riaux augmentent encore la pression sur les budgets des m\u00e9nages et des promoteurs. Ce contexte rend difficile l\u2019atteinte des objectifs de r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique, d\u2019autant plus que la rentabilit\u00e9 des investissements varie fortement en fonction du type de bien et de sa localisation.<\/p>\n<p><strong>Le solutions existent<\/strong><\/p>\n<p>Pour am\u00e9liorer la performance \u00e9nerg\u00e9tique des logements, plusieurs leviers techniques se d\u00e9gagent. L\u2019isolation des parois (murs, toitures, planchers) demeure un point central. Bien que les mat\u00e9riaux biosourc\u00e9s (plus \u00e9cologiques mais co\u00fbteux) commencent \u00e0 se faire une place, la laine de roche reste le mat\u00e9riau privil\u00e9gi\u00e9, en particulier pour les b\u00e2timents collectifs. Le choix du syst\u00e8me de chauffage \u2013 qu\u2019il soit par r\u00e9seau de chaleur, pompe \u00e0 chaleur ou biomasse \u2013 doit \u00eatre adapt\u00e9 \u00e0 chaque type de b\u00e2ti, en tenant compte des caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques de chaque immeuble. Un suivi de la maintenance et des r\u00e9glages apr\u00e8s installation des \u00e9quipements est \u00e9galement crucial pour garantir leur efficacit\u00e9 \u00e0 long terme. Les collectivit\u00e9s territoriales \u00ab\u00a0jouent un r\u00f4le essentiel dans la mise en \u0153uvre des politiques de r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique\u00a0\u00bb. Leur action \u00ab\u00a0ne doit pas se limiter \u00e0 l\u2019application des dispositifs nationaux, mais \u00e9galement \u00e0 un travail de m\u00e9diation et d\u2019accompagnement des propri\u00e9taires et des professionnels\u00a0\u00bb indique l\u2019Institut. Ces acteurs locaux sont en mesure de proposer des solutions adapt\u00e9es aux sp\u00e9cificit\u00e9s de chaque territoire, qu\u2019il s\u2019agisse de formations pour les artisans sp\u00e9cialis\u00e9s dans le b\u00e2ti ancien ou de soutien \u00e0 l\u2019auto-r\u00e9habilitation dans les zones rurales. Pour une transition r\u00e9ussie, les collectivit\u00e9s doivent aussi adapter les outils d\u2019urbanisme, simplifier les d\u00e9marches administratives et renforcer les comp\u00e9tences des structures publiques, telles que les espaces conseils France R\u00e9nov\u2019. Une meilleure coordination entre tous les acteurs \u2013 publics, priv\u00e9s et professionnels \u2013 est indispensable pour maximiser l\u2019impact des politiques publiques.<\/p>\n<p>Les perspectives de r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique pour les logements franciliens varient en fonction des sc\u00e9narios envisag\u00e9s. Dans un sc\u00e9nario tendanciel, la poursuite des efforts actuels permettrait de r\u00e9duire la consommation \u00e9nerg\u00e9tique de 11,2 %. En revanche, un sc\u00e9nario ambitieux, visant une r\u00e9novation globale des logements avec un gain \u00e9nerg\u00e9tique moyen de 35 %, pourrait aboutir \u00e0 une r\u00e9duction de 18,4 % de la consommation r\u00e9sidentielle. Pour ce faire, il est indispensable de mobiliser les segments encore laiss\u00e9s pour compte : petites copropri\u00e9t\u00e9s, logements anciens et maisons individuelles. Ces segments, bien qu\u2019ils pr\u00e9sentent des d\u00e9fis techniques et financiers consid\u00e9rables, sont incontournables pour atteindre les objectifs climatiques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique du parc r\u00e9sidentiel en \u00cele-de-France constitue un enjeu de taille pour atteindre les objectifs climatiques&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":563354,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1592],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,662,12,626,25],"class_list":{"0":"post-563353","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-ile-de-france","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-ile-de-france","15":"tag-news","16":"tag-paris","17":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115624465207934422","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563353","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=563353"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563353\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/563354"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=563353"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=563353"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=563353"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}