{"id":60394,"date":"2025-04-28T23:04:12","date_gmt":"2025-04-28T23:04:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/60394\/"},"modified":"2025-04-28T23:04:12","modified_gmt":"2025-04-28T23:04:12","slug":"la-reconnaissance-de-lannexion-russe-de-la-crimee-serait-un-seisme-pour-lordre-international-28-04-2025-a-1731","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/60394\/","title":{"rendered":"La reconnaissance de l&rsquo;annexion russe de la Crim\u00e9e serait un s\u00e9isme pour l&rsquo;ordre international &#8211; 28\/04\/2025 \u00e0 17:31"},"content":{"rendered":"<p> \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a eu aucun cas d&rsquo;un pays qui s&rsquo;agrandisse en saisissant militairement le territoire d&rsquo;un autre depuis 80 ans\u00a0\u00bb, souligne un expert.<\/p>\n<p>        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/0071b2f5b8949bc6f13427f25e8d6d31-760x479.jpg\" alt=\"Vladimir Poutine visitant le pont de Kerch, entre la Russie et la Crim\u00e9e, le 5 d\u00e9cembre 2022. ( SPUTNIK \/ MIKHAIL METZEL )\" loading=\"eager\" width=\"760\" height=\"479\" style=\"max-width: 100%!important; height: auto;\"\/><\/p>\n<p class=\"c-image-news__legend\">Vladimir Poutine visitant le pont de Kerch, entre la Russie et la Crim\u00e9e, le 5 d\u00e9cembre 2022. ( SPUTNIK \/ MIKHAIL METZEL )<\/p>\n<p>\n La reconnaissance de l&rsquo;annexion par la Russie de la Crim\u00e9e constituerait un bouleversement des r\u00e8gles qui r\u00e9gissent l&rsquo;ordre international. Il s&rsquo;agit pourtant d&rsquo;un des objectifs principaux de Moscou, engag\u00e9e dans une guerre d&rsquo;invasion avec l&rsquo;Ukraine. Le chef de la diplomatie russe, Sergue\u00ef Lavrov, l&rsquo;a redit lundi 28 avril : cette reconnaissance est<br \/>\n <a href=\"https:\/\/www.boursorama.com\/actualite-economique\/actualites\/guerre-en-ukraine-une-paix-passera-par-la-reconnaissance-des-annexions-russes-previent-moscou-e5a7e2e6405bad5c6f01ca9b7cc414ce\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><br \/>\n  une condition \u00ab\u00a0imp\u00e9rative\u00a0\u00bb \u00e0 toute paix dans ce conflit<br \/>\n <\/a><br \/>\n . Mais sa l\u00e9galit\u00e9 sa l\u00e9galit\u00e9-m\u00eame pourrait \u00eatre mise en doute, estiment des sp\u00e9cialistes en droit et relations internationales interrog\u00e9s par l&rsquo;<\/p>\n<p>  AFP<\/p>\n<p> .\n<\/p>\n<p>\n Le rattachement sur le plan l\u00e9gal \u00e0 la Russie de cette p\u00e9ninsule ukrainienne annex\u00e9e en 2014 est avanc\u00e9, selon les m\u00e9dias, dans la proposition am\u00e9ricaine de r\u00e8glement du conflit entre Moscou et Kiev.<br \/>\n <strong><br \/>\n  Pour le pr\u00e9sident ukrainien Volodymyr Zelensky, il n&rsquo;en est pas question.<br \/>\n <\/strong>\n<\/p>\n<p> \u2022 Que signifierait la reconnaissance de la souverainet\u00e9 russe sur la Crim\u00e9e ?<\/p>\n<p>\n Une reconnaissance \u00ab\u00a0de jure\u00a0\u00bb (en droit) contreviendrait aux principes qui fondent l&rsquo;ordre international \u00e9tabli avec la cr\u00e9ation des Nations unies, s&rsquo;accordent ces experts.\n<\/p>\n<p>\n Le droit international s&rsquo;est b\u00e2ti depuis 1945 sur<br \/>\n <strong><br \/>\n  l&rsquo;interdiction de la guerre d&rsquo;agression et l&rsquo;autod\u00e9termination des peuples<br \/>\n <\/strong><br \/>\n . Les modifications de fronti\u00e8res ne peuvent \u00eatre que librement consenties. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, \u00ab\u00a0il n&rsquo;y a eu aucun cas d&rsquo;un pays qui s&rsquo;agrandisse en saisissant militairement le territoire d&rsquo;un autre depuis 80 ans\u00a0\u00bb, constate Phillips O&rsquo;Brien, professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 \u00e9cossaise St Andrews.\n<\/p>\n<p>\n Contraindre l&rsquo;Ukraine \u00e0 reconna\u00eetre la souverainet\u00e9 russe sur la Crim\u00e9e, \u00ab\u00a0c&rsquo;est le retour du droit de conqu\u00eate\u00a0\u00bb, consid\u00e8re Elie Tenenbaum, de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais des relations internationales (Ifri).\n<\/p>\n<p>\n \u00ab\u00a0Le message que cela envoie est qu&rsquo;il peut \u00eatre payant, au moins pour les grandes puissances, de violer cette interdiction de l&rsquo;usage de la force\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit Lauri M\u00e4lksoo, professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Tartu (Estonie). Selon lui, la reconnaissance par Washington de la souverainet\u00e9 russe sur la Crim\u00e9e constituerait aussi<br \/>\n <strong><br \/>\n  un \u00ab\u00a0changement majeur\u00a0\u00bb pour les \u00c9tats-Unis<br \/>\n <\/strong><br \/>\n , \u00e0 l&rsquo;origine en 1932 de la doctrine instaurant l&rsquo;obligation de non-reconnaissance d&rsquo;annexions par la force.\n<\/p>\n<p>\n En 2018, pendant le premier mandat de Donald Trump, ce pays s&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0engag\u00e9 \u00e0 maintenir\u00a0\u00bb cette position de rejet de l&rsquo;annexion russe de la Crim\u00e9e.\n<\/p>\n<p>\n Un tel pr\u00e9c\u00e9dent pourrait avoir des<br \/>\n <strong><br \/>\n  \u00ab\u00a0cons\u00e9quences extr\u00eamement d\u00e9stabilisantes, voire catastrophiques, pour la paix mondiale\u00a0\u00bb<br \/>\n <\/strong><br \/>\n , juge Michel Eperling, professeur \u00e0 l&rsquo;Institut Max-Plack \u00e0 Francfort (Allemagne). Et faire ressurgir le probl\u00e8me des minorit\u00e9s. \u00ab\u00a0Il suffit de regarder les fronti\u00e8res trac\u00e9es au cordeau en Afrique et au Proche-Orient et la persistance de diff\u00e9rends frontaliers en Europe, o\u00f9 la Hongrie conteste encore aujourd&rsquo;hui les fronti\u00e8res l\u00e9gu\u00e9es par le Trait\u00e9 de Trianon de 1920\u00a0\u00bb, note-t-il.\n<\/p>\n<p>\n Pour Lauri M\u00e4lksoo, Donald Trump avait d\u00e9j\u00e0 entrouvert la bo\u00eete de Pandore en reconnaissant une souverainet\u00e9 isra\u00e9lienne sur le Golan syrien et celle du Maroc sur le Sahara occidental. La position fran\u00e7aise similaire adopt\u00e9e depuis l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier sur ce territoire contest\u00e9 d&rsquo;Afrique est elle aussi \u00ab\u00a0extr\u00eamement p\u00e9rilleuse\u00a0\u00bb, selon Michel Eperling.\n<\/p>\n<p> \u2022 Est-ce l\u00e9galement possible ?<\/p>\n<p>\n <strong><br \/>\n  \u00ab\u00a0En principe, tous les trait\u00e9s obtenus sous la contrainte sont nuls\u00a0\u00bb<br \/>\n <\/strong><br \/>\n , explique Lauri M\u00e4lksoo. Tout sera donc affaire d&rsquo;interpr\u00e9tation. L&rsquo;Ukraine pourrait \u00ab\u00a0se servir de cet argument pour invoquer la nullit\u00e9 de tout accord qu&rsquo;elle aurait \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 conclure\u00a0\u00bb, estime Michel Eperling.\n<\/p>\n<p>\n Si Kiev signe avec Moscou, il faudra une r\u00e9vision de sa Constitution et que la cession de la Crim\u00e9e soit valid\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum. Si le peuple ukrainien l&rsquo;approuve, il reviendra ensuite \u00e0 chaque \u00c9tat d&rsquo;appr\u00e9cier s&rsquo;il y a eu contrainte pour reconna\u00eetre ou non la souverainet\u00e9 russe dans cette presqu&rsquo;\u00eele.\n<\/p>\n<p>\n Si les \u00c9tats-Unis semblent pr\u00eats \u00e0 sauter le pas,<br \/>\n <strong><br \/>\n  la majeure partie de la communaut\u00e9 internationale ne reconna\u00eet pas les annexions territoriales russes.<br \/>\n <\/strong><br \/>\n \u00ab\u00a0Par le pass\u00e9, certaines annexions territoriales illicites ont pu \u00eatre accept\u00e9es et ent\u00e9rin\u00e9es \u00e0 travers des trait\u00e9s de paix\u00a0\u00bb, remarque Marie Lemey, professeure \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Bretagne occidentale. Dans la pratique, les consid\u00e9rations politiques et \u00e9conomiques \u00ab\u00a0ont toujours conduit \u00e0 admettre la validit\u00e9 des trait\u00e9s pass\u00e9s sous la contrainte\u00a0\u00bb, selon elle.\n<\/p>\n<p> \u2022 Quid des autres territoires ukrainiens occup\u00e9s ?<\/p>\n<p>\n En septembre 2022, la Russie a annex\u00e9 quatre autres r\u00e9gions ukrainiennes, qu&rsquo;elle occupe partiellement : les oblasts de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia. Une annexion \u00ab\u00a0de facto\u00a0\u00bb, que le plan am\u00e9ricain n&rsquo;entend ni reconna\u00eetre en droit, ni remettre en cause.\n<\/p>\n<p>\n Mais en acceptant de c\u00e9der la Crim\u00e9e, l&rsquo;Ukraine cr\u00e9erait un pr\u00e9c\u00e9dent. Pour Marie Lemey, \u00ab\u00a0il s&rsquo;agirait d&rsquo;un signal dangereux envoy\u00e9 \u00e0 la Russie qui pourrait chercher \u00e0<br \/>\n <strong><br \/>\n  obtenir la reconnaissance de son occupation des autres territoires ukrainiens<br \/>\n <\/strong><br \/>\n mais \u00e9galement aux autres \u00c9tats\u00a0\u00bb.\n<\/p>\n<p>\n <strong><br \/>\n  La Chine a par exemple des revendications sur certains territoires russes de Sib\u00e9rie<br \/>\n <\/strong><br \/>\n .\n<\/p>\n<p>\n Pour Phillips O&rsquo;Brien, les choses sont claires : une renonciation de Kiev \u00e0 sa souverainet\u00e9 sur la Crim\u00e9e, \u00ab\u00a0c&rsquo;est le d\u00e9but de la fin dans le plan russe pour en finir avec l&rsquo;Ukraine\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a eu aucun cas d&rsquo;un pays qui s&rsquo;agrandisse en saisissant militairement le territoire d&rsquo;un autre depuis&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":60395,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[400,11,398,408,405,1011,27,403,14,402,399,404,12,401,406,407,28],"class_list":{"0":"post-60394","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-international","8":"tag-action-cac-40","9":"tag-actualites","10":"tag-bourse-de-paris","11":"tag-boursorama","12":"tag-cotations","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-indices-devises","16":"tag-international","17":"tag-investir","18":"tag-investissement","19":"tag-marche-boursier","20":"tag-news","21":"tag-sicav","22":"tag-trackers","23":"tag-warrants","24":"tag-world"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114418094247799303","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60394","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=60394"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60394\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/60395"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=60394"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=60394"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=60394"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}