{"id":602685,"date":"2025-12-16T09:09:19","date_gmt":"2025-12-16T09:09:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/602685\/"},"modified":"2025-12-16T09:09:19","modified_gmt":"2025-12-16T09:09:19","slug":"deploiement-de-la-fibre-optique-en-ile-de-france-une-reussite-incontestable-mais-des-defis-persistants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/602685\/","title":{"rendered":"D\u00e9ploiement de la fibre optique en \u00cele-de-France : une r\u00e9ussite incontestable mais des d\u00e9fis persistants"},"content":{"rendered":"<p><strong>En \u00cele-de-France, le d\u00e9ploiement de la fibre optique constitue l\u2019un des plus grands succ\u00e8s de l\u2019am\u00e9nagement num\u00e9rique en France. Couverture g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s territoriales : le tr\u00e8s haut d\u00e9bit s\u2019est impos\u00e9 comme un standard. Toutefois, pour que la promesse soit pleinement tenue, deux d\u00e9fis restent \u00e0 relever\u00a0: assurer la compl\u00e9tude en raccordant les derniers locaux et garantir la qualit\u00e9 des r\u00e9seaux dans la dur\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p>Le plan France Tr\u00e8s haut d\u00e9bit (PFTHD), lanc\u00e9 en 2013, visait \u00e0 doter l\u2019ensemble du territoire national d\u2019un acc\u00e8s au tr\u00e8s haut d\u00e9bit dans un d\u00e9lai de dix ans. En 2020, le gouvernement a r\u00e9orient\u00e9 cette strat\u00e9gie en faisant de la fibre optique le vecteur principal du d\u00e9ploiement, avec pour objectif une couverture g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 l\u2019horizon 2025. Ce choix marquait une \u00e9tape d\u00e9cisive\u00a0: il ne s\u2019agissait plus seulement d\u2019am\u00e9liorer les performances du r\u00e9seau, mais bien de b\u00e2tir une nouvelle infrastructure num\u00e9rique nationale, p\u00e9renne et universelle. R\u00e9gion pionni\u00e8re, l\u2019\u00cele-de-France s\u2019\u00e9tait engag\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t dans cette dynamique. Quelques ann\u00e9es avant le plan national, elle int\u00e9grait dans son Sch\u00e9ma directeur de 2008 l\u2019objectif d\u2019une couverture int\u00e9grale en fibre optique, ambition confirm\u00e9e par les plans strat\u00e9giques r\u00e9gionaux successifs. Cette orientation s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019une volont\u00e9 affirm\u00e9e de positionner la r\u00e9gion comme leader europ\u00e9en en mati\u00e8re de connectivit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.institutparisregion.fr\/index.php?eID=tx_cms_showpic&amp;file=136422&amp;md5=ac59edf2246d748682b683d2a59096558923b0ae&amp;parameters%5B0%5D=eyJoZWlnaHQiOiIxMDAwIiwiYm9keVRhZyI6Ijxib2R5IHN0eWxlPVwibWFyZ2lu&amp;parameters%5B1%5D=OjA7IGJhY2tncm91bmQ6I2ZmZjtcIj4iLCJ3cmFwIjoiPGEgaHJlZj1cImphdmFz&amp;parameters%5B2%5D=Y3JpcHQ6Y2xvc2UoKTtcIj4gfCA8XC9hPiJ9\" data-window-url=\"https:\/\/www.institutparisregion.fr\/index.php?eID=tx_cms_showpic&amp;file=136422&amp;md5=ac59edf2246d748682b683d2a59096558923b0ae&amp;parameters%5B0%5D=eyJoZWlnaHQiOiIxMDAwIiwiYm9keVRhZyI6Ijxib2R5IHN0eWxlPVwibWFyZ2lu&amp;parameters%5B1%5D=OjA7IGJhY2tncm91bmQ6I2ZmZjtcIj4iLCJ3cmFwIjoiPGEgaHJlZj1cImphdmFz&amp;parameters%5B2%5D=Y3JpcHQ6Y2xvc2UoKTtcIj4gfCA8XC9hPiJ9\" data-window-target=\"thePicture\" data-window-features=\"width=750,height=1000,status=0,menubar=0\" target=\"thePicture\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-alt-override=\"true\" data-htmlarea-file-table=\"sys_file\" data-htmlarea-file-uid=\"136422\" data-htmlarea-zoom=\"true\" data-title-override=\"true\" height=\"502\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/1045NR_Taux_locaux_raccordables.jpg\" width=\"376\" class=\"img-responsive\"\/><\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00ceLE-DE-FRANCE, CHAMPIONNE EUROP\u00c9ENNE<\/strong><\/p>\n<p>En 2025, le bilan est largement positif. Avec un taux moyen de locaux raccordables de 96\u00a0%, l\u2019\u00cele-de- France se distingue comme la r\u00e9gion la plus fibr\u00e9e d\u2019Europe occidentale. \u00c0 titre de comparaison, Amsterdam atteint environ 80\u00a0%, Londres vise les 85\u00a0%, avec cependant de fortes disparit\u00e9s territoriales, quand Francfort accuse un retard significatif (moins de 50\u00a0%). Ce succ\u00e8s est d\u2019autant plus remarquable qu\u2019il s\u2019est accompagn\u00e9 d\u2019une r\u00e9duction sensible des in\u00e9galit\u00e9s territoriales. Alors que, dix\u00a0ans plus t\u00f4t, la fracture num\u00e9rique entre les zones tr\u00e8s denses, concentrant les investissements priv\u00e9s et les territoires de grande couronne, jug\u00e9s peu rentables, semblait difficile \u00e0 r\u00e9sorber, le PFTHD a permis une homog\u00e9n\u00e9isation des niveaux de couverture \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale.<br \/>Comme le souligne la Cour des comptes dans son rapport d\u2019avril 20251, \u00ab le plan France Tr\u00e8s haut d\u00e9bit a permis un d\u00e9ploiement rapide de la fibre gr\u00e2ce \u00e0 la mobilisation des op\u00e9rateurs priv\u00e9s et des fonds publics \u00bb.<br \/>La gen\u00e8se du PFTHD diff\u00e8re sensiblement des mod\u00e8les classiques de planification \u00e0 la fran\u00e7aise. D\u00e8s le d\u00e9part, les pouvoirs publics ont fait le choix de privil\u00e9gier l\u2019initiative priv\u00e9e. Cela s\u2019est traduit par la d\u00e9finition et la d\u00e9limitation des zones tr\u00e8s denses, o\u00f9 la concurrence entre op\u00e9rateurs s\u2019exerce librement via le d\u00e9ploiement d\u2019infrastructures distinctes. Pour les zones moins denses, un appel \u00e0 manifestation d\u2019int\u00e9r\u00eat a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 afin d\u2019identifier les op\u00e9rateurs volontaires pour y d\u00e9ployer leur r\u00e9seau. En \u00cele-de- France, Orange et SFR se sont ainsi r\u00e9parti les territoires sur ces zones dites \u00ab\u00a0zones d\u2019initiative priv\u00e9e\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0zones AMII\u00a0\u00bb (zones d\u2019appel \u00e0 manifestation d\u2019intention d\u2019investissement), chaque op\u00e9rateur \u00e9tant responsable du d\u00e9ploiement dans sa zone, avec l\u2019obligation d\u2019ouvrir son r\u00e9seau aux autres. Les territoires non couverts par l\u2019initiative priv\u00e9e ont ensuite \u00e9t\u00e9 class\u00e9s en zones d\u2019initiative publique (ZIP), principalement situ\u00e9es en grande couronne, le d\u00e9ploiement dans ces zones reposant sur un cofinancement entre l\u2019\u00c9tat, la R\u00e9gion et les D\u00e9partements.<br \/>Ce mod\u00e8le hybride a n\u00e9cessit\u00e9 un long processus d\u2019arbitrage avec la Commission europ\u00e9enne, notamment pour valider la l\u00e9galit\u00e9 des aides publiques. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la priorit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 l\u2019initiative priv\u00e9e qui a permis d\u2019obtenir cette validation, en garantissant le respect des r\u00e8gles de concurrence.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.institutparisregion.fr\/index.php?eID=tx_cms_showpic&amp;file=136421&amp;md5=9003c18669a5672930e2382d91c4c9980831deb2&amp;parameters%5B0%5D=eyJoZWlnaHQiOiIxMDAwIiwiYm9keVRhZyI6Ijxib2R5IHN0eWxlPVwibWFyZ2lu&amp;parameters%5B1%5D=OjA7IGJhY2tncm91bmQ6I2ZmZjtcIj4iLCJ3cmFwIjoiPGEgaHJlZj1cImphdmFz&amp;parameters%5B2%5D=Y3JpcHQ6Y2xvc2UoKTtcIj4gfCA8XC9hPiJ9\" data-window-url=\"https:\/\/www.institutparisregion.fr\/index.php?eID=tx_cms_showpic&amp;file=136421&amp;md5=9003c18669a5672930e2382d91c4c9980831deb2&amp;parameters%5B0%5D=eyJoZWlnaHQiOiIxMDAwIiwiYm9keVRhZyI6Ijxib2R5IHN0eWxlPVwibWFyZ2lu&amp;parameters%5B1%5D=OjA7IGJhY2tncm91bmQ6I2ZmZjtcIj4iLCJ3cmFwIjoiPGEgaHJlZj1cImphdmFz&amp;parameters%5B2%5D=Y3JpcHQ6Y2xvc2UoKTtcIj4gfCA8XC9hPiJ9\" data-window-target=\"thePicture\" data-window-features=\"width=1080,height=1000,status=0,menubar=0\" target=\"thePicture\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-alt-override=\"true\" data-htmlarea-file-table=\"sys_file\" data-htmlarea-file-uid=\"136421\" data-htmlarea-zoom=\"true\" data-title-override=\"true\" height=\"575\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/1045NR_carte.jpg\" width=\"621\" class=\"img-responsive\"\/><\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>VERS LES 100 % : LA COMPL\u00c9TUDE, NOUVEL ENJEU<\/strong><\/p>\n<p>Alors que les taux de couverture, toutes zones confondues, se rapprochent des 100\u00a0%, la question de la compl\u00e9tude, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019ach\u00e8vement des raccordements, prend une importance croissante. En \u00cele-de-France, environ 4\u00a0% des locaux restent \u00e0 raccorder, selon l\u2019Autorit\u00e9 de r\u00e9gulation des communications \u00e9lectroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), soit pr\u00e8s de 290\u00a0000\u00a0logements et locaux d\u2019activit\u00e9, toutes zones confondues. Les chiffres montrent une relative homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des taux de couverture actuels, allant de 97\u00a0% pour Paris \u00e0 94\u00a0% pour la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis. Mais, paradoxalement, les plus raccord\u00e9s ne seront pas forc\u00e9ment les premiers \u00e0 atteindre la compl\u00e9tude, car, en la mati\u00e8re, tous les territoires ne sont pas log\u00e9s \u00e0 la m\u00eame enseigne. La partition originelle en trois zones distinctes se traduit par des contraintes diff\u00e9rentes.<br \/>Dans les zones d\u2019initiative publique, les d\u00e9l\u00e9gations de service public mises en place ont int\u00e9gr\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine un objectif de couverture int\u00e9grale2. Le D\u00e9partement de Seine-et-Marne, qui visait initialement 99\u00a0% de couverture, a adopt\u00e9, en 2023, un amendement fixant d\u00e9sormais un objectif de 100\u00a0%. Il convient \u00e9galement de mentionner que les r\u00e9seaux d\u2019initiative publique (RIP), ant\u00e9rieurs au PFTHD, comme ceux port\u00e9s par le Sipperec (notamment Europ\u2019Essonne pour le FttH), fonctionnent \u00e9galement sous le r\u00e9gime de la d\u00e9l\u00e9gation de service public avec un objectif de compl\u00e9tude.<br \/>Dans les zones interm\u00e9diaires, dites \u00ab\u00a0AMII\u00a0\u00bb, l\u2019\u00c9tat a mis en place un m\u00e9canisme de contractualisation de la compl\u00e9tude via les conventions de programmation et de suivi des d\u00e9ploiements (CPSD), sign\u00e9es avec les R\u00e9gions et les D\u00e9partements. Toutefois, le suivi de ces engagements reste in\u00e9gal, et les p\u00e9nalit\u00e9s pr\u00e9vues en cas de non-respect semblent ne pas \u00eatre syst\u00e9matiquement appliqu\u00e9es. Dans la pratique, les op\u00e9rateurs conservent une grande latitude, ce qui peut entra\u00eener des disparit\u00e9s locales\u00a0: retard de d\u00e9ploiements, voire incertitudes sur la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019ach\u00e8vement.<br \/>Enfin, dans les zones tr\u00e8s denses, l\u2019\u00c9tat a mis\u00e9 sur l\u2019attractivit\u00e9 naturelle du march\u00e9 pour assurer le d\u00e9ploiement, sans imposer d\u2019obligation de compl\u00e9tude. Celle-ci demeure un objectif mais n\u2019est pas contractualis\u00e9e et, a minima, la question des d\u00e9lais semble se poser. Dans les Hauts-de-Seine, par exemple, Vanves a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des premi\u00e8res communes \u00e0 atteindre les 100\u00a0% de couverture, avec fermeture du r\u00e9seau cuivre, tandis que Vaucresson, d\u00e9sormais proche des 97\u00a0%, est longtemps rest\u00e9e l\u2019une des communes les moins fibr\u00e9es d\u2019\u00cele-de-France.<br \/>Fiables \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale ou d\u00e9partementale, ces pourcentages doivent toutefois \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s avec plus de prudence au niveau local. Ils reposent sur des bases de donn\u00e9es distinctes\u00a0: les recensements de l\u2019Insee, r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 un instant donn\u00e9 (en l\u2019occurrence, 2018), et les donn\u00e9es transmises par les op\u00e9rateurs, fond\u00e9es sur l\u2019existant technique. Les \u00e9carts peuvent \u00eatre significatifs, notamment dans les territoires o\u00f9 la dynamique de construction est forte, ce qui rend la marge d\u2019erreur plus importante.<\/p>\n<p><strong>DES INTERROGATIONS SUR LA COMPL\u00c9TUDE ET LA SUPPRESSION DU R\u00c9SEAU CUIVRE<\/strong><\/p>\n<p>La fibre optique est d\u00e9sormais l\u2019infrastructure de r\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019ensemble des services num\u00e9riques, y compris la t\u00e9l\u00e9phonie. Dans cette logique, l\u2019Arcep a autoris\u00e9 la fermeture compl\u00e8te du r\u00e9seau cuivre historique \u00e0 l\u2019horizon 2030. Propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur Orange depuis la privatisation de France T\u00e9l\u00e9com, il a longtemps permis l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9phonie analogique ainsi qu\u2019\u00e0 Internet via les technologies xDSL (ADSL, SDSL et VDSL). En 2025, il repr\u00e9sente encore environ 10\u00a0% des acc\u00e8s \u00e0 Internet en France3.<br \/>L\u2019op\u00e9rateur historique justifie cette d\u00e9cision par le caract\u00e8re d\u00e9sormais redondant de cette infrastructure, dont la maintenance est devenue co\u00fbteuse. La fibre optique, en plus d\u2019\u00eatre plus performante et de garantir une meilleure qualit\u00e9 de service, consomme environ quatre fois moins d\u2019\u00e9nergie que le cuivre. Elle est \u00e9galement peu sensible \u00e0 la charge, avec une faible augmentation de la consommation \u00e9nerg\u00e9tique m\u00eame en cas de forte hausse du trafic.<br \/>Apr\u00e8s une phase exp\u00e9rimentale, la fermeture du r\u00e9seau cuivre est entr\u00e9e en phase op\u00e9rationnelle en janvier 2025. La fermeture commerciale nationale des offres sur cuivre est pr\u00e9vue pour le 31\u00a0janvier 2026, tandis que la fermeture technique s\u2019\u00e9talera jusqu\u2019en 2030 selon un calendrier progressif en sept lots. Le premier lot, comprenant 162\u00a0communes, a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9 le 31\u00a0janvier 2025. Le deuxi\u00e8me, pr\u00e9vu pour le 27\u00a0janvier 2026, concerne 829\u00a0communes. Les lots suivants s\u2019\u00e9chelonneront jusqu\u2019en novembre 2030, avec des volumes de plus en plus importants. Cette fermeture est encadr\u00e9e par l\u2019Arcep, qui impose des conditions pr\u00e9alables, notamment la disponibilit\u00e9 effective d\u2019une offre fibre dans les zones concern\u00e9es. Toutefois, cette transition soul\u00e8ve plusieurs interrogations, dont la r\u00e9alit\u00e9 de la compl\u00e9tude. Si quelques rares communes comme Le Mesnil-Saint-Denis (Yvelines) ont d\u00e9j\u00e0 men\u00e9 \u00e0 bien la fermeture du cuivre, d\u2019autres, concern\u00e9es par les premiers lots, ont exprim\u00e9 des r\u00e9serves. Nombre de collectivit\u00e9s, dont Paris pour certains arrondissements, ou des intercommunalit\u00e9s, comme Coeur d\u2019Essonne, ont demand\u00e9 un report de la suppression jusqu\u2019\u00e0 la date limite de 2030. Car les perspectives restent incertaines. En zone tr\u00e8s dense, o\u00f9 aucune obligation contractuelle n\u2019existe, et en zone AMII, malgr\u00e9 des engagements th\u00e9oriques (raccordement complet dans les cinq ans suivant l\u2019installation du point de mutualisation), les op\u00e9rateurs tardent \u00e0 finaliser les derniers d\u00e9ploiements. Cette situation est particuli\u00e8rement marqu\u00e9e dans certaines communes couvertes par des op\u00e9rateurs priv\u00e9s, o\u00f9 les retards sont plus fr\u00e9quents.<br \/>Outre les r\u00e9elles difficult\u00e9s techniques, la cause de ces retards est essentiellement financi\u00e8re, car la compl\u00e9tude repr\u00e9sente un co\u00fbt significatif pour les op\u00e9rateurs\u00a0: le dernier pour cent du r\u00e9seau peut repr\u00e9senter jusqu\u2019\u00e0 10\u00a0% de l\u2019investissement total. De fait, les derniers chiffres de l\u2019Arcep semblent indiquer un fort ralentissement des d\u00e9ploiements engag\u00e9s par les op\u00e9rateurs priv\u00e9s.<br \/>Enfin, aux interrogations sur la r\u00e9alit\u00e9 de la compl\u00e9tude viennent s\u2019ajouter les inqui\u00e9tudes sur la qualit\u00e9 du r\u00e9seau, dont la partie terminale subit les cons\u00e9quences d\u2019un mode de raccordement particulier, dit \u00ab\u00a0mode STOC\u00a0\u00bb (\u00ab sous-traitance op\u00e9rateur commercial \u00bb).<\/p>\n<p><strong>LES EFFETS IND\u00c9SIRABLES DU MODE STOC<\/strong><\/p>\n<p>Le mode STOC, bien que m\u00e9connu du grand public, constitue l\u2019un des piliers du plan France Tr\u00e8s haut d\u00e9bit. Il repose sur une distinction entre deux types d\u2019acteurs\u00a0: l\u2019op\u00e9rateur d\u2019infrastructure (OI), responsable du r\u00e9seau physique, et l\u2019op\u00e9rateur commercial (OC), qui fournit le service \u00e0 l\u2019usager. Cette s\u00e9paration permet notamment \u00e0 un abonn\u00e9 de changer d\u2019op\u00e9rateur commercial sans avoir \u00e0 modifier son raccordement physique au r\u00e9seau.<br \/>Dans le cadre du PFTHD, le raccordement final de l\u2019usager est confi\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur commercial, selon le principe du mode STOC. Ce choix, port\u00e9 par l\u2019\u00c9tat, a permis un d\u00e9ploiement rapide et massif de la fibre, mais il ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9. En effet, ce mod\u00e8le pr\u00e9sente plusieurs limites structurelles. L\u2019op\u00e9rateur d\u2019infrastructure n\u2019ayant pas la responsabilit\u00e9 de bout en bout du r\u00e9seau, les interventions en cas de panne ou de dysfonctionnement peuvent se heurter \u00e0 des renvois de responsabilit\u00e9 entre acteurs.<br \/>\u00c0 cette difficult\u00e9 s\u2019ajoute un probl\u00e8me de qualit\u00e9 dans la mise en oeuvre du mode STOC. Les pratiques de sous-traitance en cascade, les pressions exerc\u00e9es sur les techniciens et le manque de qualification du personnel sont r\u00e9guli\u00e8rement point\u00e9s du doigt. Ces d\u00e9rives ont des cons\u00e9quences concr\u00e8tes sur l\u2019\u00e9tat des infrastructures, quel que soit le zonage (ZTD, AMII ou ZIP). Elles peuvent rester invisibles jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un seuil critique soit atteint, entra\u00eenant une d\u00e9gradation progressive des performances du r\u00e9seau. Dans certains cas, les effets sont imm\u00e9diats, comme lors de d\u00e9branchements sauvages pratiqu\u00e9s par des techniciens peu form\u00e9s, faute de prises disponibles dans des armoires de raccordement d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9es ou mal entretenues. Si ces pratiques affectent l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des r\u00e9seaux et d\u00e9gradent la qualit\u00e9 de service, elles nuisent \u00e9galement \u00e0 l\u2019image de la fibre optique, au point de freiner la migration vers cette technologie dans certaines zones pourtant d\u00e9j\u00e0 d\u00e9ploy\u00e9es. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est particuli\u00e8rement sensible en \u00cele-de-France, o\u00f9 le taux de migration vers la fibre reste inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne nationale, notamment en raison de la bonne qualit\u00e9 de l\u2019ADSL sur le r\u00e9seau cuivre et des retours n\u00e9gatifs sur les difficult\u00e9s de raccordement et la continuit\u00e9 du service. \u00c0 titre d\u2019exemple, le taux de commercialisation sur le RIP de Seine-et-Marne est de 74\u00a0%.<br \/>Tous les r\u00e9seaux sont potentiellement concern\u00e9s. Des audits men\u00e9s par certaines collectivit\u00e9s semblent indiquer que pr\u00e8s de 70\u00a0% des r\u00e9seaux publics seraient affect\u00e9s par des malfa\u00e7ons li\u00e9es au mode STOC. Les collectivit\u00e9s locales, et en particulier les mairies, se retrouvent en premi\u00e8re ligne face \u00e0 ces probl\u00e8mes, mais restent largement impuissantes, ne pouvant que tenter de faire pression sur les op\u00e9rateurs, souvent sans effet, en raison du flou des responsabilit\u00e9s. Face aux dysfonctionnements li\u00e9s au mode STOC, plusieurs mesures ont \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9es par les op\u00e9rateurs commerciaux afin d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des interventions. Parmi celles-ci figurent la limitation du nombre de rangs de sous-traitance, la prise de photos avant et apr\u00e8s raccordement, ou encore le recours \u00e0 des outils d\u2019intelligence artificielle pour d\u00e9tecter les anomalies. Si ces dispositifs t\u00e9moignent d\u2019une volont\u00e9 d\u2019am\u00e9lioration, leur efficacit\u00e9 reste sujette \u00e0 d\u00e9bat et m\u00e9rite d\u2019\u00eatre nuanc\u00e9e. Par ailleurs, ces mesures ne concernent que les op\u00e9rations de raccordement initial, sans s\u2019appliquer aux interventions en cas de panne ou de d\u00e9gradation du service.<br \/>De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019Arcep a mis en place un observatoire de la qualit\u00e9 des r\u00e9seaux fibre. Toutefois, celui-ci repose exclusivement sur les donn\u00e9es transmises par les op\u00e9rateurs commerciaux, ce qui limite sa port\u00e9e. Les pannes de courte dur\u00e9e sont ainsi rarement remont\u00e9es, alors qu\u2019une succession de microcoupures peut fortement alt\u00e9rer la qualit\u00e9 de service sans appara\u00eetre dans les statistiques officielles. Certains op\u00e9rateurs, en particulier Orange, ont mis en place des proc\u00e9dures ind\u00e9pendantes de contr\u00f4le visant \u00e0 surveiller l\u2019\u00e9tat des \u00e9quipements mutualis\u00e9s de raccordement. Ces initiatives semblent porter leurs fruits en termes de fiabilit\u00e9, mais elles soul\u00e8vent \u00e9galement la question du co\u00fbt, tant pour les op\u00e9rateurs que pour les collectivit\u00e9s qui en d\u00e9pendent.<br \/>Les r\u00e9seaux fibre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019abonn\u00e9 sont d\u00e9sormais une r\u00e9alit\u00e9 pour la majorit\u00e9 des Franciliens. Toutefois, des interrogations persistent quant aux d\u00e9lais, voire \u00e0 la faisabilit\u00e9 m\u00eame de la compl\u00e9tude dans certaines zones. Le r\u00e9seau existant, bien qu\u2019op\u00e9rationnel, est affect\u00e9 par les pratiques li\u00e9es au mode STOC, qui d\u00e9gradent les installations de mutualisation et alt\u00e8rent la qualit\u00e9 du service rendu \u00e0 l\u2019usager. Avec la suppression progressive du r\u00e9seau cuivre, la fibre optique devient l\u2019unique mode d\u2019acc\u00e8s physique aux services num\u00e9riques. Dans ce contexte, la pertinence du mode STOC pourrait \u00eatre r\u00e9\u00e9valu\u00e9e. Certains acteurs sugg\u00e8rent de confier les interventions aux op\u00e9rateurs d\u2019infrastructure (mode OI) une fois les points de mutualisation pleinement utilis\u00e9s, mais cette hypoth\u00e8se ne semble pas envisag\u00e9e \u00e0 court terme. Il serait n\u00e9anmoins opportun d\u2019identifier plus pr\u00e9cis\u00e9ment les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es, en agr\u00e9geant les donn\u00e9es \u00e0 une \u00e9chelle d\u00e9partementale, voire r\u00e9gionale, et en d\u00e9passant les logiques de zonage.<br \/>Enfin, si, \u00e0 ce stade, la qualit\u00e9 globale des infrastructures n\u2019est pas remise en cause, des disparit\u00e9s subsistent selon les op\u00e9rateurs. Certains r\u00e9seaux souffrent d\u2019un mauvais entretien, voire d\u2019un sous-dimensionnement des armoires de raccordement, qui peuvent compromettre la qualit\u00e9 de service \u00e0 moyen terme. Dans ce contexte, l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 de la vente des actifs de SFR constitue un enjeu majeur. La restructuration en cours chez Altice France, maison m\u00e8re de SFR, ouvre la voie \u00e0 une cession par lots, avec plusieurs repreneurs potentiels, dont des op\u00e9rateurs fran\u00e7ais, des fonds d\u2019investissement et des acteurs \u00e9trangers. Le profil du ou des repreneur(s) sera d\u00e9terminant pour l\u2019avenir de ces infrastructures, tant en termes de continuit\u00e9 de service que de capacit\u00e9 \u00e0 investir dans leur modernisation.\u25a0<\/p>\n<p>LOCAUX (LOGEMENTS ET LOCAUX D\u2019ACTIVIT\u00c9) RACCORDABLES OU RACCORD\u00c9S : QUELLE DIFF\u00c9RENCE ?<\/p>\n<p><strong>Local raccordable : <\/strong>la continuit\u00e9 optique existe entre les diff\u00e9rents \u00e9quipements du r\u00e9seau (point de mutualisation, point de branchement optique et prise terminale optique), mais le raccordement final (jusqu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du local) n\u2019est pas encore r\u00e9alis\u00e9. Le raccordement sera effectu\u00e9 \u00e0 la demande du client dans un d\u00e9lai maximum de six mois.<\/p>\n<p><strong>Local raccord\u00e9 :<\/strong> la continuit\u00e9 optique est \u00e9tablie jusqu\u2019\u00e0 la prise terminale optique (PTO), ce qui signifie que le local est effectivement connect\u00e9 au r\u00e9seau.<\/p>\n<p>LE D\u00c9MANT\u00c8LEMENT DU R\u00c9SEAU CUIVRE<\/p>\n<p>D\u2019ici 2032, pr\u00e8s d\u2019un million de kilom\u00e8tres de c\u00e2bles devront \u00eatre recycl\u00e9s. Cette op\u00e9ration titanesque va mobiliser l\u2019ensemble de la fili\u00e8re fran\u00e7aise. Les enjeux sont \u00e9normes : valoriser le cuivre tout en limitant l\u2019impact environnemental. En \u00cele-de-France, certains des 120 r\u00e9cup\u00e9rateurs de m\u00e9taux se sont d\u00e9j\u00e0 \u00e9quip\u00e9s pour broyer les c\u00e2bles et s\u00e9parer les copeaux de plastique de la grenaille de cuivre transform\u00e9e en mati\u00e8re premi\u00e8re. Toutefois, l\u2019\u00e9tape suivante \u2013 l\u2019obtention d\u2019un cuivre affin\u00e9 \u00e0 99,99 %, indispensable pour une utilisation industrielle \u2013 d\u00e9passe largement les capacit\u00e9s r\u00e9gionales et nationales. Une part importante de cette mati\u00e8re premi\u00e8re sera donc probablement trait\u00e9e hors du territoire, notamment en Allemagne et en Belgique.<\/p>\n<p>lire aussi<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.institutparisregion.fr\/tableaux-de-bord\/tableau-de-bord-telecoms-ile-de-france\/#\" target=\"_blank\" class=\"internal-link\" rel=\"noopener\">Tableau de bord des T\u00e9l\u00e9coms en \u00cele-de-France<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En \u00cele-de-France, le d\u00e9ploiement de la fibre optique constitue l\u2019un des plus grands succ\u00e8s de l\u2019am\u00e9nagement num\u00e9rique en&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":602686,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1592],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,662,1577,12,626,25],"class_list":{"0":"post-602685","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-ile-de-france","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-ile-de-france","15":"tag-l","16":"tag-news","17":"tag-paris","18":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/602685","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=602685"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/602685\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/602686"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=602685"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=602685"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=602685"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}