{"id":566567,"date":"2025-11-29T11:50:14","date_gmt":"2025-11-29T11:50:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/566567\/"},"modified":"2025-11-29T11:50:14","modified_gmt":"2025-11-29T11:50:14","slug":"mon-coeur-brise-a-fait-que-je-me-suis-mis-au-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/566567\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Mon c\u0153ur bris\u00e9 a fait que je me suis mis au fran\u00e7ais\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Il y a quarante ans, Stephan Eicher incarnait l\u2019artiste underground par excellence\u00a0: refusant de signer avec une maison de disques, travaillant dans des caves, sortant des disques en autoproduction\u2026 Mais le Suisse a \u00e9t\u00e9 pris \u00e0 son propre pi\u00e8ge en se retrouvant, d\u00e8s 1987, auteur du tube \u00ab\u00a0Combien de temps\u00a0\u00bb. Alors le chanteur a eu envie d\u2019\u00eatre une rock star, jouant devant les foules qui aimaient \u00ab\u00a0D\u00e9jeuner en paix\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Des hauts, des bas\u00a0\u00bb. Puis, la Eicher-mania disparut aussi vite qu\u2019elle \u00e9tait apparue, pour le plus grand bonheur de l\u2019int\u00e9ress\u00e9, capable, depuis, de produire des disques de haute facture, comme le prouve une fois encore \u00ab\u00a0Poussi\u00e8re d\u2019or\u00a0\u00bb, excellent cru 2025. On le retrouve place des \u00adVosges, dans le palace parisien o\u00f9 il a ses habitudes et o\u00f9 il a termin\u00e9 d\u2019enregistrer l\u2019album, en juillet dernier. Pos\u00e9, volubile, Eicher a accept\u00e9 de retracer son parcours avec une sinc\u00e9rit\u00e9 touchante et une honn\u00eatet\u00e9 qui l\u2019honore.<\/p>\n<p><strong>Paris Match. D\u2019o\u00f9 vient votre passion pour la musique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.parismatch.com\/Culture\/Musique\/Stephan-Eicher-l-Helvete-underground-1678638\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Stephan Eicher<\/strong><\/a><strong>.<\/strong> De mon p\u00e8re, je dirais\u2026 Il tenait un magasin de radio-t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 Berne. J\u2019ai grandi avec la st\u00e9r\u00e9o, j\u2019ai tr\u00e8s t\u00f4t v\u00e9cu dans le monde des enceintes, des machines \u00e0 bandes\u2026 D\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 9\u00a0ans, avec mes deux fr\u00e8res, on faisait de la musique, on reprenait des chansons folkloriques suisses. Puis, pour son amusement, mon p\u00e8re a cr\u00e9\u00e9 dans son atelier des bo\u00eetes \u00e0 rythmes, des synth\u00e9s et des multipistes. L\u2019odeur de mon enfance, c\u2019est celle de la soudure. [Il sourit.] Quand j\u2019ai voulu une guitare \u00e9lectrique et qu\u2019il a fallu un amplificateur, il a pris une vieille radio \u00e0 lampes et l\u2019a transform\u00e9e. C\u2019\u00e9tait un ampli d\u2019une qualit\u00e9 inou\u00efe.<\/p>\n<p><strong>Est-ce votre p\u00e8re qui vous a incit\u00e9 \u00e0 vous lancer dans l\u2019\u00e9criture de chansons\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Non.<\/strong> \u00c0 Berne, j\u2019\u00e9tais ami avec Francis, le gar\u00e7on qui tenait Olmo, une boutique de disques et de v\u00eatements import\u00e9s d\u2019Angleterre. C\u2019est comme \u00e7a que j\u2019ai d\u00e9couvert le punk, la new wave. Puis Francis a ouvert le Spex Club, o\u00f9 tra\u00eenait toute la jeunesse bernoise. C\u2019\u00e9tait un lieu tr\u00e8s sauvage, o\u00f9 l\u2019on trouvait du mat\u00e9riel, un synth\u00e9 Promars, une bo\u00eete \u00e0 rythmes CR-78.\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 bricoler avec ces instruments et j\u2019ai enregistr\u00e9 une cassette, \u201cStephan Eicher Spielt Noise Boys\u201d, influenc\u00e9e par Suicide ou Human League.<\/p>\n<p>    La suite apr\u00e8s cette publicit\u00e9<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais plus int\u00e9ress\u00e9 par le monde de l\u2019art contemporain que par celui de la musique\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00c7a devient s\u00e9rieux \u00e0 ce moment-l\u00e0 pour vous\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>S\u00e9rieux\u00a0? Absolument pas. J\u2019avais 18\u00a0ans, je voulais \u00eatre le mec cool qui faisait des chansons pour s\u00e9duire les filles. Mais j\u2019ai aussi envoy\u00e9 la cassette \u00e0 Off Course, un label de Zurich, qui m\u2019a recontact\u00e9. Moi, j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 un peu contre le syst\u00e8me, donc dans le train je me dis\u00a0: \u201cJe vais \u00eatre tr\u00e8s ferme, si ce label veut la sortir, c\u2019est telle quelle\u00a0!\u201d Quand j\u2019arrive au rendez-vous, le mec me dit\u00a0: \u201cOn est clair, on la sort comme \u00e7a.\u201d Tout mon discours \u00e9tait bris\u00e9. [Il rit.] Durant cette m\u00eame rencontre, le type me dit qu\u2019il a entendu parler de \u00adGrauzone, le groupe de mon fr\u00e8re Martin, et qu\u2019il aimerait qu\u2019il participe \u00e0 une compilation de new wave suisse. C\u2019est comme \u00e7a que j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 son groupe, parce que je savais tripatouiller sur un synth\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Votre chanson \u201cEisbar\u201d va \u00eatre un succ\u00e8s dans les discoth\u00e8ques du monde entier\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Mon fr\u00e8re voulait une musique tr\u00e8s r\u00e9p\u00e9titive, que seule une machine pouvait l\u2019aider \u00e0 concevoir. On a donc enregistr\u00e9 une minute de batterie qu\u2019on a ensuite fait tourner sur une bande. C\u2019est devenu un tube dans les bo\u00eetes de New York, de Vienne et dans toute \u00adl\u2019Allemagne. Mais moi, je me voyais alors comme un artiste, j\u2019\u00e9tais plus int\u00e9ress\u00e9 par le monde de l\u2019art contemporain que par celui de la musique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis rest\u00e9 f\u00e2ch\u00e9 avec mon fr\u00e8re pendant quarante ans\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Est-ce que vous diriez que la musique vous a attrap\u00e9 par d\u00e9faut\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Par hasard\u2026 Nous avions un mauvais contrat avec Grauzone, notamment en Allemagne. Mais nous avons vendu plus d\u2019un million de singles et pr\u00e8s de 100\u00a0000\u202falbums. Pour mon fr\u00e8re et moi, cela repr\u00e9sentait quand m\u00eame des sommes inimaginables. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019on a arr\u00eat\u00e9 nos jobs. Mais cet argent a totalement cass\u00e9 l\u2019esprit initial du groupe. D\u2019autant que mon fr\u00e8re s\u2019\u00e9tait attribu\u00e9, aupr\u00e8s de la Sacem suisse, l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des paroles et des musiques. S\u2019il signait bien les textes, nous \u00e9tions cinq \u00e0 composer les morceaux. Je suis rest\u00e9 f\u00e2ch\u00e9 avec lui pendant quarante ans\u2026<\/p>\n<p>      Place des Vosges, pr\u00e8s du palace parisien o\u00f9 il a ses habitudes.<\/p>\n<p>  \u00a9<br \/>\n      Samuel Kirszenbaum<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui va faire que vous vous lancez en solo\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 \u00e0 travailler avec un manager, Martin Hess, qui s\u2019est d\u00e9brouill\u00e9 pour m\u2019obtenir durant deux mois les cl\u00e9s d\u2019un studio d\u2019enregistrement dont le propri\u00e9taire \u00e9tait en prison en Gr\u00e8ce. Alors l\u00e0, j\u2019ai exp\u00e9riment\u00e9 et j\u2019ai fait des trucs bizarres, un peu soul. Quand Martin Hess a \u00e9cout\u00e9 le r\u00e9sultat, il m\u2019a dit\u00a0: \u201cOn part en France.\u201d Je lui r\u00e9ponds\u00a0: \u201cMais je suis inconnu l\u00e0-bas, c\u2019est en Allemagne que \u00e7a marche.\u201d Il m\u2019a fait remarquer que mes paroles \u00e9taient en fran\u00e7ais. Et la raison \u00e0 cela, c\u2019\u00e9tait que mon premier amour \u00e9tait parti \u00e9tudier \u00e0 Paris, \u00e0 l\u2019Esmod. Mais, l\u00e0-bas, non \u00adseulement elle \u00e9tait tomb\u00e9e amoureuse de la ville mais aussi d\u2019un autre gar\u00e7on. [Il rit.] Et c\u2019est ce qui a donn\u00e9 \u201cLa \u00adchanson bleue\u201d, \u201cLa pi\u00e8ce\u201d, \u201cLes filles du Limmatquai\u201d.<\/p>\n<p><strong>Vous ne ma\u00eetrisiez pas le fran\u00e7ais jusqu\u2019alors\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas pass\u00e9 le bac parce que mon niveau de fran\u00e7ais \u00e9tait trop mauvais\u2026 Votre grammaire est si compliqu\u00e9e que mon cerveau \u00e9tait trop petit pour elle. Dans le bernois, il y a le pr\u00e9sent, en anglais, il y a un pr\u00e9sent, un pass\u00e9 et un futur. \u00c7a me suffisait pour m\u2019exprimer. Mais mon c\u0153ur bris\u00e9 a fait que je me suis mis au fran\u00e7ais plus s\u00e9rieusement et nous sommes all\u00e9s aux Trans Musicales de Rennes en 1984. C\u2019est ce festival qui a vraiment tout chang\u00e9 pour moi. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois, par exemple, que je montais sur sc\u00e8ne avec une bo\u00eete \u00e0 rythmes. On me disait\u00a0: \u201cMais tu fais du playback\u201d, alors que je me battais avec cette machine. [Il sourit.]<\/p>\n<p><strong>Trois ans plus tard, vous \u00eates la nouvelle idole des jeunes gr\u00e2ce \u00e0 votre chanson \u201cCombien de temps\u201d. Avez-vous eu du mal \u00e0 accepter ce tube\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Je me sentais comme un imposteur. D\u2019autant que \u201cSilence\u201d, le disque sur lequel on trouve \u201cCombien de temps\u201d, avait \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement sauv\u00e9 par le producteur Dave Allen. Il avait produit des chansons pour les Cure et m\u2019avait dit\u00a0: \u201cCe n\u2019est pas grave de faire des chansons pour les enfants, Cure a bien fait \u201cThe Lovecats\u201d ou \u201cClose to Me\u201d. Mais j\u2019avais tellement peur d\u2019avoir un tube, de sortir de mon \u201cunderground\u201d un peu fourre-tout. D\u2019ailleurs, \u00ad \u201c\u00adCombien de temps\u201d n\u2019a pas march\u00e9 tout de suite, il a fallu que \u00adBarclay s\u2019acharne. Aujourd\u2019hui, plus personne ne ferait un tel travail.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le monde n\u2019a jamais cess\u00e9 de se casser la gueule, et \u00e7a, Philippe <strong>Djian<\/strong> le montre tr\u00e8s bien\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Avec l\u2019album \u201cMy Place\u201d, en 1989, vous signez votre premi\u00e8re collaboration avec <\/strong><a href=\"https:\/\/www.parismatch.com\/Culture\/Livres\/Philippe-Djian-la-vie-et-rien-d-autre-938725\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Philippe Djian<\/strong><\/a><strong>, qui devient vite votre parolier. Trente-six ans plus tard, il l\u2019est encore. Comment expliquez-vous l\u2019alchimie de votre duo\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Avant, je chantais seulement des paroles \u00e9crites par des femmes. Quand j\u2019ai rencontr\u00e9 Philippe, je travaillais sur la chanson \u201cRien \u00e0 voir\u201d, j\u2019avais un refrain mais je n\u2019\u00e9tais pas satisfait du couplet. Je lui ai donc fait une cassette avec le morceau en question\u00a0: \u201c\u00c9coute le titre, peut-\u00eatre que tu arriveras \u00e0 trouver ce que je ne fais pas bien dans le couplet.\u201d Et j\u2019ai rempli la cassette avec toutes les chansons que j\u2019\u00e9tais en train de terminer. Philippe a cru qu\u2019il devait \u00e9crire tous les textes\u2026 Alors il l\u2019a fait. Cette incompr\u00e9hension a toujours \u00e9t\u00e9 mon meilleur guide dans la vie. [Il sourit.] Avant lui, je trouvais qu\u2019\u201cEn rouge et noir\u201d \u00e9tait une bonne chanson. Il m\u2019a montr\u00e9 qu\u2019il y avait une autre mani\u00e8re d\u2019utiliser le fran\u00e7ais\u2026<\/p>\n<p><strong>Vous lui passez des commandes pour chaque nouveau disque\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Pour \u201cPoussi\u00e8re d\u2019or\u201d, oui. Mais, en g\u00e9n\u00e9ral, il \u00e9crit davantage que je ne sors de titres. Dans ce nouvel album, une phrase comme \u201cIl y a quelque chose qui est derri\u00e8re la porte et qui veut entrer, je cherche l\u2019horizon au-dessus des bl\u00e9s\u201d, c\u2019est un truc que j\u2019ai profond\u00e9ment ressenti. Parce que la gauche a profond\u00e9ment merd\u00e9 et n\u2019a pas fait attention. Je l\u2019ai vu en Camargue, o\u00f9 je vis, pendant la crise des gilets jaunes notamment. Quand certains disent qu\u2019augmenter le prix du diesel ne change rien \u00e0 la vie des gens, c\u2019est faux\u2026 Le monde n\u2019a jamais cess\u00e9 de se casser la gueule, et \u00e7a, Philippe le montre tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p><strong>Vous partagez son constat\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Je crois que 2025 n\u2019est pas le plus mauvais des endroits o\u00f9 vivre. Regardez la place de la femme dans nos soci\u00e9t\u00e9s en 1925 par exemple\u2026 Je vois m\u00eame de l\u2019espoir dans la capacit\u00e9 de la secte Homo sapiens \u00e0 aller dans le bon sens. Et j\u2019y participe avec plaisir, parce que dans ma famille on est tous communistes\u00a0: si on est face \u00e0 quelqu\u2019un de plus faible, on lui tend la main, sans attendre un Oscar ou une Victoire de la musique pour ce simple geste. Nous ne sommes pas am\u00e9ricains, nous ne faisons pas partie de la nation qui dit \u201cva te faire foutre\u201d \u00e0 son peuple\u2026<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand j\u2019ai pris la grosse t\u00eate, au bout de deux jours, mon entourage m\u2019a fait redescendre. Mais \u00e7a m\u2019a plu de jouer \u00e0 la rock star\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Dans les ann\u00e9es 1990 vous avez connu l\u2019immense popularit\u00e9, les disques vendus par milliers, les Z\u00e9nith complets. Vous \u00eates-vous \u00e9gar\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019avais l\u2019\u00e2ge pour \u00e7a, 31\u00a0ans au moment d\u2019\u201cEngelberg\u201d, j\u2019\u00e9tais bien assez na\u00eff pour ne pas trop r\u00e9fl\u00e9chir. Avec Djian, on a trouv\u00e9 des th\u00e9matiques et un son tr\u00e8s rock qui \u00e9taient synchros avec l\u2019\u00e9poque. Mais j\u2019ai eu la chance d\u2019\u00eatre tr\u00e8s bien entour\u00e9. Quand j\u2019ai pris la grosse t\u00eate, au bout de deux jours, mon entourage m\u2019a fait redescendre. Mais \u00e7a m\u2019a plu de jouer \u00e0 la rock star.<\/p>\n<p><strong>Vous n\u2019avez cess\u00e9 ensuite de changer de direction, de prendre des chemins de traverse. Comme pour mieux expier d\u2019avoir triomph\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Vous y allez un peu fort\u2026 Mais oui, j\u2019ai beaucoup d\u00e9truit ce que j\u2019avais construit, le public me l\u2019a bien fait comprendre aussi. [Il rit.] Apr\u00e8s, remettons les choses dans le contexte\u00a0: \u201cCarcassonne\u201d, c\u2019est 1,3\u00a0million de disques vendus. Quand je fais \u201c1\u00a0000 vies\u201d, en 1996, on parle d\u2019\u00e9chec, mais j\u2019en vends plus de 300\u00a0000\u2026 Sur le fond, je ne sais pas pourquoi j\u2019ai besoin de renverser la table.<\/p>\n<p><strong>\u00c7a va quand m\u00eame vous amener \u00e0 quitter Barclay, votre maison de disques historique.<\/strong><\/p>\n<p>Aussi parce que Virgin, et son patron d\u2019alors, Emmanuel de \u00adBuretel, est venu me draguer ouvertement. Il se pointait \u00e0 mes concerts en limousine, restait sur le c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne, puis repartait sans me dire un mot. Il m\u2019a fait le coup trois fois au moins. Et quand j\u2019ai sign\u00e9 avec lui, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9 peu de temps apr\u00e8s. Donc je suis revenu chez Barclay\u2026<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans un contrat de 30\u202fpages, la premi\u00e8re concerne ce que vous recevez, les 29 suivantes, ce que l\u2019on va vous enlever\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Vous allez \u00eatre en conflit entre\u00a02013 et\u00a02018 avec Barclay et Universal, sa maison m\u00e8re. Que s\u2019est-il pass\u00e9 pour que finalement vous restiez\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai perdu cinq ans de ma vie, je le regrette, mais c\u2019\u00e9tait pour d\u00e9fendre mes droits. J\u2019avais sign\u00e9 un contrat pr\u00e9cis et ils ont voulu en changer les termes d\u00e8s que le march\u00e9 du disque a commenc\u00e9 \u00e0 baisser. Selon moi, ils devaient me donner la m\u00eame somme pour chaque disque, libre \u00e0 moi d\u2019en disposer \u00e0 ma fa\u00e7on. Je me suis battu pour que ces dispositions-l\u00e0 soient respect\u00e9es. Et j\u2019ai appris que, dans un contrat de 30\u202fpages, la premi\u00e8re concerne ce que vous recevez, les 29 suivantes, ce que l\u2019on va vous enlever. Mais je suis rest\u00e9, parce que je suis attach\u00e9 \u00e0 ce label\u2026<\/p>\n<p><strong>Aujourd\u2019hui, vous tournez avec quatre spectacles diff\u00e9rents. Parce que c\u2019est le seul moyen de gagner votre vie\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a de \u00e7a, oui. Mais aussi parce que je suis rest\u00e9 cinq ans sans rien faire, j\u2019ai peut-\u00eatre une cr\u00e9ativit\u00e9 exag\u00e9r\u00e9e. Disons, pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, qu\u2019une feuille blanche ne me fait pas peur et que cette vie m\u2019amuse beaucoup.<\/p>\n<p>      \u00abPoussi\u00e8re d\u2019or\u00bb (Barclay \/ Universal), sortie le 28 novembre. En tourn\u00e9e actuellement, du 19 au 21f\u00e9vrier \u00e0 l\u2019Olympia, \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>  \u00a9<br \/>\n      DR<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Il y a quarante ans, Stephan Eicher incarnait l\u2019artiste underground par excellence\u00a0: refusant de signer avec une maison&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":566568,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1355],"tags":[58,59,1011,27,1361,873],"class_list":{"0":"post-566567","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-musique","8":"tag-divertissement","9":"tag-entertainment","10":"tag-fr","11":"tag-france","12":"tag-music","13":"tag-musique"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115632840798229838","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/566567","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=566567"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/566567\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/566568"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=566567"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=566567"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=566567"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}