{"id":617334,"date":"2025-12-23T06:33:28","date_gmt":"2025-12-23T06:33:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/617334\/"},"modified":"2025-12-23T06:33:28","modified_gmt":"2025-12-23T06:33:28","slug":"paris-lafayette-anticipations-accueille-lexposition-monumentale-de-meriem-bennani","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/617334\/","title":{"rendered":"Paris. Lafayette Anticipations accueille l\u2019exposition monumentale de Meriem Bennani"},"content":{"rendered":"<p>            <a href=\"https:\/\/unidivers.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/meriem-bennani-2.jpg\" data-caption=\"\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"369\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/meriem-bennani-2-696x369.jpg\"   alt=\"Meriem Bennani\" title=\"Meriem Bennani (2)\" data-eio=\"p\"\/><\/a><\/p>\n<p>L\u2019artiste marocaine <strong>Meriem Bennani<\/strong> met en sc\u00e8ne un orchestre monumental, atypique et sonore \u00e0 la Fondation Lafayette Anticipations, dans le 4e arrondissement. Un orchestre de tongs, une foule sans corps, une politique du rythme\u2026<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au dimanche 8 f\u00e9vrier 2026, <strong>Sole crushing<\/strong> transforme le lieu en vaste caisse de r\u00e9sonance. Mais l\u2019installation ne se contente pas de faire \u201cdu bruit\u201d, elle compose une dramaturgie du collectif, une fable m\u00e9canique sur la foule, la marche, la manifestation et la joie ambigu\u00eb d\u2019\u00eatre ensemble.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1440\" height=\"808\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/meriem-bennani-1.jpg\" alt=\"Meriem Bennani\" class=\"wp-image-3499269\"   data-eio=\"p\"\/><\/p>\n<p>D\u00e9ploy\u00e9e sur l\u2019ensemble du premier \u00e9tage et sur toute sa hauteur, l\u2019installation sonore <strong>Sole crushing<\/strong>, orchestr\u00e9e par la commissaire Elsa Coustou, r\u00e9unit pr\u00e8s de deux cents tongs et claquettes qui jouent une composition musicale \u00e0 la crois\u00e9e d\u2019une symphonie et d\u2019un soul\u00e8vement. Les chaussures frappent leurs semelles sur divers supports, cr\u00e9ant un ensemble de percussions \u00e0 la fois primitif et minutieusement r\u00e9gl\u00e9.<\/p>\n<p>Le second \u00e9tage offre un point de vue d\u00e9cisif : il permet d\u2019embrasser l\u2019ensemble, de comprendre que l\u2019\u0153uvre n\u2019est pas un \u201cobjet\u201d mais un <strong>dispositif<\/strong>, un milieu. La Fondation devient une sc\u00e8ne verticale o\u00f9 l\u2019on regarde un orchestre sans musiciens, un op\u00e9ra sans chanteurs, une foule sans visages. Cette absence est un moteur critique : elle oblige \u00e0 entendre autrement ce qui, d\u2019ordinaire, se confond avec la pr\u00e9sence humaine.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre a l\u2019allure d\u2019un \u00e9chafaudage en bois o\u00f9 une nu\u00e9e de sandales, orn\u00e9es de drapeaux, de franges en cuir et de bijoux, cogne de petits tambours color\u00e9s entre les murs. Chacune des 201 tongs est reli\u00e9e \u00e0 un syst\u00e8me pneumatique par deux tubes : l\u2019un re\u00e7oit de l\u2019air et enclenche le mouvement de la chaussure, quand l\u2019autre stoppe le mouvement. Ce d\u00e9tail technique compte : l\u2019air devient ici une force chor\u00e9graphique, un souffle impersonnel qui met la foule en marche.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1440\" height=\"808\" data-id=\"3499273\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/meriem-bennani-5.jpg\" alt=\"Meriem Bennani\" class=\"wp-image-3499273\"   data-eio=\"p\"\/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1440\" height=\"808\" data-id=\"3499272\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/meriem-bennani-4.jpg\" alt=\"Meriem Bennani\" class=\"wp-image-3499272\"   data-eio=\"p\"\/><\/p>\n<p>Le son comme sc\u00e9nario politique<\/p>\n<p>Pour r\u00e9aliser ce \u201cvacarme\u201d provoqu\u00e9 par ces 201 tongs, l\u2019artiste a \u00e9crit, avec le compositeur Cheb Runner, cet op\u00e9ra fanfaronnant sur du papier \u00e0 musique. Toutes les 35 minutes, la partition recommence, oscillant entre le batillage d\u2019une foule en manifestation avant de virer \u00e0 la marche militaire. Cette structure cyclique produit un effet important : elle fait sentir la r\u00e9p\u00e9tition, l\u2019entra\u00eenement, la contagion. Elle rappelle que le collectif peut \u00eatre f\u00eate, mais aussi discipline.<\/p>\n<p>Le claquement de tong est un son banal, presque comique. Bennani le prend au s\u00e9rieux : elle lui donne une puissance d\u2019agr\u00e9gation, un pouvoir d\u2019hypnose. Au plan esth\u00e9tique, l\u2019\u0153uvre est une machine \u00e0 transformer l\u2019anodin en \u00e9v\u00e9nement. Au plan politique, elle interroge ce qui fait masse : le rythme partag\u00e9, le mart\u00e8lement commun, cette pulsation qui soude mais peut aussi avaler l\u2019individu.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1440\" height=\"750\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/meriem-bennani-9.jpg\" alt=\"Meriem Bennani\" class=\"wp-image-3499277\"   data-eio=\"p\"\/><\/p>\n<p>Entre stade, manifestation et dakka marrakchia<\/p>\n<p>L\u2019artiste explore le vivre-ensemble et la place de l\u2019individu dans la collectivit\u00e9. En ch\u0153ur, ses tongs \u00e9voquent des individus d\u2019une foule en mouvement, dans une manifestation, dans un stade, ou aussi dans une dakka marrakchia, c\u00e9r\u00e9monie musicale traditionnelle marocaine. L\u2019\u0153uvre joue ici sur une \u00e9quivoque pr\u00e9cieuse : la foule peut \u00eatre un corps joyeux (danse, transe, c\u00e9l\u00e9bration) comme un corps inquiet (pression, uniformisation, bascule autoritaire).<\/p>\n<p>En choisissant la tong \u2014 objet quotidien, populaire, globalis\u00e9 \u2014 Meriem Bennani \u00e9vite l\u2019all\u00e9gorie lourde. Elle prend un signe pauvre et l\u2019\u00e9l\u00e8ve au rang d\u2019instrument. Le pied, absent, est partout : il frappe, il marche, il bat la cadence. Le corps est sugg\u00e9r\u00e9 par son empreinte sonore. C\u2019est une mani\u00e8re fine de parler des collectifs contemporains : pr\u00e9sence massive, identit\u00e9 fluctuante, anonymat producteur de force.<\/p>\n<p>Tout simplement, ce claquement unit le groupe dans une m\u00eame pulsation et produit une force qui d\u00e9passe l\u2019individu. Et c\u2019est l\u00e0 que l\u2019\u0153uvre r\u00e9ussit son coup : elle ne d\u00e9livre pas un message, elle installe un \u00e9tat. Le visiteur n\u2019est pas seulement spectateur, il est pris dans une acoustique, dans une insistance, dans une dur\u00e9e qui l\u2019oblige \u00e0 se demander jusqu\u2019o\u00f9 il accepte d\u2019\u00eatre port\u00e9 par le rythme des autres.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1440\" height=\"808\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/meriem-bennani-6.jpg\" alt=\"Meriem Bennani\" class=\"wp-image-3499274\"   data-eio=\"p\"\/><\/p>\n<p>Meriem Bennani, humour, friction, \u00e9nergie<\/p>\n<p><strong>Meriem Bennani<\/strong> est n\u00e9e en 1988, \u00e0 Rabat au Maroc, o\u00f9 elle passe son enfance. Mais c\u2019est \u00e0 New York, aux \u00c9tats-Unis, qu\u2019elle obtient une licence en arts visuels, \u00e0 La Cooper Union en 2012. Elle rejoint ensuite Paris et r\u00e9ussit une ma\u00eetrise de l\u2019\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure des arts d\u00e9coratifs. Aujourd\u2019hui, elle vit \u00e0 New York.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"495\" height=\"619\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/meriem-bennani.webp.webp\" alt=\"Meriem Bennani\" class=\"wp-image-3499279\"  \/>Meriem Bennani<\/p>\n<p>Meriem Bennani est une artiste multidisciplinaire : elle travaille la vid\u00e9o, la sculpture, l\u2019installation multim\u00e9dia et le dessin. Elle se fait conna\u00eetre avec des propositions ludiques et humoristiques, o\u00f9 le rire n\u2019est jamais gratuit : il est une m\u00e9thode de d\u00e9r\u00e8glement, une fa\u00e7on d\u2019ouvrir la critique sans l\u2019ass\u00e9ner. Dans Sole crushing, cette veine demeure : le dispositif amuse autant qu\u2019il inqui\u00e8te, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019il donne au collectif un visage carnavalesque, et une puissance tr\u00e8s r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Au final, l\u2019exposition r\u00e9ussit \u00e0 tenir ensemble deux gestes rarement concili\u00e9s : une exp\u00e9rience sensorielle imm\u00e9diate et une r\u00e9flexion au long cours sur ce qui nous rassemble. Si l\u2019on entre d\u2019abord par la surprise, on reste pour l\u2019ambivalence. L\u2019orchestre de tongs n\u2019imite pas la foule : il r\u00e9v\u00e8le sa logique secr\u00e8te, faite de r\u00e9p\u00e9titions, de pulsations partag\u00e9es, de bascules possibles. Une \u0153uvre qui frappe, au propre comme au figur\u00e9.<\/p>\n<p>Infos pratiques<\/p>\n<p><strong>Exposition<\/strong> : <strong>Sole crushing<\/strong> \u2014 Meriem Bennani<br \/><strong>Lieu<\/strong> : Lafayette Anticipations, 9 rue du Pl\u00e2tre, 75004 Paris<br \/><strong>Dates<\/strong> : jusqu\u2019au dimanche 8 f\u00e9vrier 2026<br \/><strong>Horaires<\/strong> : du mercredi au dimanche, de 14h \u00e0 19h (ferm\u00e9 lundi et mardi)<br \/><strong>Entr\u00e9e<\/strong> : libre et gratuite<br \/><strong>\u00c0 noter<\/strong> : Lafayette Anticipations a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en octobre 2013 par le Groupe Galeries Lafayette.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019artiste marocaine Meriem Bennani met en sc\u00e8ne un orchestre monumental, atypique et sonore \u00e0 la Fondation Lafayette Anticipations,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":617335,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[1111,1928,11,1927,1777,674,1011,27,12,1926,626,1925,25],"class_list":{"0":"post-617334","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actu","9":"tag-actu-paris","10":"tag-actualites","11":"tag-actualites-paris","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-news","17":"tag-news-paris","18":"tag-paris","19":"tag-paris-news","20":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115767491424993935","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/617334","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=617334"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/617334\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/617335"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=617334"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=617334"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=617334"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}