{"id":619945,"date":"2025-12-24T13:10:30","date_gmt":"2025-12-24T13:10:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/619945\/"},"modified":"2025-12-24T13:10:30","modified_gmt":"2025-12-24T13:10:30","slug":"au-royaume-uni-a-la-rencontre-de-travailleurs-de-nuit-immigres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/619945\/","title":{"rendered":"au Royaume-Uni, \u00e0 la rencontre de travailleurs de nuit immigr\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"fs-5 \">Sur les neuf millions de travailleurs nocturnes au Royaume-Uni,<strong> le nombre d\u2019\u00e9trangers est pass\u00e9 en une d\u00e9cennie de 1,5 million \u00e0 2 millions<\/strong>, selon des statistiques officielles publi\u00e9es en 2023.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Et dans le secteur de la sant\u00e9 et des soins, plus d\u2019un tiers des travailleurs de nuit sont des migrants.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0Beaucoup de travail de nuit est effectu\u00e9 par des travailleurs migrants<strong> dans des secteurs injustement d\u00e9sign\u00e9s comme \u2019peu qualifi\u00e9s\u2019\u00a0<\/strong>\u00bb, explique Julius-Cezar Macarie, professeur de sociologie \u00e0 l\u2019University College de Cork.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0Leur travail est absolument essentiel, <strong>ils permettent \u00e0 cette soci\u00e9t\u00e9 de fonctionner 24 heures sur 24<\/strong>\u00a0\u00bb, ajoute le chercheur, qui \u00e9tudie \u00ab<strong>\u00a0l\u2019invisibilit\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong><strong> de ces travailleurs<\/strong>.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Alors que le gouvernement travailliste britannique durcit sa politique \u00e0 l\u2019\u00e9gard des travailleurs \u00e9trangers peu qualifi\u00e9s, sur fond de mont\u00e9e du sentiment anti-immigration, certains t\u00e9moignent aupr\u00e8s de l\u2019AFP de leur travail de l\u2019ombre.<\/p>\n<p>                                                                                L\u2019agente d\u2019entretien<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Au moment o\u00f9 le soleil se l\u00e8ve par une froide matin\u00e9e d\u2019hiver dans le centre de Londres, Roxana Panozo Alba <strong>marche \u00e0 contre-courant des employ\u00e9s de la finance dont elle a nettoy\u00e9 les bureaux pendant la nuit<\/strong>.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Cette femme de 46 ans et son \u00e9quipe &#8211; dont la plupart sont des immigr\u00e9s &#8211; <strong>nettoient toilettes, cuisines, salles de conf\u00e9rences et bureaux de 22h \u00e0 7h<\/strong>. Elle est pay\u00e9e au salaire horaire minimum londonien (13,85 livres, 15,7 euros).<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Originaire de Bolivie, elle a acquis la nationalit\u00e9 espagnole par le mariage, et a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 au Royaume-Uni avec son mari car \u00ab\u00a0il n\u2019y avait plus de travail en Espagne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>Elle travaille de nuit depuis huit ans pour pouvoir voir ses deux enfants la journ\u00e9e, et parce qu\u2019elle ne parle pas anglais<\/strong>, ce qui limite les opportunit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab<strong>\u00a0Travailler la nuit n\u2019est pas bon, cela ab\u00eeme la sant\u00e9\u00a0<\/strong>\u00bb, commente-t-elle. \u00ab\u00a0Il faut dormir\u00a0\u00bb pendant la journ\u00e9e, mais \u00ab\u00a0le moindre bruit vous en emp\u00eache\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>                                                                                Les travailleurs sociaux<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>Omatule Ameh, 39 ans, travaille de nuit aupr\u00e8s d\u2019enfants en situation de handicap<\/strong> dans le sud-est rural de l\u2019Angleterre. Il est arriv\u00e9 du Nigeria en 2023 avec un visa de travailleur social.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Pendant la journ\u00e9e, il s\u2019occupe de ses deux enfants, \u00e2g\u00e9s de huit ans et 18 mois, tandis que sa femme travaille dans la m\u00eame institution sp\u00e9cialis\u00e9e. Parfois, il ne dort que trois heures.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0\u00c9motionnellement, mentalement, cela use\u00a0\u00bb, dit cet homme pay\u00e9 au salaire horaire minimum (environ 12,20 livres).<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Judith Munyonga, Zimbabw\u00e9enne de 44 ans, travaille <strong>de 19h \u00e0 7h quatre jours par semaine aupr\u00e8s de patients souffrant de l\u00e9sions de la moelle \u00e9pini\u00e8re<\/strong> dans le Hertfordshire, au nord de Londres.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Elle surveille ses patients pendant leur sommeil, souvent assise \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s dans l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9coute de la musique dans un \u00e9couteur pour tenter de rester \u00e9veill\u00e9e. Quand il fait noir, ce n\u2019est pas facile\u00a0\u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Les deux professionnels se disent pr\u00e9occup\u00e9s par la d\u00e9cision du gouvernement de mettre fin \u00e0 la d\u00e9livrance de visas pour les travailleurs sociaux et par la mont\u00e9e des discours anti-immigration.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Le mois dernier, <strong>le gouvernement a annonc\u00e9 qu\u2019il triplerait le d\u00e9lai avant que certains travailleurs sociaux \u00ab\u00a0peu qualifi\u00e9s\u00a0\u00bb puissent demander la r\u00e9sidence permanente<\/strong>, de cinq \u00e0 quinze ans.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0Cela revient \u00e0 changer les r\u00e8gles en cours de jeu\u00a0\u00bb, d\u00e9plore Omatule Ameh.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Le gouvernement a aussi <strong>supprim\u00e9 la disposition permettant aux travailleurs sociaux d\u2019amener leur famille au Royaume-Uni<\/strong> &#8211; la voie par laquelle Judith Munyonga a fait venir son mari et ses enfants.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0C\u2019est triste\u00a0\u00bb, dit-elle. \u00ab\u00a0Vous \u00eates l\u00e0 pour prendre soin d\u2019une famille, pour qu\u2019elle vive normalement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Ameh suit des cours de management et souhaite \u00ab\u00a0gravir les \u00e9chelons\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>                                                                                Le cuisinier<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Sandeep essuie le comptoir d\u2019un caf\u00e9 londonien ouvert 24h\/24.<strong> Il est bient\u00f4t 7h et il s\u2019appr\u00eate \u00e0 terminer son service de douze heures<\/strong>.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Ce N\u00e9palais de 21 ans y travaille comme cuisinier depuis deux ans. Ce dipl\u00f4m\u00e9 d\u2019informatique a commenc\u00e9 lorsqu\u2019il \u00e9tait \u00e9tudiant et continue, faute d\u2019opportunit\u00e9 dans la tech.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0C\u2019est vraiment difficile de trouver un travail en ce moment\u00a0\u00bb, explique-t-il, ajoutant qu\u2019il n\u2019a \u00ab\u00a0pas d\u2019autre choix\u00a0\u00bb que de travailler la nuit.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Il a quitt\u00e9 son pays en 2023\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0il n\u2019y a rien l\u00e0-bas pour les jeunes comme nous\u00a0\u00bb<\/strong>, dit-il.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Mais s\u2019il ne trouve pas un emploi mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 que son travail actuel, il devra retourner au N\u00e9pal dans un an, lorsque son visa expirera, le gouvernement ayant relev\u00e9 le salaire minimum requis pour les visas de travail \u00e9trangers.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0Ils m\u2019ont donn\u00e9 de l\u2019espoir&#8230; et maintenant, \u00e0 quoi bon me dire de rentrer dans mon pays\u00a0?\u00a0\u00bb, s\u2019interroge Sandeep, qui pr\u00e9f\u00e8re ne pas donner son nom de famille.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0<strong>Tout le monde ici est immigrant\u00a0<\/strong>\u00bb, ajoute-t-il en d\u00e9signant l\u2019\u00e9quipe n\u00e9palaise charg\u00e9e de pr\u00e9parer des plats britanniques traditionnels pendant la nuit.<\/p>\n<p>                                                                                L\u2019agent de conditionnement<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Leandro Cristovao, 36 ans, emballe des produits alimentaires destin\u00e9s aux restaurants, \u00e9coles et h\u00f4tels britanniques aux petites heures du matin.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Lorsqu\u2019il a commenc\u00e9,<strong> il faisait des \u00ab\u00a0cauchemars\u00a0\u00bb et se r\u00e9veillait en sursaut pendant la journ\u00e9e<\/strong>, redoutant d\u2019\u00eatre en retard au travail.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0Je suis presque devenu un fant\u00f4me\u00a0\u00bb, raconte-t-il dans l\u2019entrep\u00f4t londonien o\u00f9 il travaille.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Son patron, Martin Dykes, explique que son entreprise, Nature\u2019s Choice, a souffert apr\u00e8s le Brexit et s\u2019inqui\u00e8te des nouvelles restrictions de visas, \u00e9tant donn\u00e9 la difficult\u00e9 \u00e0 trouver des travailleurs locaux pour les horaires de nuit.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00ab\u00a0Mais nous sommes l\u00e0\u00a0\u00bb, r\u00e9plique Leandro Cristovao.<strong> \u00ab\u00a0Pendant qu\u2019ils dorment, nous sommes l\u00e0\u00a0\u00bb<\/strong>, dit-il en d\u00e9signant les immeubles r\u00e9sidentiels derri\u00e8re lui, toutes lumi\u00e8res \u00e9teintes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Sur les neuf millions de travailleurs nocturnes au Royaume-Uni, le nombre d\u2019\u00e9trangers est pass\u00e9 en une d\u00e9cennie de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":619946,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1588],"tags":[11,1777,674,12,473,1853,1851,1850,1852],"class_list":{"0":"post-619945","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-royaume-uni","8":"tag-actualites","9":"tag-eu","10":"tag-europe","11":"tag-news","12":"tag-royaume-uni","13":"tag-royaume-uni-de-grande-bretagne-et-dirlande-du-nord","14":"tag-uk","15":"tag-united-kingdom","16":"tag-united-kingdom-of-great-britain-and-northern-ireland"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115774712943218947","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/619945","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=619945"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/619945\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/619946"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=619945"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=619945"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=619945"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}