{"id":618576,"date":"2025-12-23T20:20:19","date_gmt":"2025-12-23T20:20:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/618576\/"},"modified":"2025-12-23T20:20:19","modified_gmt":"2025-12-23T20:20:19","slug":"avec-30-ans-de-manga-francais-ce-nicois-nous-explique-comment-le-genre-sest-impose-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/618576\/","title":{"rendered":"Avec \u00ab 30 ans de manga fran\u00e7ais \u00bb, ce Ni\u00e7ois nous explique comment le genre s\u2019est impos\u00e9 en France"},"content":{"rendered":"<p class=\"fs-5 \">La gageure \u00e9tait de taille : consacrer un livre \u00e0 30 ans de manga fran\u00e7ais, alors que celui-ci n\u2019a eu longtemps que peu de l\u00e9gitimit\u00e9, et un lectorat de niche. Il aura fallu toute la passion de Nathana\u00ebl Bentura, le r\u00e9dacteur en chef adjoint ni\u00e7ois de Picsou Magazine, pour se lancer dans une telle aventure. Avec pour ambition de tordre \u00e0 la fois le cou \u00e0 certains clich\u00e9s et de nous prouver que le manga hexagonal a le vent en poupe. Mieux, que la \u00ab French touch \u00bb version manga commence \u00e0 faire de l\u2019ombre \u00e0 son homologue nippon, comme l\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un indice fort en 2018 \u00e0 Paris : une Japan Expo d\u00e9di\u00e9e au manga fran\u00e7ais. Autant de signes que le journaliste azur\u00e9en n\u2019a pas manqu\u00e9 de rep\u00e9rer.<\/p>\n<p>                                                                                \u00ab Dreamland \u00bb, le manga fran\u00e7ais le plus connu, f\u00eate ses 20 ans<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Et soigneusement consign\u00e9 sur 320 pages joliment illustr\u00e9es dans cette immersion au c\u0153ur de l\u2019histoire m\u00e9connue du manga fran\u00e7ais, que constitue 30 ans de manga fran\u00e7ais. Une plong\u00e9e captivante appuy\u00e9e par les t\u00e9moignages d\u2019auteurs et de dessinateurs les plus influents de l\u2019Hexagone, et qui a vu ainsi le jour : \u00ab J\u2019avais tr\u00e8s envie d\u2019\u00e9crire un premier livre, rembobine-t-il, et de le consacrer \u00e0 ce sujet. Le moment \u00e9tait id\u00e9al puisque le premier manga fran\u00e7ais est sorti en 1996, donc \u00e7a fera 30 ans en 2026. Le plus connu, Dreamland, qui va \u00eatre adapt\u00e9 en s\u00e9rie anim\u00e9e, c\u00e9l\u00e9brera ses 20 ans au m\u00eame moment. Et la troisi\u00e8me raison, c\u2019est qu\u2019aucun ouvrage n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur la question. \u00bb<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Mais une pr\u00e9cision s\u2019impose : qu\u2019est-ce qu\u2019un manga ? \u00ab Un manga, en soi, c\u2019est le mot japonais pour d\u00e9signer la bande dessin\u00e9e. D\u2019o\u00f9 le fait que certains se soient gauss\u00e9s, en disant parler de manga fran\u00e7ais, \u00e7a n\u2019a pas de sens, puisqu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 c\u2019est fran\u00e7ais, c\u2019est de la BD et pas du manga. Sauf que l\u2019usage vernaculaire du mot manga a compl\u00e8tement d\u00e9vi\u00e9 de sa d\u00e9finition propre. Aujourd\u2019hui, quand on parle de manga, on parle d\u2019une BD format poche de 200 pages en noir et blanc, avec beaucoup d\u2019action, de rythme, un d\u00e9coupage particulier, et c\u2019est ce qu\u2019on retrouve chez nos auteurs fran\u00e7ais qui se sont inspir\u00e9s de ce format-l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<p>                                                                                Biberonn\u00e9s au \u00ab Club Doroth\u00e9e \u00bb<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Des auteurs qui sont apparus par vagues successives, avec un premier d\u00e9clic marqu\u00e9 par la sortie d\u2019Akira en France \u00e0 partir de 1982. Dont les \u00e9ditions Gl\u00e9nat acqui\u00e8rent la licence et choisissent de le publier sous un format comics. Il sera adapt\u00e9 en film en 1988. Quant \u00e0 l\u2019autre \u00e9norme d\u00e9clic chez les auteurs de manga fran\u00e7ais, c\u2019est&#8230; le Club Doroth\u00e9e ! Des centaines de mangakas qui ont aujourd\u2019hui entre 35 et 45 ans, biberonn\u00e9s au programme jeunesse culte des ann\u00e9es 80 ainsi qu\u2019\u00e0 la BD Franco-Belge, Ast\u00e9rix, Tintin, et autres Spirou. \u00ab Mais ce qui les a fascin\u00e9s, c\u2019\u00e9tait le manga. Qui a v\u00e9ritablement commenc\u00e9 avec Dragon Ball. Et des s\u00e9ries comme Ken le survivant. Des \u0153uvres fondatrices dans leur imaginaire. Ils se sont ensuite rendu compte que ces s\u00e9ries \u00e9taient des adaptations de BD. Qui n\u2019avaient absolument rien \u00e0 voir avec ce qu\u2019ils lisaient \u00e0 la maison. Ceux qui dessinaient en parall\u00e8le ont ainsi commenc\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 reproduire ces formats-l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<p>                                                                                Les pionni\u00e8res du manga<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Seul hic : la France ne publiait pas encore ce genre de bande dessin\u00e9e. L\u2019auto\u00e9dition est alors devenue un pilier de ce march\u00e9, et le demeure encore.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab Aujourd\u2019hui, \u00e7a passe par les plateformes de financement participatif type Ulule. Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019\u00e9tait les fanzines qu\u2019on se refilait dans des festivals. Ces auteurs faisaient le tour de France. Il y avait Patricia Lyfoung, qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e r\u00e9cemment, l\u2019une des pionni\u00e8res du manga en fanzine. Elle a permis \u00e0 de nombreux auteurs de se lancer et d\u2019\u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9s. Notamment Jenny, qui est une des pionni\u00e8res du genre shojo et qui publie actuellement son troisi\u00e8me manga en 20 ans. \u00bb<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Et qui n\u2019est autre que l\u2019autrice de Pink Diary, plus 150 000 exemplaires vendus. Dofus (adapt\u00e9 d\u2019un jeu vid\u00e9o) s\u2019\u00e9coulera \u00e0 1,2 million d\u2019exemplaires. \u00ab 2006 est une ann\u00e9e charni\u00e8re, explique Nathana\u00ebl, notamment gr\u00e2ce \u00e0 Pierre Valls, de chez Pika \u00c9ditions qui lance, d\u00e8s 2005, un magazine de pr\u00e9publication des \u0153uvres, dans lequel il s\u2019efforce de montrer la French touch du manga. Il lance un appel \u00e0 t\u00e9moins et recrute Reno Lemaire et Munki, qui est belge. Et il ouvre la voie \u00e0 ce march\u00e9-l\u00e0 en inventant un contrat type qui sera utilis\u00e9 pendant la dizaine d\u2019ann\u00e9es qui suivra : il propose aux auteurs de signer un premier arc narratif en trois tomes pour voir si \u00e7a fonctionne. Si \u00e7a ne fonctionne pas, la s\u00e9rie s\u2019ach\u00e8ve au tome 3. Si le succ\u00e8s est au rendez-vous, la s\u00e9rie peut se poursuivre jusqu\u2019\u00e0 6, 10, 15 tomes voire plus. \u00bb<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">C\u2019est ainsi que l\u2019on s\u2019achemine vers le premier \u00e2ge d\u2019or du manga fran\u00e7ais, entre 2016 et 2018. Dans la foul\u00e9e du m\u00e9ga-succ\u00e8s de City Hall puis de Radiant en juillet 2013, un des premiers \u00e0 \u00eatre traduit en japonais. Une avalanche de cr\u00e9ativit\u00e9 stopp\u00e9e net par le Covid. Il faudra attendre 2023 pour que les \u00e9diteurs et les auteurs fassent un retour en force. Avec des s\u00e9ries comme Silence de Yoann Vorni\u00e8re.<\/p>\n<p>                                                                                Beaucoup de Varois<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab Et aujourd\u2019hui, conclut le journaliste, les jeunes auteurs, parmi lesquels on compte d\u2019ailleurs beaucoup de Varois, comme Fabien Fournier, n\u2019ont pas grandi en se disant que c\u2019\u00e9tait impossible de faire du manga. Mais en ayant les mod\u00e8les de Reno Lemaire et de Tony Valente avec Dreamland et Radiante. Les \u00e9diteurs aussi sont beaucoup plus audacieux. Il y a des projets qui n\u2019auraient jamais pu voir le jour il y a dix ou vingt ans. On a toujours d\u2019\u00e9normes blockbusters \u00e0 la japonaise, tr\u00e8s orient\u00e9s vers l\u2019action, mais on a aussi des s\u00e9ries avec des t\u00e9moignages forts, des drames intimes et intenses. Comme Diamond Little Boy, de Victor Dermo, un r\u00e9cit autobiographique dont le tome 1 est sorti cette ann\u00e9e. Preuve que le march\u00e9 se renouvelle et va chercher des p\u00e9pites qu\u2019on ne pourrait pas trouver au Japon et qui sont susceptibles de se cr\u00e9er un lectorat peut-\u00eatre diff\u00e9rent. \u00bb<\/p>\n<p>                                                                                La Nouvelle manga<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Cr\u00e9\u00e9 par Fr\u00e9d\u00e9ric Boilet, l\u2019auteur de L\u2019\u00c9pinard de Yukiko, le mouvement de la Nouvelle manga est marqu\u00e9 par une volont\u00e9 de s\u2019\u00e9loigner du manga commercial et de se rapprocher de la nouvelle vague du cin\u00e9ma fran\u00e7ais adapt\u00e9e au manga. Avec des \u0153uvres un peu d\u00e9pouill\u00e9es, plus connect\u00e9es au r\u00e9el et sans grand artifice. \u00ab L\u2019\u00c9pinard de Yukiko, \u00e9crit Nathana\u00ebl Bentura, rappelle ainsi \u00c0 bout de souffle et Le M\u00e9pris, de Jean-Luc Godard, ainsi que les films d\u2019\u00c9ric Rohmer. Fr\u00e9d\u00e9ric Boilet ins\u00e8re \u00e9galement un clin d\u2019\u0153il \u00e0 Fran\u00e7ois Truffaut, en dessinant en arri\u00e8re-plan le visage de Jean-Pierre L\u00e9aud, l\u2019acteur des Quatre-cents coups. Bref, c\u2019est une nouvelle manga au r\u00e9cit typiquement fran\u00e7ais, et au graphisme tout particulier, car les cases sont dessin\u00e9es comme des photographies. \u00bb<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>30 ans de manga fran\u00e7ais. De Nathana\u00ebl Bentura. \u00c9ditions Pix\u2019n Love. 350 pages. 39,90 euros.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La gageure \u00e9tait de taille : consacrer un livre \u00e0 30 ans de manga fran\u00e7ais, alors que celui-ci&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":618577,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2819],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,12,2401,882,25],"class_list":{"0":"post-618576","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nice","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-news","15":"tag-nice","16":"tag-provence-alpes-cote-dazur","17":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115770741602373448","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/618576","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=618576"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/618576\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/618577"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=618576"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=618576"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=618576"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}