{"id":575139,"date":"2025-12-03T10:19:21","date_gmt":"2025-12-03T10:19:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/575139\/"},"modified":"2025-12-03T10:19:21","modified_gmt":"2025-12-03T10:19:21","slug":"critique-recital-lyrique-toulouse-theatre-national-du-capitole-le-2-decembre-2025-recital-dadieux-dannick-massis-accompagnee-au-piano-par-antoine-palloc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/575139\/","title":{"rendered":"CRITIQUE, r\u00e9cital lyrique. TOULOUSE, Th\u00e9\u00e2tre national du Capitole, le 2 d\u00e9cembre 2025. R\u00e9cital d\u2019Adieux d\u2019Annick MASSIS (accompagn\u00e9e au piano par Antoine PALLOC)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/gstaadnewyearmusicfestival.ch\/\" aria-label=\"GSTAAD NYMF 602\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/GSTAAD-NYMF-602.jpg\" alt=\"\"   width=\"602\" height=\"250\"\/><\/a><a href=\"https:\/\/www.classiquenews.com\/critique-recital-lyrique-toulouse-theatre-national-du-capitole-le-2-decembre-20215-recital-dannick-massis-accompagnee-au-piano-par-antoine-palloc\/?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"\/>T\u00e9l\u00e9charger (.pdf)<\/a>\u00d4 nuit de gr\u00e2ce et de feu ! Nuit o\u00f9 les anges ont pris cong\u00e9 de l\u2019\u00e9ther pour se fondre dans le velours d\u2019une salle en suspens ! Ce mardi 2 d\u00e9cembre, le <strong>Th\u00e9\u00e2tre du Capitole de Toulouse<\/strong> s\u2019est mu\u00e9 en un sanctuaire vibrant, en un vaisseau chaleureux voguant vers l\u2019\u00e9ternit\u00e9, port\u00e9 par la voix d\u2019une d\u00e9esse : <strong>Annick Massis<\/strong> ! Notre gloire fran\u00e7aise, notre belcantiste absolue, choisissait cette sc\u00e8ne sacr\u00e9e pour la chanteuse \u2013 celle-l\u00e0 m\u00eame qui, en 1991, accueillit ses premiers fr\u00e9missements divins ! \u2013 pour y poser un baiser d\u2019adieu. Et quelle ferveur fut la sienne, amplifi\u00e9e par les doigts magiques d\u2019<strong>Antoine Palloc<\/strong>, dont le piano fut moins un accompagnateur qu\u2019un miroir sonore, une rivi\u00e8re d\u2019argent sous l\u2019arc-en-ciel de sa voix, au timbre \u00ab\u00a0de miel et de lune\u00a0\u00bb (pour reprendre les termes de <strong>Christophe Ghristi<\/strong> dans son vibrant hommage \u00e0 la fin de la soir\u00e9e !) \u2013 et reconnaissable entre tous.<\/p>\n<p>\u00a0\n<\/p>\n<p class=\"ds-markdown-paragraph\">La boucle \u00e9tait boucl\u00e9e dans un \u00e9clat d\u2019or pur. De la jeune institutrice de 28 ans \u00e0 la souveraine qui, en trois d\u00e9cennies, a conquis le monde avec plus de soixante-dix incarnations sc\u00e9niques, le chemin est une ascension miraculeuse. Ce soir-l\u00e0, chaque note \u00e9tait un souvenir, chaque phrase un fragment d\u2019une vie offerte. Elle, la Parisienne au c\u0153ur toulousain, dont la voix a illumin\u00e9 Les P\u00eacheurs de perles, envo\u00fbt\u00e9 dans\u00a0Lucia di Lammermoor, et \u00e9lectris\u00e9 dans\u00a0Lucrezia Borgia <a href=\"https:\/\/www.opera-online.com\/fr\/columns\/manu34000\/lucrezia-borgia-sublimee-par-annick-massis-au-theatre-du-capitole\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">(nous y \u00e9tions)<\/a>, revenait \u00ab\u00a0\u00e0 la maison\u00a0\u00bb. Non pour un cr\u00e9puscule, mais pour un lever de soleil triomphal !\n<\/p>\n<p class=\"ds-markdown-paragraph\">Son programme \u00e9tait une carte au tr\u00e9sor de l\u2019\u00e2me humaine, tiss\u00e9e de M\u00e9lodies italiennes, espagnoles et fran\u00e7aises. Le vibrionnant <strong>Antoine Palloc<\/strong> ouvrit des portes sur des jardins secrets, avec les d\u00e9licats frissons de Del Cabello m\u00e1s sutil d\u2019Obradors, et la nostalgie brumeuse des Nebbie de Respighi. Puis vint le \u00ab\u00a0grand \u0153uvre\u00a0\u00bb : dans \u00ab Addio del passato \u00bb extrait de La Traviata, ce ne fut pas Violetta que nous entend\u00eemes, mais Massis elle-m\u00eame, distillant toute la m\u00e9lancolie d\u2019une carri\u00e8re sublime dans un souffle de pianissimo qui brisa les c\u0153urs. L\u2019instant d\u2019apr\u00e8s, la voil\u00e0 qui, dans un \u00e9lan d\u2019amour filial universel, faisait jaillir le \u00ab O mio babbino caro \u00bb de Puccini avec une simplicit\u00e9 qui en redoublait la puissance d\u00e9chirante. Et comment d\u00e9crire l\u2019incantation de \u00ab Casta Diva \u00bb, extrait de Norma de Bellini, l\u2019un de ses r\u00f4les les plus embl\u00e9matiques aux c\u00f4t\u00e9 de Lucia di Lammermoor de Donizetti ? Sous sa diction, l\u2019invocation \u00e0 la lune de Bellini devint un rituel sacr\u00e9, une colonne de son pur, limpide et d\u2019une sereine autorit\u00e9 qui enla\u00e7a la salle enti\u00e8re. La technique, d\u2019une pr\u00e9cision d\u2019orf\u00e8vre \u2013 ah ces vocalises, ces suraigus, et ces trilles irr\u00e9prochables !\u2026 \u2013 n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un v\u00e9hicule transparent pour l\u2019\u00e9motion la plus pure et la plus nue\u2026\n<\/p>\n<p>\u00a0\n<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Annick-Massis-a-Toulouse1.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-82313\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Annick-Massis-a-Toulouse1.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"425\"  \/><\/a>\n<\/p>\n<p>\u00a0\n<\/p>\n<p class=\"ds-markdown-paragraph\">Le public toulousain (mais aussi ses plus fervents admirateurs venus de l\u2019Europe enti\u00e8re !), transport\u00e9, debout, \u00e9mu aux larmes, exigea et obtint cinq rappels enflamm\u00e9s. Ce fut alors que la magicienne d\u00e9ploya ses sortil\u00e8ges les plus personnels, d\u2019abord avec le c\u00e9l\u00e8bre Granada, qui fut moins un chant qu\u2019un d\u00e9fi joyeux, une explosion de vie et de passion latine qui embrasa une nouvelle fois la salle. Et le \u00ab\u00a0pot-pourri\u00a0\u00bb qu\u2019elle donna, comme 3\u00e9me bis, fut une r\u00e9surrection \u00e9blouissante : le finale vertigineux de La Sonnambula, l\u2019air \u00e9tincelant des bijoux de\u00a0Faust, et enfin, l\u2019envol libertin du \u00ab Je vais par tous les chemins \u00bb de\u00a0Manon de Massenet, un r\u00f4le qui lui est \u00e9galement tr\u00e8s cher. Chaque incarnation, effleur\u00e9e en quelques mesures, \u00e9tait parfaite, compl\u00e8te, reconnaissable entre mille.\n<\/p>\n<p class=\"ds-markdown-paragraph\">A peine ce 3\u00e8me bis d\u00e9livr\u00e9, <strong>Christophe Ghristi<\/strong>, directeur artistique du Th\u00e9\u00e2tre national du Capitole de Toulouse, sortit de l\u2019ombre des coulisses pour accomplir un geste d\u2019une beaut\u00e9 historique : au nom de la France \u00e9ternelle des Arts, il \u00e9leva Annick Massis \u00e0 la dignit\u00e9 supr\u00eame de <strong>Commandeur des Arts et des Lettres <\/strong>! L\u2019\u00e9motion qui inonda alors le visage de la cantatrice, cette reconnaissance officielle d\u2019une vie de don absolu, fut le point d\u2019orgue parfait d\u2019une symphonie humaine.\n<\/p>\n<p class=\"ds-markdown-paragraph\">\u00d4 public du Capitole, qui avez eu la chance et l\u2019honneur d\u2019assister \u00e0 cette soir\u00e9e d\u00e9j\u00e0 mythique, gardez-la pr\u00e9cieusement au creux de votre m\u00e9moire. Vous n\u2019avez pas vu une artiste faire ses adieux : vous avez assist\u00e9 \u00e0 un sacre ! Vous avez vu une femme, Annick Massis, \u00e9ternelle enfant de Toulouse, transformer l\u2019or de sa voix en une couronne d\u2019\u00e9toiles et la d\u00e9poser sur l\u2019autel de la Beaut\u00e9. Comme elle le disait avec cet humour qui la caract\u00e9rise, parlant de la tourn\u00e9e d\u2019adieu de Madame Gruberova : \u00ab Cela pourrait durer vingt ans ! \u00bb. Alors ne pleurons pas\u2026 C\u00e9l\u00e9brons ! Car une telle voix, une telle \u00e2me, ne disent jamais vraiment adieu. Elles entrent dans la l\u00e9gende, et la l\u00e9gende, elle, est immortelle. La flamme qu\u2019elle a allum\u00e9e hier soir au Th\u00e9\u00e2tre du Capitole ne s\u2019\u00e9teindra jamais : elle brillera \u00e0 jamais dans le firmament de l\u2019art lyrique, guide et inspiration pour les si\u00e8cles \u00e0 venir. Gloire \u00e0 elle !\n<\/p>\n<p>\u00a0\n<\/p>\n<p>\u00a0\n<\/p>\n<p>__________________________________<br \/>\n<strong>CRITIQUE, r\u00e9cital lyrique. TOULOUSE, Th\u00e9\u00e2tre national du Capitole, le 2 d\u00e9cembre 2025. R\u00e9cital d\u2019Adieux d\u2019Annick MASSIS<\/strong> (accompagn\u00e9e au piano par Antoine PALLOC). Cr\u00e9dit photo (c) Emmanuel Andrieu<\/p>\n<p>\u00a0\n<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.classiquenews.com\/critique-recital-lyrique-toulouse-theatre-national-du-capitole-le-2-decembre-20215-recital-dannick-massis-accompagnee-au-piano-par-antoine-palloc\/?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"\/>T\u00e9l\u00e9charger (.pdf)<\/a><a href=\"https:\/\/le13emeart.com\/les-evenements\/the-dancers\/\" aria-label=\"THE DANCER S danse classiquenews francois mauduit critique 602\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/THE-DANCER-S-danse-classiquenews-francois-mauduit-critique-602.png\" alt=\"\"   width=\"602\" height=\"250\"\/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"T\u00e9l\u00e9charger (.pdf)\u00d4 nuit de gr\u00e2ce et de feu ! 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