{"id":583624,"date":"2025-12-07T06:03:14","date_gmt":"2025-12-07T06:03:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/583624\/"},"modified":"2025-12-07T06:03:14","modified_gmt":"2025-12-07T06:03:14","slug":"quel-est-le-rapport-de-force-militaire-entre-la-russie-et-leurope-lignes-de-defense","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/583624\/","title":{"rendered":"Quel est le rapport de force militaire entre la Russie et l\u2019Europe? &#8211; Lignes de d\u00e9fense"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                Alors que l\u2019Europe pointe les risques d\u2019un affrontement avec Moscou d\u2019ici la fin de la d\u00e9cennie, une \u00e9tude de l\u2019Institut fran\u00e7ais des relations internationales analyse les capacit\u00e9s militaires de l\u2019Ouest et de l\u2019Est. D\u00e9cryptage.                    <\/p>\n<p>Comme \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la guerre froide, l\u2019Ifri s\u2019interroge en Europe et en <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/russie\/\" target=\"_self\" rel=\"noopener\"><strong>Russie<\/strong><\/a> combien de divisions\u00a0? Et surtout qui a l\u2019avantage\u00a0?<\/p>\n<p>Dans les airs et sur les mers, pas de doute possible, pointe Elie Tenenbaum, auteur de la note, l\u2019Europe surclasse Moscou. \u00ab\u00a0On a regard\u00e9 dans notre rapport les capacit\u00e9s d&rsquo;entra\u00eenement, de pouvoir mener des op\u00e9rations complexes \u00e0 large \u00e9chelle. Et de ce point de vue-l\u00e0, clairement, les Europ\u00e9ens ont aujourd&rsquo;hui un avantage dans le domaine a\u00e9rien et dans le domaine maritime, qui est sans conteste face \u00e0 la Russie. Encore faut-il \u00eatre en mesure d&rsquo;exploiter ces avantages avec suffisamment de munitions avec le personnel qui convient. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est le cas, mais il y a une tension sur les pilotes et surtout en adoptant une strat\u00e9gie qui vise \u00e0 mettre en avant ces forces. Par exemple, la sup\u00e9riorit\u00e9 maritime aujourd&rsquo;hui des Europ\u00e9ens, elle n&rsquo;est pas fondamentalement exploit\u00e9e. Quand on voit la Russie qui, en exploitant sa flotte fant\u00f4me de navires qui exportent le p\u00e9trole, finalement passe au nez et \u00e0 la barbe des marines de guerre europ\u00e9ennes qui, au nom du droit international, les laissent passer\u2026 Donc on n&rsquo;est pas forc\u00e9ment aujourd&rsquo;hui dans des strat\u00e9gies g\u00e9n\u00e9rales qui mettent en avant l&rsquo;exploitation de ces avantages\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> Des trous capacitaires c\u00f4t\u00e9 europ\u00e9en <\/p>\n<p>Si les arm\u00e9es europ\u00e9ennes b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une sup\u00e9riorit\u00e9 technologique, elles p\u00e2tissent en revanche de trous capacitaires et d\u2019une puissance de feu limit\u00e9e, insiste le directeur de recherche de l\u2019Ifri. \u00ab\u00a0Il y a une certaine faiblesse dans le domaine de la puissance de feu, tous domaines confondus, sur le plan terrestre des frappes longue port\u00e9e, sur la dimension a\u00e9rienne et la quantit\u00e9 de munitions. On parle de missiles air-air ou de munitions air-sol qui pourraient exploiter une \u00e9ventuelle sup\u00e9riorit\u00e9 a\u00e9rienne. Et m\u00eame dans le domaine naval, avec un nombre de cellules de lancement par navire de surface par exemple, qui est inf\u00e9rieur \u00e0 ce qu&rsquo;on peut trouver ailleurs dans le monde. Donc, on pourrait avoir un renforcement du c\u00f4t\u00e9 de la puissance de feu\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;autre grand axe, c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;on appelle les \u00ab\u00a0enablers\u00a0\u00bb en anglais (facilitateurs), c&rsquo;est-\u00e0-dire des capacit\u00e9s habilitantes qui donnent une forme de coh\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;ensemble, poursuit Elie Tenenbaum. Les Europ\u00e9ens ont \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qu&rsquo;il faut du c\u00f4t\u00e9 des capacit\u00e9s de combat en ligne, sur le front, nombre d&rsquo;avions de combat, nombre de v\u00e9hicules. En revanche, certaines capacit\u00e9s de commandement et de contr\u00f4le, de renseignement dans la profondeur, qui donnent finalement la coh\u00e9rence et la puissance \u00e0 ces arm\u00e9es modernes qui d\u00e9pendent tr\u00e8s largement de la boucle entre les capteurs et les effecteurs, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, ont toujours \u00e9t\u00e9 assur\u00e9es par les Am\u00e9ricains. Alors, il y a un certain nombre de sc\u00e9narios dans lesquels les Am\u00e9ricains continueraient \u00e0 fournir cette boucle. En revanche, si on part, comme on a essay\u00e9 de le faire un petit peu sur des hypoth\u00e8ses plut\u00f4t moins disantes c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, l\u00e0 on voit bien que \u00e7a p\u00e8che du c\u00f4t\u00e9 europ\u00e9en \u00bb.<\/p>\n<p class=\"a-read-more\">\u00c0 lire aussi<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/europe\/20250319-europe-g\u00e9ant-industrie-d\u00e9fense\" target=\"_self\" class=\"a-read-more__link\" rel=\"noopener\">L&rsquo;Europe peut-elle devenir un g\u00e9ant de l&rsquo;industrie de d\u00e9fense?<\/a><\/p>\n<p> La Russie poss\u00e8de un point fort : la masse de son arm\u00e9e <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/vladimir-poutine\/\" target=\"_self\" rel=\"noopener\"><strong>Vladimir Poutine<\/strong><\/a> porte l\u2019ambition d\u2019un mod\u00e8le d\u2019arm\u00e9e fort d\u2019un million cinq cent mille hommes, soit deux fois plus de soldats qu\u2019en Europe. \u00ab\u00a0Il y a une masse l\u00e9g\u00e8rement favorable \u00e0 la Russie, m\u00eame si les p\u00e9rim\u00e8tres sont difficiles \u00e0 calculer en fonction des r\u00e9serves des uns et des autres. \u00c7a va s&rsquo;accro\u00eetre si Vladimir Poutine arrive \u00e0 mettre en \u0153uvre son mod\u00e8le de force \u00e0 1\u202f500\u202f000 hommes. Mais c&rsquo;est notamment frappant dans le domaine des forces terrestres o\u00f9 effectivement la Russie a un l\u00e9ger avantage sur le papier. Mais cet avantage tend un petit peu \u00e0 se renforcer quand vous regardez la capacit\u00e9 \u00e0 puiser dans cette ressource en effectifs. Parce que finalement, la Russie \u00e9tant un pays unifi\u00e9, elle peut mobiliser une grande partie de sa force de combat, l\u00e0 o\u00f9 les Europ\u00e9ens \u00e9tant \u00e9videmment r\u00e9partis en une petite trentaine de pays, si on consid\u00e8re les pays europ\u00e9ens membres de l&rsquo;Otan et parmi eux, on sait bien qu&rsquo;un certain nombre n&rsquo;engageraient pas forc\u00e9ment leurs forces. Vous avez un effet un petit peu arm\u00e9e mexicaine, et donc \u00e0 la fin, c&rsquo;est sans doute moins de 700 000 combattants des forces terrestres en Europe qui pourraient \u00eatre mobilis\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p> Coh\u00e9sion et volont\u00e9, piliers de la dissuasion militaire <\/p>\n<p>Pour \u00eatre dissuasive, souligne Elie Tenenbaum, l\u2019Europe devra faire preuve d\u2019une unit\u00e9 sans faille, la moindre d\u00e9fection dans ses rangs fragiliserait son architecture de d\u00e9fense. \u00ab\u00a0L&rsquo;Europe, collectivement, a les moyens \u00e9conomiques, le savoir-faire militaire et les comp\u00e9tences industrielles et technologiques pour faire face \u00e0 la Russie.\u00a0\u00c0 la condition d&rsquo;en avoir la volont\u00e9 et de faire preuve de la coh\u00e9sion n\u00e9cessaire. Et donc la coh\u00e9sion avec la volont\u00e9 sont aujourd&rsquo;hui peut-\u00eatre les deux facteurs d\u00e9terminants. Si tous les Europ\u00e9ens se serrent les coudes, y compris avec l&rsquo;Ukraine, la Russie est dissuad\u00e9e \u00e0 ce stade parce que collectivement, ils repr\u00e9sentent une masse suffisamment imposante pour d\u00e9courager. En revanche, si on a une division, vous vous retrouvez avec un syst\u00e8me qui est moins coh\u00e9rent sur le plan de la mobilit\u00e9 militaire. Il suffit d&rsquo;imaginer un pays rotule comme l&rsquo;Allemagne, qui d\u00e9cide de ne plus laisser passer les convois d&rsquo;approvisionnement qui basculent de l&rsquo;ouest \u00e0 l&rsquo;est de l&rsquo;Europe. On voit bien que les choses deviendraient tr\u00e8s vite tr\u00e8s compliqu\u00e9es. Donc cette coh\u00e9sion, elle est, et on le sait depuis longtemps, le centre de gravit\u00e9 de l&rsquo;Alliance atlantique et de la d\u00e9fense de l&rsquo;Europe \u00bb.<\/p>\n<p>Seul point d\u2019\u00e9quilibre\u00a0: les cr\u00e9dits militaires. L\u2019Europe consacrant \u00e0 sa d\u00e9fense 400 milliards d\u2019euros par an, et Moscou 150 milliards d\u2019euros. Mais \u00e0 parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat, les budgets russes et europ\u00e9ens sont presque \u00e9quivalents.<\/p>\n<p class=\"a-read-more\">\u00c0 lire aussi<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/europe\/20251016-l-union-europ\u00e9enne-pr\u00e9sente-sa-feuille-de-route-pour-une-d\u00e9fense-ind\u00e9pendante-d-ici-\u00e0-2030\" target=\"_self\" class=\"a-read-more__link\" rel=\"noopener\">L\u2019Union europ\u00e9enne pr\u00e9sente sa feuille de route pour une d\u00e9fense ind\u00e9pendante d\u2019ici \u00e0 2030<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Alors que l\u2019Europe pointe les risques d\u2019un affrontement avec Moscou d\u2019ici la fin de la d\u00e9cennie, une \u00e9tude&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":583625,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[11,554,73,674,1887,33382,12,1885,1886,132,220,364],"class_list":{"0":"post-583624","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-russie","8":"tag-actualites","9":"tag-defense","10":"tag-etats-unis","11":"tag-europe","12":"tag-federation-de-russie","13":"tag-lignes-de-defense","14":"tag-news","15":"tag-russia","16":"tag-russian-federation","17":"tag-russie","18":"tag-ukraine","19":"tag-union-europeenne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115676774690003156","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/583624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=583624"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/583624\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/583625"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=583624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=583624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=583624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}