{"id":604882,"date":"2025-12-17T09:24:19","date_gmt":"2025-12-17T09:24:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/604882\/"},"modified":"2025-12-17T09:24:19","modified_gmt":"2025-12-17T09:24:19","slug":"a-grenoble-quobly-met-en-oeuvre-sa-premiere-puce-quantique-pour-fin-2026-avec-lappui-de-stmicroelectronics","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/604882\/","title":{"rendered":"A Grenoble, Quobly met en oeuvre sa premi\u00e8re puce quantique pour fin 2026, avec l\u2019appui de STMicroelectronics"},"content":{"rendered":"<p>Dans son nouveau quartier g\u00e9n\u00e9ral sis \u00e0 Grenoble, qui abrite son propre laboratoire de caract\u00e9risation, Quobly poursuit la mise au point de ses qubits de spin. La deeptech compte sur la puissance industrielle de STMicroelectronics pour faciliter le passage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle. Sa premi\u00e8re puce est attendue fin 2026.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">QB-SiSpin1 : voici le nom de code un peu \u00ab brut de fonderie \u00bb, divulgu\u00e9 \u00e0 la presse le 12 d\u00e9cembre, de la future et premi\u00e8re puce quantique du grenoblois Quobly (ex-Siquance). La pr\u00e9sentation a lieu au si\u00e8ge dont la jeune pousse a pris possession en f\u00e9vrier dernier, dans un nouveau b\u00e2timent de Minatec Entreprises, \u00e0 proximit\u00e9 du complexe du CEA. \u00ab QB-SiSpin1 sera disponible chez nous \u00e0 compter de fin 2026 et sera ensuite livr\u00e9e aux op\u00e9rateurs du cloud \u00e0 partir de 2028 \u00bb compl\u00e8te Maud Vinet, levant le voile sur le calendrier de la deeptech qu\u2019elle dirige. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le document affich\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran apporte des \u00e9claircissements : la puce en question comportera de 10 \u00e0 29 qubits de spin. Dans ce type de qubit, l\u2019information quantique est encod\u00e9e dans un \u00e9lectron unique, dans son spin plus exactement, consid\u00e9r\u00e9 comme son moment cin\u00e9tique intrins\u00e8que. Cet \u00e9lectron est pi\u00e9g\u00e9 dans une bo\u00eete quantique semi-conductrice qui s\u2019apparente \u00e0 un transistor. L\u2019information quantique peut \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019application d\u2019un champ magn\u00e9tique, entre autres. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le fait qu\u2019un tel transistor puisse \u00eatre transform\u00e9 en bit quantique est \u00ab la vraie d\u00e9couverte de l\u2019\u00e9quipe, datant de 2016 \u00bb, indique Maud Vinet, alors chercheuse au CEA-Leti. Il s\u2019av\u00e8re que ce transistor \u00e9tait de type FDSOI (silicium enti\u00e8rement d\u00e9pl\u00e9t\u00e9 sur isolant), invent\u00e9 par le CEA pour am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et aujourd\u2019hui commercialis\u00e9 par l\u2019entreprise Soitec pour les smartphones et l\u2019IoT. \u00ab De fil en aiguille, on s\u2019est rendu compte que le FDSOI \u00e9tait avantageux car moins sensible au bruit \u00bb, pr\u00e9cise-t-elle. La notion de bruit recouvre les perturbations externes susceptibles d\u2019affecter l\u2019\u00e9tat d\u2019un qubit, objet physique tr\u00e8s fragile.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">La deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de puce de Quobly, QB-SiSpin2, est quant \u00e0 elle attendue fin 2027. Elle devrait int\u00e9grer de 50 \u00e0 1000 qubits juxtapos\u00e9s \u00e0 de la cryo-\u00e9lectronique, servant \u00e0 contr\u00f4ler in situ ces qubits, refroidis \u00e0 moins de 1K. L\u2019ensemble formera un \u00ab circuit int\u00e9gr\u00e9 quantique avec des transistors classiques et des qubits sur un m\u00eame wafer \u00bb, formule Maud Vinet. Pour remplir son objectif, la deeptech n\u2019est pas seule aux manettes. \u00ab On peut d\u00e9ployer cette feuille de route technologique gr\u00e2ce \u00e0 notre partenariat avec STMicroelectronics, poursuit-elle, \u00e9tant entendu que l\u2019objectif est de livrer des machines de millions de qubits en 2032. \u00bb<\/p>\n<p>Quatre millions de qubits fabriqu\u00e9s par STMicro<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Cette option technologique du qubit semiconducteur est une force, selon elle, pour rivaliser avec Google, Amazon ou encore IBM. Les g\u00e9ants am\u00e9ricains profitent de moyens financiers sans commune mesure, mais leurs qubits supraconducteurs \u2013 une autre technologie \u2013 ne sont pas adoss\u00e9s \u00e0 une fili\u00e8re industrielle aussi massive que celle du semi-conducteur pour le passage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle. \u00ab Nous n\u2019avons pas d\u2019usine \u00e0 construire, souligne Maud Vinet. On s\u2019appuie sur les capacit\u00e9s de production de ST Microelectronics qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de milliards d\u2019euros d\u2019investissement et qu\u2019on utilise \u00e0 la marge. \u00bb<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le partenariat avec le groupe franco-italien a \u00e9t\u00e9 conclu il y a un an, en d\u00e9cembre 2024. \u00ab Dans notre usine \u00e0 Crolles pour les wafers en 300 mm, on produit des puces FDSOI en 28 nanom\u00e8tres (nm) depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, d\u00e9taille Philippe Magarshack, responsable \u00e0 STMicroelectronics de la strat\u00e9gie pour les microcontr\u00f4leurs, les circuits int\u00e9gr\u00e9s num\u00e9riques et les radiofr\u00e9quences. C\u2019est une assise industrielle solide qui nous permet d\u2019envisager cette mont\u00e9e en volume \u00e0 plusieurs millions de qubits. On a termin\u00e9 le transfert industriel du d\u00e9veloppement fait au pr\u00e9alable au CEA-Leti et au CNRS. On a mis en place une \u00e9quipe conjointe pour la R&amp;D sur le silicium et une autre \u00e9quipe sp\u00e9cialis\u00e9e dans la conception des circuits. Nous avons d\u00e9j\u00e0 fabriqu\u00e9 4 millions de qubits depuis fin 2024. \u00bb<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le transfert d\u2019une ligne R&amp;D \u00e0 une ligne industrielle a-t-il pos\u00e9 des difficult\u00e9s ? \u00ab La technologie de Quobly et les technologies FDSOI de nos microcontr\u00f4leurs sont communes \u00e0 90%, r\u00e9pond-il. Les 10% restants sont des variantes de recettes qui tournent d\u00e9j\u00e0 sur nos machines de production. \u00bb L\u2019\u00e9volution du n\u0153ud FDSOI vers 18 nm, l\u2019un des objectifs de la ligne pilote Fames qui sera inaugur\u00e9e fin janvier prochain au CEA-Leti, servira \u00e0 rapprocher davantage les qubits pour favoriser leur couplage.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Quelques \u00e9tages en-dessous de ses bureaux, Quobly jouit d\u00e9sormais de son propre laboratoire de caract\u00e9risation, \u00e0 temp\u00e9rature ambiante et \u00e0 tr\u00e8s basse temp\u00e9rature, pour analyser les plaques produites \u00e0 Crolles, contenant chacune des milliers de qubits potentiels. Une autre bonne nouvelle a r\u00e9joui Maud Vinet, le 9 d\u00e9cembre : \u00ab Soitec a livr\u00e9 les premiers wafers FDSOI enrichis en silicium 28, compatibles avec les exigences des fonderies industrielles. Cette technique de croissance existait dans les laboratoires acad\u00e9miques, mais pas \u00e0 un stade industriel. \u00bb Le spin nucl\u00e9aire de cet isotope du silicium \u00e9tant nul, il n\u2019interagit pas avec le spin de l\u2019\u00e9lectron unique, ce qui \u00e9limine une source de perturbation.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">L\u2019enjeu est d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du qubit \u00ab b\u00e2ti \u00bb aujourd\u2019hui sur du silicium naturel (silicium 29). En particulier la fid\u00e9lit\u00e9 des op\u00e9rations, situ\u00e9e en-dessous de 99,9 % pour les portes \u00e0 1 qubit, pour le moment. \u00ab Le silicium 28 va am\u00e9liorer m\u00e9caniquement ces performances, il n\u2019y a pas d\u2019incertitude, plaide Maud Vinet. On pr\u00e9voit d\u2019atteindre une fid\u00e9lit\u00e9 de 99,999% pour les portes \u00e0 1 qubit et une fid\u00e9lit\u00e9 de 99,9% pour les portes \u00e0 2 qubits. On compte sur la qualit\u00e9 de fabrication industrielle pour arriver aux limites de ce qui a \u00e9t\u00e9 explor\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Un financement de 115 millions d\u2019euros en 2026<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">L\u2019\u00e9tape suivante, qui commencera \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de puce quantique, sera d\u2019implanter un code de surface, \u00e0 la mani\u00e8re de Google, pour corriger les erreurs et parvenir au calcul tol\u00e9rant aux fautes (FTQC). Cette \u00ab surcouche \u00bb \u00e0 la fois mat\u00e9rielle et logicielle devrait \u00eatre op\u00e9rationnelle pour la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de puces Quobly, celle qui comptera des millions de qubits. Il faudra d\u2019ici l\u00e0 organiser les qubits en rang\u00e9es et en colonnes pour former une matrice 2D, au lieu de simples lignes actuellement. <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Un effort de R&amp;D suppl\u00e9mentaire que Quobly mutualise gr\u00e2ce \u00e0 des partenariats acad\u00e9miques, dont celui derni\u00e8rement avec la plateforme nationale de recherche quantique de Singapour, la NQFF. Sans oublier l\u2019indispensable levier financier : Quobly esp\u00e8re lever 115 millions d\u2019euros dans les 6 prochains mois pour que ses puces quantiques puissent un jour bouleverser certaines applications industrielles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans son nouveau quartier g\u00e9n\u00e9ral sis \u00e0 Grenoble, qui abrite son propre laboratoire de caract\u00e9risation, Quobly poursuit la&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":604883,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9566],"tags":[1111,11,2430,71662,1777,674,1011,27,2731,71661,71664,12,25,71663],"class_list":{"0":"post-604882","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-grenoble","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-auvergne-rhone-alpes","11":"tag-deeptech","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-grenoble","17":"tag-industrie-technologies","18":"tag-micro-electronique","19":"tag-news","20":"tag-republique-francaise","21":"tag-technos-quantique"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115734188212066211","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/604882","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=604882"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/604882\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/604883"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=604882"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=604882"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=604882"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}