{"id":629093,"date":"2025-12-30T04:18:23","date_gmt":"2025-12-30T04:18:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/629093\/"},"modified":"2025-12-30T04:18:23","modified_gmt":"2025-12-30T04:18:23","slug":"erasmus-retour-des-britanniques-dans-le-programme-europeen-avec-une-facture-salee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/629093\/","title":{"rendered":"Erasmus : retour des Britanniques dans le programme europ\u00e9en avec une facture sal\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>LE ROYAUME-UNI DE RETOUR DANS LE PROGRAMME ERASMUS<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t Erasmus : retour des Britanniques dans le programme europ\u00e9en avec une facture sal\u00e9e<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\tPubli\u00e9 le lundi 29 d\u00e9cembre 2025 \u00e0 19:44 | Temps de lecture estim\u00e9 :   4  min.<\/p>\n<p>\t                        <img width=\"1200\" height=\"800\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Belgaimage-Erasmus-metro-Bxl.jpg\" class=\"attachment-full size-full wp-post-image\" alt=\"\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"high\"  \/>BELGA\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p><strong>Plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s avoir claqu\u00e9 la porte d\u2019Erasmus dans la foul\u00e9e du Brexit en 2020, le Royaume-Uni va r\u00e9int\u00e9grer le programme europ\u00e9en de mobilit\u00e9 \u00e0 partir de 2027. Une d\u00e9cision hautement symbolique, mais qui marque un rapprochement pragmatique avec l\u2019Union europ\u00e9enne et un engagement financier d\u2019ampleur\u00a0: Londres pr\u00e9voit de verser environ 570\u00a0millions de livres sterling d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e de participation. D\u2019apr\u00e8s Londres, plus de 100.000 \u00e9tudiants britanniques pourraient profiter du syst\u00e8me Erasmus d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e de son retour. Pr\u00e9sent\u00e9e par le gouvernement de Keir Starmer comme un investissement strat\u00e9gique \u2013 du moins officiellement -, cette d\u00e9pense suscite d\u00e9j\u00e0 de vifs d\u00e9bats outre-Manche\u2026 tout en \u00e9tant suivie de pr\u00e8s en Belgique.<\/strong><\/p>\n<p>Avant le Brexit, la participation britannique \u00e0 Erasmus repr\u00e9sentait en effet une charge nettement plus modeste, souvent jug\u00e9e inf\u00e9rieure aux retomb\u00e9es \u00e9conomiques et acad\u00e9miques g\u00e9n\u00e9r\u00e9es pour les universit\u00e9s et les territoires. Apr\u00e8s la sortie du Royaume-Uni de l\u2019Union europ\u00e9enne, le gouvernement avait lanc\u00e9 le Turing Scheme comme alternative nationale, avec l\u2019ambition de diversifier g\u00e9ographiquement et socialement les \u00e9changes. Ce programme n\u2019a jamais atteint la densit\u00e9, ni la r\u00e9ciprocit\u00e9 institutionnelle offertes par le programme europ\u00e9en de mobilit\u00e9 offert aux \u00e9tudiants, Erasmus, ce qui explique en partie le retour britannique.<\/p>\n<p><strong>Un retour spectaculaire\u2026 et tr\u00e8s co\u00fbteux pour Londres<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ampleur du montant annonc\u00e9 place imm\u00e9diatement la question budg\u00e9taire au centre du d\u00e9bat. Le gouvernement britannique met en avant une r\u00e9duction d\u2019environ 30% par rapport au tarif standard appliqu\u00e9 aux pays tiers.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cet \u00ab\u2009effort n\u00e9goci\u00e9\u2009\u00bb, la contribution reste nettement sup\u00e9rieure aux budgets consacr\u00e9s jusqu\u2019ici au Turing Scheme. Pour Downing Street, payer cher aujourd\u2019hui revient \u00e0 r\u00e9parer une perte strat\u00e9gique\u00a0: visibilit\u00e9 acad\u00e9mique internationale, attractivit\u00e9 des universit\u00e9s britanniques et ancrage dans un r\u00e9seau europ\u00e9en dont le Brexit les avait brutalement \u00e9loign\u00e9es. Erasmus+ est pr\u00e9sent\u00e9 comme un levier de relance des \u00e9changes, mais aussi comme un outil de soft power \u00e9ducatif.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Pour Downing Street, payer cher aujourd\u2019hui revient \u00e0 r\u00e9parer une perte strat\u00e9gique\u00a0: visibilit\u00e9 acad\u00e9mique internationale, attractivit\u00e9 des universit\u00e9s britanniques et ancrage dans un r\u00e9seau europ\u00e9en dont le Brexit les avait brutalement \u00e9loign\u00e9es.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette lecture ne fait toutefois pas l\u2019unanimit\u00e9. \u00c0 Westminster, plusieurs \u00e9lus d\u00e9noncent une d\u00e9pense jug\u00e9e excessive dans un contexte budg\u00e9taire contraint, alors que les services publics restent sous forte pression.<\/p>\n<p>D\u2019autres s\u2019inqui\u00e8tent d\u2019une contribution susceptible d\u2019augmenter si le budget global d\u2019Erasmus+ est revu \u00e0 la hausse au niveau europ\u00e9en. En filigrane, une ironie politique persiste\u00a0: le Royaume-Uni accepte aujourd\u2019hui de payer cher pour r\u00e9int\u00e9grer un programme qu\u2019il avait quitt\u00e9 au nom d\u2019\u00e9conomies budg\u00e9taires.<\/p>\n<p><strong>Une d\u00e9cision qui concerne directement la Belgique<\/strong><\/p>\n<p>En Belgique, ce retour ne rel\u00e8ve pas de la seule symbolique politique. Il aura des effets tr\u00e8s concrets sur la mobilit\u00e9 \u00e9tudiante d\u00e8s 2027. Les \u00e9tudiants belges retrouveront un acc\u00e8s pleinement encadr\u00e9 aux universit\u00e9s britanniques, avec un cadre financier stabilis\u00e9, des \u00e9changes institutionnels simplifi\u00e9s et une pr\u00e9visibilit\u00e9 administrative retrouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Durant l\u2019absence britannique, de nombreuses universit\u00e9s flamandes, francophones et bruxelloises avaient d\u00fb r\u00e9duire, adapter ou contourner leurs partenariats avec le Royaume-Uni, devenu \u00e0 la fois plus co\u00fbteux et plus complexe administrativement.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Durant l\u2019absence britannique, de nombreuses universit\u00e9s flamandes, francophones et bruxelloises avaient d\u00fb r\u00e9duire, adapter ou contourner leurs partenariats avec le Royaume-Uni, devenu \u00e0 la fois plus co\u00fbteux et plus complexe administrativement.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La r\u00e9int\u00e9gration de Londres dans Erasmus rouvre ainsi un espace acad\u00e9mique naturel, particuli\u00e8rement attendu dans les fili\u00e8res linguistiques, scientifiques, m\u00e9dicales et de recherche avanc\u00e9e, o\u00f9 le Royaume-Uni demeure une r\u00e9f\u00e9rence mondiale.<\/p>\n<p>Pour un pays comme la Belgique, fortement attach\u00e9 \u00e0 la mobilit\u00e9 europ\u00e9enne comme outil de formation, d\u2019ouverture et de coh\u00e9sion, cette d\u00e9cision constitue une opportunit\u00e9 \u00e9ducative et strat\u00e9gique majeure. Les discussions en cours portent notamment sur les r\u00e9gimes de visas et le maintien de frais d\u2019inscription align\u00e9s sur ceux des \u00e9tudiants locaux, un point crucial pour pr\u00e9server l\u2019attractivit\u00e9 des \u00e9changes.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-69039\" class=\"size-medium wp-image-69039\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Belgaimage-Erasmus-Starmer-et-von-der-Leyen-700x449.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"449\"  \/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-69039\" class=\"wp-caption-text\">Le Premier ministre britannique, Keir Starmer (\u00e0 gauche sur la photo) et la pr\u00e9sidente de la Commission europ\u00e9enne, Ursula von der Leyen (\u00e0 droite) lors d\u2019un sommet Royaume-Uni-Europe le 19 mai 2025 \u00e0 Londres. (Carl Court \/ POOL \/ AFP).<\/p>\n<p><strong>Un pari financier autant qu\u2019un message politique<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des chiffres, le retour du Royaume-Uni dans Erasmus s\u2019inscrit dans une dynamique plus large de \u00ab\u2009normalisation\u2009\u00bb post-Brexit. Londres ne renie pas le Brexit, mais reconna\u00eet d\u00e9sormais que certains instruments europ\u00e9ens s\u2019av\u00e8rent trop structurants pour \u00eatre ignor\u00e9s durablement. Erasmus+ appara\u00eet \u00e0 la fois comme un programme \u00e9ducatif, un instrument d\u2019influence et un signal politique.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Bruxelles, la d\u00e9cision est accueillie comme une confirmation de la force d\u2019attraction des grands programmes europ\u00e9ens et comme la preuve qu\u2019un dialogue pragmatique avec le Royaume-Uni reste possible.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Bruxelles, la d\u00e9cision est accueillie comme une confirmation de la force d\u2019attraction des grands programmes europ\u00e9ens et comme la preuve qu\u2019un dialogue pragmatique avec le Royaume-Uni reste possible, sans rouvrir les batailles institutionnelles du pass\u00e9.<\/p>\n<p>Reste une question centrale\u00a0: comment \u00e9valuer le rendement d\u2019un investissement aussi massif\u2009? Les 570\u00a0millions de livres sterling devront se traduire par des b\u00e9n\u00e9fices tangibles pour les \u00e9tudiants, les universit\u00e9s et le rayonnement international du Royaume-Uni. Mais le d\u00e9bat d\u00e9passe largement Londres et renvoie \u00e0 une interrogation europ\u00e9enne plus profonde sur la valeur r\u00e9elle de la mobilit\u00e9 acad\u00e9mique.<\/p>\n<p><strong>Tout profit pour la jeunesse<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des \u00e9tudiants universitaires, Erasmus+ concerne aussi les enseignants, les apprentis, les \u00e9l\u00e8ves du secondaire et les professionnels en formation, \u00e9largissant consid\u00e9rablement la port\u00e9e sociale et \u00e9ducative du retour britannique.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Avec le retour du Royaume-Uni, le programme gagne en ampleur, mais rappelle aussi sa d\u00e9pendance \u00e0 des financements lourds. Pour la Belgique, c\u2019est une chance.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Depuis pr\u00e8s de quarante ans, Erasmus incarne une Europe v\u00e9cue par sa jeunesse. Avec le retour du Royaume-Uni, le programme gagne en ampleur, mais rappelle aussi sa d\u00e9pendance \u00e0 des financements lourds. Pour la Belgique, c\u2019est une chance. Pour Londres, un pari. Et pour l\u2019Europe, c\u2019est une d\u00e9monstration\u00a0: la mobilit\u00e9 engendre des frais, mais elle continue de tracer des ponts entre les rives de l\u2019Europe.<\/p>\n<p>Pour l\u2019Europe, la le\u00e7on se r\u00e9v\u00e8le claire\u00a0: investir dans les jeunes, c\u2019est investir dans son avenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Alexander Seale (au Royaume-Uni)<\/strong><\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\tVos commentaires<\/p>\n<p>\t<a href=\"https:\/\/lpost.be\/espace-abonnement\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&#13;<br \/>\n<img decoding=\"async\" class=\"banner-subs-small\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Carte-22.png\" alt=\"banniere abonnements\"\/>&#13;<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n\tT\u00e9l\u00e9chargez notre application&#13;\n\t<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"LE ROYAUME-UNI DE RETOUR DANS LE PROGRAMME ERASMUS Erasmus : retour des Britanniques dans le programme europ\u00e9en avec&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":629094,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,1777,674,1779,1011,27,12,25,1778,364],"class_list":{"0":"post-629093","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-eu","10":"tag-europe","11":"tag-european-union","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-news","15":"tag-republique-francaise","16":"tag-ue","17":"tag-union-europeenne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115806595097601481","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/629093","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=629093"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/629093\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/629094"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=629093"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=629093"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=629093"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}