{"id":58861,"date":"2025-04-28T09:05:09","date_gmt":"2025-04-28T09:05:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/58861\/"},"modified":"2025-04-28T09:05:09","modified_gmt":"2025-04-28T09:05:09","slug":"nancy-neuf-destins-de-femmes-a-lopera-et-leurs-costumes-exceptionnels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/58861\/","title":{"rendered":"Nancy. Neuf destins de femmes \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra et leurs costumes exceptionnels"},"content":{"rendered":"<p>Un jour, elle fut lasse de toutes ces all\u00e9es et venues. D\u2019un r\u00f4le \u00e0 l\u2019autre, il lui fallait changer de peau, plusieurs fois la m\u00eame semaine parfois. \u00ab\u00a0Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019\u00e9tait ainsi\u00a0: tous les premiers r\u00f4les de l\u2019op\u00e9ra devaient fournir leurs propres costumes.\u00a0\u00bb Il fallait donc courir les loueurs rue du Faubourg saint-Antoine.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au jour au <a href=\"https:\/\/www.estrepublicain.fr\/meurthe-et-moselle\/2014\/10\/12\/l-intensite-de-l-oeil-de-biche\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Christiane Stutzmann<\/a> a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une opportunit\u00e9 inesp\u00e9r\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Une chanteuse se retirait du circuit professionnel et faisait \u00e0 peu pr\u00e8s mon gabarit.\u00a0\u00bb Ce qui \u00e9tait rare \u00e0 l\u2019\u00e9poque. \u00ab\u00a0Le monde lyrique privil\u00e9giait des femmes plus opulentes. Moi j\u2019\u00e9tais presque consid\u00e9r\u00e9e comme maigre. Aujourd\u2019hui, peu importent les corpulences, et c\u2019est bien mieux ainsi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous sommes dans les ann\u00e9es 60, et la cantatrice originaire de Pont-\u00e0-Mousson, form\u00e9e au conservatoire de Nancy, puis 1 er prix de chant en 1961 \u00e0 Paris, avait d\u00e9j\u00e0 conquis les auditoires. En particulier avec le <a href=\"https:\/\/www.estrepublicain.fr\/culture-loisirs\/2022\/05\/06\/avec-christiane-stutzmann-chanter-tosca\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">personnage de Tosca, qui restera son r\u00f4le f\u00e9tiche.<\/a> \u00ab\u00a0La seule h\u00e9ro\u00efne qui meurt non de la main de l\u2019homme, mais de son propre choix.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et les r\u00f4les-titres se succ\u00e8dent. La pr\u00e9cieuse garde-robe acquise n\u2019y suffit pas. \u00ab\u00a0J\u2019ai eu alors la chance de pouvoir me faire aider pour la compl\u00e9ter par Madame Ren\u00e9e, cheffe costumi\u00e8re \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>  Les robes l\u00e9gu\u00e9es \u00e0 un ami<\/p>\n<p>De fil en aiguille, les malles se sont remplies \u00e0 mesure que la voix de la soprano dramatique se d\u00e9ployait sur les sc\u00e8nes fran\u00e7aises, mais aussi \u00e0 Rome, Londres, Milan, Amsterdam, Monte-Carlo, Bruxelles, Venise, Naples, Madrid,\u00a0etc.<\/p>\n<p>Et de cette carri\u00e8re, elle avait conserv\u00e9 cette trace mat\u00e9rielle et fragile\u00a0: tous ses costumes de sc\u00e8nes. Soigneusement remis\u00e9s dans des malles, ils sommeillaient, t\u00e9moins silencieux de la carri\u00e8re d\u2019une artiste qui, apr\u00e8s avoir incarn\u00e9 Desd\u00e9mone, A\u00efda, Manon, La Belle H\u00e9l\u00e8ne et tant d\u2019autres, s\u2019est consacr\u00e9e \u00e0 la p\u00e9dagogie \u00e0 Nancy et Paris.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au jour o\u00f9 elle a vent de la passion de Philippe Bauret, \u00e9l\u00e8ve de son mari, costumier amateur, fou d\u2019admiration pour cet art. \u00ab\u00a0Et devenu un ami. \u00c0 qui j\u2019ai fini par l\u00e9guer la quasi-totalit\u00e9 de mes robes de sc\u00e8ne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On ne fait que souffrir dans ces robes\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et elle fit bien, si l\u2019on en juge par l\u2019exposition visible aux Archives D\u00e9partementales. Sous le titre \u00ab\u00a0Neuf destins de femmes \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra\u00a0\u00bb, s\u2019y exhibent quelques-unes de ces robes dans lesquelles elle se fit reine, elle se fit soubrette, elle se fit amoureuse \u00e9perdue, ou victime expiatoire.<\/p>\n<p>Elle se fit autre, tout en restant elle-m\u00eame. Au prix parfois de quelques contraintes n\u00e9cessaires. \u00ab\u00a0Les baleines des corsets, une torture. On ne fait que souffrir dans ces robes-l\u00e0. Tout est p\u00e9nible\u00a0!\u00a0\u00bb Mais une fois sur les planches, ces boutonnages arri\u00e8re impossibles \u00e0 g\u00e9rer seule, les cerclettes volumineuses de la robe de Manon Lescaut, \u00ab\u00a0dans laquelle on ne passe pas une porte\u00a0\u00bb, tout est oubli\u00e9\u00a0! \u00ab\u00a0On est dans le r\u00f4le, comme une seconde peau. Le costume vous impose certes ses propres r\u00e8gles, auxquelles on doit se plier. Mais ils sont nos outils de travail comme le corps est notre instrument. Et je n\u2019y voyais rien \u00e0 redire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>  Costume centenaire<\/p>\n<p>Philippe Bauret, qui mit un soin m\u00e9ticuleux et passionn\u00e9 \u00e0 restaurer ces v\u00eatements de spectacles, leur a r\u00e9serv\u00e9 pour l\u2019occasion une sc\u00e9nographie incluant quantit\u00e9 d\u2019objets, jusqu\u2019\u00e0 de magnifiques bijoux de sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il a recousu un \u00e0 un les sequins de la robe de Manon\u00a0\u00bb, admire la chanteuse. \u00ab\u00a0Et reconstitu\u00e9 int\u00e9gralement le costume de Madame Butterfly.\u00a0\u00bb L\u2019original a pr\u00e8s de cent ans. Le seul que Christiane Stutzmann a conserv\u00e9. \u00ab\u00a0Celui que je l\u00e9guerai \u00e0 ma propre fille.\u00a0\u00bb Sa fille, Nathalie, elle-m\u00eame contralto, et devenue cheffe d\u2019orchestre \u00e0 la brillante carri\u00e8re internationale. L\u00e0 aussi un magnifique destin de femme.<\/p>\n<p class=\"note\">Jusqu\u2019au 23\u00a0mai, Archives D\u00e9partementales, 2 rue Jean-Baptiste Thierry Solet. Conf\u00e9rence de Christiane Stutzmann, sur place, mardi 29\u00a0avril \u00e0 18\u00a0h, \u00ab\u00a0La mise en sc\u00e8ne au th\u00e9\u00e2tre lyrique\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un jour, elle fut lasse de toutes ces all\u00e9es et venues. 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