{"id":578114,"date":"2025-12-04T18:29:16","date_gmt":"2025-12-04T18:29:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/578114\/"},"modified":"2025-12-04T18:29:16","modified_gmt":"2025-12-04T18:29:16","slug":"gaz-russe-lunion-europeenne-acte-un-tournant-historique-gaz-daujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/578114\/","title":{"rendered":"Gaz russe : l\u2019Union europ\u00e9enne acte un tournant historique &#8211; Gaz d&rsquo;aujourd&rsquo;hui"},"content":{"rendered":"<p><strong>Apr\u00e8s une ultime nuit de n\u00e9gociation, Parlement et Conseil s\u2019accordent sur l\u2019arr\u00eat progressif des importations, avec la fin du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 russe d\u00e8s 2026 et du gaz par gazoduc au plus tard le 30 septembre 2027.<\/strong><\/p>\n<p>Par la r\u00e9daction de Gaz d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne est entr\u00e9e, dans la nuit du 2 au 3 d\u00e9cembre, dans ce que plusieurs n\u00e9gociateurs qualifient d\u00e9j\u00e0 \u201cd\u2019\u00e8re post-gaz russe\u201d. Au terme d\u2019une troisi\u00e8me session de trilogue conduite par la pr\u00e9sidence danoise du Conseil, eurod\u00e9put\u00e9s et \u00c9tats membres se sont entendus sur un calendrier contraignant de sortie des importations de gaz naturel en provenance de Russie \u2014 une rupture de d\u00e9pendance dont Bruxelles parlait depuis l\u2019invasion de l\u2019Ukraine en f\u00e9vrier 2022, mais qu\u2019aucun texte n\u2019avait encore formellement scell\u00e9e. \u00a0Avec cette d\u00e9cision, le Kremlin estime ce mercredi 3 d\u00e9cembre que l\u2019UE \u00ab\u00a0se condamne\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0acc\u00e9l\u00e9rer sa perte de puissance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Une rupture strat\u00e9gique avec l\u2019h\u00e9ritage gazier russe<\/strong><\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but de la guerre en Ukraine en f\u00e9vrier 2022, l\u2019UE a drastiquement r\u00e9duit sa consommation de gaz russe. De pr\u00e8s de 45 % des importations totales de gaz en 2021, cette part est tomb\u00e9e \u00e0 19 % en 2024, puis estim\u00e9e \u00e0 13 % en 2025 \u2014 mais cela repr\u00e9sente encore 15 milliards d\u2019euros d\u2019achats annuels qui financent indirectement l\u2019effort de guerre du Kremlin. La part de la Russie dans les importations de gaz par gazoduc de l\u2019UE est pass\u00e9e de plus de 40 % en 2021 \u00e0 environ 11 % en 2024. Pour le gaz par gazoduc et le GNL combin\u00e9s, la Russie repr\u00e9sentait moins de 19 % des importations totales de gaz de l\u2019UE en 2024. Cette baisse a \u00e9t\u00e9 rendue possible principalement gr\u00e2ce \u00e0 une forte augmentation des importations de GNL et \u00e0 une r\u00e9duction globale de la consommation de gaz dans l\u2019UE.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"\" class=\"wp-image-26961\" data-lazy- data-lazy- data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-1-1024x576.jpeg\"\/><\/p>\n<p>Les importations en provenance de Russie sont pass\u00e9es de plus de 150 milliards de m\u00e8tres cubes (BCM) en 2021 \u00e0 moins de 52 BCM en 2024. Cette baisse a \u00e9t\u00e9 principalement compens\u00e9e par l\u2019augmentation des importations en provenance d\u2019autres partenaires. Les importations en provenance des \u00c9tats-Unis sont pass\u00e9es de 18,9 BCM en 2021 \u00e0 45,1 BCM en 2024. Les importations en provenance de Norv\u00e8ge ont augment\u00e9, passant de 79,5 BCM en 2021 \u00e0 91,1 BCM en 2024. Les importations en provenance d\u2019autres partenaires ont augment\u00e9, passant de 41,6 BCM en 2021 \u00e0 45 BCM en 2024. La Norv\u00e8ge \u00e9tait le premier fournisseur de gaz de l\u2019UE en 2024, fournissant plus de 33 % de toutes les importations de gaz avec 91,1 milliards de m\u00e8tres cubes. Suivent les \u00c9tats-Unis avec 45,1 BCM, l\u2019Alg\u00e9rie avec 39,2 BCM et la Russie (par gazoduc) avec 31,6 BCM et via du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 (GNL) \u00e0 hauteur de 20 BCM. En 2024, l\u2019UE a import\u00e9 plus de 100 BCM de GNL. Les \u00c9tats-Unis \u00e9taient le premier fournisseur de GNL de l\u2019UE, repr\u00e9sentant pr\u00e8s de 45 % des importations totales de GNL. Les importations en provenance des \u00c9tats-Unis en 2024 ont plus que doubl\u00e9 par rapport \u00e0 2021. Les plus grands importateurs de GNL dans l\u2019UE sont la France l\u2019Espagne et l\u2019Italie. \u00c0 noter qu\u2019une partie de ces importations de GNL est r\u00e9export\u00e9e vers d\u2019autres pays. C\u2019est particuli\u00e8rement vrai pour la France et l\u2019Espagne qui poss\u00e8dent un grand nombre de terminaux m\u00e9thaniers.<\/p>\n<p><strong>Un d\u00e9couplage en deux temps<\/strong><\/p>\n<p>Le compromis pr\u00e9voit une interdiction des importations de GNL russe d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur du r\u00e8glement, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2026 pour les achats sur le march\u00e9 spot mais aussi un arr\u00eat total des importations de gaz par gazoduc le 30 septembre 2027. Cette date, objet de vifs d\u00e9bats, marque une voie m\u00e9diane entre les ambitions du Parlement, qui visait le 1\u1d49\u02b3 janvier 2027, et la position d\u00e9fendue par plusieurs \u00c9tats membres, qui ne voulaient pas d\u2019un couperet avant 2028. L\u2019\u00e9ch\u00e9ance pourra toutefois \u00eatre repouss\u00e9e \u201cau 1\u1d49\u02b3 novembre 2027 au plus tard\u201d si les objectifs europ\u00e9ens de remplissage des stocks, inscrits dans un autre r\u00e8glement, n\u2019\u00e9taient pas atteints. \u00a0Les d\u00e9put\u00e9s ont \u00e9galement obtenu de la Commission un engagement \u00e0 pr\u00e9senter d\u00e9but 2026 un projet l\u00e9gislatif visant \u00e0 bannir tous les imports de p\u00e9trole russe d\u2019ici fin 2027. Une perspective encore sensible pour certains \u00c9tats, mais jug\u00e9e indispensable par le Parlement.<\/p>\n<p><strong>Un m\u00e9canisme d\u2019urgence\u2026 suppos\u00e9 impossible \u00e0 activer<\/strong><\/p>\n<p>Pour m\u00e9nager les capitales les plus inqui\u00e8tes d\u2019un choc d\u2019approvisionnement, un m\u00e9canisme de suspension temporaire du ban a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9. Mais les eurod\u00e9put\u00e9s ont obtenu des conditions si strictes qu\u2019un n\u00e9gociateur confie : \u201cIl est suppos\u00e9 \u00eatre impossible \u00e0 utiliser\u201d. Pour qu\u2019une suspension de quatre semaines maximums soit envisag\u00e9e : un \u00c9tat membre devra d\u00e9clarer une crise d\u2019approvisionnement, la Commission aura cinq jours pour examiner la demande. A noter que cette mesure ne s\u2019appliquera qu\u2019aux contrats de court terme. \u00ab\u00a0Aucune clause de caducit\u00e9 n\u2019a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e\u00a0\u00bb pr\u00e9cise Bruxelles, le m\u00e9canisme restera inscrit durablement dans le droit europ\u00e9en, m\u00eame si son activation appara\u00eet hautement improbable.<\/p>\n<p><strong>P\u00e9nalit\u00e9s renforc\u00e9es pour \u00e9viter les contournements<\/strong><\/p>\n<p>Au c\u0153ur des discussions, les risques de contournement ont pouss\u00e9 les col\u00e9gislateurs \u00e0 imposer aux op\u00e9rateurs une preuve d\u2019origine beaucoup plus d\u00e9taill\u00e9e pour tout gaz import\u00e9 ou stock\u00e9 dans l\u2019UE. Les sanctions applicables en cas d\u2019infraction ont \u00e9t\u00e9 nettement durcies : 2,5 millions d\u2019euros pour les particuliers et pour les entreprises, au moins 3,5 % du chiffre d\u2019affaires annuel, 300 % de la valeur de la transaction ill\u00e9gale, ou un forfait minimal de 40 millions d\u2019euros. \u00ab\u00a0L\u2019Europe tourne enfin la page de deux d\u00e9cennies de d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique fragilisante\u201d, a-d\u00e9clar\u00e9 suite \u00e0 cette annonce, le directeur ex\u00e9cutif de l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE), Fatih Birol, r\u00e9cemment, saluant l\u2019effort collectif des \u00c9tats membres. \u201cMettre fin au gaz russe n\u2019est pas qu\u2019une d\u00e9cision g\u00e9opolitique : c\u2019est un investissement massif dans la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne.\u201d Avec ce texte, l\u2019UE esp\u00e8re fermer l\u2019un des derniers chapitres de sa d\u00e9pendance au gaz russe, qui repr\u00e9sentait plus de 40 % des importations europ\u00e9ennes d\u2019avant-guerre en 2021. Elle ouvre aussi un cycle politique nouveau, o\u00f9 s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, transition climatique et souverainet\u00e9 industrielle devront d\u00e9sormais avancer de concert alors que la s\u00e9curisation des approvisionnements \u00e9nerg\u00e9tiques comme des minerais critiques sera un d\u00e9fi de taille dans une Europe toujours \u00e0 la recherche de comp\u00e9titivit\u00e9. <\/p>\n<p>\u00a0Le texte doit encore \u00eatre formellement approuv\u00e9 par les \u00c9tats membres et par le Parlement en session pl\u00e9ni\u00e8re \u2014 une \u00e9tape qui, sauf surprise, ne devrait plus rencontrer de r\u00e9sistance.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Apr\u00e8s une ultime nuit de n\u00e9gociation, Parlement et Conseil s\u2019accordent sur l\u2019arr\u00eat progressif des importations, avec la fin&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":578115,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[11,1887,12,1885,1886,132],"class_list":{"0":"post-578114","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-russie","8":"tag-actualites","9":"tag-federation-de-russie","10":"tag-news","11":"tag-russia","12":"tag-russian-federation","13":"tag-russie"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115662721343070392","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/578114","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=578114"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/578114\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/578115"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=578114"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=578114"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=578114"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}