{"id":583873,"date":"2025-12-07T09:03:12","date_gmt":"2025-12-07T09:03:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/583873\/"},"modified":"2025-12-07T09:03:12","modified_gmt":"2025-12-07T09:03:12","slug":"maria-sharapova-licone-glamour-brille-toujours-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/583873\/","title":{"rendered":"Maria Sharapova, l&rsquo;ic\u00f4ne glamour brille toujours"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00c0 la sortie de l&rsquo;ascenseur, au vingti\u00e8me \u00e9tage d&rsquo;un immeuble new-yorkais de la Huiti\u00e8me Avenue, un rire aigu et candide brise le silence. Ses jambes sont interminables, son pas vif. Maria Sharapova, 38\u00a0ans, est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, \u00e9l\u00e9gante et indomptable, en avance comme souvent, jamais en retard en tout cas.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Une bonne mani\u00e8re n\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t, dans la station baln\u00e9aire de Sotchi, sous les pins du parc Riviera o\u00f9 s&rsquo;\u00e9talait son premier club, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. Quand elle jouait contre un mur avec la raquette que le p\u00e8re de Ievgueni Kafelnikov lui avait donn\u00e9e apr\u00e8s en avoir sci\u00e9 le manche. Puis \u00e0 Bradenton en Floride, chez Nick Bollettieri, dans une de ces \u00ab\u00a0usines \u00e0 saucisses\u00a0\u00bb que sont d&rsquo;apr\u00e8s elle les acad\u00e9mies de tennis.<\/p>\n<p>                        L&rsquo;une des plus bankables avec Serena <\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00ab\u00a0Il y a \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;enfants et ils font tous la m\u00eame chose. Il fallait que je m&rsquo;\u00e9carte de ce syst\u00e8me unique parce que j&rsquo;avais besoin d&rsquo;un entra\u00eeneur qui jouerait avec moi, en individuel. Si \u00e7a voulait dire venir sur le court \u00e0 6\u00a0heures du matin pour avoir un entra\u00eenement particulier, alors je le faisais.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Les ann\u00e9es ont pass\u00e9, sa chevelure blonde s&rsquo;est par\u00e9e de reflets bruns, sa rigueur n&rsquo;a pas chang\u00e9. \u00ab\u00a0Si mon contrat me demande A, B et C, je donne A, B, C et D.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0A, B, C, D&#8230; E, F, G\u00a0\u00bb, glisse l&rsquo;une de ses collaboratrices. \u00ab\u00a0Ce qui l&rsquo;a diff\u00e9renci\u00e9e de tous les clients avec lesquels j&rsquo;ai travaill\u00e9, c&rsquo;est sa capacit\u00e9 \u00e0 comprendre le retour sur investissement, explique Max Eisenbud, son agent historique qui l&rsquo;a sign\u00e9e chez IMG quand elle \u00e9tait une jeune ado. Parfois, tu dois faire un shooting photo de huit heures pour une marque qui te paie des millions de dollars. Plein d&rsquo;athl\u00e8tes regardent leur montre et n&rsquo;ont qu&rsquo;une h\u00e2te, partir. Maria, elle, \u00e9tait du genre \u00e0 dire\u00a0: \u00ab\u00a0Je peux faire mieux, on recommence. Je ne pars pas tant que ce n&rsquo;est pas parfait pour toi.\u00a0\u00bb C&rsquo;\u00e9tait en elle.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Son agent ajoute\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0On vit dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;apparence est importante et Maria \u00e9tait une jolie fille, mais le tennis a toujours \u00e9t\u00e9 sa priorit\u00e9, ce qui lui a permis de gagner, encore et encore. Elle n&rsquo;\u00e9tait pas un feu de paille, elle cochait toutes les cases et c&rsquo;est ce qui a tout de suite donn\u00e9 envie aux marques de travailler avec elle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Quote__content\" data-v-534d67d4=\"\">\u00ab\u00a0Apr\u00e8s son premier tour, o\u00f9 elle avait perdu un set, elle m&rsquo;avait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Vous vous \u00eates fait du souci\u00a0? Ne vous inqui\u00e9tez pas, je vais le gagner votre tournoi\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Quote__caption\" data-v-534d67d4=\"\">Denis Naegelen, directeur des Internationaux de Strasbourg<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Et aux tournois d&rsquo;attirer \u00ab\u00a0l&rsquo;une des deux joueuses les plus bankables de l&rsquo;\u00e9poque avec Serena Williams\u00a0\u00bb, selon Denis Naegelen, directeur des Internationaux de Strasbourg qu&rsquo;elle avait remport\u00e9s en 2010. L&rsquo;homme de 73\u00a0ans se souvient d&rsquo;une femme \u00ab\u00a0extr\u00eamement professionnelle et tr\u00e8s exigeante, une attractivit\u00e9 dingue, une puissance m\u00e9diatique et un glamour qu&rsquo;aucune joueuse actuelle ne poss\u00e8de&#8230; C&rsquo;est Madonna qui d\u00e9barque, quoi\u00a0!\u00a0\u00bb Autant qu&rsquo;une \u00ab\u00a0grande championne qui tient ses promesses. Apr\u00e8s son premier tour, o\u00f9 elle avait perdu un set, elle m&rsquo;avait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Vous vous \u00eates fait du souci\u00a0? Ne vous inqui\u00e9tez pas, je vais le gagner votre tournoi.\u00a0\u00bb Et elle l&rsquo;avait fait.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">L&rsquo;histoire avait pourtant mal d\u00e9marr\u00e9. \u00ab\u00a0Le premier contact avec son agent avait \u00e9t\u00e9 compliqu\u00e9, sourit-il. Je lui avais \u00e9crit pour offrir une wild-card \u00e0 Maria, il m&rsquo;avait r\u00e9pondu par SMS, sans bonjour ni au revoir, avec un montant qui d\u00e9passait le total du prize money du tournoi. J&rsquo;avais interrog\u00e9 le milieu pour savoir qui \u00e9tait ce personnage, on m&rsquo;avait expliqu\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 la fois bon et incontournable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00ab\u00a0Mon bouclier, le punching-ball ultime, quelqu&rsquo;un qui, sans s&rsquo;excuser, r\u00e9pondait non pour moi, encore et encore\u00a0\u00bb, dira de lui Sharapova. \u00ab\u00a0Quand elle a gagn\u00e9 Wimbledon \u00e0 17\u00a0ans en battant Serena Williams, sa vie a chang\u00e9. J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s protecteur et j&rsquo;\u00e9tais celui qui devait souvent dire non, assume Eisenbud. Parmi les choses qui la rendaient unique, il y avait sa propension \u00e0 refuser des propositions tr\u00e8s all\u00e9chantes. Quand tu gagnes Wimbledon, des gens veulent t&rsquo;envoyer un jet priv\u00e9 et t&rsquo;amener \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie des Oscars ou \u00e0 d&rsquo;autres \u00e9v\u00e9nements vraiment incroyables auxquels la plupart des jeunes de 17 ou 18\u00a0ans r\u00eaveraient d&rsquo;assister. Mais elle disait non parce qu&rsquo;elle savait que, si elle y allait, elle ne pourrait pas s&rsquo;entra\u00eener ni \u00eatre performante au tournoi suivant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>                        L&rsquo;image d&rsquo;une femme fatale inaccessible, \u00e0 l&rsquo;allure de mannequin <\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Sharapova\u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;ai su tr\u00e8s bien naviguer entre ces deux mondes.\u00a0\u00bb Plus grande que son sport mais consciente qu&rsquo;elle lui devait tout. \u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai jamais oubli\u00e9 pourquoi j&rsquo;avais ces opportunit\u00e9s. La r\u00e9ponse, c&rsquo;est que je gagnais.\u00a0\u00bb Avec Eisenbud, la Russe a d\u00e9velopp\u00e9 sa marque, tr\u00e8s vite un empire, collectionn\u00e9 les ch\u00e8ques \u00e0 sept chiffres en m\u00eame temps que les troph\u00e9es, trente-six au total, et cultiv\u00e9 l&rsquo;image d&rsquo;une femme fatale inaccessible, \u00e0 l&rsquo;allure de mannequin et \u00e0 la froideur de sa Sib\u00e9rie natale.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Presque effrayante avec ce hurlement c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 la frappe, m\u00eame si elle jure que ce n&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0pas une fa\u00e7on d&rsquo;intimider les autres. J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 le faire jeune. \u00c7a faisait partie de ma technique de respiration et j&rsquo;ai continu\u00e9 toute ma carri\u00e8re sans m\u00eame y penser.\u00a0\u00bb Autour d&rsquo;elle, chacun avait ordre de se taire, la parole verrouill\u00e9e par des clauses de confidentialit\u00e9. Et en dehors de son cercle intime, personne ne pouvait l&rsquo;approcher, surtout pas ses adversaires. \u00ab\u00a0C&rsquo;est difficile de maintenir une amiti\u00e9 avec quelqu&rsquo;un qui repr\u00e9sente un obstacle \u00e0 tes plus grands succ\u00e8s\u00a0\u00bb, explique celle qui aimait s&rsquo;isoler, souvent un livre \u00e0 la main, avant ses matches. \u00ab\u00a0Je me construisais une bulle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00ab\u00a0Tr\u00e8s peu de gens ont connu la vraie Maria, regrette Eisenbud. Les journalistes tennis ont toujours observ\u00e9 une Maria prudente, sur la r\u00e9serve. C&rsquo;\u00e9tait voulu. Elle avait le sentiment d&rsquo;en avoir besoin pour avoir un avantage sur le court. J&rsquo;ai toujours trouv\u00e9 \u00e7a dommage. Un joueur comme Roger Federer a su trouver l&rsquo;\u00e9quilibre entre les deux, pas Maria. Je pense que \u00e7a vient beaucoup de ses origines et de son histoire familiale, eux contre le reste du monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Le 26\u00a0avril 1986, un an avant la naissance de Maria Sharapova, le r\u00e9acteur n\u00b0\u00a04 de la centrale nucl\u00e9aire de Tchernobyl a explos\u00e9 et 300\u00a0000 personnes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es pour fuir le nuage radioactif. Iouri Sharapov et sa femme Elena vivaient \u00e0 160 kilom\u00e8tres de l\u00e0, \u00e0 Gomel, en Bi\u00e9lorussie. Ils ne sont partis que quatre mois plus tard pour accueillir l&rsquo;arriv\u00e9e de leur unique enfant. Maria est n\u00e9e \u00e0 Niagan, dans le climat extr\u00eame de la Sib\u00e9rie, o\u00f9 son p\u00e8re a travaill\u00e9 deux ann\u00e9es dans les raffineries de p\u00e9trole jusqu&rsquo;\u00e0 mettre suffisamment d&rsquo;argent de c\u00f4t\u00e9 pour descendre aux bords de la mer Noire, \u00e0 Sotchi.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">C&rsquo;est l\u00e0 que Maria s&rsquo;initie au tennis, avant de partir aux \u00c9tats-Unis avec son p\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 7\u00a0ans. Sans la maman, bloqu\u00e9e au pays pendant deux ans. \u00ab\u00a0Elle ne parvenait pas \u00e0 obtenir son visa et, nous, on ne pouvait pas repartir parce qu&rsquo;on avait une seule entr\u00e9e possible aux \u00c9tats-Unis, retrace l&rsquo;ex-num\u00e9ro\u00a01 mondiale. Avec le recul, je me dis que \u00e7a serait plus dur \u00e0 vivre aujourd&rsquo;hui. On a un lien direct avec les t\u00e9l\u00e9phones et le fait de voir quelqu&rsquo;un que tu aimes te donne envie d&rsquo;\u00eatre avec cette personne. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, on s&rsquo;envoyait des lettres et on s&rsquo;appelait peut-\u00eatre une fois par mois sur le fixe&#8230; Cette distance, je ne vais pas dire que \u00e7&rsquo;a aid\u00e9, mais \u00e7&rsquo;a rendu plus normal le fait de ne pas \u00eatre ensemble.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Quote__content\" data-v-534d67d4=\"\">\u00ab\u00a0Tout ce qu&rsquo;elle a travers\u00e9 l&rsquo;a rendue tr\u00e8s m\u00e9fiante\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Seule, \u00e0 7\u00a0ans, avec un p\u00e8re pris par son travail, dans un pays dont elle ne parlait pas la langue, la jeune Russe a v\u00e9cu quelques \u00ab\u00a0ann\u00e9es difficiles, selon Eisenbud. Dans le dortoir de l&rsquo;acad\u00e9mie Bollettieri en Floride, qu&rsquo;elle rejoint en 1995, les enfants se moquaient d&rsquo;elle. Son anglais n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s bon et, quand elle se r\u00e9veillait, elle ne pensait qu&rsquo;\u00e0 une chose, jouer au tennis, alors que les autres filles voulaient s&rsquo;amuser. Tout ce qu&rsquo;elle a travers\u00e9 l&rsquo;a rendue tr\u00e8s m\u00e9fiante.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">La louve est devenue solitaire, une diva hautaine et rogue selon certains de ses d\u00e9bineurs. Rien de ce que l&rsquo;on observe ce jeudi de d\u00e9but septembre et de fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9, dans un studio photo cossu de Manhattan, o\u00f9 rendez-vous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9. Au bord de la fen\u00eatre, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on admire le New York fi\u00e9vreux et bruyant, Times Square et Broadway, le mus\u00e9e de madame Tussaud d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, le parc Bryant, o\u00f9 se d\u00e9vorent en vitesse des hot-dogs, de l&rsquo;autre, une enceinte crache du folk, Little Bit of Rain de Fred Neil, puis un vieux rock ind\u00e9modable, Sound and Vision de David Bowie.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Robe \u00e9chancr\u00e9e dans une main, un beau cuir noir dans l&rsquo;autre, Maria Sharapova a d\u00e9marr\u00e9 les essayages du shooting organis\u00e9 pour cette rencontre avec le Mag, qu&rsquo;elle sait en pleine r\u00e9invention. \u00ab\u00a0C&rsquo;est une nouvelle formule, c&rsquo;est \u00e7a\u00a0?\u00a0\u00bb Son coiffeur Mark corrige une m\u00e8che, elle chatouille son ventre et laisse \u00e9chapper un joli son de cour d&rsquo;\u00e9cole qui tranche avec la vamp qui s&#8217;empare d&rsquo;elle d\u00e8s que l&rsquo;appareil se braque sur son visage. \u00ab\u00a0Une putain de rock star\u00a0\u00bb, lui lance la photographe Clara.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Elle la conna\u00eet bien et l&rsquo;a crois\u00e9e le matin-m\u00eame dans un sauna. \u00ab\u00a0Oui Clara, tu peux toucher mes fesses.\u00a0\u00bb Revoil\u00e0 ce rire si enfantin. Entre deux tenues, elle r\u00e9pond \u00e0 un mail sur son t\u00e9l\u00e9phone puis commande en vitesse des raviolis chinois. \u00ab\u00a0Une fille doit manger.\u00a0\u00bb Elle se retourne, son regard se fixe, s\u00e9millant et pourtant intimidant. Elle ne toise pas mais examine puis interroge. \u00ab\u00a0Vous couvrez tous les matches de l&rsquo;US Open\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>                        Femme d&rsquo;affaires accomplie et jeune maman protectrice <\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Quelques heures nous s\u00e9parent alors des demi-finales femmes. Elle a ador\u00e9 voir Amanda Anisimova rebondir si vite apr\u00e8s sa d\u00e9faite 6-0, 6-0 en finale de Wimbledon contre Iga Swiatek en juillet. \u00ab\u00a0Vous imaginez la ressource mentale\u00a0?\u00a0\u00bb L&rsquo;Am\u00e9ricaine s&rsquo;inclinera en finale face \u00e0 Aryna Sabalenka. La Russe, elle, ne joue pratiquement plus. \u00ab\u00a0Malheureusement, je n&rsquo;ai pas le temps. Mais peut-\u00eatre est-ce une excuse, si je suis honn\u00eate.\u00a0\u00bb Elle est aujourd&rsquo;hui une femme d&rsquo;affaires accomplie et une jeune maman protectrice. Quelques jours plus t\u00f4t, elle a accompagn\u00e9 son fils Theodore, 3\u00a0ans, \u00e0 sa premi\u00e8re rentr\u00e9e, chez elle en Californie du Sud. \u00ab\u00a0J&rsquo;\u00e9tais vraiment stress\u00e9e. En plus, sur le chemin, j&rsquo;ai re\u00e7u un mail\u00a0: un enfant \u00e9tait malade\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Ses journ\u00e9es sont \u00ab\u00a0toutes diff\u00e9rentes\u00a0\u00bb et bien remplies. \u00ab\u00a0J&rsquo;investis dans des entreprises, indique-t-elle. Je passe beaucoup de temps \u00e0 donner des coups de fil et \u00e0 faire des recherches. Je rencontre les fondateurs, je m&rsquo;impr\u00e8gne de leur business pour le comprendre. Est-ce une croissance \u00e0 long terme\u00a0? Serai-je une partenaire silencieuse ou une conseill\u00e8re\u00a0? Tout \u00e7a repr\u00e9sente des semaines, des mois de v\u00e9rifications. Je travaille avec mes actifs et mon argent. Je suis au board de Moncler donc je vais \u00e0 Milan plusieurs fois par an. J&rsquo;ai toujours des engagements avec quelques marques comme Nike, Aman Hotels, Stella Artois&#8230; Je travaille aussi sur plusieurs projets de construction de maisons. Je touche \u00e0 tout.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Sauf \u00e0 sa raquette. Elle sourit\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis beaucoup moins crev\u00e9e que quand j&rsquo;\u00e9tais joueuse\u00a0!\u00a0\u00bb Sharapova <a href=\"https:\/\/www.lequipe.fr\/Tennis\/Actualites\/Maria-sharapova-prend-sa-retraite\/1113631\" notaddlevel=\"true\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">a arr\u00eat\u00e9 sa premi\u00e8re carri\u00e8re en 2020, \u00e0 32\u00a0ans<\/a>, juste avant que le Covid frappe. \u00ab\u00a0Quand je me r\u00e9veillais le matin, ce que je voulais le plus faire au monde, c&rsquo;\u00e9tait aller m&rsquo;entra\u00eener. Sur la fin de ma carri\u00e8re, ce sentiment, je l&rsquo;ai progressivement senti m&rsquo;abandonner, jusqu&rsquo;\u00e0 me dire que ce n&rsquo;\u00e9tait plus l&rsquo;endroit o\u00f9 je voulais \u00eatre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Rattrap\u00e9e par la patrouille en 2016, une suspension de deux ans ramen\u00e9e \u00e0 quinze mois pour un contr\u00f4le positif au Meldonium, elle l&rsquo;a ensuite \u00e9t\u00e9 par son corps. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai souffert pendant des ann\u00e9es, raconte-t-elle. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;\u00e9paule, j&rsquo;ai eu des blessures s\u00e9rieuses, des probl\u00e8mes \u00e0 l&rsquo;avant-bras&#8230; J&rsquo;\u00e9tais t\u00eatue, je trouvais des fa\u00e7ons de rester en forme quand je ne pouvais pas jouer. Mais sur la fin, mon ent\u00eatement est devenu une faiblesse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Eisenbud savait \u00ab\u00a0qu&rsquo;elle ne jouerait pas tr\u00e8s longtemps parce qu&rsquo;elle est devenue pro \u00e0 14\u00a0ans et qu&rsquo;elle avait un jeu tr\u00e8s exigeant pour son corps. Donc on s&rsquo;est toujours int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la vie apr\u00e8s le tennis avec l&rsquo;id\u00e9e de lui donner le maximum d&rsquo;exp\u00e9riences. Elle participait aux r\u00e9unions avec ses sponsors ou son agence de pub, posait les bonnes questions, prenait des notes&#8230; En fait, c&rsquo;est comme si elle avait \u00e9t\u00e9 dipl\u00f4m\u00e9e d&rsquo;un master en business pendant qu&rsquo;elle jouait au tennis. Elle s&rsquo;\u00e9duquait car elle savait qu&rsquo;un jour, elle voudrait faire partie de ce monde-l\u00e0.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Cinq ans apr\u00e8s sa retraite sportive, Sharapova suit toujours le tennis, \u00ab\u00a0un sport tellement complexe, rempli d&rsquo;histoires. Parfois, quand je suis sur un tournoi et que je m&rsquo;assois en tribune, j&rsquo;ai la sensation que j&rsquo;assiste \u00e0 une version d\u00e9zoom\u00e9e de ce que j&rsquo;ai v\u00e9cu. Chaque mouvement, chaque moment, ceux que tu sais plus importants que les autres&#8230; Et puis l\u00e0, il y a quelqu&rsquo;un \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de toi qui boit une bi\u00e8re. Tu as envie de lui dire\u00a0: \u00ab\u00a0Concentre-toi, regarde, c&rsquo;est un point cl\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb J&rsquo;adore \u00eatre cette personne qui conna\u00eet \u00e7a par coeur mais qui n&rsquo;est plus sur la sc\u00e8ne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Quote__content\" data-v-534d67d4=\"\">\u00ab\u00a0Il y a toujours eu beaucoup de respect entre Serena et moi\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Celle de Flushing Meadows et son barouf permanent ont plus d&rsquo;une fois d\u00e9stabilis\u00e9 la jeune Maria, \u00ab\u00a0fille unique et calme\u00a0\u00bb, entour\u00e9e de peu de monde et de beaucoup de silence. \u00ab\u00a0Je n&rsquo;aimais pas \u00e7a, j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s intimid\u00e9e par le bruit. Avec le temps, j&rsquo;ai appris \u00e0 embrasser cet environnement, \u00e0 laisser le public m&rsquo;aider \u00e0 revenir dans un match, \u00e0 autoriser ce bruit \u00e0 avoir un impact positif sur le r\u00e9sultat.\u00a0\u00bb Jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre sacr\u00e9e dans le Queens, en 2006, le deuxi\u00e8me de ses cinq titres en Grand Chelem.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00c7a et la place de num\u00e9ro\u00a01 mondiale conquise \u00e0 18\u00a0ans justifiaient pleinement son intronisation au Hall of Fame, le panth\u00e9on du tennis, en ao\u00fbt dernier. \u00c0 Newport, elle a pour la premi\u00e8re fois \u00ab\u00a0jet\u00e9 un coup d&rsquo;oeil dans le r\u00e9tro\u00a0\u00bb, sous le regard humide de son p\u00e8re, de ceux qui l&rsquo;ont accompagn\u00e9e et de la l\u00e9gende Serena Williams.<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">L&rsquo;Am\u00e9ricaine, sa plus grande rivale, celle qui l&rsquo;a battue vingt fois sur vingt-deux et l&rsquo;a priv\u00e9e de tant de titres, a prononc\u00e9 le discours inaugural, \u00e9voquant \u00ab\u00a0l&rsquo;atmosph\u00e8re qui se transformait soudainement, la tension et le feu r\u00e9els\u00a0\u00bb d\u00e8s qu&rsquo;elles s&rsquo;affrontaient. \u00ab\u00a0\u00c7a vous a surpris qu&rsquo;elle soit l\u00e0\u00a0? s&rsquo;amuse Sharapova. C&rsquo;\u00e9tait un moment tr\u00e8s fort. Malgr\u00e9 tous nos combats sur le court, malgr\u00e9 les choses qu&rsquo;on a pu dire en conf\u00e9rences de presse, il y a toujours eu beaucoup de respect entre nous. C&rsquo;\u00e9tait un peu une fa\u00e7on officielle de le manifester.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Alors que ses raviolis refroidissent dans une barquette en alu, Maria Sharapova repense \u00e0 l&rsquo;enfant qui voulait \u00ab\u00a0toujours \u00eatre en premi\u00e8re ligne, tester devant tout le monde les exercices demand\u00e9s par l&rsquo;entra\u00eeneur. Je n&rsquo;avais pas peur de la sc\u00e8ne et de la lumi\u00e8re. J&rsquo;ai toujours voulu \u00eatre l&rsquo;athl\u00e8te que l&rsquo;\u00e9quipe choisit pour jouer le tie-break d\u00e9cisif \u00e0 6-6 au troisi\u00e8me set.\u00a0\u00bb Puis \u00e0 l&rsquo;ado star que les sponsors s&rsquo;arrachaient, sans que \u00e7a ne lui monte jamais \u00e0 la t\u00eate. \u00ab\u00a0C&rsquo;est tr\u00e8s facile de vriller, que ta confiance se transforme en ego, mais je ne me suis jamais autoris\u00e9e \u00e0 penser que j&rsquo;\u00e9tais unique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Aux poign\u00e9es de main qui suivaient les d\u00e9faites douloureuses. \u00ab\u00a0Tu ne veux pas la regarder dans les yeux, tu veux rentrer au vestiaire, mais ce moment au filet, c&rsquo;est une fa\u00e7on de dire \u00e0 l&rsquo;autre\u00a0: \u00ab\u00a0Je sais ce que \u00e7a t&rsquo;a demand\u00e9 comme efforts pour arriver ici, j&rsquo;ai du respect pour ce que tu fais&#8230; Mais j&rsquo;ai quand m\u00eame envie de te battre\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>                        Le travail de l&rsquo;ombre <\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">Aux entra\u00eenements et aux discussions apr\u00e8s ses plus grands \u00e9checs. \u00ab\u00a0Quand tu gagnes, tu c\u00e9l\u00e8bres et tu bois du champagne. Quand tu perds, tu es vuln\u00e9rable, tu fais face \u00e0 beaucoup de questions, tu dois affronter ton \u00e9quipe, lui dire les choses qui f\u00e2chent. C&rsquo;est l\u00e0 que tu cherches des solutions et que tu travailles le mieux. C&rsquo;est pareil avec les plus grands artistes, ils ne produisent pas leur meilleur travail quand ils sont au sommet.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00c0 ces gammes frapp\u00e9es d\u00e8s l&rsquo;aube, \u00ab\u00a0jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la m\u00e9moire musculaire l&#8217;emporte sur l&rsquo;h\u00e9sitation et les doutes\u00a0\u00bb, aux s\u00e9ances vid\u00e9o tard le soir, tous ces \u00ab\u00a0moments intimes que les gens ne voient pas, ceux o\u00f9 tu construis ta carri\u00e8re. Le travail cach\u00e9, dans l&rsquo;ombre, loin des cam\u00e9ras.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Paragraph__content\" data-v-e14a34bc=\"\">\u00c0 ce poing lev\u00e9 qui a accompagn\u00e9 chaque \u00e9change remport\u00e9 pendant vingt ann\u00e9es. \u00ab\u00a0Moins une c\u00e9l\u00e9bration qu&rsquo;un symbole de \u00adpers\u00e9v\u00e9rance, disait-elle \u00e0 Newport. Une promesse \u00e0 moi-m\u00eame\u00a0: dans les moments o\u00f9 le doute s&rsquo;installait, o\u00f9 les projecteurs m&rsquo;aveuglaient et l&rsquo;importance du moment m&rsquo;\u00e9crasait, ce petit rituel n&rsquo;appartenait qu&rsquo;\u00e0 moi. Une fa\u00e7on de me rappeler que j&rsquo;\u00e9tais capable d&rsquo;y arriver et que rien ne m&rsquo;arr\u00eaterait.\u00a0\u00bb La petite fille raill\u00e9e dans un dortoir \u00e0 Bradenton n&rsquo;a pas toujours r\u00e9ussi, elle a parfois \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9e. Mais elle a \u00ab\u00a0donn\u00e9 tout ce qu&rsquo;elle avait, sans prendre de raccourci\u00a0\u00bb. Ave Maria.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 la sortie de l&rsquo;ascenseur, au vingti\u00e8me \u00e9tage d&rsquo;un immeuble new-yorkais de la Huiti\u00e8me Avenue, un rire aigu&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":583874,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1415],"tags":[1011,27,60,1467],"class_list":{"0":"post-583873","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-tennis","8":"tag-fr","9":"tag-france","10":"tag-sports","11":"tag-tennis"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115677482421972321","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/583873","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=583873"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/583873\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/583874"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=583873"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=583873"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=583873"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}