{"id":567231,"date":"2025-11-29T18:54:14","date_gmt":"2025-11-29T18:54:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/567231\/"},"modified":"2025-11-29T18:54:14","modified_gmt":"2025-11-29T18:54:14","slug":"lecole-de-danse-de-carlo-goldoni-mise-en-scene-de-clement-hervieu-leger-a-la-comedie-francaise-un-fauteuil-pour-lorchestre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/567231\/","title":{"rendered":"L\u2019Ecole de danse, de Carlo Goldoni, mise en sc\u00e8ne de Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger, \u00e0 La Com\u00e9die Fran\u00e7aise &#8211; Un Fauteuil Pour l&rsquo;Orchestre"},"content":{"rendered":"<p>Le ma\u00eetre de danse Rigadon, ancien coiffeur, dirige son \u00e9cole de danse avec s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et avarice. Plus maquereau que professeur il n\u2019a de cesse de \u00ab\u00a0vendre\u00a0\u00bb ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 des impresarios qu\u2019il escroque tout autant. R\u00e9duites \u00e0 la mis\u00e8re les jeunes danseuses n\u2019ont d\u2019autre choix que d\u2019accepter les conditions d\u2019engagement qu\u2019il leur impose. Ce jour l\u2019\u00e9cole accueille une m\u00e8re d\u00e9sargent\u00e9e qui n\u2019esp\u00e8re rien d\u2019autre de Rigadon qu\u2019il engage sa fille Rosina esp\u00e9rant les sortir de leur condition. Rosina qui retrouve en ces lieux son soupirant. L\u2019amour du comte Anselmo pour Giuseppina, favorite du ma\u00eetre de danse et dont elle se joue, est l\u2019occasion pour elle d\u2019esp\u00e9rer d\u2019autres lendemains. Amour dont Rigadon esp\u00e8re tirer l\u00e0-aussi profit. Est attendu Don Fabrizio, un impresario, \u00e0 qui Rigadon souhaite c\u00e9der contre argent comptant F\u00e9licita qui ne sait pas danser, d\u00e9teste la danse et ne r\u00eave que de com\u00e9die. L\u2019espoir traverse chacune de ne plus \u00eatre assujettie \u00e0 ces contrats ignominieux et trouver dans l\u2019amour, et dans le mariage, une \u00e9mancipation, tr\u00e8s loin de cette \u00e9cole. M\u00eame la s\u0153ur de Rigadon, madame Sciormand, vieille fille, esp\u00e8re trouver l\u2019\u00e2me s\u0153ur et dans une union esp\u00e9r\u00e9e une ind\u00e9pendance. Amour, mensonge et trahison rythme cette journ\u00e9e de dupes qui verra Rigadon abandonn\u00e9 de tous et ruin\u00e9.<\/p>\n<p>Cette com\u00e9die de Goldoni, tr\u00e8s peu connue et qui ne fut jou\u00e9e de son vivant que deux fois, sous la l\u00e9g\u00e9ret\u00e9 apparente d\u00e9nonce la condition pr\u00e9caire et le statut de l\u2019artiste, particuli\u00e8rement des femmes dont la r\u00e9ussite ou l\u2019\u00e9chec, l\u2019ind\u00e9pendance aussi, ne peut se faire et d\u00e9faire que sous le joug du patriarcat. Etrange pi\u00e8ce, f\u00e9ministe\u00a0 avant l\u2019heure, o\u00f9 la libert\u00e9 des femmes ne viendrait paradoxalement que par le mariage. Les personnages f\u00e9minins, comme souvent chez Goldoni, sont d\u2019une volont\u00e9 farouche dans leur d\u00e9sir d\u2019\u00e9mancipation, aid\u00e9es aussi et curieusement ici par les hommes qui leur permettent de franchir le pas sans qu\u2019ils en tirent un quelconque profit. Par calcul ou par amour, pour pratiquer leur art et atteindre la r\u00e9ussite ou l\u2019abandonner pour une s\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle, elles mettent tout en \u0153uvre pour contrer l\u2019emprise et les volont\u00e9s de Rigadon, le grand perdant dans cette affaire. <\/p>\n<p>La mise en sc\u00e8ne de Cl\u00e9ment Hervieu-l\u00e9ger, fluide et toujours l\u00e9g\u00e8re, avec une direction d\u2019acteur au cordeau, l\u2019esprit de troupe lui important en premier lieu, transpose le 18\u00e9me au 19\u00e9me si\u00e8cle avec pour r\u00e9f\u00e9rence les peintures d\u2019Edgard Degas sur les danseuses de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Peintures qui d\u00e9non\u00e7aient la condition des jeunes ballerines soumises au regard des hommes et objets d\u2019un march\u00e9 sexuel, souvent vendues par leur m\u00e8re, maquerelle pour l\u2019occasion et pour leur propre profit \u00e9galement (comme Madame Lucrezia, la m\u00e8re de Rosina). En t\u00e9moignait le foyer de la danse de l\u2019Op\u00e9ra de Paris, ouvert aux abonn\u00e9s autant par voyeurisme que pour un marchandage \u00e9ventuel qui pouvait d\u2019une ballerine, un petit-rat faire au pire une simple prostitu\u00e9, au mieux une courtisane. C\u2019est cet arri\u00e8re-plan sordide qui est ici sous-jacent dans cette com\u00e9die caustique aux m\u00e9canismes sociaux et patriarcaux inchang\u00e9s d\u2019un si\u00e8cle \u00e0 l\u2019autre et qui en fait un cela sa relative modernit\u00e9. Relative car point de salut et d\u2019ind\u00e9pendance pour les femmes hors le mariage donc. dans cette com\u00e9die de moeurs. Cela reste malgr\u00e9 tout une com\u00e9die virevoltante, aussi l\u00e9g\u00e8re que la gaze d\u2019un tutu, ou chacune trouve chausson \u00e0 son pied, au nez et \u00e0 la barbe de leur ma\u00eetre \u00e0 danser, Rigadon, interpr\u00e9t\u00e9 par Denis Podalydes aussi odieux qu\u2019\u00e9patant, menant tout son monde \u00e0 la baguette. Nous ne sommes pas pr\u00eat d\u2019oublier les entrechats de ses mains, \u00e0 d\u00e9faut de ses pieds, encore moins sa d\u00e9monstration hilarante d\u2019un ballet qui le voit \u00ab\u00a0papillonner\u00a0\u00bb. Ils sont par ailleurs tous impeccables, exellents et cr\u00e9dible s dans la pratique de cet art exigeant que peut \u00eatre la danse. Florence Villa en vieille fille exalt\u00e9e est impayable, Clotilde de Bayser de m\u00eame en m\u00e8re possessive dont la fille est le seul bien rentable. Pauline Cl\u00e9ment, Giuseppina retorse et calculatrice et Claire de la R\u00fce du Can, volontaire et t\u00eatue F\u00e9licita, sont toutes deux formidables qui m\u00e8nent ce bal tambour battant, cette ronde frondeuse d\u2019une jeunesse luttant contre un patriarcat qui les oblige. Ce n\u2019est de Goldoni certes pas la meilleure pi\u00e8ce mais, comme pour l\u2019impresario de Smyrne, cette description de l\u2019envers du d\u00e9cors, fait d\u2019ambitions, de calculs et de mis\u00e8res, est aussi caustique que dr\u00f4le.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"660\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251105-ecolededanse-148\u00a9AgathePoupeney-copie-pour-programme-1024x660.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-52889\"  \/><\/p>\n<p>L\u2019Ecole de danse, de Carlo Goldoni<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger<\/p>\n<p>Traduction\u00a0: Fran\u00e7oise Decroisette<\/p>\n<p>Sc\u00e9nographie\u00a0: Eric Ruf<\/p>\n<p>Costumes\u00a0: Julie Scobeltzine<\/p>\n<p>Lumi\u00e8re\u00a0: Bertrand Couderc<\/p>\n<p>Son\u00a0: Jean-Luc Ristord<\/p>\n<p>Collaboration artistique\u00a0et chor\u00e9graphique\u00a0: Muriel Zusperreguy<\/p>\n<p>Collaboration artistique\u00a0: Fr\u00e9d\u00e9rique Plain<\/p>\n<p>Assistanat \u00e0 la sc\u00e9nographie\u00a0: Ana\u00efs Leviel<\/p>\n<p>Asiistanat aux costumes\u00a0: Kali Thommes<\/p>\n<p>Assistanat \u00e0 la lumi\u00e8re\u00a0: Enzo Cescatti<\/p>\n<p>Avec la troupe de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise\u00a0: Eric G\u00e9nov\u00e8se, Denis Podalys\u00e8s, Florence Vialla, Clotilde de Bayser, Lo\u00eec Corbery, St\u00e9phane Varupenne, Noam Morgensztern, , Claire de la R\u00fce du Can, Pauline Cl\u00e9ment, Marie Oppert, Jean Chevalier, Adrien Simon, L\u00e9a Lopez, Charlie Fabert<\/p>\n<p>Et les \u00e9l\u00e8ves\u00a0: Diego Andr\u00e9s, Lila Pelissier, Alessandro Sanna<\/p>\n<p>Pianiste\u00a0: Philippe Cavagnat<\/p>\n<p>Photo\u00a0: \u00a9 Agathe Poupeney<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au 3 janvier 2026<\/p>\n<p>Com\u00e9die Fran\u00e7aise<\/p>\n<p>Salle Richelieu<\/p>\n<p>Place Colette<\/p>\n<p>75001 Paris<\/p>\n<p>R\u00e9servations\u00a0: 01 44 58 15 15<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.comedie-fran\u00e7aise.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.comedie-fran\u00e7aise.fr<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le ma\u00eetre de danse Rigadon, ancien coiffeur, dirige son \u00e9cole de danse avec s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et avarice. Plus maquereau&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":567232,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[11,68230,68231,28801,1777,674,1011,27,68232,12,626,25],"class_list":{"0":"post-567231","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actualites","9":"tag-carlo-goldoni","10":"tag-clement-hervieu-leger","11":"tag-comedie-francaise","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-lecole-de-danse","17":"tag-news","18":"tag-paris","19":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115634509117045582","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/567231","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=567231"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/567231\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/567232"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=567231"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=567231"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=567231"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}