{"id":620542,"date":"2025-12-24T21:46:19","date_gmt":"2025-12-24T21:46:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/620542\/"},"modified":"2025-12-24T21:46:19","modified_gmt":"2025-12-24T21:46:19","slug":"en-2026-air-liquide-devrait-mettre-en-service-le-plus-grand-electrolyseur-a-pem-deurope-en-normandie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/620542\/","title":{"rendered":"En 2026, Air Liquide devrait mettre en service le plus grand \u00e9lectrolyseur \u00e0 PEM d\u2019Europe en Normandie"},"content":{"rendered":"<p>Seul aux manettes du projet Normand&rsquo;Hy depuis 2021, le sp\u00e9cialiste fran\u00e7ais des gaz industriels Air Liquide ach\u00e8ve enfin la construction de son \u00e9lectrolyseur \u00e0 membrane \u00e9changeuse de protons (PEM), le plus puissant d&rsquo;Europe, permettant de produire un hydrog\u00e8ne bas carbone par \u00e9lectrolyse de l&rsquo;eau. Implant\u00e9 dans la zone industrielle de Port-J\u00e9r\u00f4me en Normandie, la mise en service se fera progressivement courant 2026.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\"><b>E<\/b>ntre Air Liquide et la Normandie, l\u2019idylle se poursuit au fil des d\u00e9cennies. Install\u00e9 depuis plus de cinquante ans dans cette r\u00e9gion industrielle qui engloutit chaque ann\u00e9e un tiers de la production nationale d\u2019hydrog\u00e8ne (soit plus de 300 000 t\/an), <a href=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/article\/air-liquide-met-le-paquet-sur-l-hydrogene-vert-en-normandie.N1800037\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"https:\/\/www.usinenouvelle.com\/article\/air-liquide-met-le-paquet-sur-l-hydrogene-vert-en-normandie.N1800037\">le gazier fran\u00e7ais finalise la construction d\u2019un \u00e9lectrolyseur \u00e0 membrane \u00e9changeuse de protons (PEM) de 200 MW, le plus puissant d\u2019Europe jamais d\u00e9marr\u00e9 pour la production d\u2019hydrog\u00e8ne bas carbone<\/a>. L\u2019usine est implant\u00e9e \u00e0 Saint-Jean-de-Folleville (Seine-Maritime), dans la zone industrielle de Port-J\u00e9r\u00f4me. Sa mise en route est pr\u00e9vue pour 2026, pour une pleine puissance qui devrait \u00eatre atteinte \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. \u00c0 titre de comparaison, les unit\u00e9s PEM les plus importantes jamais mises en service par Air Liquide, en op\u00e9ration \u00e0 B\u00e9cancour (Canada) et \u00e0 Trailblazer (Allemagne), atteignent une puissance de 20 MW.<\/p>\n<p>450 millions d\u2019euros d\u2019investissement<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">\u00ab Nous avons mis cinq ann\u00e9es \u00e0 construire, car le projet est fondamentalement compliqu\u00e9, avec beaucoup d\u2019argent mobilis\u00e9, d\u2019entreprises, de collectivit\u00e9s locales ou encore les autorit\u00e9s \u00bb, r\u00e9sume Nicolas Droin, directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Air Liquide France Industrie.  \u00ab Et cinq ans, cela reste extr\u00eamement rapide \u00bb. Le chantier a n\u00e9cessit\u00e9 la participation de pr\u00e8s de 150 entreprises sous-traitantes, avec jusqu\u2019\u00e0 500 ouvriers et techniciens mobilis\u00e9s sur le chantier.  \u00ab \u00c0 terme, le projet va g\u00e9n\u00e9rer 40 emplois, afin d\u2019assurer le fonctionnement du site \u00bb, ajoute le directeur. En totalit\u00e9, le projet aura n\u00e9cessit\u00e9 450 millions d\u2019euros d\u2019investissement, dont une enveloppe 190 millions d\u2019euros de l\u2019\u00c9tat et une participation de la r\u00e9gion Normandie.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">La technologie de l\u2019\u00e9lectrolyseur repose sur des cellules individuelles PEM empil\u00e9es les unes sur les autres. Au sein de chaque cellule, une membrane polym\u00e8re conductrice de protons s\u00e9pare physiquement l\u2019hydrog\u00e8ne et l\u2019oxyg\u00e8ne. Quand le courant \u00e9lectrique passe, les mol\u00e9cules d\u2019eau se dissocient : les protons traversent la membrane et se transforment en hydrog\u00e8ne gazeux, tandis que l\u2019oxyg\u00e8ne est \u00e9vacu\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">\u00c0 l\u2019heure actuelle, Air Liquide poursuit l\u2019installation des douze modules d\u2019\u00e9lectrolyse de 11,7 MW, r\u00e9partis au sein des deux immenses hangars du site de Port-J\u00e9r\u00f4me, pour un total de 288 cellules PEM. Des modules fabriqu\u00e9s dans une gigafactory \u00e0 Berlin, d\u00e9tenue par une coentreprise entre Air Liquide (25,1 %) et Siemens Energy (74,9 %), puis assembl\u00e9s dans la r\u00e9gion de Roanne. Toutes ces unit\u00e9s sont raccord\u00e9es \u00e0 un poste \u00e9lectrique de 225 kV construit par RTE sur site, aliment\u00e9 par deux lignes haute tension en provenance des r\u00e9seaux de Sandouville et Port-J\u00e9r\u00f4me, acheminant de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 renouvelable ou nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p>D\u00e9carboner les industries<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\"> \u00ab Une fois que le dihydrog\u00e8ne sort de l\u2019\u00e9lectrolyseur, c\u2019est l\u00e0 que le savoir-faire d\u2019Air Liquide intervient sur toutes les \u00e9tapes d\u2019apr\u00e8s \u00bb, pr\u00e9cise Rahim Salemkour, directeur du projet Normand\u2019Hy. Compression du gaz \u00e0 6 puis 36 bars, purification pour atteindre la bonne norme de qualit\u00e9, puis passage par un poste de comptage et de certification\u2026 L\u2019hydrog\u00e8ne pourra ensuite \u00eatre inject\u00e9 dans la canalisation de 30 km, un maillage r\u00e9gional desservant les clients industriels du bassin havrais d\u2019Air Liquide, ou finira sa course au sein d\u2019un centre de conditionnement &#8211; derni\u00e8re \u00e9tape du projet &#8211; o\u00f9 les poids lourds pourront venir s\u2019alimenter en carburant.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\"> \u00ab L\u2019hydrog\u00e8ne reste essentiel \u00e0 la d\u00e9carbonation de l\u2019industrie et des transports \u00bb, insiste Armelle Levieux, directrice innovation et technologie d\u2019Air Liquide. Avec une capacit\u00e9 de 28 000 tonnes par an d\u2019hydrog\u00e8ne, la production de l\u2019\u00e9lectrolyseur de Port-J\u00e9r\u00f4me devrait permettre d\u2019\u00e9viter 250 000 tonnes de CO\u2082 \u00e9mis chaque ann\u00e9e. La moiti\u00e9 des volumes produits partiront en direction de la plateforme de raffinage-chimie de TotalEnergies \u00e0 Gonfreville (Seine-Maritime), afin de d\u00e9sulfurer son essence. Par le biais d\u2019un accord, dat\u00e9 de 2023, la compagnie p\u00e9troli\u00e8re s\u2019\u00e9tait engag\u00e9e \u00e0 approvisionner en \u00e9lectricit\u00e9 renouvelable la moiti\u00e9 des besoins \u00e9nerg\u00e9tiques de l\u2019\u00e9lectrolyseur, tandis qu\u2019Air Liquide lui fournissait en retour la moiti\u00e9 des volumes d\u2019hydrog\u00e8ne produits. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, TotalEnergies avait lanc\u00e9 un appel d\u2019offres pour l\u2019achat de 500 000 tonnes par an d\u2019hydrog\u00e8ne bas carbone pour d\u00e9carboner ses raffineries europ\u00e9ennes, le groupe esp\u00e9rant \u00e9viter l\u2019\u00e9mission d\u2019environ 5 millions de tonnes de CO\u2082 par an de ses sites \u00e0 horizon 2030.<\/p>\n<p>Une extension d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9e<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">En parall\u00e8le, pr\u00e8s de 10 % de la production de l\u2019\u00e9lectrolyseur de Port-J\u00e9r\u00f4me seront destin\u00e9s \u00e0 la mobilit\u00e9 d\u00e9carbon\u00e9e de l\u2019axe Seine. 40 % de la production cherchent encore preneur, Air Liquide assurant que les discussions vont bon train, notamment avec des clients p\u00e9troliers pr\u00e9sents sur le r\u00e9seau.  \u00ab Les raffineurs restent les plus gros consommateurs, avec un cadre r\u00e9glementaire et \u00e9conomique tr\u00e8s stable dans le temps \u00bb, souligne Nicolas Droin.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\"> \u00ab Nous \u00e9tudions d\u00e9j\u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019ajouter une extension de 100 MW \u00bb, pr\u00e9cise Nicolas Droin. Le projet Normand\u2019Hy est implant\u00e9 sur une parcelle de 29 hectares, anciennement une plaine agricole. Situ\u00e9 juste avant l\u2019embouchure de la Seine, le projet occupe pour l\u2019heure uniquement une dizaine d\u2019hectares, qui ont d\u00fb \u00eatre rehauss\u00e9s de deux m\u00e8tres face aux risques d\u2019inondation.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Sur le bassin normand, les clients chimistes d\u2019Air Liquide privil\u00e9gient \u00e0 l\u2019heure actuelle l\u2019hydrog\u00e8ne en provenance des deux unit\u00e9s de reformage du m\u00e9thane du gazier, situ\u00e9es \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de Normand\u2019hy. La question du surco\u00fbt par rapport \u00e0 du dihydrog\u00e8ne traditionnel reste un \u00e9l\u00e9ment central.  \u00ab \u00c0 ce stade, la mol\u00e9cule (dihydrog\u00e8ne bas carbone ndlr) est en moyenne trois fois plus ch\u00e8re que la mol\u00e9cule traditionnelle \u00bb, avoue Armelle Levieux.  \u00ab Nous sommes sur une courbe de mont\u00e9e en puissance tr\u00e8s rapide de cette technologie \u00bb, pr\u00e9cise Nicolas Droin. Un d\u00e9veloppement qui participera \u00e0 une baisse du prix. L\u2019\u00e9volution des pratiques, notamment accompagn\u00e9e par l\u2019\u00e9volution du cadre r\u00e9glementaire en mati\u00e8re de d\u00e9carbonation de l\u2019industrie, pourrait aussi aider \u00e0 faire d\u00e9coller une nouvelle demande en hydrog\u00e8ne bas carbone.<\/p>\n<p>2025 : une ann\u00e9e record en termes d&rsquo;investissements<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 2025 s&rsquo;av\u00e8re d\u00e9j\u00e0 \u00eatre une bonne cuv\u00e9e pour Air Liquide. Avant m\u00eame la publication des traditionnels r\u00e9sultats annuels durant les premiers mois de 2026, le sp\u00e9cialiste fran\u00e7ais des gaz industriels est d\u00e9j\u00e0 sur les bases d&rsquo;un grand cru, avec des d\u00e9cisions d&rsquo;investissement industriel et financier s&rsquo;\u00e9levant \u00e0 3,2 Mdrs \u20ac de janvier \u00e0 septembre 2025.<\/p>\n<p>Son portefeuille de projets en cours d&rsquo;ex\u00e9cution atteint un nouveau record \u00e0 4,9 Mdrs \u20ac, en hausse par rapport aux 4,6 Mdrs \u20ac enregistr\u00e9s fin juin 2025. Sur cet indicateur, la meilleure ann\u00e9e jamais r\u00e9alis\u00e9e, l&rsquo;exercice 2023, a seulement culmin\u00e9 \u00e0 4,2 Mdrs \u20ac pour l&rsquo;ensemble des douze mois. Air Liquide continue de d\u00e9rouler une strat\u00e9gie fond\u00e9e sur des investissements \u00e0 long terme combin\u00e9s \u00e0 des moteurs de croissance diversifi\u00e9s, permettant au groupe de balancer entre ses diff\u00e9rentes activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Sur les 70 projets encours \u00e0 travers le monde, un tiers sont li\u00e9s au secteur de l&rsquo;\u00e9lectronique. Dans les semi-conducteurs, le gazier s&rsquo;est lanc\u00e9 dans la construction d&rsquo;unit\u00e9s de production de gaz industriels en Allemagne (plus de 250 M\u20ac investis) et aux \u00c9tats-Unis (43 M\u20ac investis) pour soutenir les besoins de ce secteur porteur. Autre fait marquant, la d\u00e9cision finale d&rsquo;investissement dans le projet ELYgator, un \u00e9lectrolyseur d&rsquo;une capacit\u00e9 de 200 MW qui verra le jour dans le port de Rotterdam (Pays-Bas).<\/p>\n<p>En termes de puissance, le projet est \u00e9quivalent \u00e0 celui en cours de finalisation \u00e0 Port-J\u00e9r\u00f4me (Normandie), mais diverge un peu sur l&rsquo;aspect technologique, puisque cette usine n\u00e9erlandaise int\u00e8gre deux proc\u00e9d\u00e9s distincts, PEM et alcaline. Le co\u00fbt total de l&rsquo;op\u00e9ration devrait s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 plus de 500 M\u20ac. L&rsquo;un des principaux clients pour cette nouvelle production d&rsquo;hydrog\u00e8ne bas carbone : la plateforme de raffinage et de p\u00e9trochimie de TotalEnergies \u00e0 Anvers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Seul aux manettes du projet Normand&rsquo;Hy depuis 2021, le sp\u00e9cialiste fran\u00e7ais des gaz industriels Air Liquide ach\u00e8ve enfin&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":620543,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,48967,10531,1777,674,1011,27,73045,50100,12,25],"class_list":{"0":"post-620542","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-air-liquide","10":"tag-chimie","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-magazines-info-chimie","16":"tag-mes-magazines","17":"tag-news","18":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115776741960794106","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620542","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=620542"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620542\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/620543"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=620542"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=620542"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=620542"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}