{"id":627078,"date":"2025-12-29T07:41:15","date_gmt":"2025-12-29T07:41:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/627078\/"},"modified":"2025-12-29T07:41:15","modified_gmt":"2025-12-29T07:41:15","slug":"structurer-la-croissance-sans-perdre-lame-du-projet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/627078\/","title":{"rendered":"Structurer la croissance sans perdre l\u2019\u00e2me du projet"},"content":{"rendered":"<p>Cr\u00e9\u00e9e en 1998, la Brasserie du Bouffay fait figure de pionni\u00e8re dans le paysage brassicole du pays nantais. Bien avant l\u2019explosion des bi\u00e8res dites craft (bi\u00e8res \u00e9labor\u00e9es selon une recette traditionnelle et produites par une brasserie dont la production est inf\u00e9rieure \u00e0 200\u00a0000\u00a0hectolitres par an), elle s\u2019est impos\u00e9e par la constance de son svoir-faire artisanal, une diffusion majoritairement locale et une gamme lisible. Aujourd\u2019hui codirig\u00e9e par Thomas Lesoin (h\u00e9ritier du projet familial) et Augustin Lombard, la brasserie produit un peu moins de 15\u00a0000 hectolitres par an, r\u00e9alise 3,7\u00a0millions d\u2019euros de chiffre d\u2019affaires et emploie 15 salari\u00e9s, dont pr\u00e8s de deux tiers sont actionnaires. Un mod\u00e8le \u00e0 contre-courant des effets de mode, qui revendique la constance plut\u00f4t que la surench\u00e8re.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-176188\" class=\"wp-image-176188\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/brasserie-du-bouffay-bieres-classiques.png\" alt=\"Brasserie du Bouffay\" width=\"340\" height=\"450\"  \/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-176188\" class=\"wp-caption-text\">Brasserie du Bouffay DR<\/p>\n<p><strong>Vous avez pass\u00e9 pr\u00e8s de quinze ans dans de grands groupes internationaux. \u00c0 quel moment avez-vous compris que ce mod\u00e8le ne vous permettait plus de faire votre m\u00e9tier comme vous l\u2019entendiez, et qu\u2019est-ce qui vous a donn\u00e9 envie de basculer vers un projet entrepreneurial\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai effectivement pass\u00e9 une grande partie de ma carri\u00e8re dans de grands groupes internationaux de l\u2019agroalimentaire et des biens de grande consommation\u00a0: Mondelez, Unilever, Mars puis AB InBev. Ce sont des environnements extr\u00eamement formateurs, o\u00f9 l\u2019on apprend la rigueur, le pilotage par les chiffres, la gestion d\u2019\u00e9quipes importantes et la construction de marques puissantes. Je ne renie absolument rien de ce parcours, il m\u2019a structur\u00e9.<\/p>\n<p>Mais progressivement, j\u2019ai ressenti une forme de d\u00e9calage. Plus on monte dans l\u2019organigramme, plus on s\u2019\u00e9loigne du produit, du terrain, des clients. On passe beaucoup de temps \u00e0 arbitrer, \u00e0 consolider, \u00e0 rendre compte, parfois au d\u00e9triment du sens. J\u2019avais le sentiment de ne plus ma\u00eetriser l\u2019ensemble de la cha\u00eene de d\u00e9cision, alors que c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui m\u2019int\u00e9resse dans le m\u00e9tier de dirigeant.<\/p>\n<p>Le basculement s\u2019est fait quand j\u2019ai compris que j\u2019avais envie d\u2019assumer pleinement mes choix\u00a0: les bons comme les mauvais. L\u2019entrepreneuriat, c\u2019est plus risqu\u00e9, plus expos\u00e9, mais aussi beaucoup plus engageant. On ne peut plus se cacher derri\u00e8re une organisation ou un process. C\u2019est exigeant, mais profond\u00e9ment stimulant.<\/p>\n<p><strong>Quitter un grand groupe pour rejoindre une PME artisanale n\u2019est jamais neutre. De quoi aviez-vous le plus conscience au moment de ce virage\u00a0: ce que vous alliez gagner\u2026 ou ce que vous alliez perdre\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Tr\u00e8s honn\u00eatement, des deux. J\u2019\u00e9tais parfaitement conscient de ce que je quittais\u00a0: un cadre structur\u00e9, une forme de s\u00e9curit\u00e9, des moyens importants. Quand on travaille dans un grand groupe, on dispose d\u2019outils, d\u2019\u00e9quipes, de ressources qui permettent d\u2019aller vite et loin. On sait aussi que certaines d\u00e9cisions ne reposent pas uniquement sur soi.<\/p>\n<p>Mais ce que j\u2019avais surtout en t\u00eate, c\u2019\u00e9tait ce que j\u2019allais gagner\u00a0: une responsabilit\u00e9 globale, une vision \u00e0 long terme, et la possibilit\u00e9 de construire quelque chose de coh\u00e9rent. Dans une PME, chaque d\u00e9cision a un impact imm\u00e9diat. On est oblig\u00e9 d\u2019\u00eatre pragmatique, d\u2019\u00e9couter le terrain, de comprendre finement son march\u00e9. Cela correspond beaucoup plus \u00e0 ma mani\u00e8re de travailler.<\/p>\n<p>Je ne dirais pas que c\u2019est un saut dans le vide, mais plut\u00f4t un changement de rapport au risque. On ne l\u2019efface pas, on l\u2019assume. Et paradoxalement, cela rend le quotidien beaucoup plus concret et plus lisible.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-176189\" class=\"wp-image-176189\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/AugustinLombard15-scaled.jpg\" alt=\"Augustin Lombard, codirigeant de la Brasserie du Bouffay\" width=\"2560\"  \/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-176189\" class=\"wp-caption-text\">Augustin Lombard, codirigeant de la Brasserie du Bouffay BENJAMIN LACHENAL \u2013 IJ<\/p>\n<p><strong>La Brasserie du Bouffay est n\u00e9e en 1998, bien avant la vague des bi\u00e8res artisanales, avec un ancrage territorial fort. Qu\u2019est-ce qui, dans cette histoire et dans ce projet, vous a donn\u00e9 envie de vous engager personnellement\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui m\u2019a frapp\u00e9 d\u2019embl\u00e9e, c\u2019est l\u2019authenticit\u00e9 du projet. La Brasserie du Bouffay n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour r\u00e9pondre \u00e0 une mode. Elle existe depuis 1998, avec une identit\u00e9 artisanale affirm\u00e9e, une production locale et une vraie reconnaissance sur son territoire. C\u2019est une brasserie qui s\u2019est construite dans le temps, par la constance et la qualit\u00e9, bien avant que le mot \u00ab\u00a0craft\u00a0\u00bb ne devienne un argument marketing.<\/p>\n<p>Il y avait aussi la dimension humaine et familiale. Le projet a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 par Pierre Lesoin, puis repris par son fils Thomas, avec cette volont\u00e9 de faire \u00e9voluer l\u2019entreprise sans la d\u00e9naturer. Je ne suis pas arriv\u00e9 devant une page blanche, mais dans une histoire d\u00e9j\u00e0 \u00e9crite, avec ses valeurs et ses \u00e9quilibres. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui m\u2019a donn\u00e9 envie de m\u2019engager au-del\u00e0 d\u2019un simple investissement financier.<\/p>\n<p>Enfin, il y avait le produit. Une gamme lisible, des bi\u00e8res r\u00e9guli\u00e8res, reconnues, avec un positionnement clair. Pour quelqu\u2019un qui a longtemps travaill\u00e9 sur des marques, c\u2019est essentiel. On sent imm\u00e9diatement quand un projet repose sur quelque chose de solide.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-176190\" class=\"wp-image-176190\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/AugustinLombard6-scaled.jpg\" alt=\"Brasserie du Bouffay\" width=\"2560\"  \/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-176190\" class=\"wp-caption-text\">Brasserie du Bouffay BENJAMIN LACHENAL \u2013 IJ<\/p>\n<p><strong>Vous formez aujourd\u2019hui un tandem avec Thomas Lesoin, fils du fondateur. Comment s\u2019est construite cette gouvernanc<\/strong>\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Cr\u00e9\u00e9e en 1998, la Brasserie du Bouffay fait figure de pionni\u00e8re dans le paysage brassicole du pays nantais.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":627079,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2818],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,766,12,2636,25],"class_list":{"0":"post-627078","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nantes","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-nantes","15":"tag-news","16":"tag-pays-de-la-loire","17":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115801731028898354","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/627078","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=627078"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/627078\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/627079"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=627078"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=627078"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=627078"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}