{"id":570161,"date":"2025-12-01T03:38:17","date_gmt":"2025-12-01T03:38:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/570161\/"},"modified":"2025-12-01T03:38:17","modified_gmt":"2025-12-01T03:38:17","slug":"la-story-match-le-jour-ou-adamo-est-devenu-salvatore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/570161\/","title":{"rendered":"La Story Match: le jour o\u00f9 Adamo est devenu Salvatore"},"content":{"rendered":"<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Flash-back. Juin 1966. C&rsquo;est la folie sur la place centrale de Jemappes. Des milliers de personnes se pressent pour f\u00eater comme il se doit l&rsquo;enfant de la commune. C&rsquo;est ici qu&rsquo;Adamo a gagn\u00e9 le concours de chant qui allait bouleverser son destin. Il se souvient : \u00ab\u00a0Mon p\u00e8re \u00e9tait un grand amateur d&rsquo;op\u00e9ra et de belles voix. Moi, lorsque j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 chanter \u00e0 12 ans, je n&rsquo;avais pas la voix d&rsquo;un t\u00e9nor. J&rsquo;avais gagn\u00e9 un concours sur la place de Jemappes et remport\u00e9 deux kilos de chocolat en interpr\u00e9tant \u00ab\u00a0L&rsquo;amour est un bouquet de violettes\u00a0\u00bb de Luis Mariano, mais mon p\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait pas d&rsquo;accord que je fasse ce m\u00e9tier. \u00c0 son insu, j&rsquo;ai continu\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 des comp\u00e9titions de quartier \u00e0 Mons, \u00e0 Jemappes et dans d&rsquo;autres villes. Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 je me suis pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 un radio-crochet. Comme je l&rsquo;avais gagn\u00e9, je savais que je passerais sur antenne. C&rsquo;\u00e9tait ce fameux 14 f\u00e9vrier 1960. Je lui ai dit : \u00ab\u00a0Papa, ce soir, si tu veux, on \u00e9coute la radio.\u00a0\u00bb Lorsque je suis pass\u00e9 entre Luis Mariano et \u00c9dith Piaf, des chanteurs \u00e0 voix, et que c&rsquo;est moi qui ai gagn\u00e9 avec ma petite voix, je crois que cela l&rsquo;a d\u00e9finitivement convaincu et surtout \u00e9mu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"w-full lazyload lazyload--opacity object-contain\" style=\"aspect-ratio:163 \/ 100;opacity:1\" alt=\"Encore la folie de juin 1966 sur la place de Jemappes.\" width=\"768\" height=\"471\" fetchpriority=\"auto\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/1743933249_335_S5VKD3X55FFF3BW6V4SEHXNP7I.png\"  data- data-optimumx=\"1\"\/>Jemappes, juin 1966 &#8211; Adamo citoyen d&rsquo;honneur de la ville de Jemappes \u00a9Photo news<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Son papa est devenu et est rest\u00e9 son manager pendant trois ans. Il a v\u00e9cu les premi\u00e8res ann\u00e9es de succ\u00e8s. Sans doute les plus belles, car pleines d&rsquo;insouciance et d&rsquo;amour. Qui ne r\u00eaverait de d\u00e9couvrir la gloire main dans la main avec son p\u00e8re ? \u00ab\u00a0Sans toi ma mie\u00a0\u00bb a ouvert la voie. Et les succ\u00e8s se sont encha\u00een\u00e9s : \u00ab\u00a0Tombe la neige\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Vous permettez, Monsieur ?\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Dolce Paola\u00a0\u00bb (en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Paola, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque princesse de Li\u00e8ge), \u00ab\u00a0Les Filles du bord de mer\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Mes mains sur tes hanches\u00a0\u00bb\u2026 Sans compter \u00ab\u00a0Inch&rsquo;Allah\u00a0\u00bb, toujours d&rsquo;actualit\u00e9. Et sans oublier \u00ab\u00a0C&rsquo;est ma vie\u00a0\u00bb, un premier bilan prenant. Aujourd&rsquo;hui, ses nouvelles chansons, cisel\u00e9es comme des po\u00e8mes, se nomment \u00ab\u00a0Ma belle jeunesse\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Avant qu&rsquo;il ne soit trop tard\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Des n\u00e8fles et des groseilles\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Migrant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Qu&rsquo;ai-je donc fait de mon enfance ?\u00a0\u00bb. Elles sont le testament d&rsquo;une vie, qu&rsquo;il a \u00e9crit durant des mois de combat contre la maladie, sachant qu&rsquo;il risquait de ne jamais plus pouvoir chanter, qu&rsquo;il pouvait perdre cette vie qui lui avait tant apport\u00e9. Elles sont le reflet puissant de ce que cet enfant d&rsquo;immigr\u00e9s italien a v\u00e9cu, appris, r\u00e9ussi \u00e0 transmettre. Ce double album, en v\u00e9rit\u00e9, r\u00e9sume bien ce qu&rsquo;il est : un \u00eatre humain qui a des choses \u00e0 dire avant d&rsquo;\u00eatre un faiseur de tubes. \u00ab\u00a0Mon v\u00e9cu, mes \u00e9motions ont model\u00e9 l&rsquo;homme que je suis\u00a0\u00bb, dit-il. \u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai jamais rien oubli\u00e9. Dans les baraquements o\u00f9 nous vivions avec d&rsquo;autres ouvriers mineurs et d&rsquo;autres enfants, ceux-ci m&rsquo;ont appris le sens de la solidarit\u00e9, du respect et de la dignit\u00e9 de l&rsquo;autre. On habitait juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la mine. Seul un muret s\u00e9parait son territoire de celui de la cit\u00e9. Il y avait aussi une sir\u00e8ne dont tout le monde avait peur, parce qu&rsquo;elle annon\u00e7ait le malheur. Et on ne savait jamais sur qui c&rsquo;\u00e9tait tomb\u00e9. Ma m\u00e8re faisait la lessive pour une douzaine d&rsquo;ouvriers mineurs. Parmi eux, un Alg\u00e9rien qui s&rsquo;appelait Barak. Un jour, on est venu l&#8217;emmener : il n&rsquo;avait pas son permis de s\u00e9jour. Des policiers lui ont mis les menottes aux mains. Tous les gens de la cit\u00e9 \u00e9taient devant leur porte. \u00c0 le plaindre. On ne l&rsquo;a plus jamais revu. Il a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 au pays. Voil\u00e0 ce qui m&rsquo;a marqu\u00e9 pour toujours.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote class=\"ap-StoryQuote ap-StoryQuote--blockquote\">\n<p class=\"ap-StoryQuote-text\">Ses nouvelles chansons sont le testament d&rsquo;une vie, \u00e9crit durant des mois de combat contre la maladie, sachant qu&rsquo;il risquait de ne jamais plus pouvoir chanter\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Ses parents sont quotidiennement en filigrane de son existence. \u00c0 82 ans, Salvatore Adamo aime \u00e0 regarder derri\u00e8re lui, car les siens demeurent les socles d&rsquo;une vie dont il a toujours voulu transmettre les le\u00e7ons. \u00ab\u00a0Je pense \u00e0 ces moments de bonheur que j&rsquo;ai v\u00e9cus, inconscient de la difficult\u00e9 dans laquelle mes parents se trouvaient. D\u00e9racin\u00e9s, venant d&rsquo;un pays du soleil, arrivant en plein hiver dans les brumes du Nord. Gr\u00e2ce \u00e0 leur affection et leur amour, je ne me suis jamais rendu compte de la difficult\u00e9 dans laquelle nous vivions. \u00c7a, c&rsquo;est au fond de moi. Et eux sont toujours pr\u00e9sents en moi. Je regarde leurs photos tous les matins. Et tous les soirs. C&rsquo;est une esp\u00e8ce d&rsquo;habitude que j&rsquo;ai prise.\u00a0\u00bb Il se souvient aussi de ce document bouleversant r\u00e9alis\u00e9 par Hadja Lahbib et Jean-Marc Panis pour la RTBF. \u00a0\u00bb Tr\u00e8s honn\u00eatement, c&rsquo;est un exercice difficile de revoir ces visages anim\u00e9s. En pleine vie. Il faut garder sa contenance. Il faut retenir son souffle pour ne pas craquer. Cela a \u00e9t\u00e9 plusieurs fois le cas lors de la projection des documents. Parfois m\u00eame, interrompre la cam\u00e9ra pour se cacher un peu. Revoir mes fr\u00e8res et s\u0153urs, petits, en plein bonheur, encore en pleine euphorie, mes parents, des amis, il faut se serrer les poings pour ne pas craquer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"w-full lazyload lazyload--opacity object-contain\" style=\"aspect-ratio:76 \/ 100;opacity:1\" alt=\"Quelques tr\u00e9sors photographiques de l\u2019exposition\u2009: Salvatore Adamo en communiant le 27 mars 1955\u2009; en 1960-61, lors du crochet Luxembourg au Th\u00e9\u00e2tre royal de Mons\u2009; citoyen d\u2019honneur de Jemappes en juin 1966\u2009; au parc de Jemappes, dans l\u2019insouciance de sa jeunesse.\" width=\"768\" height=\"1011\" fetchpriority=\"auto\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/1743933249_335_S5VKD3X55FFF3BW6V4SEHXNP7I.png\"  data- data-optimumx=\"1\"\/>Quelques tr\u00e9sors photographiques de l&rsquo;exposition\u2009: Salvatore Adamo en communiant le 27 mars 1955\u2009; en 1960-61, lors du crochet Luxembourg au Th\u00e9\u00e2tre royal de Mons\u2009; citoyen d&rsquo;honneur de Jemappes en juin 1966\u2009; au parc de Jemappes, dans l&rsquo;insouciance de sa jeunesse. \u00a9Eddy Despretz<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;exposition de sa vie a comme grav\u00e9 dans la pierre les valeurs de celle-ci. Et ses nouvelles chansons les enveloppent d&rsquo;une nostalgie d\u00e9licate et l\u00e9g\u00e8re. C&rsquo;est tout Salvatore, \u00e7a\u2009: se souvenir pour dire merci. Et ce qui suit n&rsquo;est pas qu&rsquo;une image\u2009: deux mois apr\u00e8s la folie de la place de Jemappes en 1966, son papa d\u00e9c\u00e9dait accidentellement. Mais Antonio n&rsquo;a jamais quitt\u00e9 le c\u0153ur de son fils. Il y vit encore.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"w-full lazyload lazyload--opacity object-contain\" style=\"aspect-ratio:69 \/ 100;opacity:1\" alt=\"Quelques tr\u00e9sors photographiques de l\u2019exposition\u2009: Salvatore Adamo en communiant le 27 mars 1955\u2009; en 1960-61, lors du crochet Luxembourg au Th\u00e9\u00e2tre royal de Mons\u2009; citoyen d\u2019honneur de Jemappes en juin 1966\u2009; au parc de Jemappes, dans l\u2019insouciance de sa jeunesse.\" width=\"768\" height=\"1113\" fetchpriority=\"auto\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/1743933249_335_S5VKD3X55FFF3BW6V4SEHXNP7I.png\"  data- data-optimumx=\"1\"\/>Quelques tr\u00e9sors photographiques de l&rsquo;exposition\u2009: Salvatore Adamo en communiant le 27 mars 1955\u2009; en 1960-61, lors du crochet Luxembourg au Th\u00e9\u00e2tre royal de Mons\u2009; citoyen d&rsquo;honneur de Jemappes en juin 1966\u2009; au parc de Jemappes, dans l&rsquo;insouciance de sa jeunesse. \u00a9D.R.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Flash-back. 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