{"id":626078,"date":"2025-12-27T23:58:12","date_gmt":"2025-12-27T23:58:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/626078\/"},"modified":"2025-12-27T23:58:12","modified_gmt":"2025-12-27T23:58:12","slug":"lunion-europeenne-fournit-90-milliards-deuros-pour-la-guerre-contre-la-russie-en-ukraine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/626078\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Union europ\u00e9enne fournit 90 milliards d&rsquo;euros pour la guerre contre la Russie en Ukraine"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"db relative center\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/336aac09-c5f5-4a1c-bd52-1f29c1231727\" style=\"max-height:100%\"\/>Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le pr\u00e9sident ukrainien Volodymyr Zelensky, Steve Witkoff (au premier rang, de gauche \u00e0 droite), le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OTAN Mark Rutte, la Premi\u00e8re ministre danoise Mette Frederiksen, Ursula von der Leyen, le pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne Dick Schoof et le Premier ministre su\u00e9dois Ulf Kristersson (au deuxi\u00e8me rang, de gauche \u00e0 droite) sont r\u00e9unis \u00e0 la chancellerie \u00e0 Berlin, en Allemagne, le lundi 15 d\u00e9cembre 2025. [AP Photo\/Markus Schreiber]<\/p>\n<p>L&rsquo;Union europ\u00e9enne (UE) accorde \u00e0 l&rsquo;Ukraine un pr\u00eat sans int\u00e9r\u00eat de 90 milliards d&rsquo;euros sur les deux prochaines ann\u00e9es afin de lui permettre de poursuivre la guerre contre la Russie et de renforcer son armement. Cet accord a \u00e9t\u00e9 conclu le 19 d\u00e9cembre par les chefs d&rsquo;\u00c9tat et de gouvernement des \u00c9tats membres de l&rsquo;UE, \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;une r\u00e9union qui a dur\u00e9 plusieurs heures.<\/p>\n<p>Le plan initial visant \u00e0 utiliser 210 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;actifs de l&rsquo;\u00c9tat russe gel\u00e9s en Europe pour financer l&rsquo;Ukraine, qui avait \u00e9t\u00e9 notamment d\u00e9fendu par le chancelier allemand Friedrich Merz et la pr\u00e9sidente de la Commission europ\u00e9enne Ursula von der Leyen, a \u00e9chou\u00e9 en raison de l&rsquo;opposition de plusieurs \u00c9tats membres de l&rsquo;UE.<\/p>\n<p>L&rsquo;UE contracte d\u00e9sormais elle-m\u00eame des emprunts pour financer la guerre en Ukraine, cr\u00e9ant ainsi, de mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e, des euro-obligations, une dette europ\u00e9enne commune, ce que l&rsquo;Allemagne a toujours cherch\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher. L&rsquo;Ukraine ne sera tenue de rembourser ces emprunts qu&rsquo;apr\u00e8s avoir re\u00e7u des r\u00e9parations de la Russie pour le conflit. \u00c0 cette fin, les fonds publics russes restent gel\u00e9s. Toutefois, il est fort improbable que Moscou, qui dispose d&rsquo;un avantage militaire, accepte un tel accord de r\u00e9parations. L&rsquo;UE risque donc fort de ne jamais rien revoir de cet argent.<\/p>\n<p>Le fait que l&rsquo;UE investisse des sommes aussi importantes dans la guerre en Ukraine confirme qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une guerre par procuration entre l&rsquo;OTAN et la Russie. Sans soutien financier ext\u00e9rieur, l&rsquo;Ukraine ferait faillite en quelques semaines. Depuis le d\u00e9but du conflit, pr\u00e8s de 400 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;aide militaire et financi\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s \u00e0 Kiev, et les 90 milliards d&rsquo;euros suppl\u00e9mentaires de l&rsquo;UE ne couvriront que partiellement les besoins financiers pour les deux prochaines ann\u00e9es. Le Fonds mon\u00e9taire international estime ces besoins \u00e0 136 milliards d&rsquo;euros.<\/p>\n<p>Hommes politiques, g\u00e9n\u00e9raux et journalistes justifient ainsi les milliards d\u00e9pens\u00e9s en Ukraine et le r\u00e9armement massif de leurs arm\u00e9es par la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Europe\u00a0: \u00abNous n&rsquo;avons qu&rsquo;un choix: de l&rsquo;argent aujourd&rsquo;hui ou du sang demain\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le Premier ministre polonais Donald Tusk. Si Poutine n&rsquo;\u00e9tait pas stopp\u00e9 sur les champs de bataille ukrainiens, il envahira d&rsquo;autres pays et soumettrait toute l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>Cette propagande, r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des milliers de fois, est totalement d\u00e9nu\u00e9e de fondement. La Russie, qui repr\u00e9sente \u00e0 peine plus d&rsquo;un tiers de la population de l&rsquo;UE et un neuvi\u00e8me de sa production \u00e9conomique, n&rsquo;a ni les moyens ni l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de conqu\u00e9rir l&rsquo;Europe. En Ukraine, malgr\u00e9 des centaines de milliers de soldats tu\u00e9s en quatre ans de guerre, elle n&rsquo;a conquis que quelques dizaines de milliers de kilom\u00e8tres carr\u00e9s de territoire.<\/p>\n<p>Les oligarques russes, qui se sont enrichis en pillant les biens sociaux de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique et dont Poutine repr\u00e9sente les int\u00e9r\u00eats, ont investi des sommes colossales dans l&rsquo;immobilier de luxe occidental, dans les yachts, les clubs de football et autres. Ils aspirent \u00e0 une place \u00e9gale et en bonne entente avec les oligarques occidentaux.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime de Poutine a accept\u00e9 sans r\u00e9sistance l&rsquo;expansion de l&rsquo;OTAN en Europe de l&rsquo;Est alors m\u00eame qu\u2019elle s&rsquo;\u00e9tait engag\u00e9e \u00e0 faire le contraire lors de la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991. Ce n&rsquo;est que lorsque l&rsquo;alliance militaire occidentale a cherch\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler l&rsquo;Ukraine et la G\u00e9orgie, mena\u00e7ant d&rsquo;encercler la Russie, que Moscou a r\u00e9agi. Incapable de mobiliser la solidarit\u00e9 de la population, la Russie a attaqu\u00e9 militairement l&rsquo;Ukraine, creusant un foss\u00e9 profond entre les populations russe et ukrainienne et offrant \u00e0 l&rsquo;OTAN une propagande de guerre bienvenue.<\/p>\n<p><strong>La rivalit\u00e9 entre l&rsquo;UE et les \u00c9tats-Unis<\/strong><\/p>\n<p>La guerre en Ukraine est d\u00e9sormais \u00e9clips\u00e9e par la rivalit\u00e9 croissante entre imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain et europ\u00e9en. Frustr\u00e9 par les \u00e9checs militaires et l&rsquo;effondrement progressif du r\u00e9gime Zelensky, Washington lui a largement retir\u00e9 son soutien financier et tente de conclure un accord avec Moscou au d\u00e9triment des Europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Trump d\u00e9ploie le formidable appareil militaire am\u00e9ricain contre son principal rival, la Chine, et cherche \u00e0 r\u00e9tablir l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie am\u00e9ricaine sur l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud, l&rsquo;Am\u00e9rique centrale et l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, y compris le Groenland, en invoquant la doctrine Monroe de 1823. L&rsquo;Europe n&rsquo;est pas un partenaire dans cette affaire, mais un rival.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 l&rsquo;essence de la nouvelle strat\u00e9gie de s\u00e9curit\u00e9 nationale de Trump, qui a provoqu\u00e9 une onde de choc dans les capitales europ\u00e9ennes. Elle ne d\u00e9signe plus la Russie comme un adversaire, mais s&rsquo;attaque d\u00e9sormais \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne et soutient les partis d&rsquo;extr\u00eame droite qui la rejettent. Dans une version plus longue et non publi\u00e9e de cette strat\u00e9gie, qui a depuis fuit\u00e9, sont nomm\u00e9ment cit\u00e9s la Pologne et trois autres pays qu&rsquo;il faudrait \u00ab\u00a0d\u00e9tourner\u00a0\u00bb de l&rsquo;UE.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;imp\u00e9rialisme europ\u00e9en, et notamment allemand, la poursuite de la guerre contre la Russie rev\u00eat une importance accrue suite au changement de cap des \u00c9tats-Unis. Ce changement s&rsquo;explique par des raisons \u00e0 la fois \u00e9conomiques et strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>L&rsquo;Allemagne a profit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;UE vers l&rsquo;Est comme aucun autre pays europ\u00e9en. Les entreprises allemandes peuvent acc\u00e9der \u00e0 une main-d&rsquo;\u0153uvre dont le co\u00fbt est souvent deux \u00e0 trois fois inf\u00e9rieur \u00e0 celui pratiqu\u00e9 en Allemagne, \u00e0 seulement quelques heures de route et sans barri\u00e8res douani\u00e8res. L&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;Ukraine, avec ses salaires de mis\u00e8re et ses pr\u00e9cieuses mati\u00e8res premi\u00e8res, est le prolongement logique de cet \u00e9largissement.<\/p>\n<p>L&rsquo;Allemagne demeure d\u00e9pendante du gaz naturel et du p\u00e9trole bon march\u00e9 en provenance de Russie, ressources auxquelles elle a d\u00fb renoncer \u00e0 contrec\u0153ur lors de la guerre en Ukraine et qu&rsquo;elle tente d\u00e9sormais de conqu\u00e9rir par la force. La Russie, avec son immense territoire et son importante arm\u00e9e, constitue \u00e9galement un obstacle \u00e0 l&rsquo;expansion de l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand qui, en tant que puissance continentale, vise principalement \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre vers l&rsquo;est. Ce fut d\u00e9j\u00e0 le cas dans la Premi\u00e8re et la Seconde Guerres mondiale, o\u00f9 l&rsquo;Allemagne occupa l&rsquo;Ukraine afin de conqu\u00e9rir la Russie \u2013 chaque fois sans succ\u00e8s.<\/p>\n<p>C\u2019est cela \u2014 et non le souci de la \u00ablibert\u00e9\u00bb, de \u00abl\u2019ind\u00e9pendance\u00bb et de \u00abla s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne\u00bb \u2014 qui explique le gigantesque renforcement militaire de l\u2019Allemagne et des autres puissances europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Depuis la rencontre entre Trump et Poutine en Alaska cet \u00e9t\u00e9, o\u00f9 ils se sont entendus sur les premi\u00e8res \u00e9tapes d&rsquo;un accord avec l&rsquo;Ukraine, les dirigeants europ\u00e9ens ont tout fait pour saboter un accord. Lorsque les envoy\u00e9s sp\u00e9ciaux de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, sont revenus de Moscou fin novembre avec un plan en 28 points qui prenait en compte nombre des exigences de Poutine, ils ont cri\u00e9 \u00e0 la \u00abtrahison\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>Depuis, une kyrielle de n\u00e9gociations a eu lieu sous diff\u00e9rentes configurations, les Europ\u00e9ens s&rsquo;effor\u00e7ant de modifier les 28 points au point de rendre impossible \u00e0 Moscou de les accepter. Ils ont exig\u00e9 pour l&rsquo;Ukraine des \u00abgaranties de s\u00e9curit\u00e9\u00bb \u00e9quivalentes \u00e0 une adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;OTAN, m\u00eame si Kiev ne rejoignait pas officiellement l&rsquo;alliance militaire. Et ils ont tout fait pour emp\u00eacher l&rsquo;Ukraine de c\u00e9der du territoire \u00e0 la Russie.<\/p>\n<p>Cependant, ils ne pouvaient pas se permettre une rupture ouverte avec les \u00c9tats-Unis, car l&rsquo;Ukraine continue de d\u00e9pendre de leur soutien militaire, notamment pour la reconnaissance et l&rsquo;approvisionnement en munitions.<\/p>\n<p>\u00c0 la mi-d\u00e9cembre, les n\u00e9gociateurs am\u00e9ricains Witkoff et Kushner, le pr\u00e9sident ukrainien Zelensky et plusieurs chefs de gouvernement europ\u00e9ens se sont r\u00e9unis \u00e0 Berlin et ont r\u00e9vis\u00e9 les 28 points. La presse europ\u00e9enne s&rsquo;en est r\u00e9jouie, affirmant que les \u00c9tats-Unis avaient d\u00e9sormais \u00e9galement accept\u00e9 des \u00abgaranties de s\u00e9curit\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>Les chefs de gouvernement de huit \u00c9tats membres de l&rsquo;UE, du Royaume-Uni et de la Norv\u00e8ge ont publi\u00e9 une d\u00e9claration promettant leur soutien \u00e0 l&rsquo;Ukraine pour la constitution d&rsquo;une force arm\u00e9e permanente de 800 000 soldats, le d\u00e9ploiement d&rsquo;une \u00abforce multinationale\u00bb avec le soutien des \u00c9tats-Unis, des garanties de s\u00e9curit\u00e9 compl\u00e8tes et un \u00absoutien ferme \u00e0 l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne\u00bb.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, Witkoff et Kushner n\u00e9gocient avec des repr\u00e9sentants de la Russie et de l&rsquo;Ukraine \u00e0 Miami. Il est peu probable qu\u2019il reste ensuite grand-chose des propositions europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p><strong>Des conflits qui s&rsquo;intensifient en Europe<\/strong><\/p>\n<p>Le conflit avec les \u00c9tats-Unis ne rapproche pas les puissances europ\u00e9ennes, mais les divise davantage. Le d\u00e9passement de la rivalit\u00e9 entre l&rsquo;Allemagne, la France et les autres puissances europ\u00e9ennes, qui a conduit aux deux guerres mondiales de 1914 et 1939, \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie am\u00e9ricaine en Europe et \u00e0 l&rsquo;OTAN. Aujourd&rsquo;hui, ces conflits ressurgissent.<\/p>\n<p>Cela concerne non seulement les chefs de gouvernement d&rsquo;extr\u00eame droite comme Viktor Orb\u00e1n (Hongrie), Andrej Babi\u0161 (R\u00e9publique tch\u00e8que) et Robert Fico (Slovaquie), ainsi que le pr\u00e9sident polonais Karol Nawrocki qui, contrairement au Premier ministre Donald Tusk, soutient Trump et lui a r\u00e9cemment rendu visite \u00e0 la Maison-Blanche, mais aussi les principales puissances europ\u00e9ennes Allemagne, France et Italie.<\/p>\n<p>Le ton agressif avec lequel les principaux m\u00e9dias allemands ont comment\u00e9 l&rsquo;\u00e9chec de la tentative de Merz de d\u00e9rober les fonds publics russes gel\u00e9s pour financer la guerre en Ukraine donne un avant-go\u00fbt de l&rsquo;arrogance avec laquelle l&rsquo;imp\u00e9rialisme allemand affirme une fois de plus sa pr\u00e9tention \u00e0 diriger l\u2019Europe.<\/p>\n<p>Le r\u00e9dacteur en chef de la FAZ, Bertold Kolher, a d\u00e9nonc\u00e9 la Tch\u00e9quie, la Slovaquie et la Hongrie comme des \u00abpassagers clandestins\u00bb et une \u00abhonte\u00bb pour l\u2019UE. Ces pays profitaient \u00abde tous les avantages \u00e9conomiques, politiques et s\u00e9curitaires de l\u2019UE\u00bb mais menaient \u00abune politique d\u2019apaisement \u00e9go\u00efste dans la confrontation historique avec la Russie imp\u00e9rialiste et r\u00e9visionniste de Poutine, ce qui affaiblit le pouvoir de d\u00e9cision de l\u2019ensemble de l\u2019UE\u00bb.<\/p>\n<p>Kohler a accus\u00e9 la France d\u2019avoir forc\u00e9 Merz \u00e0 accepter un compromis pour lequel il avait \u00abd\u00fb payer un prix d\u00e9sagr\u00e9able: se replier sur une solution de cr\u00e9dit qui \u00e9quivaut \u00e0 une dette europ\u00e9enne commune\u00bb.<\/p>\n<p>Kohler a expos\u00e9 sans d\u00e9tours les v\u00e9ritables enjeux du conflit ukrainien: non pas la paix et la d\u00e9mocratie, mais la revendication par l\u2019Europe de son statut de grande puissance. \u00abCependant, l\u2019UE doit faire preuve d\u2019unit\u00e9 et de d\u00e9termination, non seulement pour dissuader Poutine\u00bb, \u00e9crit-t-il. \u00abWashington et P\u00e9kin observent \u00e9galement de tr\u00e8s pr\u00e8s si une Europe unie constitue un facteur de puissance avec lequel l\u2019Am\u00e9rique et la Chine devront composer dans leur volont\u00e9 de remodeler le monde selon leurs id\u00e9aux de plus en plus autoritaires, ou si les Europ\u00e9ens peuvent \u00eatre trait\u00e9s comme bon leur semble par les autocrates et les dictateurs.\u00bb<\/p>\n<p>La classe dirigeante fran\u00e7aise consid\u00e8re avec m\u00e9fiance la pr\u00e9tention de l&rsquo;Allemagne au leadership europ\u00e9en. Le pr\u00e9sident Macron et le chancelier Merz peuvent bien invoquer l&rsquo;unit\u00e9 europ\u00e9enne tant qu\u2019ils veulent, d\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de questions concr\u00e8tes, les conflits s\u2019accumulent. Cela vaut non seulement pour ce qui est de contracter des dettes en commun, ce que la France d\u00e9fend et que l&rsquo;Allemagne a toujours rejet\u00e9e avec v\u00e9h\u00e9mence, mais aussi pour les projets d&rsquo;armement communs et les accords commerciaux.<\/p>\n<p>Le programme FCAS (Future Combat Air System), le projet d&rsquo;armement le plus important de l&rsquo;Europe, en d\u00e9veloppement depuis 2014, est d\u00e9sormais au point mort. Le groupe fran\u00e7ais Dassault et Airbus, dans lequel l&rsquo;Allemagne d\u00e9tient une participation importante, ne parviennent pas \u00e0 s&rsquo;entendre sur le d\u00e9veloppement et la construction du nouvel avion de chasse et de ses composants. L&rsquo;enjeu d\u00e9passe la simple question du partage des b\u00e9n\u00e9fices de ce contrat de plus de 100 milliards d&rsquo;euros; il s&rsquo;agit \u00e9galement d&rsquo;une question de supr\u00e9matie militaire en Europe. Ni l&rsquo;Allemagne ni la France ne sont dispos\u00e9es \u00e0 d\u00e9pendre l&rsquo;une de l&rsquo;autre pour les technologies militaires importantes.<\/p>\n<p>L&rsquo;accord de libre-\u00e9change avec les pays du Mercosur (Br\u00e9sil, Argentine, Paraguay et Uruguay), que la pr\u00e9sidente de la Commission europ\u00e9enne Ursula von der Leyen souhaitait signer samedi dernier apr\u00e8s 26 ans de n\u00e9gociations, a \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9 \u00e0 la derni\u00e8re minute par la France, l&rsquo;Italie et la Pologne suite \u00e0 de vives manifestations d&rsquo;agriculteurs \u00e0 Bruxelles. C\u2019est l\u00e0 un revers majeur pour l&rsquo;\u00e9conomie allemande.<\/p>\n<p>Berlin voit \u00e9galement d&rsquo;un mauvais \u0153il la derni\u00e8re initiative de Macron visant \u00e0 entamer des pourparlers directs avec Poutine. Apparemment, l&rsquo;Allemagne n&rsquo;en avait pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e au pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>Les conflits entre l&rsquo;Allemagne et la France s&rsquo;intensifieront encore si Marine Le Pen ou Jordan Bardella, du Parti nationaliste d\u2019extr\u00eame droite Rassemblement national, acc\u00e8dent \u00e0 la pr\u00e9sidence.<\/p>\n<p>C\u2019est sur le dos de la classe ouvri\u00e8re que se livrent les conflits avec la Russie, avec les \u00c9tats-Unis ou entre pays europ\u00e9ens. Les sommes colossales d\u00e9pens\u00e9es pour le r\u00e9armement et la guerre en Ukraine exigent des coupes dans les retraites et dans les d\u00e9penses sociales, tandis que la guerre commerciale internationale entra\u00eene licenciements de masse et baisses de salaires. Malgr\u00e9 leur aversion pour la politique \u00e9trang\u00e8re de Trump, sa chasse aux migrants, sa mise au pas des m\u00e9dias, son agitation contre les opposants de gauche et ses m\u00e9thodes de gouvernement autoritaires en imposent aux d\u00e9cideurs europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi des partis d\u2019extr\u00eame droite comme l\u2019Alternative pour l\u2019Allemagne (AfD), le Rassemblement national (RN) en France et les Fratelli d\u2019Italia b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un soutien croissant dans la classe dirigeante et leur politique raciste en mati\u00e8re de r\u00e9fugi\u00e9s est mise en \u0153uvre par l\u2019UE. L\u2019Europe d\u2019aujourd\u2019hui rappelle de plus en plus celle des ann\u00e9es 1930, o\u00f9 le continent a sombr\u00e9 dans le fascisme et la guerre.<\/p>\n<p>Seul un mouvement ind\u00e9pendant de la classe ouvri\u00e8re europ\u00e9enne peut emp\u00eacher un retour \u00e0 la barbarie. Il doit conjuguer la lutte contre la guerre, les coupes budg\u00e9taires dans les d\u00e9penses sociales, les licenciements et le fascisme avec la lutte contre leur cause, le capitalisme. \u00c0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne des fauteurs de guerre, des grands trusts et des banques, il doit opposer les \u00c9tats socialistes unis d&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>(Article paru en anglais le 24 d\u00e9cembre 2025)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le pr\u00e9sident ukrainien Volodymyr Zelensky, Steve Witkoff (au&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":626079,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,1777,73543,674,1779,1011,27,131,12,136,25,132,1778,364],"class_list":{"0":"post-626078","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-eu","10":"tag-eu-finance","11":"tag-europe","12":"tag-european-union","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-guerre-en-ukraine","16":"tag-news","17":"tag-otan","18":"tag-republique-francaise","19":"tag-russie","20":"tag-ue","21":"tag-union-europeenne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115794248715120030","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/626078","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=626078"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/626078\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/626079"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=626078"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=626078"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=626078"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}