{"id":592197,"date":"2025-12-11T06:10:23","date_gmt":"2025-12-11T06:10:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/592197\/"},"modified":"2025-12-11T06:10:23","modified_gmt":"2025-12-11T06:10:23","slug":"migration-sahel-europe-enjeux-geopolitiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/592197\/","title":{"rendered":"Migration Sahel Europe : enjeux g\u00e9opolitiques"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"536\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Image-LD-6-copie-3-6-1024x536.jpg\" alt=\"Migrants portant des gilets de sauvetage entass\u00e9s sur un canot pneumatique en M\u00e9diterran\u00e9e, secourus par une \u00e9quipe humanitaire en mer.\" class=\"wp-image-17546\"  \/><strong>Capture d\u2019\u00e9cran<\/strong><\/p>\n<p><strong>Par Giuseppe Gagliano, Pr\u00e9sident du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (C\u00f4me, Italie)\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le 25 novembre 2023, la junte militaire du Niger a abrog\u00e9 d\u2019un trait de plume la loi 36\/2015 sur le trafic de migrants. Sur le papier, il s\u2019agissait d\u2019un texte technique, voulu par l\u2019Union europ\u00e9enne pour bloquer les routes transsahariennes vers la M\u00e9diterran\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019\u00e9tait l\u2019acte inaugural d\u2019une strat\u00e9gie d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e : transformer la migration en instrument de pression g\u00e9opolitique.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le timing parle de lui-m\u00eame. Quelques jours apr\u00e8s la condamnation du coup d\u2019\u00c9tat par le Parlement europ\u00e9en et au m\u00eame moment qu\u2019une conf\u00e9rence contre les trafiquants pr\u00e9sid\u00e9e par la dirigeante de la Commission, Niamey a renvers\u00e9 la table. Le message est clair : si l\u2019Europe utilise les sanctions et l\u2019isolement, le Niger utilisera les migrants. Exactement comme Kadhafi l\u2019avait fait avant d\u2019\u00eatre renvers\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le Sahel comme second front de la confrontation russo-occidentale<\/strong><\/p>\n<p>Ce tournant ne tombe pas du ciel. Le Niger n\u2019est qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment d\u2019un ensemble plus vaste qui commence avec l\u2019invasion russe de l\u2019Ukraine et s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019aux dunes du Sahara. Alors que les chars entraient dans le Donbass, un autre sc\u00e9nario se d\u00e9ployait en Afrique : l\u2019expulsion progressive des forces occidentales et leur remplacement par des instructeurs et mercenaires li\u00e9s \u00e0 Moscou. Au Mali, au Burkina Faso puis au Niger, la pr\u00e9sence de l\u2019Africa Corps \u2013 h\u00e9ritier informel du groupe Wagner \u2013 suit pas \u00e0 pas le retrait des Fran\u00e7ais et des Am\u00e9ricains. L\u00e0 o\u00f9 une base occidentale ferme, une base russe s\u2019ouvre. L\u00e0 o\u00f9 un drapeau europ\u00e9en est retir\u00e9, un accord de coop\u00e9ration militaire est sign\u00e9 en urgence.<\/p>\n<p>Le lien avec le front ukrainien n\u2019est pas seulement symbolique. Lorsque, dans la zone de Tinzaouatene, quatre-vingts combattants li\u00e9s \u00e0 Wagner sont tu\u00e9s par les rebelles touaregs, un porte-parole du renseignement militaire ukrainien revendique avoir fourni \u00ab des informations utiles, et pas seulement \u00bb. Le message est explicite : le Sahel devient lui aussi un th\u00e9\u00e2tre de confrontation indirecte entre la Russie et l\u2019Occident.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/analyse-lallemagne-sous-le-choc-apres-un-nouvel-attentat-au-couteau-lurgence-dune-realpolitik-migratoire\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ANALYSE \u2013 L\u2019Allemagne sous le choc apr\u00e8s un nouvel attentat au couteau : L\u2019urgence d\u2019une \u00ab\u00a0Realpolitik migratoire\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n<p><strong>\u00c9nergie, uranium et d\u00e9pendance structurelle de l\u2019Europe<\/strong><\/p>\n<p>Derri\u00e8re le Niger, il n\u2019y a pas que les caravanes de migrants, mais des tonnes d\u2019uranium. Avant le coup d\u2019\u00c9tat, Niamey couvrait \u00e0 lui seul environ un quart des besoins europ\u00e9ens en combustible nucl\u00e9aire. Apr\u00e8s le changement de r\u00e9gime et l\u2019alignement progressif sur Moscou, les approvisionnements africains chutent brusquement. L\u2019Europe tente de compenser en augmentant ses achats au Canada et en Australie, en recherchant des accords avec le Kazakhstan et l\u2019Ouzb\u00e9kistan. Mais la r\u00e9alit\u00e9 demeure : l\u2019Union importe quasiment tout l\u2019uranium qu\u2019elle consomme et a perdu un fournisseur proche, \u00ab politiquement mall\u00e9able \u00bb, tant que ses \u00e9lites restaient li\u00e9es \u00e0 Paris et Bruxelles.<\/p>\n<p>La fragilit\u00e9 n\u2019est pas seulement \u00e9nerg\u00e9tique, elle est g\u00e9o\u00e9conomique. Une Europe qui veut se lib\u00e9rer de l\u2019\u00e9nergie russe d\u00e9couvre qu\u2019elle s\u2019attache les mains \u00e0 des fournisseurs lointains, dans un contexte mondial de plus en plus comp\u00e9titif. La perte du Niger n\u2019est pas seulement une d\u00e9faite politique : c\u2019est un cadeau pour Moscou et P\u00e9kin, qui se pr\u00e9sentent comme partenaires alternatifs aux r\u00e9gimes sah\u00e9liens, offrant protection militaire et investissements en \u00e9change d\u2019un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux ressources strat\u00e9giques.<\/p>\n<p><strong>La migration comme levier hybride contre l\u2019Union europ\u00e9enne<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019abrogation de la loi sur la migration relance les routes transsahariennes. Les flux ne se dirigent plus seulement vers la Libye et la M\u00e9diterran\u00e9e centrale, mais se d\u00e9placent aussi vers l\u2019Atlantique, avec un nombre record d\u2019arriv\u00e9es aux Canaries. Le message de la junte est transparent : si Bruxelles persiste avec les sanctions, les condamnations et la suspension de l\u2019aide, Niamey pourra toujours \u00ab ouvrir les vannes \u00bb.<\/p>\n<p>Ici, la guerre devient r\u00e9ellement hybride. Pas besoin de divisions blind\u00e9es pour toucher l\u2019Europe : il suffit d\u2019envoyer des dizaines de milliers de d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s vers ses fronti\u00e8res \u00e0 un moment de tension politique, de crise \u00e9conomique et de fragilit\u00e9 sociale. Le co\u00fbt pour la junte est minime, l\u2019effet d\u00e9stabilisant pour l\u2019Union potentiellement immense. D\u2019autant que la migration est d\u00e9j\u00e0 une fracture interne du d\u00e9bat europ\u00e9en, facile \u00e0 exploiter par des gouvernements hostiles et des puissances rivales.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/quand-chine-comble-vide-france-au-sahel\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ANALYSE \u2013 Quand la Chine comble le vide laiss\u00e9 par la France au Sahel\u2026<\/a><\/p>\n<p><strong>S\u00e9curit\u00e9 en chute libre : jihadisme, mercenaires et \u00c9tats au bord du gouffre<\/strong><\/p>\n<p>Pendant que se joue la partie g\u00e9opolitique, la s\u00e9curit\u00e9 dans le Sahel s\u2019effondre. Attaques jihadistes multipli\u00e9es par trois en quelques ann\u00e9es, dizaines de milliers de morts, groupes li\u00e9s \u00e0 al-Qaida et \u00e0 l\u2019\u00c9tat islamique \u00e9largissant leur zone d\u2019action vers le sud, mena\u00e7ant des pays jusqu\u2019ici relativement stables comme le B\u00e9nin, le Togo et la C\u00f4te d\u2019Ivoire. L\u2019arriv\u00e9e de l\u2019Africa Corps n\u2019am\u00e9liore rien : les mercenaires s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 prot\u00e9ger le r\u00e9gime qui les paie, les sites miniers qui garantissent les profits, et peu de choses de plus. La lutte contre le terrorisme est proclam\u00e9e, mais les chiffres disent le contraire.<\/p>\n<p>Du point de vue strat\u00e9gique, remplacer les missions occidentales par des contingents russes signifie perdre des capacit\u00e9s de renseignement, de formation structur\u00e9e des arm\u00e9es locales, de contr\u00f4le de corridors cruciaux. L\u2019Europe n\u2019a pas seulement recul\u00e9 : elle a cess\u00e9 de voir.<\/p>\n<p><strong>Le mod\u00e8le nig\u00e9rien comme manuel op\u00e9ratoire<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience du Niger montre qu\u2019il existe d\u00e9sormais un sch\u00e9ma reproductible : campagne de d\u00e9sinformation contre les puissances occidentales, affaiblissement du gouvernement civil, coup d\u2019\u00c9tat militaire, expulsion des forces europ\u00e9ennes, accord de coop\u00e9ration avec la Russie, arriv\u00e9e de mercenaires, utilisation d\u2019outils asym\u00e9triques \u2013 migration, ressources, concessions mini\u00e8res \u2013 comme leviers de n\u00e9gociation ou de chantage.<\/p>\n<p>Les signaux d\u2019alerte sont connus : mont\u00e9e de la propagande prorusse, ouverture de centres culturels financ\u00e9s par Moscou, visites diplomatiques russes et chinoises, contrats d\u2019armement avec des fournisseurs non occidentaux, retards dans les paiements aux entreprises europ\u00e9ennes. Pourtant l\u2019Union continue de r\u00e9agir, jamais de pr\u00e9venir.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/analyse-iran-israel-derriere-missiles-guerre-silencieuse-routes-mondiales\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ANALYSE \u2013 Iran\u2013Isra\u00ebl : Derri\u00e8re les missiles, la guerre silencieuse des routes mondiales\u2026<\/a><\/p>\n<p><strong>L\u2019Italie, dernier pont fragile<\/strong><\/p>\n<p>Dans ce d\u00e9sert d\u2019influence occidentale, une seule exception demeure : la mission italienne MISIN, forte de quelques centaines de militaires. Une pr\u00e9sence modeste, mais suffisante pour maintenir un canal direct avec les forces nig\u00e9riennes et la junte. C\u2019est un atout politique et informationnel que Rome et Bruxelles pourraient utiliser pour n\u00e9gocier, m\u00e9diatiser, construire des compromis r\u00e9alistes.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue g\u00e9o\u00e9conomique, le Plan Mattei n\u2019a de sens que s\u2019il se traduit en chantiers, infrastructures, formation, emplois. Au Sahel, on ne gagne pas avec des discours mais avec des h\u00f4pitaux, des routes, de l\u2019\u00e9nergie. Si l\u2019Europe pr\u00e9tend concurrencer la Chine et la Russie sans offrir d\u2019horizons concrets aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations africaines, elle perdra la partie avant m\u00eame de la jouer.<\/p>\n<p><strong>Ce que l\u2019Europe risque r\u00e9ellement<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019arme migratoire du Niger n\u2019est que la pointe \u00e9merg\u00e9e de l\u2019iceberg. En dessous se trouve une redistribution du pouvoir mondial : perte de contr\u00f4le sur les routes et les ressources, d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique d\u00e9plac\u00e9e mais non r\u00e9solue, incapacit\u00e9 \u00e0 parler d\u2019une seule voix, r\u00e9flexe des sanctions qui pousse les \u00c9tats vers Moscou et P\u00e9kin.<\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une Europe vuln\u00e9rable sur les dossiers essentiels \u2013 \u00e9nergie, s\u00e9curit\u00e9, fronti\u00e8res. De l\u2019autre, des r\u00e9gimes militaires qui ont compris combien il est facile d\u2019exploiter les failles europ\u00e9ennes, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019uranium ou des peurs migratoires.<\/p>\n<p>Le Niger post-coup d\u2019\u00c9tat n\u2019est pas un probl\u00e8me lointain. C\u2019est un miroir qui renvoie aux fragilit\u00e9s de l\u2019Union. Si l\u2019Europe ne transforme pas sa pr\u00e9sence au Sahel en partenariat concret, si elle ne reconstruit pas ses capacit\u00e9s de renseignement et de pr\u00e9vention, la migration restera une arme entre les mains d\u2019autrui. Et chaque crise dans le d\u00e9sert deviendra, in\u00e9vitablement, une temp\u00eate politique sur les rives de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire aussi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/le-malentendu-franco-italien-mythe-ou-realite\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Crise franco-italienne : Exclusive Analyse des Tensions Persistantes<\/a><\/p>\n<p>#Sahel, #Niger, #coupdetat, #migration, #criseMigratoire, #fluxMigratoires, #Europe, #Fronti\u00e8reEurope, #S\u00e9curit\u00e9Europe, #g\u00e9opolitique, #Afrique, #Wagner, #Russie, #UE, #UnionEurop\u00e9enne, #uranium, #\u00e9nergie, #ressources, #g\u00e9ostrat\u00e9gie, #Sahel2023, #Mali, #BurkinaFaso, #AfriqueOccidentale, #migrationAfrique, #routesMigratoires, #Agadez, #Canaries, #M\u00e9diterran\u00e9e, #Atlantique, #immigration, #immigrationIrr\u00e9guli\u00e8re, #contr\u00f4leDesFronti\u00e8res, #pressionMigratoire, #criseHumanitaire, #s\u00e9curit\u00e9Internationale, #terrorisme, #jihadisme, #mercenaires, #AfriqueCorps, #influenceRusse<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Giuseppe-Gagliano.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" alt=\"gagliano\" itemprop=\"image\"\/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Capture d\u2019\u00e9cran Par Giuseppe Gagliano, Pr\u00e9sident du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (C\u00f4me, Italie)\u00a0 Le 25 novembre&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":592198,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,879,16403,1777,674,1011,27,1061,12,25,15869,364],"class_list":{"0":"post-592197","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-afrique","10":"tag-decryptage","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-immigration","16":"tag-news","17":"tag-republique-francaise","18":"tag-sahel","19":"tag-union-europeenne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115699452288030145","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/592197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=592197"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/592197\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/592198"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=592197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=592197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=592197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}